Pour une éducation différenciée

Posté par nofim le 22 juin 2013

Pour une éducation différenciée des garçons et des filles
Par  Jacques  Halbronn
Dans un pays comme la France qui a fait beaucoup d’enfants, ces dernières décennies,  sans parler  de l’apport immigré,  il convient de se demander quelle est la qualité de l’éducation  et notamment sa prise en compte du sexe de l’enfant, outre le fait que les classes mixtes à l’école sont devenues la règle et que la majorité des enseignants sont des femmes, phénomène accentué du fait des divorces qui laissent la garde des enfants à la femme.  On sait que certaines facultés doivent être éveillées assez tôt. Encore faut-il savoir ce que l’on cherche à éveiller. Va-t-on vers un formatage standard  qui ne convient ni aux garçons ni aux filles ou qui  en reste à un socle commun, condamnant les uns et les autres  à une certaine médiocrité ? Il semble qu’actuellement l’on entretienne le flou, la langue de bois, les doubles injonctions (double bind). Est-ce que la société civile est en mesure de compenser les lacunes d’une éducation unisexe ?  On rejoint ici certaines réflexions de Jean-Jacques Rousseau (L’Emile)
Selon nous, il faut un temps pour séparer les sexes et un autre pour développer une certaine complémentarité entre eux, en connaissance de cause. Nous pensons que des écoles doivent se mettre en place autour de cette distinction sexuelle de façon à ce que les parents aient le choix. C’est d’ailleurs cette uniformité du modèle  éducatif qui fait problème avant toute chose. Il est certes heureux de dépasser certains clivages mais il en est qui sont fondamentaux et qui sont à respecter. La dualité reste en tout état de cause le seuil à ne pas dépasser en matière d’abolition des différences.
Un des processus les plus marquants qui contribuent à former l’identité d’une personne  est la ressemblance.  L’enfant  repère ceux qui lui ressemblent le plus car instinctivement il sait qu’il doit les  prendre  pour modèle. C’est dire que la dimension visuelle est déterminante. Dire à un enfant que les hommes et les femmes ont les mêmes facultés, c’est l’abrutir, c’est lui faire renoncer à comprendre le monde par ses propres moyens, ses propres sens et notamment la vue. Même l’apprentissage de la langue peut être  mal conduit  s’il  amène l’élevé à  renoncer à comprendre par lui-même, sans le truchement permanent de l’enseignant.  L’enfant doit pouvoir s’orienter par ses propres moyens et cela  vaut tant au niveau purement physique qu’à celui de l’habillement, du comportement.
Cela dit, les garçons et les filles ne vivent pas les choses de la même façon. En effet, les filles, selon nous, ont surtout à maitriser le monde extérieur, à s’assurer que tout est bien rangé. Il est facile de surveiller leurs progrès en la matière. En revanche, les garçons ne peuvent se contenter de répéter, de reproduire, de recopier  à l’identique un certain modèle. Et c’est bien là que le bât blesse.
Les garçons doivent être très tôt encouragés à la créativité, ce qui pose deux problèmes pour les éducateurs : 
- cette créativité exige l’activation de fonctions « internes », donc invisibles, ce qui rend difficile  l’aide qu’autrui peut apporter à l’enfant.
- cette créativité  n’est pas censée, par définition,  correspondre à quelque chose de préexistant, ce qui aurait permis d’évaluer le travail accompli au regard d’une norme établie.
Si l’on prend l’histoire des sciences, par exemple,  le chercheur authentique n’est pas censé dupliquer ce que d’autres chercheurs ont accompli avant lui. Il y a là une sorte de paradoxe : je dois être l’autre en devenant moi-même, c’est-à-dire en renouvelant le sujet et l’objet. Le jeune garçon devra donc trouver ses marques en construisant un lien avec lui-même  plus encore qu’avec autrui.  On appréciera son travail non pas du fait que celui-ci est conforme mais de par sa qualité intrinsèque, ce qui exige de la part de l’éducateur une qualité de jugement autre qu’un seul constat de conformité. On voit donc que la compétence de l’éducateur est en jeu.
En ce qui concerne la formation des filles,  les objectifs seront sensiblement différents. Le mot complémentarité sera mis en avant. Elles sont celles qui conduisent les choses à leur terme, à une certaine perfection. Logique terminale chez les filles, élan  initial chez les garçons.  Les filles perfectionnent ce qu’elles reçoivent en dépôt. C’est là leur valeur ajoutée. Quelque part, la démarche féminine est malthusienne. On fait au mieux avec ce qui « reste », ce qui est donné. On pense à des cours de cuisine où l’on apprend à se servir de toutes sortes d’ingrédients venant corriger le produit de départ aussi  médiocre soit-il. Mais avant tout, il faut suivre le livre de recettes pour que le « plat » soit conforme l’attente standard.  Un couscous, c’est un couscous, un cassoulet, c’est un cassoulet et ainsi de suite. L’élève devient ainsi fiable, responsable, prévisible. Or,  le garçon, lui, doit être imprévisible. Un grand artiste, un grand chercheur se doivent d’être imprévisibles mais surtout d’inspirer des gens moins doués qu’eux. Ce qui compte, chez les garçons, c’est l’idée nouvelle qui changera la donne.  Dès que l’idée est exprimée, la direction donnée,  elle peut être reprise par d’autres sous des formes diverses, passage de l’un au multiple. Elle donne naissance ainsi à un nouveau groupe de gens- et notamment de femmes-  ayant le même référent. Elle en est le ferment.
Nous dirons donc que les filles doivent comprendre qu’un seul garçon peut suffire pour animer tout un groupe de filles. On ne doit pas fonctionner sur une base un garçon pour une fille, ce serait partir sur une mauvaise base d’où le caractère très discutable des classes mixtes et plus ou moins paritaires. L’illusion égalitaire tient au fait que l’on n’utilise pas les bons instruments de mesure.
Par ailleurs, il faut impérativement éviter que les filles prennent la mauvaise habitude de vouloir des produits achevés puisque précisément leur rôle est de compléter ce qu’on leur apporte. Trop de filles développent un comportement de consommateur.  Il y a un juste milieu à trouver entre être créateur et être consommateur, c’est d’être un bon collaborateur.  Il est tout à fait normal que le collaborateur puisse produire quelque chose de plus accompli que le travail  qui lui est soumis mais il ne devra pas oublier que le créateur  fournit un grand nombre de personnes et que chacune d’entre elles aboutira à quelque chose de différent, à partir d’une matrice commune fournie par le créateur. Ce dernier ne doit pas accorder une attention exclusive à l’un de ses collaborateurs, il doit essaimer, polliniser.  On aura compris que dans les deux cas, ce ne sont pas les mêmes valeurs qui sont en jeu. Il importe que chaque sexe respecte l’autre.
Notre modèle éducatif  ne prétend pas être universel.  Il constitue une alternative et il est important que l’on n’impose pas en France un modèle unique. C’est par la pluralité des modèles que l’on pourra en apprécier l’impact
 
 
 
 
JHB
15.06.15

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