Les femmes face au temps‏

Posté par nofim le 12 juin 2013

Le Temps et le mythe féminin
Par  Jacques Halbronn
 
Si les femmes ne sont pas gâtées par la postérité, ce n’est pas sans raison mais cela ne se constate qu’avec le temps et selon la formule, en ce qui concerne certaines prétentions « il faut le dire vite ».  Le temps joue en effet contre les femmes, il est le grand révélateur de la condition féminine.
A quoi tient cette « malédiction » du caractère éphémère des réalisations féminines ? Répondons par une question : est-ce qu’une femme enceinte peut enfanter ? Le pire qui puisse arriver  à une femme, c’est d’être pleine car quand elle l’est, elle ne peut pas recevoir, se remplir et donc elle est reléguée dans le passé, imperméable au présent, puisque les choses doivent suivre leur cours jusqu’à leur terme. Elle se dote alors d’œillères.
Il faut comprendre le processus de la postérité. Ne restent dans la mémoire collective que ceux qui ont marqué les esprits d’un grand nombre, qui les ont fécondés. Il faut un certain recul pour faire le bilan.
Dans bien des cas,  l’appréciation que l’on porte sur les œuvres est faussée. On peut apprécier un film. Mais sait-on en situer l’importance, l’impact ? Il est fort possible que ce film ait été marqué par un film antérieur dont nous ignorons l’existence et qui peut être, d’ailleurs, aura été moins réussi, moins accompli.  C’est dire que l’on peut appliquer à une œuvre des critères non pertinents.  Or, c’est ce film plus ancien que nous ne connaissons pas qui sera retenu parce qu’il aura marqué non pas tel film mais toutes sortes de films.  La postérité est indissociable du nombre, elle s’articule sur une arborescence, sur des ramifications.
Autrement dit,  on pourra avoir produit l’œuvre la plus « parfaite », cela n’en fera pas une œuvre déterminante, ipso facto.
 
Naïvement, quand on nous déclare que telle œuvre est importante, nous croyons que c’est en étudiant cette œuvre en soi que nous comprendrons pourquoi alors que tout est relatif,  tient à un jugement comparatif, ce qui exige une large culture, des points de repère dans le temps, la présence de l’absence. D’ailleurs,  on ne peut  innover que si l’on sait ce qui a déjà été  fait.
Une œuvre qui mérite de passer à la postérité, c’est une œuvre qui laisse derrière elle une postérité, qui aura été imitée, commentée, reproduite, prolongée de mille et une façons.  Ce n’est qu’au moment où l’œuvre en question apparaît que l’on peut saisir ses potentialités si tant est que l’on puisse conclure qu’il n’y a pas de précédent dont elle découlerait, ce qui viendrait relativiser son impact.
On aura donc compris que certaines œuvres ont tout à craindre d’un compte à rebours car plus le temps passe, plus l’on sera en mesure de noter si elles sont ou non suivies, reprises et bien plus encore si elles font école et permettent à toute une société de se constituer par rapport à elles.
Allons plus loin dans notre analyse : une œuvre qui ne fait que compléter un modèle existant fait partie d’un ensemble d’autres œuvres qui se sont ainsi « modelés » sur une matrice et bien évidemment c’est cette matrice qui est vouée à rester à la postérité, du fait de son impact social et pas seulement esthétique ou scientifique.  Une œuvre qui ne rayonne pas mais qui se contente de recevoir les rayons ne saurait être candidate à ce statut supérieur. C’est dans ce sens que nous dirons que les femmes sont stériles. D’ailleurs, même dans le domaine de la procréation, elles sont moins bien équipées que les hommes pour  exercer une influence sur une large population, en raison même du temps nécessaire pour enfanter, alors que les hommes peuvent déclencher un processus en quelques secondes et donc sur un grand nombre en un court laps de temps, ce qui est le propre de la polygamie, dont les liens avec la postérité sont assez flagrants, de par les effets en nombre qui en découlent. .
Tout se passe comme si les femmes ne pouvaient pas se trouver à l’origine d’un processus collectif  mais ne pouvaient qu’en faire partie. Bien des femmes confondent ces deux statuts et croient que parce qu’elles peuvent atteindre l’un elles peuvent ipso facto atteindre l’autre, sensiblement plus rare.
Prenons une course : si l’on s’en tient aux premières minutes, on ne parviendra pas à dégager les coureurs les plus performants. Il faut patienter pour savoir si tel candidat  a des chances de victoire. Voilà pourquoi les femmes sont souvent pressées, dans l’urgence,  parce que plus le temps passe et plus les différences se précisent entre les uns et les autres  et plus la conclusion leur sera défavorable. Inversement, moins l’on attend, plus le risque d’erreur en leur faveur sera appréciable. Comme on disait : il faut le dire vite. Le temps presse. On pense aussi à Ronsard s’adressant aux femmes et leur faisant sentir à quel point le temps joue contre elles. « Quand vous serez bien vieille…. »  On remarquera que souvent les femmes argumentent en quelques mots comme si elles craignaient si elles en disaient plus de s’exposer.
Les femmes sont d’ailleurs victimes de leur perfectionnisme. Quelque chose qui est trop avancé ne peut agir avec toute la puissance voulue. Pourquoi ? Parce que plus l’on mène une chose à son terme, plus on la dénature en y ajoutant des éléments qui en compromettent la perception, la lisibilité.  Le mieux est l’ennemi du bien. Prenons un beau morceau de viande. La femme voudra l’accommoder, l’améliorer au prix de quelque addition, de quelque ingrédient mais ce faisant elle risque fort de gâcher le produit et d’en fausser l’image. Dès lors,  la faculté de rayonnement du produit s’en trouvera affaiblie. On nous répliquera qu’il suffirait que les femmes se restreignent dans leur manégé.  Mais toute la question est là : pourquoi agissent-elles ainsi ?  Précisément, parce qu’elles savent que le produit sous sa forme originale ne leur appartient pas et qu’elles veulent se l’approprier au prix de tels ajouts.  Autrement dit, celui qui emprunte, qui plagie est condamné à maquiller  et en maquillant il  appauvrir la puissance de rayonnement qui précisément a attiré l’emprunteur. C’est un cercle vicieux. C’est comme si l’on voulait  effacer ce qui faisait l’attrait du produit. On touche à une loi : qui emprunte  est dans la dénégation, dans le mensonge et va faire en sorte que l’emprunt sera  édulcoré, masqué.
A contrario, nous dirons que celui qui est voué à marquer ses prochains devra s’en tenir à une formulation  qui devra préserver son élan initial, sa vitalité sauvage, brutale dotée d’une efficacité redoutable.  Celui qui crée n’a pas  à donner de gages, n’a pas à dissimuler  ce qu’il a reçu en soulignant ce qu’il a apporté. Une telle insistance à ajouter  trahit une certaine mauvaise conscience.
 
 
JHB
05. 06 13

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