• Accueil
  • > FEMMES
  • > Les femmes et les romans policiers – Les femmes au prisme d’une anthropologie du roman policier

Les femmes et les romans policiers – Les femmes au prisme d’une anthropologie du roman policier

Posté par nofim le 22 mars 2013

Que penser de l’engouement du public pour les intrigues policières. Pourquoi les femmes font elles de bons auteurs du genre comme Agatha Christie ou  Mary Higgins Clark ? Quel message véhiculent les  enquêtes policières ?

Selon nous, cette profusion d’ouvrages, de pièces, de films, agit sur les esprits.
Le genre s’articule autour d’un mensonge, d’une dissimulation. Dans les téléfilms français ou anglo-saxons, l’on ne cesse rencontrer des personnages qui sont dans le déni. Et selon nous, le mensonge y trouve une certaine légitimité sinon une certaine impunité. L’on encourage à passer à l’acte de mentir, de nier les faits.  Certes, in fine, le, la ou les coupables sont démasqués mais cela ne se fait que si l’enquêteur franchit tous les obstacles. Mais cela se fait dans un second temps. L’on voit ainsi des gens, de sang froid, raconter n’importe quoi. Comment le public resterait-il indifférent face à un tel spectacle ?
Dans le n’importe quoi, on a un autre spectacle qui est donné par le biais des jeux télévisés et notamment de ceux qui proposent de choisir entre plusieurs réponses (comme dans ‘Tout le monde veut prendre sa place » animé par Nagui, sur France 2). Le candidat qui ignore tout, le  plus souvent, de la « bonne » réponse, fait son choix qu’il profère avec la plus grande assurance « à tout hasard » et qui sait, il tombera juste.
C’est dire que les téléspectateurs sont  plongés dans un certain « bouillon de culture » qui  favorise  l’expression de mensonges ou/et d’incongruités, ce qui tend à devenir une sorte de comportement « normal » de la part de gens coupables d’un crime ou d’une inculture crasse. On passera sur le spectacle que donnent les médias de gens qui lisent des textes écrits par d’autres (cf. le prompting, le « souffleur » au théâtre qui sait par avance ce qui doit être dit)
Nous vivons ainsi dans un monde de trompe l’œil, de faux semblants et il est assez remarquable que les femmes s’illustrent dans un tel genre où les personnages jouent avec la vérité. Personnages qui n’ont pas de « conscience » et qui ne se reconnaissent vaincus que par une intervention extérieure, celle de l’enquêteur, qui commet dès lors une sorte de « viol » au moment où il révèle ce qu’il en a vraiment été. Le récit  est marqué par deux temps forts : celui où le coupable nie et celui où il est démasqué, où il avoue.
Une telle problématique concerne au premier chef ceux et celles qui veulent se faire passer pour ce qu’ils ne sont pas ou pas vraiment, qui sont dans un processus d’ascension, de migration sociale, ce qui concerne notamment les femmes et les étrangers mais aussi les enfants et à l’opposé les personnes âgées qui ne veulent pas reconnaitre leurs limitations.La tentation du mensonge, de la vérité arrangée est ainsi constante.
La tentation est encore plus grande dans les domaines où l’on n’a pas la réponse ou du moins où l’on croit qu’on ne l’a pas. C’est précisément le cas concernant la différence entre hommes et femmes. Quand les femmes affirment que rien ne les distingue des hommes, qu’en savent-elles ? Si elles entendent par là qu’elles peuvent les imiter, qu’est ce à dire ? Le mot « imitation » à deus sens : le perroquet imite l’homme en reproduisant certains mots mais il ne se sert pas du langage pour s’exprimer. Un physicien du XXIe siècle qui veut « imiter » ses prédécesseurs va-t-il se contenter de répéter ce qu’ils ont dit ?  Certainement pas au niveau du Prix Nobel. Plus probablement à celui de l’enseignant à un niveau inférieur.
L’on entend souvent les femmes confrontés à des propos qu’elles se hâtent de qualifier de « misogyne », de laisser entendre que pour parler ainsi, il faut avoir eu des expériences pénibles avec des femmes. Cette psychanalyse à deux sous peut être inversée : les hommes qui laissent croire aux femmes qu’elles « valent » autant que les hommes, ne sont-ils pas victimes d’une forme de castration ou de quelque complexe de culpabilité?
Nous subissons une contre-initiation depuis l’enfance qui passe par des pratiques alimentaires consternantes consistant à déguiser le produit, sous le nom de « cuisine ». On voit des enfants manger des viennoiseries au lieu de fruits frais. On assiste à des concerts de musique datant de plusieurs siècles au lieu de s’ouvrir à la création contemporaine, ce qui fait de l’interprète se soumettant docilement au « joug «  de l’écrit un « créateur » fréquentable. Tout cela transpire la décadence et c’est le prix que nous payons pour avoir voulu croire que nous pouvions changer l’Humanité en nous leurrant sur les résultats factices obtenus, qui sonnent faux à ceux qui ne sont pas complètement déréglés. L’apprentissage de la lecture (y compris sur le plan musical) est une école d’imposture qui permet à un enfant de parler comme un adulte, de jouer au savant, de se faire passer pour  ce qu’il n’est pas.
..Une Agatha Christie  sait à merveille mettre en scène cette duplicité chronique. La première partie du récit n’est qu’un tissu de mensonges, de fausses déclarations. On pense au « rime de l’Orient Express ». Les personnages tentent de fausser la perception, de faire illusion. Et puis  l’on bascule dans la seconde partie – selon un processus cyclique- : finita la comedia.
 On s’aperçoit que l’on a manipulé le lecteur avec brio, avec un art consommé qui ne saurait surprendre de la part d’une femme. Mais pour cela, il va falloir  mettre en évidence les subterfuges. Mais la leçon n’en est pas moins donnée. A bon entendeur salut. Logiquement, c’est un homme qui est censé faire basculer le récit, à l’instar d’un Hercule Poirot.
Dans la production télévisuelle des séries françaises, on voit de plus en plus  des personnages à double fond, qui mentent comme ils respirent, le mensonge apparaissant comme un droit que l’on peut exercer tant qu’on le peut, sans contrainte morale intérieure, la révélation de la faute étant vécue comme une sorte de mort inexorable. De la liberté de mentir, de nier, comme un mode normal de protection de l’individu, du groupe, le Surmoi n’étant plus interne mais externe. Or, nous avons, lors de précédentes études, signalé que les femmes avaient un monde de fonctionnement dépendant davantage d’autrui alors que les hommes seraient plus « égocentriques », plus marqués par leur vie intérieure.[1], ce qui conduit aux travaux de Freud, initiant une topographie de ce monde invisible qui est en nous. Quelque part, nous pensons que le psychodrame du roman policier fait beaucoup plus sens pour les femmes que pour les hommes.
 
 
 
 
JHB
01. 02. 13

Laisser un commentaire

 

Hertiuatipo |
L'actualité du droit d... |
Beats Pas Cher |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lixueosche
| Kenpkcv
| Luivaterfoxs