Le critère de visibilité en Astrocyclologie

Posté par nofim le 15 août 2013

On partira d’une déclaration pleine d’animosité  de Franck Nguyen :
« Halbronn considère que la « visibilité » est un élément déterminant pour la justification de la pertinence du système Saturne- 4 étoiles. Le cycle Soli-lunaire est évidemment prépondérant quant à la luminosité.  Du coup on « voit » mal pourquoi Saturne et les étoiles de magnitude plus faibles, seraient plus légitimes
que les luminaires ou même Vénus , Jupiter, Mars, etc.
Les arguments présentés par Moysan  mettent à bas l’argument « visibilité » pour justifier de Saturne-4 étoiles. « 

Notre commentaire : on passe étrangement de la visibilité à la luminosité. A aucun moment,nous n’avons considéré que l’importance d’un astre était en quelque sorte proportionnelle à sa luminosité/ C’est déjà mal parti ! Nous avons seulement signalé que la visibilité était une condition nécessaire mais certainement pas suffisante. 
Mais revenons-en au texte spécieux de Moysan qui semble avoir ravi le sieur Nguyen. Moysan  se construit ainsi  une astrologie  imaginaire à sa fantaisie qui n’a strictement rien à voir avec notre démarche: Saturne étant l’astre le moins visible parmi les visibles, il n’aurait aucun droit, à l’entendre, à occuper une place centrale. Or, la question n’est pas là. Si les hommes ont considéré que Saturne avait un profil plus intéressant du fait de ses analogies avec la Lune, on ne fait que reconstituer leur raisonnement. Ils avaient besoin d’une planéte et pas de plus. Il fallait bien qu’ils fassent un choix selon des critères qui n’avaient rien à voir avec la visibilité car comment auraient-ils pu éliminer des planétes dont ils ne connaissaient même pas l’existence.  On nage en plein anachronisme !!!!
Ecoutons-donc le réquisitoire de Maître Moysan :
« Si l’on ramène l’influence des facteurs célestes à leur visibilité, si la première est fonction de la seconde,  on devrait,  en bonne logique (sic), constater une certaine proportionnalité entre les deux, une grande visibilité devrait (sic)  peu ou prou déterminer une influence du même ordre. Pour les astronomes la visibilité des astres de la terre s’exprime par la magnitude. Si l’on s’y réfère, on relève que les Luminaires sont les plus visibles des astres, viennent ensuite les planètes et enfin les étoiles, seule la plus brillante, Sirius, l’emportant sur Saturne, la plus faiblement lumineuse des planètes. La magnitude confirme donc, grosso modo, la hiérarchie astrologique, la primauté des Luminaires, l’importance moyenne des planètes et celle,  secondaire sinon négligeable, des étoiles.
La balise Saturne cheminant autour des 4 étoiles royales vient donc clairement en queue de ce peloton, ce qui ne semble pas illustrer de façon convaincante la thèse d’une influence des corps célestes  fonction de  leur visibilité.

« Si maintenant on classe les planètes de la plus visible à la moins visible, on obtient l’ordre suivant : Vénus, Jupiter ou Mars, Mercure, Saturne. Même si une hiérarchie des forces, des influences  intrinsèques des planètes n’est guère pertinente,  considérée indépendamment de leurs positions célestes et terrestres, la logique astrologique a du mal à concevoir que la luminosité très supérieure de Vénus  aux autres planètes puisse légitimement lui conférer une influence exorbitante, ou  le faible éclat de Saturne le ravaler au rang d’une étoile de seconde grandeur. Il faut cependant noter que les astrologues babyloniens ont,  du fait de son  exceptionnel éclat, adjoint  Vénus  aux Luminaires pour former une Triade du divin et de la vie. Statut privilégié que l’étoile du berger a perdu lorsque a été établie sa nature commune aux autres planètes.

« Réduire l’influence d’un corps céleste à sa visibilité relève donc de la simple perception et non de la raison. Le terme même de visibilité renvoie à un concept sans épaisseur, sans consistance, sans nuances, en dehors d’une gradation quantitative au demeurant sans pertinence pour ce qui concerne les planètes proprement dit. Si l’on veut circonscrire, définir une influence astrale susceptible de se décliner dans une riche diversité, à l’image de celle du cosmos, il faut alors prendre en compte d’autres critères que la seule visibilité. La  grosseur, la couleur, la vitesse, la marche apparente des planètes, leur position par rapport au Soleil, sont des facteurs de différenciation susceptibles de rendre compte de la spécificité de leur influence au travers d’une symbolique ».

JHB
C’est vrai que ce critère de visibilité empoisonne l’’existence des astrologues qui pratiquent les planétes transsaturniennes. Il importait  donc de le neutraliser par tous les moyens ! Nous avons toujours dit que le choix de Saturne n’était pas lié à sa visibilité puisque d’autres planétes sont également visibles et même plus visibles que le dit Saturne. Encore une fois c’est une condition nécessaire mais nullement satisfaisante tout comme il faut un certain nombre de signatures pour être éligible à la présidence de la République Française. Les absents ont toujours tort donc à l’évidence on ne pouvait choisir des astres invisibles ce que reconnaissent d’ailleurs implicitement Nguyen et Moysan, entrainés probablement plus loin qu’ils ne voudraient. Nous voilà donc tous  d’accord pour éliminer les transsaturniennes. C’est déjà un progrès.  C’ est exactement sur ce terrain que nous voulions les engager. A savoir que l’astrologie dépend du choix de nos lointains prédécesseurs et  que son sort s’est joué il  y a bien longtemps.
Il ne reste donc plus qu’à comprendre pourquoi Saturne l’a emporté sur les autres «planétes » pour constituer le partenaire idéal des 4 étoiles fixes royales,  en tant qu’octave supérieur de la Lune du fait de l’importance du 7 dans les deux cas.
Pour ce qui est  de Mercure et de Vénus, il n’y a pas photo, leur révolution ne dépasse pas celle du soleil, soit un an. Restent donc Mars et Jupiter qui apportent une temporalité supérieure à celle du soleil.. En réalité, seul Jupiter semble avoir eu quelques chances face à Saturne mais sur le plan numérique, Saturne était insurpassable comme partenaire de la Lune, comme lui faisant pendant comme on peut le voir dans les dispositifs des domiciles et des exaltations. D’ailleurs Rudhyar ne s’y est pas trompé.
Mais Moysan apporte un argument qu’il croit décisif et sans appel  contre Saturne :
« Si la Lune,  de par ses incessants  changements de forme, est par analogie logiquement susceptible d’en  déterminer  sur le monde terrestre, ce n’est certainement pas le cas de Saturne, dont la lenteur de marche évoque celle de la pesanteur, et de l’inertie, contraires au mouvement du changement. Saturne peut éventuellement intervenir dans un changement, associé à une planète y inclinant comme la Lune ou Uranus,  pour le freiner ou s’y opposer, certainement pas pour le provoquer ». 

Notre commentaire :Saturne, à entendre  notre interlocuteur ne saurait incarner le changement. C’est se tromper de débat. Ce type de « raisonnement » ne vaut que si l’on cherche à différencier un astre d’un autre. Toute planéte qui se meut est bien évidemment  en mesure d’incarner le changement, du fait qu’elle permet de constituer un cycle  et notamment avec une étoile fixe! . Le monoplanétarisme exige  des repéres autres que planétaires : soit les équinoxes et les sosltices qui sont invisibles,-et donc exclus-  soit les étoiles fixes qui sont visibles  à l’œil nu.
Ecoutons à présent la façon très cavalière  dont Moysan parle des étoiles fixes, l’autre volet du débat :
« Si l’on se réfère au corpus théorique le plus complet de l’astrologie hellénistique, le Tetrabiblos (structure quaternaire totalisatrice convenant à un traité), on relève que Ptolémée n’évoque les étoiles fixes que dans le premier des quatre livres de son traité,  au chapitre 8 : « Il faut ensuite  que nous disions succinctement (sic) quelque chose des propres effets des étoiles fixes… »
« C’est dire si dans le corpus théorique de l’astrologie occidentale, la place des étoiles fixes est marginale. On remarque par ailleurs que,  fort logiquement,  Ptolémée s’efforce de rattacher les étoiles fixes à la symbolique zodiacale et planétaire, mais d’une façon pour le moins peu convaincante, ce qui démontre indirectement qu’elles ne peuvent s’intégrer de façon cohérente et logique à un système qui leur reste fondamentalement étranger. Les étoiles fixes appartiennent au zodiaque sidéral dont la logique « visuelle » est profondément différente de celle « spirituelle » du zodiaque tropical. On ne voit pas de quelle logique, de quel fondement cohérent procède la symbolique des étoiles fixes. Cela semble une raison suffisante pour ne les considérer que comme un élément périphérique et hétérogène du corpus astrologique classique ».

Notre commentaire :

Moysan énonce une doctrine qui refuse d’accorder aux fixes une place centrale. Elles ne seraient qu’un « élément périphèrique et hétérogéne du corpus astrologique classique » Ben  voyons ! Il assimile en outre abusivement  les étoiles fixes au zodiaque sidéral.  On nous parle d’un probléme de symbolique. Mais nous n’avons que faire d’une quelconque symbolique des fixes. Ce sont des points célestes visibles  qui permettent de découper le cycle de Saturne en 4 temps  de valeur identique, ni plus ni moins. .Dans un récent texte, nous avons comparé le rapport cyclique de Saturne aux 4 fixes à la notion de « symbole ». Le fait que 4 étoiles aient été priviligiées montre bien d’ailleurs que l’astrologie est une constructioin humaine et qu’elle ne saurait se déterminer- comme l’a cru un Jean-Pierre Nicola- au nom d’une logique interne au systéme solaire.
Laissons enfin la parole à Claude Thébault, tout aussi virulent :
« Bien entendu, les astrologues ne lèvent jamais les yeux au ciel, et sont sous équipés, intellectuellement, ainsi qu’en outils sur ce thème. Ils se contentent donc de recopier ce qui est dans les livres pour s’en servir comme argument. Imaginant que cela se passe ainsi. (…) La visibilité des planètes, des luminaires, et des étoiles se mesure avec d’autres outils que les indications de mémo des livres.
D’abord parce qu’il y a des paramètres, et que la visibilité change tous les jours, et que cela dépend encore du lieu d’observation. (…)
Tout cela pour dire que la visibilité change, et que les plus visibles se retrouvent en cours d’année les moins visibles. Il y a même des planètes visible qui deviennent invisibles »
 Notre commentaire :
Il est un fait qu’à force de travailler sur des supports, les astrologues finissent par mettre dans le même sac les planétes visibles et celles qui ne le sont pas. C’est le danger de l’abstraction. De même que dans un thème, en un instant T, on ne distingue même  pas les planétes quant à leur rapidité. Mais le probléme de Thébault, c’est son anachronisme. Il se moque totalement de  ce que les Anciens percevaient du ciel, il veut fabriquer une astrologie « moderne » en tenant compte de notre perception actuelle du Ciel.. Inversement,  Moysan, lui, se référe à la Tétrabible comme si c’était la Bible de l’Astrologie alors que c’est une compilation tardive, l’astrologie ayant déjà alors une longue histoire derrière elle. Ce qui le conduit à contester les conjonctions de Saturne avec les fixes au prétexte que Saturne n’est pas en orbite autour d’elles, ce qui le conduit aussi à refuser les  aspects entre planétes..  La modernité de l’astrologie, elle se joue dans l’utilisation d’une théorie intelligible du cycle définitivement débarrassée de toute la symbolique éculée du Zodiaque.
JHB
01 08. 13

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