Les astrologues et l’idée de changement

Posté par nofim le 15 août 2013

Quand on pense que les astrologues ne cessent de se plaindre des préjugés existant contre l’Astrologie, l’on a du mal à admettre que les dits astrologues se permettent de rejeter certaines formulations de l’astrologie au nom de tel ou tel principe. Or, c’est bien à un tel spectacle que nous assistons depuis quelque temps. Ce qui fait que les astrologues n’ont plus de leçons de tolérance à donner.
Certes, il leur est loisible de parler de légitime défense face à des propos réformateurs et contestataires mais une chose est de répondre à des attaques, une autre de rejeter de nouvelles propositions au nom de quelque postulat que l’on voudrait indéracinable. Il est vrai que la position des réformateurs fait problème aux tenants d’un certain consensus de la communauté astrologique, attachée à certaines pratiques. En effet, on ne saurait reprocher aux réformateurs de l’astrologie d’ignorer l’astrologie ou d’être « contre » l’Astrologie qu’ils entendent  restaurer. Force est donc de constater que nos astrologues ne défendent pas tant l’Astrologie que « leur » astrologie, qu’une certaine astrologie  dont ils affirment qu’elle correspond à la demande du public, de la clientèle tant des « patients » que des élèves, ces deux catégories se confondant à plus d’un titre. Il s’agirait donc d’un fonds de commerce bien codifié et auquel il ne faudrait surtout pas toucher. Ne crachons pas dans la soupe !
En fait, la tactique la plus courante consiste à ne pas se faire l’écho des travaux susceptibles de déstabiliser l’Astrologie avec un grand A. Il n’y a pas de place dans les réunions astrologiques pour une « opposition », pour une alternative, pour une alternance. On a affaire à une société que l’on pourrait qualifier de totalitaire, refusant un certain degré de pluralisme. Cela aboutit à une crise de la qualité  du recrutement. On n’y  supporte que les perroquets.
On ne peut donc s’empêcher de songer à  la façon dont les réformes sont plus ou moins bien accueillies dans différents milieux « scientifiques » et cela interpelle tout particulièrement  quand on pense que la notion de cyclicité  induit celle de réforme, de révolution, tout nouveau cycle pouvant être assimilé à une « révolution » dans tous les sens du terme. Comment donc l’Astrologie ne pourrait-elle se permettre de confisquer l’idée de réforme ? Mais on sait que les cordonniers sont les plus mal chaussés. Très franchement, on voit mal comment un astrologue ne devrait pas montrer l’exemple et s’il ne faudrait pas exercer un certain contrôle de la profession comme cela se pratique dans les milieux psy à commencer par la psychanalyse. Un astrologue qui vit mal la notion de changement, tant individuellement que collectivement,  à assumer et même à préparer peut-il prétendre être un bon conseiller en matière cyclique ? Nous ne le  pensons pas !
Mais là où cela dérape c’est quand on lit un texte comme celui de Christian Moysan sur le changement, que son propos lui soit propre ou l’émanation de l’approche de tout un  groupe :
« Si la Lune,  de par ses incessants  changements de forme, est par analogie logiquement susceptible d’en  déterminer  sur le monde terrestre, ce n’est certainement pas le cas de Saturne, dont la lenteur de marche évoque celle de la pesanteur, et de l’inertie, contraires au mouvement du changement. Saturne peut éventuellement intervenir dans un changement, associé à une planète y inclinant comme la Lune ou Uranus,  pour le freiner ou s’y opposer, certainement pas pour le provoquer ». 
On aura compris que, selon ces dires, il y a des planètes qui sont plus faites pour signifier le changement que d’autres. Or, il est clair que tout cycle, articulé sur n’importe quelle planéte, est porteur de changement.  Le changement ne saurait être attaché à un astre en particulier mais bien à une dynamique interne à tout cycle. Et le pire, c’est que lorsque de tels propos sont proférés, ils ne soient pas dénoncés.  
Comment peut-on sérieusement associer une planéte au changement ? Cela vient bien confirmer à quel point les astrologues ont un problème avec cette notion  de changement et cela vient hypothéquer tout leur travail, leur crédibilité.
Mais cela montre aussi à quel point les tentatives de conférer  à telle planéte telle signification débouche sur une impasse car le cycle d’une planéte généré par lui-même des tonalités, des   états mentaux successifs que l’on peut certes associer à tel  ou tel dieu de la mythologie mais non pas à une planéte qui est elle-même vecteur d’un cycle. .On ne va pas attendre un aspect d’Uranus pour annoncer un changement.  Une telle façon de faire anéantit  les travaux de l’école française d’astrologie visant à ponctuer un cycle formé par deux planètes en recourant à la succession des aspects.  Comment en est-on arrivé à attribuer aux planètes ce qui est le propre des aspects, qui, à l’instar des planètes sont classées en « harmoniques » et « dissonants », ce qui fait pendant aux planètes « fortunées » et « infortunées » ?  Bien pis, voilà que nos astrologues tendent à attribuer le changement à des planètes inconnues des Anciens, au-delà de Saturne, ce qui fait désordre ! Comme si les anciens astrologues n’avaient pas les outils pour annoncer des changements, notamment avec Jupiter et Saturne et les « grandes conjonctions » (depuis le Xe siècle), c’est bien là un aveu de méconnaissance de la tradition astrologique dans le domaine du « mondial ». La tradition astrologique ptoléméenne est ainsi frelatée par l’astrologie anglo-saxonne qui a introduit au XIXe siècle les transsaturniennes au sein des dispositifs astrologiques.
.Ainsi, selon un tel raisonnement,  le cycle de Jupiter et de Saturne aurait besoin, d’une intervention d’Uranus  pour marquer le changement ! Et celle-ci dépendra forcément  du mouvement de cet astre lequel interférera avec le cycle des autres planètes.  Autrement dit, au lieu de disposer d’une dynamique interne régulière propre au cycle, l’on fait appel à une dynamique externe qui va bousculer le déroulement normal du cycle.
Ainsi, ceux qui sont partie en campagne contre une astrologie centrée sur Saturne sont prêts à utiliser impunément des arguments qui ne respectent pas une logique cyclique du changement.  Quel astrologue du XIXe siècle a eu l’idée géniale d’associer  la nouvelle planète Uranus au changement ?  Probablement  -cf. La Vie astrologique il y a cent ans, Ed. Trédaniel-La Grande Conjonction, 1992- en raison des événements se déroulant à l’époque en  France, ce qui nous conduit à une aute aberration consistant à associer chaque planéte  nouvellement découverte avec un changement pour l’Humanité/ Cette fois, l’astrologie n’est plus seulement tributaire des nouveaux cycles planétaires mais même de la date de leur découverte !
Ce que nous avons voulu apporter à l’astrologie du  nouveau siècle- deux cents ans après les dérives précessionneles et trannssaturniennes- c’est une nouvelle théorie du cycle, articulée sur la planéte la plus lente du septénaire, avec une succession de périodes de sept ans, qui ne serait pas susceptible de se combiner avec un quelconque autre critère que la conjonction de Saturne avec les 4 étoiles fixes royales. Le cycle de Saturne se suffit à lui-même, il comporte sur 7 ans quatre temps, à l’instar des solstices et des équinoxes.  On dira que le solstice d’hiver- ce n’est là qu’une analogie- correspond à la conjonction A,  l’équinoxe de printemps au passage de  A à B, le solstice d’Eté à B et l’équinoxe d’automne au passage de B vers A. Chaque fois il y a un changement au sein d’une phase de 7 ans mais bien entendu il y a changement quand une nouvelle conjonction se forme entre Saturne et une des quatre fixes.
Mais voilà nos astrologues  pinaillant sur le pourquoi du choix de telle planéte ou de telle étoile et pourquoi pas celle –ci plutôt que  celle-là et tout à l’avenant, en oubliant que l’on pourrait tout à fait leur demander pourquoi telle planéte, tel signe signifient  ceci et pas cela. Ces astrologues ont des préjugés, des principes qui n’ont rien à envier avec ceux des adversaires de l’astrologie car en fait  ils défendent une certaine routine supposée avoir été définitivement validée alors qu’elle n’est même pas dépositaire d’une théorie cohérente du changement.
JHB
02. 08. 13

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