Les femmes et le Temps

Posté par nofim le 17 mai 2013

Lorsque quelqu’un  lit un texte écrit par un autre, dans un autre temps, il y a comme une distorsion temporelle qui se produit, une rupture de causalité.  Il se produit des interférences entre le présent et le passé même si l’on cherche à donner le change en mettant une petite couche de présent par-dessus. Or, c’est ce qui se produit quand quelqu’un lit un texte devant nous : il est certes devant nous, il sort de sa bouche des sons ici et maintenant mais quelque part cela sonne faux et  si nous ne sommes pas totalement abrutis, nous le ressentons ainsi.
De plus en plus, notre temps est pollué par  de tels décalages diachroniques qui tendent à aplanir le temps, à lui ôter de son relief. C’est flagrant quand on nous fait passer certains messages en boucle. On entend quelque chose mais cela  émane d’une source absente, lointaine avec laquelle il n’y a pas de communication possible. Car tel est bien là le problème, celui qui s’exprime devant nous n’est pas responsable de ce qu’il dit, puisque ce qu’il dit appartient  à une autre temporalité.
On en arrive à  une certaine forme d’abstraction de par un tel nivellement temporel qui  justifie que l’on puisse croire que ce qui était « vrai » hier puisse l’être aujourd’hui.  Par « vérité », ici, nous entendons la vérité de l’instant, de l’interaction avec un lieu donné, avec un interlocuteur donné. La vérité de la relation est de moins en moins respectée. On tient des propos qui ne s’adressent  à personne en particulier même si celui qui les profère fait semblant de les improviser et de nous les adresser.  Le contact est truqué.
Les femmes sont particulièrement concernées par une telle problématique et elles ne peuvent d’ailleurs y faire grand-chose sinon le reconnaitre. Cela nous renvoie d’ailleurs aux machines qui sont dans l’intemporalité. Une machine ne tient pas compte de l’instant, de l’environnement. Le temps ne compte pas si ce n’est au niveau quantitatif, de la durée. C’est une autre façon de vivre le temps, de parler du temps et il ne faut pas se leurrer.
Chaque fois qu’une femme lit un texte écrit par un autre, joue une musique composée par un autre, elle se trouve en porte à faux avec le temps. La femme est constamment entre deux temps, celui de la source et celui de l’expression ponctuelle qui souvent passera par une répétition indéfinie du même propos, inlassablement. Or, en bonne logique, on ne saurait se répéter, ne pas tenir compte d’autrui. Or faire semblant de s’adresser à l’autre avec un support déjà constitué, c’est un simulacre, c’est une farce. Même dans le rapport sexuel, il peut y avoir une part de comédie de la part de la femme. Quand est-elle dans l’authenticité, à force de maquillage, d’adjuvants, de suppléments et de compléments ?
Or, faire appel à des supports préétablis, c’est bien ne pas se contenter de ce que l’on peut faire  à un instant T. En ce sens, la femme est fortement aliénée par le passé qui  envahit son présent. On a des exemples dans la Bible de tels subterfuges.  Jacob veut épouser Rachel mais on le force à prendre aussi Léa, par-dessus le marché.  Souvent, il y a un passager clandestin dans l’accord proposé, une clause qui  modifie    ce qui avait été convenu, qui vient s’ajouter. On a parlé dans un précédent texte des expédients ordinaires de la cuisine qui fait que l’on ne mange pas ce que l’on croit manger, car notre goût est délibérément trompé par une sorte de tour de passe-passe, de quiproquo.
De plus en plus,  il faudra exiger de vivre au présent et d’évacuer tout ce qui est importé d’un autre temps.  On interdira toute lecture de texte, de partition. Tout devra émaner de la personne en chair et en os et on n’acceptera plus les clones sauf à ce que cela soit reconnu explicitement. Mais on ne discute pas avec un clone. C’est une communication à sens unique.
 
 
 
JHB
10.05.13

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