L’astrologie et l’eugénisme de la pensée

Posté par nofim le 21 mars 2013

Visiblement, l’astrologie ne cesse de butter sur la dialectique théorie-pratique et il est bon de tenter de clarifier le débat car il y va de l’avenir de l’astrologie,  menacée de sclérose.

Il importe de démystifier la « pratique », en tout cas de la remettre à sa place.
Nous dirons que toute pratique est le reflet d’une théorie et quand la théorie n’est plus accessible, plus présente à la conscience, la pratique en est orpheline et faisant de nécessité vertu,  la pratique se veut exister par elle-même.
En fait, en astrologie, il s’agit toujours de changer le regard que l’on porte sur les faits et en  réalité  les faits eux-mêmes. L’astrologue propose à son client de se voir autrement, différemment, de substituer une représentation à une autre. De même une nouvelle astrologie s pose face aux représentations dictées par une astrologie antérieure. On se souvient dans les années 80 que les astrologues sidéralistes proposaient aux gens de se percevoir autrement, du fait du décalage des signes (de par la précession des équinoxes/ Ayanamsa). Chaque fois que l’on introduit un nouveau facteur en astrologie, c’est une invitation à se voir autrement, de devenir autre, en quelque sorte.
On est là à cent lieues d’une situation de validation par la pratique d’une théorie astrologique. Chaque nouvelle application d’une seule et même théorie contribue à étendre son domaine. Mais il faut bien comprendre que de la même façon qu’une femme peut avoir un enfant avec n’importe quel homme, en mesure de la féconder,  toute personne est susceptible de s’imprégner d’un nouveau paradigme, ce qui n’a donc rien en soi de remarquable.
Toutefois, on peut  introduire la notion d’eugénisme dans le domaine des modèles. Cela signifie qu’il vaut mieux se laisser imprégner par un modèle ayant une certaine qualité de pédigrée que par un modèle bâtard.
Toute l’Histoire des Sciences se situe dans cette dynamique eugénique,  à savoir qu’une théorie est remplacée par une théorie jugée meilleure. Et cette théorie n’est pas meilleure, contrairement à ce que beaucoup de gens croient, parce qu’elle marche mieux mais parce qu’elle présente mieux, qu’elle est plus satisfaisante pour l’esprit.
Dans les années soixante,  le milieu astrologique avait compris que tant qu’à appliquer un savoir astrologique, autant valait que celui-ci soit le plus acceptable intellectuellement. On pense, par exemple, aux travaux de Jean-Pierre Nicola et l’ascendant que ceux-ci exercèrent. Tous ceux que l’on considère comme de grands astrologues se sont efforcé de présenter un modèle astrologique mieux conçu, la question de la validation par la pratique étant subsidiaire, puisque comme on l’  dit, la pratique peut tout entériner. Mieux vaut une pratique bien née, tant qu’à faire.
Autrement dit, le débat théorique est indispensable et il doit être tranché non par quelque pratique mais sur le papier.
Cela dit, quand on entend appliquer un nouveau paradigme en astrologie, il faut s’attendre à se heurter à des pratiques déjà en place et qui sont tributaires de tel ou tel modèle. Mais la ruse de certains désireux de défendre leur pratique, c’est d’affirmer  qu’elle « marche », ce qui est, on a vu, une évidence. Mais ce qui est en revanche plus probable, c’est que les personnes à qui l’on a appliqué tel modèle ou qui se le sont appliquées à elles-mêmes, s’y sont habitués, que c’est devenu comme une seconde nature.
Il nous arrive ainsi, lors de séminaires (cf. le dernier à Reims, en mars 2013, pour teleprovidence), que telle personne nous renvoie aux représentations qu’elle a fait siennes pour les opposer à celles que nous lui proposions. Pour elle, ses représentations sont devenues des faits. On peut aussi dire qu’une femme qui a enfanté a des enfants bien réels mais qui n’en sont pas moins fonctions d’un certain processus. Si cette femme veut avoir d’autres enfants avec un nouveau partenaire, il faut qu’elle s’attende à certaines différences mais ces enfants à venir n’en seront pas moins le siens tout comme les précédents.
On aura compris que selon nous, ce qui compte, c’est de pratiquer une astrologie dont les formulations, les structures soient les plus acceptables pour l’intelligence, les plus intelligibles. Une femme qui accepte de faire un enfant avec un homme, juge d’après l’homme et non d’après l’enfant qui n’est pas encore conçu. L’eugénisme consiste à croiser des êtres génétiquement aussi parfaits que possible en supposant que cela donnera une progéniture de qualité.
On ne saurait donc trop insister sur le point suivant, à savoir qu’un nouveau paradigme permet de voir le monde autrement. Ne jouons pas sur les mots : cela ne signifie pas que le monde reste le même mais bien en réalité qu’il devient, ipso facto, autre.  Si tout le monde croit que les faits sont les faits, c’est qu’il y a un manque de paradigme, qu’il n’y a pas de reléve paradigmatique. Une telle impression est en elle-même problématique. Au lieu de dire qu’un même paradigme  produira des effets divers à chaque application, tout comme un homme a des enfants différents avec chaque femme, on en finit  par entendre que les faits sont immuables mais que chacun les interprète à sa façon.
Dans le domaine de la prévision astrologique, il convient d’être pleinement conscient du fait que les choses n’existent que par le biais de paradigmes lesquels structurent notre perception des choses. Cela signifie qu’il est vain de vouloir valider quoi que ce soit par une pratique puisque notre perception des choses est influencée par un paradigme précédent. Cela met l’astrologue face à ses responsabilités. Il est vain que l’astrologue cherche à corroborer son modèle astrologique par les applications d’un autre modèle, astrologique ou non.  Si par exemple, l’histoire du XXe siècle parle de deux guerres mondiales, est-ce vraiment une « réalité » ?  Il n’y a pas de réalité objective. Il y a un matériau que l’on peut modeler de toutes sortes de façons.
Entendons par là que nous n’avons pas d’autre choix que de parvenir, par décantation, au meilleur paradigme possible, qui soit notamment  marqué par une vraie cyclicité, par une vraie dualité, une vraie récurrence et qui soit en mesure de s’appliquer à un nombre illimité de cas sans changer sa formulation de base. L’on parviendra ainsi au meilleur paradigme possible et à une série d’applications de plus en plus nombreuses qui mettront en évidence  une certaine permanence structurelle. En ce sens,  l’astrologie cesse de chercher à adopter des paradigmes qui ne sont pas les siens, dont les applications ne sauraient servir à valider ses propres paradigmes puisque- on n’a pas cessé de le répéter- un paradigme n’est validé que par sa supériorité théorique sur d’autres paradigmes et non par une quelconque validation par les « faits ». Les faits sont les enfants des paradigmes. La naissance d’un enfant permet certes de montrer que ses parents ne sont pas stériles. C’est en  ce sens que l’on dira que « ‘ça marche ». Mais on ne va pas s’extasier sur le fait qu’un homme et une femme ont fait un enfant.  On n’en est plus là.  Ce qui nous intéresse, à titre préventif, c’est la qualité  de ce dont le couple est porteur et non  le recours à un critère minimaliste. De la même façon qu’il est banal de faire des enfants, il  l’est tout autant que telle personne s’identifie à tel discours, que tel événement soit qualifié de telle ou telle façon. Ce qui caractérise l’Occident, depuis des siècles et a instauré sa supériorité, c’est un certain eugénisme de la pensée.
 
 
 
 
JHB
18. 03 13L’astrologie et l’eugénisme de la pensée dans ASTROLOGIE z4079up0

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