Amour comme sublimation de l’inceste

Posté par nofim le 10 août 2013

On connait l’importance du complexe d’Œdipe comme axe de la Psychanalyse ainsi que la prohibition de l’inceste. Mais l’on peut se demander si le rapport sexuel ne reste pas marqué par une certaine forme de pulsion incestueuse qui serait sublimée et qui prendrait son origine non pas tant au niveau enfants-parents qu’à celui de la fratrie.
L’avantage de l’hypothèse « fratrie » – et notamment frère-sœur-c’est qu’elle se rapproche assez du couple au niveau de l’âge relativement proche des partenaires.
Bien plus, la prohibition de l’inceste concerne tout à fait les relations entre frères et sœurs et, en élargissant un peu, entre cousins. /cousines. Les « jeux «  pouvant s’instaurer au sein de ce cercle familial  étant beaucoup plus banals et courants  que les rapports parents-enfants très vite suspects. Mais c’est précisément du fait de ces jeux souvent de proximité que la prohibition de l’inceste peut intervenir, à un certain âge,  générant ainsi une sorte de parenthèse qui se ferme lors des premiers rapports amoureux non incestueux, où le nouveau partenaire de jeu n’est pas/plus placé sous le contrôle du Surmoi de l’inceste. Cette sublimation passe ici par  une substitution, par  un remplacement de l’objet aimé, à la fois différent et analogue. En cela, l’enfant qui n’a pas connu de frères et sœurs ni de cousins ni les variantes liées aux alliances et aux remariages (familles recomposées), ce qui est à vrai dire de plus en plus rare, serait-il mal préparé à la vie de couple, n’ayant pas eu à dépasser, à se confronter avec un tel interdit. A contrario, les relations enfants-adultes apparaissent comme sensiblement moins innocentes, du moins du côté de l’adulte et donc moins ambiguës, plus perverses.
Dès lors, on se demandera si le rapport amoureux ne se nourrit pas de l’expérience première de la fratrie prolongée et poursuivie du fait de la disparition de la dimension incestueuse. Mais l’on peut se demander aussi si le rapport amoureux n’est pas justement quelque part incestueux, même quand il échappe au cadre de la fratrie. Ce rapport n’est évidemment pas éloigné de la relation au sein de la fratrie en ce qui touche à la tendresse, à l’affection, à la vie en commun d’où le débat sur la dimension strictement sexuelle, physique de la vie de couple hors fratrie ou sur le fait que celle-ci doit  être complétée par une dimension affective qui renvoie à l’esprit de la fratrie. On notera aussi que cette fratrie peut aussi bien être hétérosexuelle qu’homosexuelle tout comme, de nos jours, le couple. D’une certaine façon, dans bien des cas, la fratrie est porteuse  de cette double possibilité et on trouve donc un double interdit : celui de la sexualité entre parents mais aussi entre enfants du même sexe et le couple qui se formera plus tard sera référé à ce double interdit à dépasser et à sublimer. Ceux qui ne chercheront à contourner que l’inceste s’inscriront dans l’hétérosexualité alors que ceux qui voudront  contourner également  l’interdit concernant des rapports entre enfants du même sexe  iront vers l’homosexualité, qui serait donc la transgression d’un double interdit.
On peut donc penser souhaitable de ne pas négliger le rôle de la fratrie dans la genèse de la vie sexuelle et de concentrer moins d’attention à la dimension strictement œdipienne transgénérationnelle. Rappelons que le mariage, l’union entre frères et sœurs est assez largement attesté, par exemple en Egypte pharaonique.
JHB
23. 07.13

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