La fin de l’astrologie ponctuelle

Posté par nofim le 15 août 2013

La culture, la mentalité, les valeurs des astrologues, en ce début de XXIe siècle, restent fortement marquées par l’idée d’un temps ponctuel, celle du cliché pris en un instant T.

Des générations d’astrologues ont été formées autour d’une certaine idée de la précision. Quelques minutes d’approximation  compromettraient tout le travail de l’astrologue, qu’il s’agisse des planètes maisons ou de la fixation d’une date. On en est resté au temps de Placidus de Titis, à la fin du XVIIe siècle (réédité par la FDAF, il y a quelques années) qui proposait son nouveau système de domification comme étant plus « précis » sans parler bien entendu de la fixation de l’ascendant qui peut dépendre de si peu de choses pour que l’on passe d’un signe à un autre. Des astrologues ont consacré leur carrière à la collection de données de naissances aussi fiables que possible. Il fallait donc s’attendre à ce que certains astrologues s’interrogent sur la précision apportée par les mesures astronomiques. C’est le cas d’un Claude Thébault qui a tout misé sur une amélioration de la qualité des « observations ». Nous recevons de lui ce mail qui est très révélateur de cette astrologie un peu vieillotte mais l’on a scrupule à s’en prendre à des entreprises qui ont absorbé, probablement assez en vain, autant d’énergie ! Cela dit, force est de constater que tout groupe social doit partager certains valeurs. Mais il est grand temps d’en changer.

Claude Thébault (directeur d’Astroemail) :

LA VISIBILITE DANS LA SATURNOLOGIE DE JHB

(saturnologie expression de Guy Taillade)

Dans un de ses billets début août JHB évoquait de doubler la visibilité, sans doute aussi simplement parce que tout individu possède un appareil visuel constitué de deux globes oculaires.

On notera le caractère SOMMAIRE de sa contribution dans la mesure où il ne précise nulle part Où cette double visibilité doit s’effectuer. Est-ce sur Terre, géocentrisme, ou dans l’espace Héliocentrisme ?

Dans ses textes, visibilité est non seulement un mot vague, mais aussi on ne peut plus flou.

Cela provient certainement du fait qu’il y a un malentendu fondamental sur cette notion dans son esprit, comme dans celui des lecteurs de son billet.

En effet, visibilité possède un sens précis, très précis même, puisque ce terme émane de l’astronomie. Ce qui étonne de le voir repris tel quel à son compte par JHB.

Un événement n’est complet que lorsque sa LUMIERE est parvenue à l’observateur. Pour cette raison on évoque la mesure de la visibilité. En effet, le fait de savoir qu’une conjonction se forme quelque part dans l’espace constitue une donnée insuffisante. Encore faut-il que la lumière émise, à cette occasion parcourt l’espace et atteigne l’observateur, afin que la mesure soit faite de sa date, de sa puissance, ainsi que du temps écoulé.

La visibilité comporte donc un volet mesurable, non par l’œil, mais à l’unité de lumière : la candela. Ou intensité lumineuse dans une direction donnée d’une source qui émet un rayonnement monochromatique de fréquence 540×10 puissance 12 hertz et dont l’intensité énergétique dans cette direction est de 1/683 watt par stéradian.

« L’année lumière est une unité auxiliaire, trajet parcouru par la lumière pendant une année julienne dans un espace-temps vide de matière. La vitesse de la lumière est 299 792 458 m/s soit presque 300 000 kms/s. Grossièrement il faut une peu plus d’une seconde à la lumière reflétée par la Lune pour parvenir sur la Terre.

Ces quelques données pour dire que la visibilité d’un événement de Saturne, avec l’une des 4 étoiles préférées de JHB, ne pourrait avoir de consistance que dans la mesure où JHB est en état d’en apporter la PREUVE à un moment donné. Celle-ci ne peut résulter d’une simple mention d’éphémérides, car la mesure de la lumière émise, prouve la matérialité de la conjonction.

Ce qui revient à dire que la saturnologie nécessite la mise en œuvre de moyens sur lesquels JHB est particulièrement taiseux, puisqu’il est incapable de prouver la matérialité.

« Pour terminer, il existe une autre réalité sous-estimée par JHB, à propos de la visibilité, celle de la diffraction, résultant des interférences des 7 anneaux de saturne et de ses 18 satellites.

Que saturne passe sur un fond de ciel où se trouve 4 étoiles cela se calcule. Uniquement dans un rapport d’exactitude à 0°. Que l’on puisse en déduire quoi que ce soit nécessite une mesure de visibilité, pour attester que l’événement bien réel s’est produit, à la réserve près de l’absence de toute interférence dans le trajet de la lumière.

JHB a encore beaucoup de travail à fournir pour établir la consistance de sa théorie ».

Notre commentaire ;

Face à la multiplication et la démultiplication des facteurs,  les astrologues nous expliquent que pour les départager il faut  faire jouer la précision mathématique la plus draconienne (cf. l’ACB de Roger Héquet). A contrario,  quand on ne dispose que d’un modèle extrêmement dépouillé, ce critère de précision ne fait plus beaucoup sens et on est, en quelque sorte, sur une autre « planéte ». Alors que penser de ces donneurs de leçons qui récitent un discours totalement décalé par rapport à notre méthodologie ?

En effet, la précision, en astrocyclologie est une notion extrêmement relative et un enjeu à repenser de fond en comble. On est bien entré dans l’astrologie du XXIe siècle qui ringardise les pratiques d’un autre âge. Cette révolution épistémologique n’est pas due à quelque apport de l’astronomie contemporaine et elle aurait pu avoir lieu il y a de nombreux siècles mais encore eut-il valu que l’astrologie parvint à se dégager du carcan du « thème »/ et renouât avec la problématique qui est fondamentalement la sienne, à savoir le cycle et sa double visibilité.

On  nous excusera d’employer ce terme à notre façon, mais il nous semble que tous les gens de bonne foi auront compris de quoi il retourne et c’est bien là l’essentiel.  Quand il s’agit de combiner deux facteurs distincts, la moindre des choses n’est-elle pas que l’on puisse les « voir » dans le ciel. ? Mais, attention, pour nous, une configuration – et là encore on nous pardonnera d’user de ce terme comme nous l’entendons-  est un processus évolutif, qui n’est donc pas à la merci d’une approximation ponctuelle. On n’est pas, ici, faut-il le rappeler, une fois de plus, dans le cadre d’un « thème » et pour nous configuration ne renvoie pas à la structure du « thème », cette espèce de rendez-vous du ciel pour un instant T qui nous est toujours apparu comme totalement factice quand bien même serait-il mesurable, ce qui ne veut pas dire grand-chose quand on bâtit sur du sable.

Pour nous, l’astrologie est « pavlovienne », c’est-à-dire qu’elle fonctionne à partir d’un signal qui est plus ou moins « lisible » ou « flou ». Quand il est lisible assez nettement, on est en phase A et quand il est de plus en plus flou on est en phase B. Plus simple, tu meurs ! Le grand public doit pouvoir suivre et ce d’autant que s’il regarde le ciel de temps à autre et non à un instant T- puisque tel n’est pas le problème ici-il peut voir que les deux facteurs concernés sont plus ou moins proches l’un de l’autre.

On aura compris que selon ce principe de visibilité, de lisibilité et donc d’intelligibilité,  on ne peut retenir que des facteurs visibles l’un comme l’autre.  D’ailleurs, les travaux sur les cycles entrepris par certains astrologues (André Barbault, Lenoble) s’articulent sur deux astres visibles, si ce n’est que nous ne considérons comme visibles que ce qui l’est à l’œil nu puisque ce qui nous intéresse c’est le regard du public, un regard partagé qui n’a pas à être simultané, à la seconde près mais qui peut s’étaler sur plusieurs jours, plusieurs semaines voire plusieurs mois. On voit qu’il n’y a pas vraiment urgence, ce qui peut faire enrager ceux qui ont tout misé sur cette sacro-sainte précision qui intéresse peut être les astronomes mais beaucoup moins l’astrologie du XXIe siècle. Il importe que l’astrologie déclare son indépendance par rapport à l’emprise de l’astronomie et limite au minimum son interface.

Dans notre nouvelle « vision » de l’astrologie,  on a le temps de se retourner car de toute façon il faut donner du temps au temps. Si le ciel a été choisi comme référentiel, c’est uniquement parce qu’il permettait de s’y retrouver sur des bases simples : des corps célestes  visibles et se mouvant de sorte de former des messages obéissant à une cyclicité.  Il est donc hors de question de considérer comme une « configuration », ici,  une planéte en rapport avec autre chose qu’un autre corps céleste, planéte, astéroïde, étoile fixe. Exit, le point vernal (équinoxes, solstices), le passage d’un signe à un autre, les nœuds lunaires et tutti quanti.  C’est ce  que nous appelons le principe de « double visibilité » par opposition  à celui de « visibilité » d’un seul facteur ou de plus de deux. En astrologie du XXIe siècle, l’étalon est la double visibilité et on ne transige pas là-dessus.

Alors quand  Thébault nous ressert son antienne sur la précision astronomique, on peut dire qu’il se trompe de cible. Ce n’est pas de sa faute, il a été formé selon des valeurs qui ont fait leur temps et long feu. Ce qui n’est jamais très agréable à reconnaitre. On ne brade pas de bon cœur un savoir-faire laborieusement acquis. Mais c’est la rançon du progrès. Encore ne faut-il pas se tromper de « progrès » et ne pas miser sur le mauvais cheval.

Donc nous répétons une fois de plus que la précision qui nous intéresse ici est très relative, qu’elle correspond aux possibilités de l’Humanité d’il y a 5000 ans qui ne disposait ni de télescopes ni de mesures rigoureuses du temps. Ne soyons donc pas anachroniques et ne vilipendons pas nos prédécesseurs avec condescendance au sujet de leurs lacunes et de leurs erreurs ! Ne mettons pas la barre trop haute ! Comme on dit en anglais,  le fait de regarder le ciel de temps en temps, c’est bien suffisant : good enough. N’en rajoutons pas ! Surtout quand des exigences exorbitantes dissimulent-mal- une certaine inconsistance du modèle, à savoir le « thème »- qui est une sorte de fourre-tout innommable.

Même l’astrologie mondiale s’est récemment laissé envahir par ces fausses valeurs. On célébré le passage de telle planéte dans tel signe. Or, un signe est une abstraction, une convention invisible, même si l’astrologie a pu emprunter certaines images ici et là. On nous  présente complaisamment les thèmes de naissance de tel ou tel pays ! C’est dire !  Or, rien n’est figé, tout est cyclique, ce qui relativise énormément la minutie à laquelle un Thibault voudrait nous astreindre et nous stresser. Nous avons rencontré de ces astrologues qui passent du temps à « corriger », à vérifier l’heure de naissance, parfois avec les procédés les plus loufoques comme les degrés monomères tant ils sont angoissés à l’idée qu’une approximation pourrait hypothéquer la qualité de leur diagnostic et/ou de leur pronostic.  Mais cette précision initiale va se trouver très vite noyée dans un ensemble hétérogène de facteurs, dans un écheveau que l’astrologue praticien devra démêler et on sera alors à des lieux de la dite précision.  Mais comme dit Franck Nguyen, on est dans une « chronomancie », c’est-à-dire que l’on doit respecter la « recette » du « plat » astrologique que l’on sert au client et cela passe par  le respect d’une extréme précision parce que c’est la régle, le rituel, pour que la mancie fonctionne et que l’astrologue se sente légitime. No comment !.

JHB

05.08.13

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