les deux astrologies en présence‏

Posté par nofim le 20 avril 2013

Astrologie essentialiste et Astrologie existentialiste
Par  Jacques Halbronn
Nous distinguerons entre une astrologie essentialiste qui serait concernée par l’être, l’innée et une astrologie existentialiste qui le serait par l’avoir, par ce qui s’acquiert, s’approprie. Mais on ne peut aborder ces questions sans tenir compte du profil de ceux qui pratiquent ces diverses formes d’astrologie, ce qui renvoie à une sociologie de l’astrologie mettant l’accent sur la présence fortement majoritaire des femmes dans le public astrologique averti.
Prenons le cas de l’astrologie karmique : de quoi s’agit-il in fine ? D’accorder la plus grande importance à ce qui nous arrive au cours de notre existence. Ce qui compte ici ce n’est pas ce que nous sommes à la naissance mais ce que nous devenons, ce qui vient s’ajouter en quelque sorte. Mais, l’astrologie karmique déclare que ce qui nous arrive est déterminé par les astres, qui transitent sur notre thème (radix), censé représenter ce que nous « sommes ». Les transits représentent à merveille cette addition existentielle, tout comme d’ailleurs les révolutions solaires ou l’astrologie horaire (thème dressé pour un moment donné, qui est celui de la « question » posée)  associée au thème natal, voulue par Morin de Villefranche…
A contrario, pour l’astrologie essentialiste, au sens où nous l’entendons ici, notre essence est déjà porteuse d’une cyclicité parfaitement prévisible dans son déroulement et nul n’est besoin de transits puisque la dynamique est celle de l’essence Le passage des directions aux transits correspond au passage d’une astrologie essentialiste (comme celle défendue par Roger Héquet dans l’ACB) à une astrologie existentialiste, qui envisage qu’au cours de notre existence nous soyons comme assaillis par une ribambelle de « météorites » célestes (les transits) venant s’écraser sur notre « thème »..
Pour resituer une telle problématique, il faut comprendre que la philosophie existentialiste insiste sur le fait que nous sommes ce que nous devenons plutôt que nous ne devenons ce que nous sommes.  Cette philosophie (incarnée par Simon de Beauvoir, entre autres) tend à minimiser autant que faire se peut ce que nous serions avant d’avoir existé, c’est-à-dire d’avoir vécu. On ferait en quelque sorte « table rase » du passé antérieur à la naissance en ne tenant compte que de ce que nous avons reçu à partir de celle-ci. Ce qui conduit à des revendications égalitaires entre les sexes puisque le sexe ne nous est pas donné après mais avant la naissance, ce qui veut dire que cela ne compte pas.
Les exemples culinaires illustrent clairement notre propos. Là encore, il y  a deux cuisines. L’essentialiste qui s’intéresse à la qualité du produit central et l’existentialiste qui n’accorde de l’importance qu’aux additions venant se greffer sur un produit central considéré comme « neutre ». Dans le premier cas, on a un produit central couteux, qui doit se consommer sans délai, comme une viande fraiche et dans le second un produit central vil, médiocre que l’on peut conserver à peu près indéfiniment. Il suffit de comparer le mode de fonctionnement d’une boulangerie et celui d’une boucherie pour comprendre que l’on ne vit pas dans les deux cas sur une même planète. Le boulanger n’a guère de soucis de conservation ni de production alors que le boucher dépend de l’éleveur, du transport des bêtes et des courts délais avant consommation.
En ce sens, l’astrologue est comparable à un restaurateur (celui qui tient un restaurant). Il y a des cuisiniers  qui accordent la plus grande importance à la qualité intrinsèque du produit et d’autres qui se fondent surtout sur tout un attirail d’adjuvants qui vont transmuter le produit de base assez indifférent et qui est de peu de valeur (souvent à base de céréales (pain, pizza, tarte,  semoule etc.), ce qui donne un « plat », avec ses recettes… .
A la lumière de ces réflexions, les existentialistes s’occupent plus de ce que l’on reçoit que de ce que l’on est. Le thème astral correspond en fait à quelque chose que nous recevons car il est du domaine du visible (mandala) alors que ce qui est en nous est de l’ordre de l’invisible. Les existentialistes n’aiment pas l’invisible d’où l’importance accordée au thème qui a le mérite insigne d’être visible. 
D’une certaine façon, les existentialises ont un sens aigu de l’abstraction  dès qu’il s’agit de l’essence.  Car pour eux, toutes les essences se valent, ce qui les distingue, c’est ce qui est ajouté. Cela fait songer à nos sociétés laïques qui considèrent qu’à la base le citoyen est sans religion et que la religion est un plus dont on peut d’ailleurs changer comme de chemise.
L’astrologie ne saurait échapper à la nature des personnes qui la pratiquent et qui sont actuellement très majoritairement- quantitativement—des femmes. C’est donc l’astrologie existentialiste qui tend  à s’imposer. Pour la démarche existentialiste, le point de départ est secondaire tout comme le substrat astrologique fourni par la « tradition ». Il a le mérite d’exister et il sert de « matière première » mais ce qui compte, c’est ce qu’on en fait, ce qu’on y apporte. A contrario, pour la démarche essentialiste, on ne peut faire l’économie de l’analyse de cette tradition et il n’est pas question de se servir d’une « viande » frelatée sous prétexte qu’on la sauvera par une merveilleuse sauce. Pour les existentialistes, tout se résumerait à la sauce. Les gens au départ seraient, homme ou femme, indifférenciés et ce qui ferait la différence est la sauce, une fois que l’on fait abstraction des différences anatomiques qui devraient avec le temps disparaître au profit d’une sorte d’androgynat.
Ce qui nous frappe quand nous discutons avec des astrologues actuels, c’est qu’ils semblent incapables de revenir aux principes de l’astrologie et qu’ils  véhiculent un ensemble de données éparses qui ne trouvent leur centralité que dans la pratique et non pas dans la théorie. C’est à cette mutation du traitement de l’astrologie que nous assistons depuis un bon quart de siècle  qui correspond à la montée en puissance des femmes astrologues depuis le milieu des années quatre vingt. Avant les années 80, il était question de réformer l’astrologie, de reprendre les choses à la base sans se fonder sur une tradition qui n’aurait pas été repensée de fond en comble.  Depuis cette décennie,  l’on a vu émerger une astrologie karmique mais aussi  une montée en puissance d’une tradition qui n’avait plus à se justifier et dont on ferait le meilleur usage en l’assaisonnant  le plus ingénieusement du monde. Les prochaines décennies devraient voir une reconquéte de l’astrologie par le parti essentialiste et  un changement dans le profil de ses sectateurs, donc avec sa  remasculinisation, ce qui devrait d’ailleurs marquer notre civilisation dans son ensemble. La crise de l’endettement, c’est-à-dire de ce que l’on ajoute à ce qui nous manque,  n’est-elle pas celle du féminin ? Il y a là à terme la fin d’un mythe.

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