La thèse de l’instrumentalisation du ciel en Astrologie

Posté par nofim le 22 août 2013

Une des principales thèses que nous ayons développées voilà un quart de siècle (L’étrange histoire de l’Astrologie, avec Serge Hutin, Ed. Artefact, 1986) est celle de l’instrumentalisation du ciel par les sociétés humaines qui est à l’origine de ce qu’on appelle l’Astrologie. Cela signifie que les hommes ont pris dans le Ciel ce qui leur convenait et en ont fait l’usage qu’ils entendaient en faire. Toute la question est de savoir de quelle façon les hommes se sont servis et c’est certainement un des défis majeurs de la recherche historique actuelle et cela pose des problèmes de méthodologie qui concernant divers domaines et notamment celui des sciences religieuses.
On ne saurait en effet  aborder cette question avec de gros sabots en affirmant que c’est la totalité du Ciel que nous connaissons qui constitue les fondements de la science astrologique. Nous avons déjà dénoncé vertement ce dérapage épistémologique commis par bien des astrologues modernes de Jean-Pierre Nicola à Claude Thébault et tutti quanti qui affirment que l’astrologie est une tentative de décryptage du cosmos et singulièrement du système solaire. Cela dit, il est vrai que pour les chercheurs actuels, il s’agit bien de restituer le ciel astrologique des Anciens en observant le monde tel qu’il fonctionne, ici-bas, dans la mesure où l’astrologie d’hier a pu laisser des traces dans notre modus vivendi présent. en s’ incrustant dans l’Inconscient Collectif de l’Humanité.
Un de nos derniers textes a été ainsi commenté par Guy Taillade :
JHB
« Il faut avoir l’humilité de reconnaitre que nous comprenons mieux le monde d’en bas que le monde d’en haut et qu’il vaut donc mieux partir du monde d’en bas. »
Taillade :
« Je me demande si cette humilité n’est pas plutôt une prétention de l’homme moderne. Les anciens au contraire ne comprenaient pas le monde d’ici-bas et cherchaient son sens dans le monde d’en-haut (mais on va voir ensuite de quel monde il s’agit, quand on dit d’en-haut). Si nous comprenons mieux le monde d’en-cas, pourquoi aller chercher celui d’en-haut, c’est justement à quoi le monde moderne a renoncé. C’est pourquoi le monde d’en haut est devenu pour lui un labyrinthe »
Pourtant, il est assez clair que le monde d’en bas nous interpelle davantage que celui d’en haut. Cela ne signifie pas que nous ne cherchions dans les astres les lois qui le régissent et que les hommes ont eux-mêmes instaurées, ce dont ils ne se souviennent pas ou mal. Mais  ce monde d’en haut, nous ne pouvons le décrypter que si nous avons déjà commencé à structurer le monde d’en bas. Il ne faut pas se voiler la face, le ciel n’a pas grand-chose à nous dire, il n’est qu’un matériau assez neutre que les hommes ont su accommoder et « cuisiner ».
On ne pourra donc faire l’économie d’une description préalable du monde d’en bas, ce qui est assez logique puisque s’il y a des lois, elles doivent être peu ou prou manifestes. Seules des représentations simples de ce qui se passe sur terre sont en mesure de permettre de remonter vers les configurations célestes opérationnelles.  Autrement dit, si nous percevons des lois générales, l’accès au ciel nous est interdit. C’est le monde d’en bas qui est la clef du monde d’en haut et  ce n’est qu’ensuite, par un processus de feed back, que le monde d’en haut peut nous aider à mieux comprendre ce qui anime, motive le monde d’en bas. C’est ce va et vient qui conditionne la recherche astrologique.
Il est donc évident que la recherche astrologique ne peut pas se consacrer à des cas uniques car ce qui est unique ou du moins semble l’être est étranger à la problématique astrologique laquelle fonctionne essentiellement sur la base de répétitions, de scénarios récurrents. L’astrologie est ainsi indissociable de la statistique. Le critère de visibilité du monde d’en haut est le corollaire de la visibilité et de la lisibilité du monde d’en bas.  Et cette lisibilité du monde d’en bas exige une récurrence marquée de ce qui s’y passe, laquelle  récurrence relève de la visibilité des choses qui nous entourent, sur cette Terre. C’est l’éternel retour.  On aura compris que ce faisant, l’Astrologie laisse le champ libre aux approches plus spécifiques, plus contingentes et  est invitée à s’en retirer, quitte à fournir aux siennes de l’Homme un cadre général qui leur fait douloureusement défaut. Echange de bons procédés.
Abordons à présent  la détermination du « ciel utile », c’est-à-dire celui qui a été instrumentalisé, c’est-à-dire sans s’intéresser à la vertu intrinsèque de l’astre, mais sur ce qu’on a projeté ou si l’on préféré ce qu’on lui a ajouté.
Laissons la parole une fois de plus à Guy Taillade :
« Par ailleurs, loin d’être établi semble aussi que le facteur principal de cette instrumentalisation serait ce cycle du rapport entre Saturne et les 4 étoiles, car il paraît plus évident si instrumentalisation il y a eu et si celle-ci est à l’origine de l’existence réelle d’une relative corrélation astrologique entre le cours des astres et la vie de l’humanité, que d’autres cycles aient été plus primordiaux, comme le cycle soli-lunaire, ou même les cycles des levers héliaques des principales étoiles. Ce qui d’ailleurs n’empêcherait pas qu’il y ait eu instrumentalisation du cycle qui vous tient à cœur, comme d’autres d’ailleurs celui de Jupiter et Saturne par exemple ».
Nous lui répondrons que le cycle soli-lunaire est à la base des 12 mois de l’année et des diverses divisions en 12 de l’astrologie (signes, maisons). Il est connu bien avant que l’on ne découvre que les planètes se distinguaient des étoiles fixes et  c’est justement la prise de conscience de cette dualité du mobile (le mot planéte a cette signification)  et du fixe qui fonde l’astrologie.  Mais ce cycle a une valeur symbolique, il illustre un processus évolutif mais il n’est pas à prendre tel quel au niveau astronomique. Bien plus, si l’astrologie s’est constituée, ce n’est pas par rapport  à un cycle aussi court mais au contraire pour  donner aux sociétés un rythme de plus grande ampleur, ce que  permettent seulement les planétes « extérieures » et surtout les deux plus distantes, Jupiter et Saturne mais Saturne a un avantage numérologique de par son analogie avec le cycle lunaire..
 Vous nous parlez du lever des étoiles. Il a certainement été important avant même encore une fois que l’on distingue planètes et étoiles. On est là dans une proto-astrologie.
Reste la question des planètes ayant un circuit supérieur à l’année à savoir Mars, Jupiter et Saturne. Vous ne mentionnez pas étrangement les couples étoiles planètes qui sont autrement plus importants que le couple soleil-étoiles. On peut aussi éliminer les configurations ne concernant que des planètes comme les conjonctions  Jupiter-Saturne si populaires entre le Xe et les XVIIe siècles. En effet, le critère planéte-étoile nous apparait comme majeur. Quelles planètes, quelles étoiles, demandera-t-on. That is the question !
Comme on l’a dit plus haut, la méthodologie à suivre consiste à partir de récurrences observées dans notre monde sublunaire et de voir à quelles configurations planétaro-stellaires cela correspond. Mars-étoile, Jupiter-étoile ou Saturne-étoile. Mais comme il y a  beaucoup d’étoiles, cela ne suffit pas. Si l’on admet que ces récurrences ont lieu tous les 7 ans, alors on va vers  une planéte qui rencontre 4 étoiles au cours d’un cycle de 28 ans. Et l’on peut faire l’hypothèse qu’il s’agit bien de ce que l’on désigne dans la Tradition comme les  4 étoiles fixes « royales ». qui forment un « carré » naturel qui n’est pas le fait d’une projection du cycle des saisons mais qui a une certaine réalité objective.
Mais pour mener ce type de recherche, encore faut-il s’entendre sur les récurrences terrestres et c’est là que la recherche astrologique est  mal partie.  Nous avons proposé le modèle A/B qui nous semble pouvoir faire l’objet d’un certain consensus. Nous renvoyons à nos multiples textes sur ce sujet.  On a bien compris qu’avant de relier ce modèle à une quelconque configuration céleste, il importe de le cerner au niveau socio-historique. Ce modèle peut être tout à fait  accepté par des gens qui n’ont que faire de l’astrologie et rassembler des chercheurs au niveau interdisciplinaire ou transdisciplinaire.
En conclusion, nous dirons que tant que l’on ne s’entendra pas sur un modèle « visible », repérable, ici-bas, hors Astrologie, la recherche astrologique n’avancera pas.  On ne met pas la charrue avant les bœufs.
JHB
06.08. 13

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