Le principe de double visibilité en astrologie

Posté par nofim le 15 août 2013

La visibilité est un garde-fou pour l’astrologie, un « étalon » comme on parlait de l’étalon or.  Il est vrai que l’application de ce principe met en  question une grande part du savoir astrologique actuel. On passe ici du subjectif à l’objectif. Il ne s’agit plus de projeter sur le monde ce que l’on sait ici et maintenant mais d’instrumentaliser le monde tel qu’il se présente à nous, donc dans sa visibilité objective s’imposant à tous, par-delà la subjectivité intérieure de chacun. Traduction : on ne peut  prendre comme base commune à tous que ce qui se voit, c’est-à-dire le « signifiant », ce qui est susceptible de signifier de par son caractère visible.  Ce que l’on associe avec ce signifiant est déjà une autre affaire qui est de l’ordre du signifié, de ce qu’on lui fait signifier mais il y a cette condition nécessaire à remplir, la visibilité.
Laissons la parole à  Taillade sur le plan astrologique :
« Pour moi le critère de visibilité est bien pertinent, mais il suffit de le prendre au sens simple de pouvoir être vu à un moment ou à un autre à l’œil nu et avec une régularité précise, pas de ne faire sens, pour un astre quelconque que lorsqu’il est visible.
Si on le prenait dans ce sens, on sait que dans la journée on ne voit vraiment que le soleil et mal la Lune de jour (mais cela même fait sens astrologiquement, c’est-à-dire symboliquement, car le Soleil est le luminaire conditionnel de jour et la Lune de nuit). Quant aux autres planètes, on sait en gros à quelle distance de l’horizon elles sont visibles avant que le Soleil ne se lève et après qu’il est couché (tout cela est significatif aussi dans la pratique astrologique).
Mais par ailleurs si cette visibilité est première dans la sélection des facteurs utilisés en astrologie quand on la pratique proche de l’esprit des anciens, elle n’est pas le seul critère sur lequel le choix se fait, car il y a en particulier aussi le rapport à certains facteurs célestes de référence, comme l’horizon, l’écliptique ou l’équateur et le fait même de se lever ou ne jamais se lever, c’est-à-dire passer l’horizon »
 Notre commentaire : Taillade veut « sauver » « certains facteurs célestes de référence » mais pour nous  ce qui est signifiant est de l’ordre de la rencontre entre deux facteurs visibles, un facteur isolé n’étant pas à nos yeux signifiant. Une planéte faisant cycle avec une étoile, c’est un phénomène doublement visible qui fait « symbole », au sens étymologique du terme, c’est-à-dire conjonction. Une étoile qui se lève à l’horizon, une planéte qui passe sur le point vernal, est-ce que cela entre dans nos définitions ? On a bien un facteur visible mais l’autre ne l’est pas. Une conjonction Saturne-point vernal, qu’est-ce que cela vaut ? Personne ne la voit, cela se « sait » mais notre œil ne la perçoit pas et l’on ne peut faire abstraction du corps qui reste le signifiant principal de l’Humanité, faute de quoi on a affaire à des fantômes…
Et cela vaut pour les signes du zodiaque.
En revanche, on distinguera entre le temps et l’espace.  On peut définir A et B spatialement et visuellement. Mais comment on ira de A à B relève du temps et cela échappe au visuel. On peut s’organiser comme on voudra pour joindre A et B/ L’espace,   ce sont les fins et le temps ce sont les moyens. Le Zodiaque est une structure qui n’est pertinente que comme mesure du temps et elle peut être remplacée par tout autre algorithme. En revanche, le cadre spatial de l’astrologie, celui qui est le théâtre de la relation  entre  deux astres doit être impérativement doublement visible.
Guy Taillade : Ier Aout 2013
« Vous dîtes encore : « les deux astrologues que nous mentionnons semblent tous deux convaincus que l’astrologie doit refléter la complexité du monde ».
En ce qui me concerne je fais seulement la différence entre simplicité et simplisme. Si j’appelle « signologie » l’habitude de l’astrologie populaire de la presse de discourir sur les signes, je ne peux réduire l’astrologie à ce seul rapport de Saturne à 4 étoiles, ce qui devient alors une « saturnologie ». Il n’y a là aucune tendance à vouloir rendre compte avec abus de la complexité du monde où alors cet abus est très très ancien. ».
Notre commentaire :
 Vous êtes sceptique sur la possibilité de ‘réduire » l’astrologie à une « saturnologie ». Vous parlez aussi de « simplisme ». quand il s’agit d’élaguer, de désencrasser la tradition astrologique si chère à M. Mosan qui se tient à mi-chemin entre astrologie première et astrologie contemporaine dont l’héliocentrisme est le dernier avatar, ce qui a l’inconvénient de véhiculer des notions dont on ignore l’origine et la raison d’être….
Le recentrage que nous proposons autour de Saturne ne doit pas être vécu comme un appauvrissement. Il faut se méfier de la « richesse » qui cache souvent un manque à la façon de ces viandes en sauce qui, à l’état « nature » sont insipides. La diversité est babélienne, elle est souvent synonyme  et symptôme de confusion, cause et effet de trouble et de manque. Nous dirons que l’astrologie n’a aucune obligation à donner du sens  à tout ce qui constitue le système solaire, contrairement aux affirmations d’un Moysan, reprenant la posture de Jean-Pierre Nicola (La condition solaire, parue  il y a une cinquantaine d’années). On peut certes admettre que l’astrologie doit y recourir en ce qui concerne la grande aiguille de l’horloge mais pas pour la petite aiguille qui correspond aux étoiles fixes. On a bien là deux aiguilles et donc deux astres. Ni plus ni moins si ce n’est que les étoiles sont au nombre de quatre mais qu’elles ne sont jamais conjointes entre elles. Le nombre de 4 n’est nullement arbitraire. Il vise à découper le cycle en 4 parts de  7 années et  dans ce cas la tradition des 4 Fixes Royales formant un quadrilatère naturel,  qui date d’il y a 3000 ans avant JC trouve tout son sens. Cela s’est imposé comme une évidence aux esprits de l’époque. Nous avons déjà dénoncé ce syndrome du retour aux sources qui conduit étrangement  Jacob, père des 12  tribus d’Israël,  à devoir épouser non seulement Rachel mais aussi Leah. Les gens ne comprennent pas que ce n’est pas parce que l’on choisit un élément d’un ensemble que l’on doive prendre la totalité du dit ensemble. Bref, il ne s’agit pas de réduire l’astrologie à Saturne mais de la limiter, de la circonscrire à Saturne en évitant toute dérive, toute extrapolation. Nous avons dit qu’une partie des maux dont souffre l’astrologie tient à son rapport ambivalent avec l’astronomie et cela ne date pas d’hier. Un autre problème qui est soulevé est bien évidemment l’usage que l’on entend ou que l’on croit devoir faire de l’astrologie. Là aussi, évitons les extrapolations, ce n’est pas parce que l’astrologie permet de prévoir certaines choses qu’elle doit être traitée comme une forme de mancie pouvant nous renseigner sur à peu près n’importe quoi. Il y a des changements qui dépendent de l’astrologie et d’autres qui n’en dépendent pas.  Il y a des  astres qui intéressent l’astrologie et d’autres qui ne l’intéressent pas. Il n’y a pas si longtemps, nous avions parlé de thématologie pour désigner une forme d’astrologie axée sur le « thème » par opposition à une astrocyclologie. On n’oubliera pas enfin qu’un cycle passe par des états successifs et donc produit une certaine variété de situation quand bien même serait-il  axé sur une seule planéte et une série de 4 étoiles fixes placées aux 4 coins de l’espace. Le thème ne fait que constituer cette variété non plus dans le temps mais dans l’espace. Le thème est certes pluriel et ouvert à tous les astres mais il ne les aborde que très ponctuellement. On n’y gagne donc rien au change et le thème pluriplanétaire  est tout aussi réducteur que le cycle monoplanétaire. C’est la disparition de la dimension cyclique de l’astrologie qui aura mis sur la touche les étoiles qui en étaient un élément constitutif.
JHB
02. 08 13

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