Les astrologues et le passé recomposé. L’enquête.

Posté par nofim le 10 août 2013

Qu’est ce qui conduit les gens vers l’astrologie ? Notre enquête dans le milieu astrologique nous aura permis de parvenir à certaines conclusions, la principale d’entre elles étant une difficulté avec le passé bien plus qu’avec l’avenir, ce qui expliquerait pourquoi tant d’astrologues ne s’intéressent que médiocrement au futur et ne cherchent pas spécialement à le baliser car telle n’est pas leur priorité. Beaucoup plus important est le réaménagement de leur passé et accessoirement celui de l’astrologie. Un « passé recomposé », pour reprendre le titre d’une émission de l’astrologue François Villée, à la radio, il y a quelques décennies. Il est vrai que pour beaucoup de gens, le passé est une terra incognita que l’on peut redéfinir à volonté, sans que qui que ce soit n’ait rien à redire. Nous serions « libres » de présenter le passé à notre guise et bien malotru celui qui chercherait à nous en empêcher ! 
Passé recomposé, c’est-à-dire réinventé, à commencer par le thème natal qui se situe précisément dans notre « passé » et  vient en quelque sorte se substituer à notre « vrai » passé, à nos vraies racines, en recourant à l’astronomie qui décrit le ciel tel qu’il était à notre naissance, par un étrange détour. Et c’est cette même astronomie qui est supposée nous dire à quoi ressemblait la réalité astrologique d’il y a des millénaires. D’où ces astrologues qui n’hésitent pas à nous affirmer que les planètes au-delà de Saturne agissaient déjà bien avant qu’on en vienne à les découvrir il n’y a que quelques siècles voire quelques décennies. Cette astronomie actuelle nous servirait à recomposer notre passé individuel ainsi que notre passé collectif y compris celui de l’astrologie. Bien évidemment, un tel passé est fictif mais il évite d’avoir à restituer le « vrai » passé, ce qui s’est vraiment passé.
Aucune discipline n’aura autant contribué que l’astrologie à  réinventer le passé, en recourant à une prétendue légitimité de l’astronomie. Cette pseudo- astrologie est avant tout  une astronomie instrumentalisée.
Face à ces astrologues en rupture avec leur passé, avec leur identité, l’astrologie fournit une appartenance zodiacale, planétaire de substitution qui passe aussi par une hyper revendication individuelle, ce qui est logique quand l’on sait à quel point l’individu est vécu comme l’antidote de toute forme d’appartenance collectives. Dane Rudhyar, plus que tout autre, s’est fait l’apôtre de ce passé recomposé, lui, le petit Français émigré aux Etats Unis et ayant ôpté pour un pseudonyme, son vrai nom étant Daniel Chenevière Ce fut d’ailleurs, jusque dans les années 40 du XXe siècle,  la grande mode des pseudos, des alias,  avec  Merlin, Raphael, Zadkiel, Alan Leo,  en Angleterre, Fomalhaut, Barlet, Magi Aurelius,  Selva, Flambart, Hiéroz, Dax, Janduz,  Néroman,  Antarés, et plus récemment Hadés, Dorsan, Calais, Fontbrune, Maisonneuve etc
Nous avons pu observer dans l’étude des groupes- notamment dans le domaine judaïque-  que derrière certains objets/ objectifs, mis en avant, il convenait de rechercher le vrai « ciment » qui était souvent d’une toute autre nature, ce qui générait une grande ambiguïté au regard du recrutement.
C’est ainsi que le vrai ciment du monde astrologique serait selon nous –et il s’agit là d’un non-dit inavouable- une communauté  soudée autour d’une recomposition du passé, un refus des appartenances « naturelles », « historiques », « familiales », rassemblant des gens en rupture avec leur milieu d’origine, leur filiation objective, celle notamment du sexe/genre. Le karma peut aussi servir à relativiser le milieu d’origine en  mettant en avant un passé plus ancien, celui des incarnations précédentes et l’on connait la vogue d’une astrologie « karmique », depuis une trentaine d’années.
On comprend mieux à la lumière de cette grille de lecture le paradoxe d’une astrologie qui tourne le dos à la prévision, sauf quand celle-ci est rétroactive et gère donc le passé. Cela fait songer à ces sociétés vivant près de la mer et en faisant abstraction. L’astropsychologie incarne ce paradoxe d’une astrologie passéiste fondée sur une astronomie moderne.
On comprendra que l’on ne puisse indéfiniment laisser le champ libre à une astrologie  qui sert une cause contraire à ce qui  constitue la vraie vocation de l’astrologie laquelle correspond à   une  cyclicité qui se définit comme la résurgence du passé dans l’avenir. Ceux qui viennent à l’astrologie en en attendant un véritable outil prévisionnel  s’aperçoivent que le milieu astrologique n’a rien à faire des vraies prévisions et ne cherche qu’à  s’inventer un passé de rechange, parallèle, une pseudo-anamnèse. 
On en arrive ainsi à des représentations totalement décalées de l’Histoire de l’Astrologie dont nous  n’avons cessé de dénoncer les errements, la synchronie prenant le pas sur la diachronie – par le biais du structuralisme. On nous présente ainsi ce qui est de l’ordre d’une genèse, d’une succession d’états, de stades comme constituant un ensemble d’un seul tenant, où chaque technique a sa raison d’être systémique. On est face à une astrologie qui se moque bien de son vrai passé, et qui se permet ainsi de remplacer les étoiles fixes par les 12 signes du zodiaque et par les nouvelles planétes offertes par les astronomes. Les vrais historiens de l’astrologie ne sauraient appartenir au  milieu astrologique qui se contente de représentations totalement anachroniques, au nom d’un rapport pervers au savoir astronomique perçu comme intemporel.
JHB
23.07.13

Laisser un commentaire

 

Hertiuatipo |
L'actualité du droit d... |
Beats Pas Cher |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lixueosche
| Kenpkcv
| Luivaterfoxs