Astrologie et logique

Posté par nofim le 26 mai 2013

Il y a 30 ans nous publiâmes « Mathématiques Divinatoires » (Préface de Jean-Charles Pichon, Ed Trédaniel-Grande Conjonction). Le titre indiquait que pour nous tout savoir divinatoire reposait sur une certaine mathématique, ce qui permettait éventuellement de le reconstituer lorsqu’il avait été perverti, corrompu. Le fondement même de toute recherche sur les textes, c’est de supposer qu’au départ, ils reposent sur une cohérence, une esthétique, une logique. Or, il est important de restituer cet état dans la mesure où il correspond au projet originel, ce qui ne signifie pas à la source du projet. En effet, la source d’un projet peut ne servir que partiellement et ponctuellement à l’élaboration finale. Mais on conçoit mal des sociétés humaines mettre en place un système mal structuré. Cela vaut aussi pour une langue. Quand il y a incohérence, déséquilibre, c’est qu’il y a perte, manque. Il en est ainsi dans le domaine de l’attirance : a priori, on est attiré au départ par ce qui est beau, harmonieux même si ensuite cela se dégrade. C’est pourquoi il n’est pas crédible de poser un savoir bancal au début d’un processus. Mais à partir d’un savoir bancal, on peut remonter à un état initial.
Dès lors, il nous est toujours apparu que la vraie astrologie, celle qui est réellement ancrée en nous, devait être belle et ne pas faire penser à une sorcière bossue et difforme, à une fée carabosse.  Quand des gens- et notamment des astrologues – nous disaient avoir des résultats à partir de savoirs visiblement corrompus, frelatés, nous avons toujours pensé  qu’il y avait anguille sous roche et que c’était suspect.
Cela dit, il ne faudrait pas conclure que ce qui n’est pas cohérent ne marche pas. Les humains sont trop ingénieux pour ne pas faire marcher à peu près n’importe quoi, tout comme on  nous fait manger n’importe quoi du moment que l’on ajoute quelque leurre, quelque ingrédient. C’est ainsi qu’en saupoudrant de curry n’importe quel produit, cela passe. Mais, ce faisant, l’on trompe son corps, on fait du forcing. Malheureusement, si nous vomissons quand on nous impose d’avaler un mauvais produit, il n’est nullement certain qu’un savoir douteux nous rende malade et en tout cas pas à court terme. Sommes –nous ainsi démunis face à des nourritures intellectuelles de mauvais aloi ? Probablement. C’est pourquoi, il vaut mieux prendre des précautions et partir du principe que ce qui ne plait pas à notre besoin d’harmonie structurelle doit être évité. Mieux vaut ne point passer outre. D’autant que notre esprit critique fonctionne beaucoup mieux face à une carte que face à un  territoire (sémantique générale), d’où l’importance des tests de Quotient intellectuel (QI ou IQ) qui nous placent devant des dispositifs plus ou moins structurés qu’il faut corriger ou dénoncer.
Certains s’imaginent qu’on améliore un produit en le testant sur le terrain. Si quelqu’un a besoin de cela, c’est qu’il est un bien piètre théoricien auquel nous ne ferions pas confiance. Imaginons un ingénieur en aéronautique ou un mécanicien qui auraient besoin de toute une série d’accidents pour se remettre en question. Ce serait excessivement coûteux en hommes comme en matériel.Chaque fois qu’une application  ne donne pas satisfaction, l’on s’aperçoit que l’on aurait pu et du s’en douter avant de passer à l’acte. Mais  bien souvent, même si une application donne quelque résultat, il nous suffira de percevoir une incongruité théorique pour l’abandonner.  C’est là qu’il y a problème  car le praticien à qui cela aura demandé un certain travail ne l’entend pas toujours de cette oreille. On connait le problème en astrologie : quand un apprentissage est trop lourd, il risque d’y avoir de sévères résistances quand il sera question de tourner la page. C’est pourquoi le théoricien ne doit pas être un praticien car il a besoin d’avoir les mains libres pour aller de l’avant. C’est pourquoi la motivation principale du praticien doit être l’argent et qu’il est préférable de ne pas s’attacher trop  à ce qu’il fait. Si du jour au lendemain, on le paie pour faire autre chose, cela doit lui  être indifférent. Sinon il devient un gène et un embarras.
De même le théoricien doit éviter l’euphorie d’une application qui semble fonctionner car ensuite, il aura quelque mal à s’en détacher. Qu’on laisse au praticien l’excitation du « résultat », si souvent éphémère.  Le théoricien s’en mordrait les doigts. Par ailleurs, à un théoricien doivent correspondre de nombreux praticiens. Le théoricien doit rester une denrée rare et tout praticien ne doit pas se prendre pour un théoricien.
Il nous est personnellement arrivé de devoir changer d’angle à plusieurs reprises. A chaque fois, bien entendu, nous étions amenés à tenter quelques applications mais ce n’était pas tant pour voir si cela marchait ou pas mais plutôt pour voir si cela ne marchait pas trop facilement et si cela manquait de réversibilité.
Le réel est si riche, en effet, que l’on finit toujours par trouver quelque chose qui va dans le sens du modèle qu’on utilise. C’est pourquoi, nous devons accorder la plus grande importance au modèle ; à sa logique interne, à sa compatibilité avec d’autres systèmes. Ajoutons que nous pouvons discuter à cent dans une salle de la valeur structurelle d’un modèle alors que dès que l’on passe à des études de cas, cela devient quelque chose d’opaque, qui n’est connu que d’un témoin. Il semble d’ailleurs que certaines personnes adorent l’idée d’être les seules à connaitre le cas dont il est question tout comme elles jubilent quand elles racontent ce qu’elles sont seules à connaitre, penchant, reconnaissons-le assez typiquement féminin.Aucun travail collectif ne peut exister dans de telles conditions On doit toujours en revenir à la « carte », au schéma, au plan qui  constituent un lieu d’échanges, de démonstrations.
Qu’il soit bien clair que si quelqu’un n’est pas à l’aise au stade de la « carte »,  il ne devra pas pour autant chercher à compenser en surévaluant l’apport de l’application. Cela dit, si une majorité de gens  préférent se situer au niveau des applications, l’on dira que le groupe est menacé de sclèrose. Seul un théoricien est en mesure d’aider un groupe à aller de l’avant, c’est-à-dire à changer de modèle au lieu de s’enfoncer désespérément dans une autosatisfaction qui n’a pas lieu d’être. L’un des seuls cas où l’on pourrait être tenté d’accorder un droit de veto à un praticien, c’est lorsqu’il y a guérison, du fait d’un traitement ou d’un médicament. Le problème, c’est que dans tout ce qui reléve du corps humain, le temps joue un certain rôle et que nous disposons d’une certaine faculté d’auto-guérison, ce qui n’est pas le cas d’une machine qui a besoin d’une intervention extérieur, d’un dépannage.
Lorsque nous remettons en question un modèle, le  notre ou celui d’autrui, c’est généralement le résultat d’une certaine réflexion qui aura pris un certain temps. Tout d’un coup, nous prenons conscience de notre erreur logique – rien à voir avec une quelconque pratique insatisfaisante, tout comme habituellement nous ne changeons pas de régime du fait des résultats  mais bien parce que nous avons découvert que cela ne correspondait pas à nos principes. C’est ainsi que récemment, nous avons cessé de boire du thé, non pas parce que ce n’était pas « bon » mais parce que l’idée de boire de l’eau chaude (infusion) agrémentée de quelque parfum. (Thé, café, tilleul, menthe etc.) Nous apparut comme extravagante au regard de notre conception diététique basée sur la qualité du produit et non sur quelque mixture.
Ce qui manque cruellement au milieu astrologique, c’est cette aptitude à abandonner sur le champ des idées, des représentations, des applications dont il a été montré qu’elles étaient logiquement défectueuses. C’est cela qui constitue une vraie cité scientifique, ce qui manque cruellement au milieu astrologique, même chez ceux qui ne gagnent pas leur vie par l’astrologie et qui de ce fait ont quelque excuse mais aussi sont dispensés, par là même, de participer  à un débat qu’ils ne pourraient que bloquer, consciemment ou non…
 
 
 
 
JHB
31. 03.13

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