Les deux sensorialités: interne et externe‏

Posté par nofim le 17 mai 2013

Pour une sensorialité interne face  à une sensorialité externe
Par  Jacques Halbronn
 
Les thèses de Chomsky sur le fait que nous devons avoir dans notre cerveau des facultés qui  sous –tendent l’apprentissage du langage ont fait leur chemin (cf.  S. Pinker, L’instinct du langage,  Ed Odile Jacob, 1999)   Selon nous,  nous ne ferions que relier les mots que nous acquerrons à notre structure mentale et non l’inverse. Cela vient conforter notre propre système selon lequel  il  existe une sensorialité organique, interne qui serait le pendant de la sensorialité externe, celle notamment qui passe par les mains sans lesquelles disait un philosophe grec antique, nous ne penserions pas.(cf. nos textes sur le « toucher » interne).
Dans les travaux de linguistique que nous avons produits (cf. notre article dans la Revue Française d’Histoire du Livre, année 2011), nous avons voulu montrer à quel point les langues, à la base, obéissent à une certaine économie de moyens, ce qui peut surprendre quand on observe la quantité de mots qui constituent ce qu’on appelle  une langue, quelle qu’elle soit.
Nous pensons, en effet,  qu’il faut partir de langues  qui ont su maintenir leur cohérence non pas au niveau du signifié mais des signifiants. En   effet,  quitte à  simplifier quelque peu, le signifié  ne repose sur rien de tangible (on est en face de synonymes, c’est-à-dire de mots dont on nous dit qu’ils signifient, en dépit du fait qu’ils ne se ressemblent guère,  peu ou prou la même chose, ce qui n’est pas très sain pour notre cerveau)  alors que le signifiant  a une dimension visuelle. En ce sens, le français est une langue plus satisfaisante que l’anglais qui flirte constamment avec l’ambiguïté, du fait notamment de ses emprunts  au français qui, à force,  l’auront déboussolée.
Selon nous, plus une langue a su garder de sa structure de base (à savoir quelques racines qui sont agrémentés de préfixes, qui ne sont au  départ que des préposition, et de divers suffixes marquant  le nombre, le genre mais aussi qui articulent conjugaison et déclinaison, plus elle est en phase avec notre cerveau, avec notre organe de pensée. C’est là tout l’enjeu de la morphosémantique si l’on admet que nous savons penser avant de parler et que nous pouvons intégrer à notre pensée toute langue par un processus d’association que l’on pourrait qualifier de collage.
Mais pour qu’il y ait collage (copié-collé), il faut que nous disposions des outils nécessaires, non pas en externe mais en interne, ce qui nous renvoie à notre thèse dite du toucher interne, une sorte de « main » qui nous aide à appuyer sur la bonne « touche ».. Avec cette « main » nous pouvons  relier  mais nous pouvons aussi effacer, par exemple gommer un souvenir de notre mémoire. L’amnésie est quand quelque chose s’est effacé.
On peut penser que nous pouvons penser en silence, dans notre tête par un procédé qui pourrait consister en vibrations, dont la musique serait une expression quelque peu extériorisée mais  néanmoins non verbale. Quand on aime ou on n’aime pas quelque chose, on n’a pas besoin de mots. Souvent le langage  introduit  une sophistication inutile.  Le langage ne serait qu’un mode de communication entre l’inconscient et le conscient. Mais il ne fait sens que par rapport  à ce que nous avons appelé le cerveau externe, c’est-à-dire le groupe. Quand on pense/  réfléchit  seul avec soi-même, a-t-on réellement besoin du langage ? Des travaux (cf. S. Pinker, op. cit) ont montré que  nous étions capables de remodeler grammaticalement une langue  lacunaire à partir d’exigences intérieures et innées ou du moins  constituées dans un passé immémorial de l’Humanité.
Il s’agit donc de repenser le paradigme sensoriel par trop axé sur l’externe. Qui pense à des processus internes  quand il est question des sens et des organes afférents ?  On ne sait certes pas grand-chose des organes sensoriels internes mais sans eux, on ne serait pas en mesure de produire des sons et l’on ne maitriserait pas son mental et donc ce qui se passe en nous.  Le Surmoi freudien pourrait correspondre à une certaine aptitude sensorielle à corriger nos pulsions, à les refouler de par notre volonté.  Le processus du pardon qui passe par un certain atténuement du ressenti exige un certain « toucher » intérieur.  Quand ce toucher fait défaut, la personne reste indéfiniment avec la trace de l’acte incriminé, elle ne parvient pas à se laver à l’intérieur de certaines souillures comme elle peut le faire en prenant sa douche,  à l’extérieur. Il serait notamment intéressant d’observer si les hommes et les femmes ont ou non, dans l’ensemble la même activité sensorielle interne et externe.  C’est la paille et la poutre. .Il peut y avoir une propreté de l’âme et du cœur et une propreté du corps.  Toute propreté exige  un organe, un instrument pour s’entretenir.
Nous qui pratiquons de façon intensive le sifflement, nous sommes conscients de cette sensorialité interne  - ne parle-t-on pas d’ailleurs de cordes vocales ? - qui nous a permis d’apprendre à produire à volonté des sons sans que nous sachions d’ailleurs exactement comment nous y parvenons.  En tout état de cause, l’apprentissage d’une langue donnée ne saurait se résumer à un processus externe. Personne ne nous explique comment parler. On ne peut que nous donner l’exemple.  De même quand nous sifflons,  cela déclenche chez d’autres personnes l’envie de siffler également et donc de trouver en soi les ressources appropriées.   On peut penser que lorsque  l’on dit que telle personne est « excitée », cela tient à une certaine effervescence intérieure : ne parle-t-on pas de masturbation intellectuelle ?
 
JHB
17. 05. 13

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