Polygamie‏

Posté par nofim le 26 mai 2013

L’importance du monde sémitique  au XXIe siècle et le débat sur la polygamie.
Par Jacques  Halbronn
 
Pour celui qui observe le monde actuel, une des bizarreries les plus flagrantes a pour nom monogamie. En effet, rien  ne nous apparait sur aucun plan justifier un tel principe et ceux qui sont en faveur de la  monogamie seraient bien en peine de s’expliquer à ce sujet au regard des activités humaines en général lesquelles sont foncièrement l’illustration du modèle opposé, celui de la polygamie. Comment en est-on arrivé là ?  Quels sont les effets de la monogamie sur la crise de la civilisation ?
Tout observateur du monde ne peut que noter à quel point la dialectique de l’un au multiple, qui sous-tend le paradigme polygamique,  est universelle, dans l’établissement de toute forme de loi (sur les plans juridique (nul n’est censé ignorer la loi), religieux (monothéisme), scientifique, artistique (la partition et ses interprétations) etc.). En linguistique, le mot est porteur de diverses significations, d’autant qu’il peut se décliner, se conjuguer, se parer de nombre de préfixes et suffixes (substantifs). La Bible, elle-même, nous offre des exemples de polygamie chez les patriarches et notamment chez Jacob/Israël, le père des 12 tribus.   L’Islam a perpétué la polygamie dans ses mœurs  jusqu’à nos jours.
Il est clair, nous semble-t-il, que le monogamisme  (qui est à l’opposé du monothéisme, en fait) conduit dans les faits, à conférer aux femmes un statut égalitaire avec la constitution du tête à tête du couple même si la famille, en elle-même,  tend à une certaine forme de polygamisme, dès lors que naissent des enfants et notamment des filles, ce qui peut conduire à l’inceste. La prohibition de l’inceste  va dans le sens du monogamisme. Mais l’on peut aussi dire que le monogamisme  pousse, par compensation, à l’inceste de par les limitations qu’il provoque. L’inceste serait alors une façon de contourner le monogamisme, un retour du refoulé. La double prohibition de l’inceste, de la polygamie va de couple avec celle du viol qui est l’accès  sauvage à une autre femme.  Il nous semble que la prohibition de l’inceste va en sens inverse du polygamisme lequel ne saurait encourager l’inceste puisqu’il ne provoque pas une pénurie de partenaires.
La monogamie nous fait songer aux « 35 heures », c’est-à-dire que l’on recherche le plein emploi. Or la polygamie ne risque-t-elle pas  de condamner un grand nombre d’hommes au célibat.  En ce sens, le célibat imposé par l’Eglise catholique romaine ne serait-il pas  le corollaire d’ une certaine pénurie de femmes  dans les classes les plus démunies  un peu comme le végétarisme au niveau alimentaire, également lié à une certaine pénurie ?
En interdisant la polygamie, on aura voulu  instaurer une certaine justice sociale et  mettre fin aux privilèges des riches accaparant ainsi toutes les femmes. Les classes les plus démunies ne pouvaient se permettre la pratique de la polygamie. Avec la monogamie, on a donc affaire à  un nivellement par le bas. Mais à quel prix ?
Comme nous l’avons dit dans nos textes consacrés aux pratiques alimentaires, la pénurie n’est pas forcément une bonne conseillère. Pas plus d’ailleurs que toute forme de manque, naturel ou accidentel (handicap, incapacités etc.)
Il y aurait certainement moins de divorces si l’on admettait la polygamie et moins de solitude, plus de solidarité.   Le monogamisme a introduit toutes sortes de délits tels que l’adultère, c’est-à-dire la relation  hors mariage. L’aggravation des statistiques de divorces témoigne des insuffisances du modèle monogamique lequel va à l’encontre d’un certain besoin  de renouvellement et de diversité. Les femmes tendent à brandir le Surmoi du monogamisme  face à toute forme d’infidélité,  de « tromperie » et les rois de France n’ont respecté le monogamisme qu’à la lettre.  En pratique, le mot « maîtresse »  montre les limites de cet interdit qui peut être contourné.
.Alors que l’on vient d’entériner en France le « mariage pour tous », il semble que l’on aille encore plus loin dans le monogamisme. Le PACS était déjà un élargissement de ce principe au-delà du mariage stricto sensu.  Ceux qui nous lisent savent que le grand défaut du monogamisme tient au fait que la société n’offre pas de lisibilité sociale en termes de centralité alors que le polygamisme est une école de centralité.  Même lorsque l’enfant apprend une langue, il pratique le polygamisme et nous savons depuis Chomsky que la structure du langage  est le calque de celle de la pensée, c’est-à-dire qu’elle est dans notre ADN. Le polygamisme est certainement plus dans l’ ADN de l’Humanité que le monogamisme, ce qui  sous-tend –on l’a dit- la plupart des activités économiques, scientifiques, juridiques. Même la notion de « capitale » d’un Etat  est poligamique tout comme toute idée d’autorité, à commencer par l’organigramme d’une entreprise, d’une armée. Les élections sont placées également sous le signe du polygamisme, ce qui donne un Premier ministre entouré de ses ministes, dans de nombreux pays..
Dès lors, comment peut-on justifier le monogamisme, sinon, comme nous l’avons dit,  au nom d’une société paralléle qui s’est constituée dans un contexte de pénurie et qui a fini par faire de nécessité vertu ? On notera à quel point les solutions marginales tendent à envahir l’espace. On pense aux ascenseurs initialement réservé aux personnes à mobilité réduite qui sont devenues monnaie courante. On pense à ces plats traditionnels qui sont de la nourriture  de pénurie,  de substitution, et à laquelle la petite bourgeoisie est parvenue à donner des lettres de noblesse.
Il reste que la disparition du modèle polygamique constitue un sévère handicap  dans l’apprentissage de la vie,  en ce qu’elle correspond à la perte d’une clef épistémologique cruciale  tout comme le paritarisme hommes/femmes- qui en découle peu ou prou- diffuse un message erroné qui là encore égare quant à l’intelligibilité du monde.  Les données sociologiques et démographiques aggravent encore les erreurs de perception. Le quasi égalité des sexes sur le plan démographique  est  interprété comme la preuve que les deux sexes se valent et sont donc, si l’on peut dire, socialement interchangeables. Il est clair que dans une  société polygamique, les hommes devraient être en minorité mais vient se greffer la question du suffrage universel qui débouche sur une exigence de représentativité au plus haut niveau de la répartition démographique des électeurs.  Autrement dit, dès lors que la démographie et la démocratie sont ce qu’elles sont,  nous allons vers un « clash » à plus ou moins long terme qui ne peut se terminer que par la fin des démocraties, à moins évidemment  d’une  exclusion des femmes du suffrage universel, ce qui fut, rappelons-le, la position française jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
Les femmes posent de fait la question du vote des étrangers. Elles sont en vérité étrangères au monde tel qu’il s’est constitué intellectuellement, artistiquement, depuis des millénaires. La lecture de toute histoire de l’Art est édifiante et l’on se dit dans la plupart des domaines que l’Humanité n’a aucunement eu besoin des femmes pour réaliser ce qu’elle a réalisé depuis des siècles et l’essor actuel de la technologie va encore aggraver la situation puisque cette technologie empiété avant tout sur les activités  féminines, la question de la procréation/prostitution  étant vouée à devenir  à terme  une forme d’esclavage et d’élevage  physiologique à la  Matrix.  On peut donc raisonnablement prophétiser le retour d’ici la moitié du XXIe siècle de la polygamie et en ce sens  nous pensons que nous allons vers une révolution islamique, à savoir que le monde arabo-musulman peut  prendre un avantage stratégique sur les sociétés pratiquant la monogamie en ce sens qu’à l’avenir, l’environnement dans lequel  vivront les gens sera un vecteur majeur de qualité de vie et d’exploitation des ressources humaines
Ce qui sous-tend en effet notre propos, c’est la question des modèles véhiculés par une société auprès de ses membres et notamment de ses enfants. Or, il y a là une très grosse marge de progression et d’amélioration, qui passe par la maitrise de toute une série de signaux qui peuvent éveiller l’esprit des membres ou au contraire les abrutir. On a déjà signalé au cours de divers textes les messages véhiculés par les modes alimentaires, par les modes linguistiques (certaines langues étant plus formatrices que d’autres, avec le problème des emprunts mis en évidence en son temps par Etiemble autour du « franglais »),  les structures juridiques (autour de la question du mariage, point particulièrement mis en avant actuellement, ce qui inclut évidemment le problème de la monogamie, qui est un très mauvais modèle), les structures politiques avec  une refonte des modes électoraux,  les structures économiques  avec  une réforme de la propriété intellectuelle qui protège beaucoup mieux les droits des »designers » de ceux qui créent non pas tant des œuvres que des styles, que des modèles qui seront appliqués par un grand nombre de personnes, ce qui est l’expression par excellence du polygamisme.  On peut souhaiter notamment que le monde juif, notamment en Israël,  revienne à terme à la polygamie qui n’a été abandonnée chez les Séfarades que dans le cours du XXe siècle. On ajoutera qu’une très grande vigilance devra également être activée à l’encontre de toute invasion technologique qui fausserait la perception de la valeur intrinsèque des personnes.  Face à ce monde « sémitique » qui  assumerait pleinement, à tous les niveaux, le modèle polygamique, l’on aurait un autre monde  qui verrait les humains totalement asservis aux machines et chaque humain ne se distinguant de l’autre que par son équipement externe et non par son ADN, ce qui garantirait une totale égalité  entre hommes et femmes. En  ce sens,  le sionisme dont la vocation était de s’inscrire au sein du monde arabe, par ses échecs répétés, en dépit de l’apprentissage d’ une langue sémitique, l’hébreu, devra repenser radicalement  son positionnement en se souvenant que l’Islam  a repris à son compte une grande part du judaïsme- à l’instar du christianisme.
 
JHB
20. 05. 13

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