L’astrologie éclairante ou éclairée ?

Posté par nofim le 26 mai 2013

On a du mal à comprendre la démarche de certains astrologues : qu’attendent-ils de l’astrologie. Est-ce le monde qui éclaire l’astrologie ou l’astrologie qui éclaire le monde ? On est là dans une sorte de « double bind ».
En écoutant les astrologues,  on a du mal à déterminer si l’astrologie,à leurs yeux, est confirmée par l’observation du réel ou si elle en est une grille de lecture. On a l’impression d’un double jeu et c’est bien là que le bât blesse. C’est le syndrome de la chauve-souris et il est intéressant de noter que plusieurs signes zodiacaux sont bicorporés, comme le capricorne (chèvre à queue de poisson) ou le sagittaire (archer) assimilé au centaure (cheval à tête d’homme). Le sphinx exprime cette complexité, cette double face de Janus (janvier, janus, la porte en latin), de l’ouroboros.
Or, de deux choses l’une : soit  l’astrologie est déjà validée théoriquement et donc a quelque légitimité  à proposer une certaine lecture du monde, soit elle recherche cette légitimité dans une pratique qui, cependant, ne se veut pas pour autant thérapeutique, les astrologues ne prétendant pas guèrir..
Il convient de revenir sur le rôle de la prévision des comportements. Quand on choisit un film, par exemple, on se fonde sur quelques données permettant de se faire une idée (le scénario, les acteurs, le réalisateur) sans que l’on soit allé voir le film. Il y a donc  toujours un « préjugé » qui nous fera ou non agir dans un sens ou dans un autre. Pour l’astrologie, on a aussi des « préjugés » qui nous incitent à aller « voir » ou pas. Donc, la pratique ne précéde pas la décision.
Mais voilà que nos astrologues nous déclarent qu’ils ont constaté des corrélations. On renverse alors l’ordre des choses : ce serait alors la pratique qui inviterait à accepter ce savoir.  Mais cela implique que l’astrologie ne soit pas nécessaire à la compréhension du monde. A quoi sert-elle dans ce cas ? Elle ne serait qu’un appoint, une cerise sur le gâteau. Elle viendrait confirmer ce que l’on sait déjà par ailleurs.
Mais peut-on ainsi affirmer que l’intelligibilité du monde, des personnes soit si flagrante ? Quel est donc l’apport de l’astrologie ? Ce qui présuppose qu’elle soit  crédible sur le plan théorique et interdisciplinaire pour rendre compte d’un certain processus. Mais dans ce cas,  ce qu’elle nous dit du monde devrait faire autorité.  Mais dans cas,  ce que nous percevons par ailleurs du monde ne ferait sens que dans la mesure où cela serait confirmé par l’astrologie. On ne peut dès lors partir de l’observation du monde puisqu’il revient à l’astrologie de nous dire ce qui se passe dans le monde, ce que reconnaissent les astrologues qui dressent un thème pour savoir ce qui se passe, en un instant T. Mais alors d’où leur vient cette foi dans ce que dit l’astrologie ? Réponse : de leur appréhension du savoir astrologique et comment valider ce savoir sinon par sa cohérence théorique  ? On en revient toujours au plan théorique et donc on ne peut valider le théorique par ce qui ne l’est pas, à savoir la pratique. Ce serait valider une chose à partir d’un facteur qui ne lui appartient pas comme d’acheter un produit parce que l’on propose un cadeau qui n’a rien à vour avec le produit. (Bonus) ou parce que sur l’affiche, il y  a un beau paysage ou une belle fille !
Malheureusement, ce petit jeu du chat et de la souris qui finit par être lassant s’explique assez bien par l’état de délabrement à la fois du savoir astrologique et l’état de confusion du monde qui fait que l’on ne peut s’appuyer ni sur l’astrologie en tant que savoir cohérent ni sur le monde en tant que réalité transparente. Cela nous fait penser à ces plats qui combinent des produits dont aucun n’est satisfaisant mais qui en s’alliant donnent quelque chose de mangeable. On pense au couscous qui ajoute à de la semoule de blé insipide des saucisses douteuses en terme de traçabilité, avec un peu de sauce piquante (harissa). Même recette pour la paella, la pizza, la choucroute, les lasagnes ou le cassoulet, autant de plats bâtards auxquels on est tenté d’assimiler une certaine astrologie. Et en fait, cela se mange, même si on peut appeler cela de la malbouffe. Il est vrai que l’on ne demande pas à son corps s’il est content d’ingurgiter de telles préparations. Cela lui est imposé au nom d’une certaine tradition culinaire. On a prononcé sciemment le mot « tradition » en ce qu’il apparait comme un moyen terme entre la  théorie et la pratique. Il renvoie à une habitude, à une temporalité. En fait, la réponse la plus appropriée de l’astrologue serait qu’il suit une tradition. Mais quid, dans ce cas, de nouvelles planétes, d’astéroïdes inconnus de la tradition astrologique ? On répondra qu’il est « de tradition » de faire appel aux produits locaux, de saison. Une petite touche de modernité,
Nous noterons que ceux qui consomment sans discernement des nourritures matérielles et intellectuelles frelatées se reconnaissent par leur embonpoint et un certain manque d’agilité physique et/ou mentale. Tout se paie.
JHB
28.03.13

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