Les astrologues et la fascination pour les mélanges

Posté par nofim le 10 août 2013

Selon nous, chaque cycle passe par une phase A  et puis par une phase B. Il semble que l’astrologie ait basculé depuis longtemps dans la phase B et soit devenue incapable de se recentrer périodiquement, comme il se devrait, sur la phase B.  Ce qui produit un déséquilibre certain de son discours et de son positionnement, d’autant plus dommageable qu’il trahit une méconnaissance profonde de la véritable cyclicité dont elle serait censée incarner les valeurs. Les savetiers sont les plus mal chaussés !
Le milieu astrologique incarne donc les valeurs B au détriment des valeurs A. Un redressement est donc indispensable à toute idée de réforme. Il suffit en effet d’entendre nos astrologues actuels pour observer à  quel point ils sont bloqués sur la phase B qui est une phase décadente, de « chute », d’ »exil » pour reprendre la terminologie dualiste  des « maîtrises » qui convient fort bien à notre modèle AB.
Il importe donc d’apprendre à distinguer A et B quand on veut se lancer dans l’astrologie du moins telle que nous l’entendons. On aura ainsi compris que l’Hiver est la phase B de l’Eté et la Nuit la phase B du Jour.
Or, dès que l’on dépasse ce stade des évidences dualistes de base, l’on plonge immédiatement dans une sorte de brouillard et de mêlée qui n’a plus rien à voir avec un agencement bien tracé. C’est Dr Jekyll et Mister Hyde ! Les deux faces d’une astrologie quelque peu schizo.
Nous sommes donc obligés d’expliquer à nos amis astrologues qu’il y a un temps pour chaque chose et que l’on ne peut rester indéfiniment en phase B ! Mais comment revenir en phase A quand on a pris de si mauvaises habitudes ?
Pour le sociologue du modèle A/B que nous sommes –et dont nous sommes d’ailleurs l’auteur- l’incapacité à se recentrer, à accepter une matrice bien définie qui ne soit pas un salmigondis de fortune, assez immangeable, est un trait caractéristique de la communauté astrologique, comme le montre notre enquête, menée, comme chacun sait, de façon assez exhaustive. Par-delà les différences entre les propos de chaque astrologue, ressort la dominante d’une prédilection marquée pour les mélanges et les ajouts, la cuisine des ingrédients qui permet de préparer des plats gouteux. Le problème, c’est quand ces cuisiniers ont voulu utiliser leurs talents pour bloquer la recherche en astrologie, toujours disposés à déclarer à qui veut bien l’entendre que telle technique marche ou ne marche pas, selon les intérêts en présence, comme si l’on pouvait discerner quelque effet spécifique au sein d’un ensemble aussi embrouillé que le thème, ses transits et ses directions, ses maitrises et ses aspects croisés. Ces temps sont révolus et ces pratiques douteuses condamnées à terme.
D’où l’urgence de bien faire comprendre que le stade B n’est qu’un pis-aller par rapport au stade A, un expédient, un bricolage d’attente tout au plus mais certainement pas une fin en soi. 
La question qui se pose est de comprendre comment l’on finit par en arriver là, à un tel état de décrépitude et cela concerne toute activité, quelle qu’elle soit et pas spécialement le milieu astrologique. Ne pas reconnaitre un tel syndrome serait d’ailleurs se disqualifier en tant qu’astrologue car c’est le b-a ba de la cyclicité, c’est-à-dire précisément le niveau A où les choses sont dites sans fioritures et carrément. Qui se sent morveux qu’il se mouche :
Il  y a des cas où c’est simple : il manque un produit, comme sous l’Occupation, on le remplace par un « ersatz », un succédané. On n’a pas de viande fraiche, on mange de la pizza avec un peu de chorizo, faute de mieux. On est alors en plein stade B. Le fameux « plan B ». Autre exemple : un chef meurt ou démissionne (dans tous les sens du terme), on cherche à  le remplacer par une équipe, avec tout ce que cela suppose de mélange, de confusion. On voit ce que c’est pour un gouvernement sans vrai chef. La phase B, c’est la présence de l’absence.
Mais  comment les choses se sont-elles passées en astrologie pour que l’on en soit arrivé là ? Car la phase B ne fait sens que par rapport à la phase A dont elle est une sorte de miroir, de resucée au rabais, avec un matériau de médiocre qualité.  Qu’est ce qui a disparu ? Qu’est-on censé remplacer à titre provisoire ? Un provisoire qui ne cesse de durer au point de se faire passer pour ce qu’il n’est pas.
Une piste à suivre est celle d’un dérèglement social qui va affecter l’astrologie. On le voit bien en période d’élection présidentielle, c’est-à-dire de pseudo-monarchie quand les candidats abondent tous azimuts.  Au lieu de n’avoir qu’un successeur potentiel, on ne sait plus où donner de la tête. Les guerres civiles en France, notamment à la fin du XVIe siècle, ont certainement leur part de responsabilité dans la déstabilisation de l’astroïde. A une société bloquée sur la phase B correspondra une astrologie avec le même profil. Le déclin durable de la monarchie entrainerait celui de l’astrologie.
On n’est plus alors dans une structure dynastique qui n’est même pas ébranlée par la mort du souverain mais dans une profusion de possibilités qui se manifeste avec l’invention du thème natal, qui est l’expression et le corollaire d’une crise de régime. La démocratie est la phase B de la monarchie. Un monde pluriel généré une astrologie plurielle.
Or, si l’astrologie n’est plus capable d’annoncer l’alternance des phases A  et B , elle perd sa véritable raison d’être. Mais pour qu’il en soit autrement, il faut que la société elle-même se ressaisisse, qu’elle soit capable de se centrer, de se focaliser sur  un nombre réduit de personnalités de premier plan, ce qui n’est évidemment pas le cas dans une société aussi confuse que la nôtre, sans repères.  Si personne ne parvient à s’imposer,  la phase A  tourne à vide. Mais si une société fait tout pour empêcher que quelqu’un sorte des rangs, on bascule dans un cercle vicieux. Une société a l’astrologie qu’elle mérite. Une société B aura une astrologie B et sera privée de phase A permettant de rétablir le cours des choses…
En discutant avec des           astrologues sur notre modèle astrocyclologique, on entend de façon récurrente des observations de ce type : mais pourquoi accorder la primauté à telle planéte et pourquoi chaque planéte n’aurait pas le « droit » de « présider » un thème, d’en être la dominante ?  La multiplicité des signes zodiacaux  est également un facteur de phase B. On dirait qu’on ne sait plus élire, choisir ce qui est central, ce qui est la source, le tronc. On pense à un pays où l’on mangerait des fruits importés sans savoir comment ils poussent, à quoi ressemble l’arbre qui les porte. Or, les fruits sont  en B et le tronc en A. En fait, c’est toute l’astrologie A qui tend à être éliminée mais en même temps, celui qui ne sait pas annoncer une nouvelle phase A en astrologie perd son temps et nous fait perdre le nôtre. Une astrologie sans phase A scie la branche sur laquelle elle est perchée..
JH
23. 07. 13

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