La réforme et la matrice

Posté par nofim le 29 juin 2013

La réforme protestante et  la quête de la matrice
Par  Jacques  Halbronn
 
Il convient de situer la réforme voulue par Luther et par  Jean Calvin comme une tentative de ressourcement, ce qui avait déjà été le cas pour Jésus de Nazareth et pour Mahomet. On remarquera que dans le cas de Jésus et des Réformés, il s’agissait bien de délester  la tradition d’une partie de qui la constituait plutôt que d’ajouter des éléments supplémentaires. En effet, quand on veut dégager une matrice, il faut la débarrasser de ce qui est venu s’incruster et l’alourdir.   Tout excès pondéral, au propre comme au figuré   est le signe d’un dysfonctionnement et d’un phénomène de compensation.
Autrement dit,  Jésus se présente d’abord  comme un réformateur du judaïsme dont il  veut élaguer certains aspects et recentrer sur les valeurs qu’il juge fondamentales, ce que nous avons appelé, dans un précédent texte,  le renouvellement des algorithmes. Il s’en prend ainsi aux règles alimentaires, ce qui contraint les Juifs à s’interroger sur ce qui  est central et ce qui ne l’est pas dans leur « tradition », à établir un ordre de priorité, d’importance. De même les Réformateurs du XVIe siècle interpellent le monde chrétien quant à ce qui est constant et permanent et ce qui ne l’est pas et n’a qu’une valeur relative et contingente, en demandant notamment à  ce  que les fidèles aient directement accès aux  « Saintes Ecritures «, notamment par le bais de traductions en des langues vernaculaires, au lieu de devoir dépendre de toute une exégèse qui fait écran.
Il  est d’ailleurs probable que Moïse a dû être un réformateur de traditions plus anciennes. L’idée est de parvenir à un modèle aussi accessible que possible qui n’ait pas besoin des prêtres.  C’est la question des Pharisiens attachés à une pratique tatillonne, En vérité,   de telles situations conflictuelles n’auront cessé de se présenter tout au long de l’Histoire de l’Humanité. La question est évidemment de ne pas jeter le bébé avec l’eau du bain, ce qui n’est pas forcément chose facile  mais l’important est déjà en soi la dynamique de toute Réforme, du changement pour le changement.
Dans un précédent texte, nous avons signalé  que toute application d’une matrice produisait de la diversité, due à des environnements différents et qu’à la longue, cela  constituait un obstacle pour la diffusion de la dite matrice quand celle-ci ne parvenait pas à se dégager de certains apports conjoncturels. En ce sens, le protestantisme aura été fort actif en matière d’évangélisation, c’est-à-dire de « mission »,  du fait précisément qu’il disposait d’une certaine marge de manœuvre, du fait de l’élagage ainsi opéré et pouvait éventuellement s’ouvrir à des compromis sur le terrain.  Toute réforme tend en effet à favoriser le recrutement, le prosélytisme.
Dans le cas du monothéisme, la question juive est-elle matricielle ? Peut-on en faire complétement- abstraction ? Il ne semble pas et l’entreprise sioniste  est significative, par le consensus qu’elle  a connu dans le monde  du moins au cours de la première moitié du XXe siècle, de la Déclaration Balfour de 1917 au vote du 29 novembre 1947, à l’ONU. Ce sionisme qui de fait se dégage des pratiques religieuses judaïques pour aboutir à une certaine laïcité juive débouche inévitablement bien que le plus souvent implicitement,  sur une certaine idée de la race. Le problème, c’est qu’en recentrant le  judaïsme sur les Juifs en tant que peuple, on les mettait en danger, ce qui n’a pas tardé à se produire avec  ce qui a donné la Shoah et une atteinte aux Juifs, dans leur intégrité physique, par-delà toute croyance ou pratique. On passait ainsi de l’antijudaïsme à l’antisémitisme. En isolant la matrice, on la fragilise, on la rend plus vulnérable.  Quel dilemme !
Dans le domaine de l’astrologie, notamment avec Kepler, au début du XVIIe siècle, nous assistons  également à un mouvement réfomateur – Kepler était d’ailleurs lui-même protestant- qui vise à évacuer certains pans de la Tradition. Au XXe siècle, certaines réformes  sont allées trop loin, en la matière, en évacuant carrément les étoiles fixes des données astrologiques. Il semble qu’il se soit agi d’une erreur stratégique majeure. Dans certains cas,  il est souhaitable de réinstaurer certains éléments malencontreusement  laissés pour compte et il importe de prouver à quel point ils sont indispensables à  la dite matrice..
JHB
 21.06.13

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