Quels fondements pour l’astrologie ? Par Jacques Halbronn

Posté par nofim le 28 juillet 2013

Nous répondrons à deux messages, l’un de Claude Thebault (responsable d’Astroemail), l’autre de Franck  Nguyen (président du RAO) :
1
« Merci Jacques c’est bien de répondre honnêtement que vous n’avez de méthode que les mots
On vous reprochera une spéculation sans pertinence parce que, vous le vouliez ou non, saturne n’a pas de mouvement synodique ou sidéral avec les 4 étoiles fixes. Mais bon, ça n’est pas votre problème.
Vous inventez votre « truc » peu importe la mécanique céleste, vous faites la vôtre de mécanique, selon votre sauce »
 2
Bonjour,

Une grande partie des astrophiles/astrologues se sentent investis d’une mission transcendante.
Le mode de pensée analogique, à l’inverse du mode de pensée naturaliste/scientifique, le permet aisément.
Il en est de même du mode de pensée animiste pour lequel tout est vivant, la planète Terre, les animaux, les étoiles, les univers, etc.

Si l’hypothèse d’une influence physique ne me parait pas cadrer avec la structure de l’astrologie actuelle.
Je propose de considérer qu’il s’agit de « Chronomancie ».
L’astrologie horaire me semble être un bon exemple de chronomancie. 
L’utilisation de cette technique
questionnaire est véritablement « décoiffant ».

Nos commentaires :
On observera que les astrologues ne savent pas très bien sur quel pied danser quand il s’agit de déterminer sur quels fondements instituer l’astrologie et nous avons là deux exemples qui semblent radicalement opposés.
Claude Thebault   entend fonder l’astrologie sur  une certaine pertinence au niveau astronomique. Nous l’avons suivi jusqu’à un certain point parce que cela nous arrangeait mais sans pour autant souscrire, loin s’en faut, à sa démarche. Certes,  il est intéressant de noter que deux planètes ne sauraient tourner  l’une autour de l’autre, ce qui disqualifie les « intercycles » entre planètes. Mais quand  Thebault nous reproche d’ignorer  que « Saturne n’a pas de mouvement synodique ou sidéral avec les 4 étoiles fixes »,  il nous semble qu’il faille mettre le holà à un tel type d’argument.
Nous avons, en effet, toujours dit, que ce qui importait c’était l’apparence des choses, le facteur « visuel ». C’’est d’ailleurs à partir de l’argument Thebault, que les astrologues ont éliminé les étoiles fixes  du corpus, du « canon »,  actuel. Dont acte.
Notre approche de l’astrologie n’a pas grand-chose à voir avec la réalité astronomique que l’on connait de nos jours. Elle correspond en revanche à la « vision », dans tous les sens du terme, des Anciens. D’où notre refus des planètes transsaturniennes par-delà bien d’autres arguments déjà exprimés. C’est ainsi que Saturne nous intéresse, même si nous savons- merci ! -  qu’il existe d’autres planètes dans le système solaire (cf. notre texte in L’étrange Histoire de l’Astrologie (avec S. Hutin) Ed Artefact, 1986. saturne n’a pas de mouvement synodique ou sidéral avec les 4 étoiles fixes.
Croire que l’on peut bâtir l’astrologie à partir de la connaissance astronomique contemporaine est un contresens évident qui montre surtout que l’on n’est pas doué pour la recherche historique. On ne parle pas ici de se servir de l’astrologie pour comprendre l’Histoire mais de l’Histoire pour situer l’émergence de l’Astrologie. C’était déjà l’erreur commise, il y a un demi-siècle, par Jean-Pierre Nicola.
Venons-en aux propos de Franck Nguyen, d’un tout autre genre. :
« Si l’hypothèse d’une influence physique ne me parait pas cadrer avec la structure de l’astrologie actuelle, je propose de considérer qu’il s’agit de « Chronomancie ».L’astrologie horaire me semble être un bon exemple de chronomancie. » 

Nguyen cherche à décrire, phénoménologiquement, l’astrologie telle qu’elle se présente de nos jours. Là encore, on a un aveu d’impuissance à cerner la genèse de l’astrologie. Ce sont là les méfaits d’un certain structuralisme qui fait abstraction de la recherche en amont, diachronique. A vrai dire, il nous importe assez peu de savoir ce qu’a pu devenir l’Astrologie de nos jours et nous suivrons André Breton quand il écrit que l’Astrologie est une grande dame mais « dommage qu’à sa place trône une prostituée ». En cela nous rejoindrons Thebault –et avant lui Kepler- qui ne se laissent aucunement influencer par le fait que la pratique astrologique de périodes relativement tardives est comme ceci ou comme cela. Cela dit, la « vraisemblance » astronomique n’est nullement, pour nous, un argument sans réplique.

Donc Nguyen est un défenseur du thème horaire, plus encore que du thème natal/ On peut quelque part considérer que c’est un moindre mal  en comparaison avec les tenants du thème natal dont on nous répète inlassablement (depuis Morin de Villefranche) qu’il importe de s’y référer systématiquement. On sait que nous n’avons aucune sympathie pour la notion de thème natal et que les travaux de Gauquelin s’ils partent du thème natal  valent pour toute autre période de la vie, le moment de naissance n’étant qu’un moment qui a le mérite d’être connu avec un certain degré de  certitude mais ne sauraient être interprétés comme prouvant que les astres n’agissent qu’à la naissance. L’idée de regarder l’état du ciel à des moments successifs nous semble en effet plus raisonnable et nous ne voyons pas pourquoi l’on devrait revenir au thème natal. Les astres changent, il y a des fluctuations. Il n’y a pas de raison de figer le ciel. On pense à cette personne qui cherche sous un bec de gaz alors que ce qu’elle a perdu se trouve dans la partie mal éclairée de la rue.
Mais cela dit, nous avons déjà dit tout le mal que nous pensions de l’usage du thème, qu’il s’agisse celui de la question posée (interrogations) que celui de l’anniversaire ou en mondiale de l’année (thème d’ingrés vernal). Ce sont là des pratiques déviantes. Une astrologie du pauvre, au rabais où la quantité, la surabondance, la profusion des données  est censée masquer la qualité médiocre, vile. On donne le change. Les astrologues qui ne sont pas à leur aise avec les cycles (pas plus qu’ils ne le sont avec la chronologie des choses) se content de fabriquer une sorte de cocktail (queue de coq censée  être bigarrée),avec tout ce qui traine dans le ciel en un instant T. Incapables de mettre en avant un cycle, ils imaginent qu’une dominante émergera ainsi  des croisements et recoupements des dites données,  Si Pluton est l’astre le mieux « placé » (on notera le langage du tiercé) du thème, et bien, on aura une dominante plutonienne et tout à l’avenant. Evidemment, si on dresse le thème pour un autre moment, ce ne sera plus Pluton mais Jupiter ou Uranus et ainsi de suite. Pour nous, l’importance accordée au cycle de Saturne ne dépend absolument pas des autres planètes. Tout au plus pourrait-on admettre que celles-ci viendront moduler le cycle central. Ni plus ni moins.
La dialectique entre cycle et thème est celle de ce que nous avons appelé la série A et la série B, le plan A et le plan B/ Quand le centre fait défaut, ce n’est plus le vide mais le trop plein. Entendons que l’on passe de  l’unicité à la multiplicité.
Nguyen n’hésite pas à se servir du mot « mancie » qui signifie (à partir du grec, mantéia) divination. Ce qui est assez honnête de sa part (cf. chiromancie, géomancie etc.). Une « chronomancie » (sic) serait, en quelque sorte, une divination par le temps, autour du temps. On opte pour un temps donné et l’on regarde à quoi ressemble ce temps au regard, par le biais du ciel, le ciel étant ici supposé servir de  représentation du temps, de sa texture. Tout ce que l’on verra dans le thème sera supposé en résonance avec la situation liée à l’instant choisi pour ériger le thème « horaire ». L’astrologue n’est pas censé, ici, aller au-delà des enjeux immédiats face au thème horaire. Il évite ainsi les délires à long terme que permettraient les planètes lentes. On a là un garde-fou. C’est le principe de l’entonnoir. On met l’astrologie sous tutelle.  Elle ne peut aller au-delà de certaines limites fixées par le thème. A contrario, le cas du thème natal peut alimenter tous les excès puisqu’il laisse l’astrologue face à des perspectives quasiment illimitées, la bride sur le coup. En réalité, un certain consensus veut que le thème natal serve peu ou prou  de thème horaire et le jeu consiste à chercher dans le thème ce qui se passe en cet instant T, ce qui dispense d’avoir à faire un nouveau tirage, à chaque consultation. On sait que l’on nous répondra qu’il y a les transits mais dans la pratique, les astrologues font de la procrastination et reportent leur usage aux calendes grecques (cf. la séance astrologique  filmée par teleprovidence, le 18 juillet, au Café Falstaff, Place de la Bastille, Paris). Autrement dit, le thème natal est lu comme un thème horaire alors que ce n’est le cas que pour le moment de la naissance. Croire que le thème natal vaut pour toute une vie ne fait sens que si l’on comprend par là qu’il peut servir à tout moment de l’existence et ne sera interprété que dans ce contexte.
On aura compris que nous désapprouvons  les deux positions exposées ici et qui sont toutes deux, chacune à sa façon,  soumises à l’astronomie. Et nous voyons avec un certain plaisir ces deux écoles s’opposer tout en étant l’une comme l’autre caractérisées par une approche exhaustive et globale de l’astronomie. Dans les deux cas, l’on butte sur la notion de configuration :  Thebaut rejette la combinatoire sauvage des cycles planétaires et Nguyen  prend ses distances par rapport au thème natal. Ni l’un ni l’autre ne semblent avoir compris que l’astrologie au départ n’est aucunement une mancie dictée par le cosmos mais bien une « loi » fondée sur une configuration astrale choisie entre toutes. Sans les hommes, le cosmos est muet et les hommes n’ont retenu du cosmos qu’un cosmos utile et  réduit à un cycle principal. Et c’est à cette astrologie du cycle unique que nous entendons ramener l’Astrologie au cours des 20 prochaines années.
JHB
21/ 07.13

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