Le rôle de l’historien

Posté par nofim le 11 juillet 2013

Le rôle de  garde-fou de l’historien
Par  Jacques  Halbronn
 
Quel est la principale fonction dévolue à l’historien ? On répondra probablement : celle de relater le passé. On dit volontiers que connaitre le passé, c’est se  préparer à l’avenir. Dans le présent texte, on essaiera d’apporter quelques précisions quant à ce cahier des charges, notamment autour de la notion de postérité. Nous verrons aussi que son rôle est de prendre de la distance par rapport au présent immédiat en le resituant  dans une juste perspective. Selon nous, l’historien  se doit de dénoncer certaines illusions d’optique mais aussi il ne doit pas oublier que la carte n’est pas le territoire, que ce que le passé nous légué doit être complété, retraité.
Dans un précédent texte, nous avons montré que le dossier des femmes  dépendait largement de la démarche historienne et en cela on peut dire que les femmes qui prônent une égalité des capacités ne doivent pas porter les historiens dans leur cœur. Il suffit d’ouvrir une histoire de la peinture, de la musique ou de la philosophie pour constater que la place des femmes dans ces domaines comme dans bien d’autres est des plus modestes et ce d’autant plus si l’on se concentre sur les personnages les plus influents, ceux qui ont le plus marqué leur temps. On ne parle pas ici des bons artisans mais des personnages qui ont fait école, des maîtres à penser. Or, on ne peut observer le phénomène qu’avec du recul. Il n’est pas si aisé, par exemple, de déterminer quels sont ceux, parmi nos contemporains, qui laisseront les traces les plus durables, les plus marquantes. En l’absence de certaines données, l’on peut toujours, en effet,  faire fausse route. Sans l’historien, que saurions-nous des êtres les plus importants pour notre Humanité ? Inversement, l’historien peut démystifier tel personnage surfait voire contrefait. C’est dire que l’historien est le gardien et le garant d’une certaine vérité en remettant les pendules  à l’heure.
 
Nous pensons donc que la formation de l’historien doit privilégier le débusquage des contrefaçons, des faux semblants et que toute thèse d’Histoire doit  présenter une attitude critique par rapport aux représentations  en cours.  Il ne lui est cependant  pas interdit d’extrapoler, de spéculer, de  suspecter au nom d’une certaine vraisemblance, d’un minimum de bon sens. Certes, il y a une dimension contingente dans l’histoire qui confère  au hasard un poids appréciable mais par-delà la contingence, il y a des lois qui perdurent d’un  siècle à l’autre, d’un millénaire à l’autre. L’Historien ne croit guère que les temps « changent », que « demain l’on rasera gratis », les engouements du moment ne sont pas pour lui.
Voilà pourquoi il est fort  peu probable que le XXIe siècle soit fort différent et décalé par rapport aux précédents. Nous ne croyons pas que les femmes soient plus nombreuses au XXIe siècle parmi les « humains » qui apprennent au monde à penser autrement qu’hier. Même le féminisme nous apparait largement comme une idéologie forgée par des hommes jouant à des Pygmalions, jouant aux apprentis-sorciers en prenant les femmes comme cobayes, quitte à les déboussoler durablement.
L’historien balaiera assez vite certaines illusions quand on parviendra à mettre un peu d’ordre dans la masse de productions. Précisons que les œuvres pionnières ne sont pas forcément les meilleures et que ce sont souvent leurs calques, leurs avatars qui retiennent l’attention d’un public  qui  n’a guère les moyens de resituer les choses et qui ne s’en donne pas non plus les moyens, se fiant à son ressenti immédiat, ce qui est une prime aux ajouts, des emprunts, qui viennent fausser le jeu.
On ne peut isoler l’Histoire des apports de l’anthropologie, de l’ethnologie, de la sociologie et tout ce qu’elles nous apprennent sur le rôle des femmes, des Juifs- pour prendre deux exemples opposés – dans l’avancement de la civilisation.  On ne peut tricher avec la chronologie des choses et confondre indéfiniment  l’œuf et la poule, le génie et ses clones. Dans tous les domaines, le rôle des historiens est déterminant pour répondre aux questions actuelles. C’est sur lui que repose le débat autour du véritable  rôle des femmes dans le monde, par exemple. Chaque faille dans le travail de l’historien peut servir à  tenir des thèses aberrantes ; chaque lacune de sa documentation peut être exploitée par des idéologies subversives.
Reconstituer le passé est un défi. D’aucuns veulent profiter du fait que le passé nous échapperait pour élaborer on ne sait quel mythe des origines. Il revient donc aux historiens de nous fournir un miroir aussi fidèle que possible de l’Humanité.  Les historiens portent, on l’aura compris, une très lourde responsabilité pour nous empêcher d’être victimes de certaines sirènes, de certaines tentations de falsifier les choses. En  ce sens, la science historique a une mission surmoïque.
 
 
JHB
02. 07.13

Une Réponse à “Le rôle de l’historien”

  1. Tuto bourse dit :

    Beaucoup trop court, je vous remercie pour le bon moment passe sur votre page.

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