Linguistique et psychologie des peuples : la « surmotisation »

Posté par nofim le 10 août 2013

Quelle est l’influence des langues sur les locuteurs ? Nous avions déjà signalé certaines pistes. C’est ainsi que la grammaire de certaines langues est plus structurée, de façon plus évidente, plus tangible. Certaines langues marquent plus nettement le masculin et le féminin, le singulier et le pluriel et cela peut retentir sur l’organisation sociale des locuteurs pratiquant telle ou telle langue. Selon nous, la langue contribue à notre représentation du monde.
Une langue dont les déclinaisons et les conjugaisons est traitées de façon assez minimale, elliptique,  ne fournit une image forte du pouvoir et de son arborescence, de sa hiérarchie, de sa centralité. La langue anglaise ne véhicule pas une représentation  marquée et marquante de l’exercice du pouvoir, ce qui semble bien correspondre à son histoire avec la Magna Charta, au Moyen Age, la monarchie parlementaire, le refus des régimes autoritaires. Nous  rappellerons le fait qu’en anglais,  la conjugaison verbale se réduit aux pronoms personnels, que le pluriel et le singulier sont souvent mal différencié (usage du « you » dans les deux cas, pas de marque de pluriel pour les adjectifs etc)
Mais c’est un autre aspect que nous entendons aborder dans la présente étude à savoir le processus de la dialectique signifiant/signifié, problématique que nous avons déjà traitée par ailleurs. Quand le réseau des mots (signifiants) d’une langue est corrompus, détérioré, comme dans le cas de l’anglais, les locuteurs sont pénalisés et placés dans un état de dépendance par rapport à la société à laquelle ils appartiennent. Leur liberté de circulation, d’usage de la langue est sous surveillance, conditionné.  En ce sens, il est vital de prendre conscience de ce que peut introduire, produire  la pratique, l’usage de telle ou telle langue sur les mentalités.  En ce sens, les langues ne sont pas égales contrairement à ce qu’a voulu faire croire la linguistique du siècle dernier, laquelle cherchait avant tout à montrer l’universalité des processus linguistiques, notamment par le biais de la phonologie. Même la distinction de Saussure à propos du signifiant et du signifié va dans le sens d’une théorie générale de la langue dépassant les clivages et les différences entre les langues. Mais cette tendance « structuraliste »  faisait abstraction de certaines pathologies des « savoirs » – et la langue est un « savoir- liées à la diachronie, à l’Histoire des peuples, des conquêtes, des emprunts de langue à langue. Bien pis, cette ligne de pensée oubliait de traiter la langue en tant qu’outil plus ou moins performant, en tant que technique, que média (Cf.  Claude Hagége.  Contre la pensée unique. Ed Odile Jacob, 2012). Il est vrai que l’on en est arrivé à considérer que toutes les langues fonctionnaient pareillement avec la même emprise du « signifié » sur le « signifiant ».  Or, il n’en est pas ainsi, d’où la promotion d’une linguistique du signifiant face à une linguistique du signifié propre au siècle précédent.
La linguistique du signifié prend pour modèle des langues qui prennent la peine de préciser le sens de chaque mot, ce qui surcharge d’ autant l’apprentissage et le décodage de la langue. Le locuteur ne peut ici être laissé à lui-même, il est suivi et guidé à tout instant par un  Surmoi, le Signifié étant un « Sur-moi ». Les langues qui sont les plus sujettes à une telle « surveillance » sont les plus hybrides, les plus bigarrées car on circule mal sans aide au sein de telles langues. On pense notamment à l’anglais en sa qualité de langue mondiale.
A contrario, une langue comme le français laisse davantage  les coudées franches à ses locuteurs. C’est ce que nous appelons la linguistique du signifiant qui se passe plus aisément du signifié-Surmot. Cela tient au fait que de nombreux mots se ressemblent, que les synonymes y sont moins fréquents ou moins nécessaires. En pratique, cela signifie que les locuteurs sont plus autonomes les uns par rapport aux autres, qu’ils ne passent par le truchement d’un Big Brother qui fixe des normes sémantiques rigides, à ne pas transgresser, sous peine de chaos. La langue française se prête mieux au cogito individuel et chaque locuteur est invité à se constituer son propre « signifié » dès lors qu’il respecte une certaine exigence morphosémantique : ce qui se ressemble s’assemble.  Entendons par là que le locuteur définit le signifié non pas par un recours extérieur au signifiant mais par une connaissance de l’intérieur de ce qui sous-tend la diversité des emplois d’un même mot ou plutôt d’une mémé série de mots parents entre eux, du fait de leur racine commune. Autrement dit, le locuteur est invité à se faire une certaine idée de la  langue, ce qui évidemment conduit à un pluralisme plus marquant que pour des langues « surmotiques » comme l’anglais.
Dès lors, on pourra dire que l’anglais est une langue plus rigoureuse, donc plus rigide que le français du fait se sa surmotisation mais favorisant moins une certaine autonomie intellectuelle en profondeur. La créativité anglaise se joue plus en aval que la créativité française, ce qui explique d’ailleurs, par une sorte de cercle vicieux, la tendance de l’anglais à emprunter dans la mesure où le signifiant n’est pas une fin en soi et sera intégré par le biais du signifié. En français, le mot n’est pas isolé, il est en réseau alors qu’en anglais, le mot n’est en réseau que par le biais du signifié et du Surmot, qui fait songer à une sauce (gravy) ou à une crème (custard) que l’on ajouterait. L’orthographe même du français incline le locuteur à méditer sur sa langue en en explorant toutes les pistes sans passer par un « signifié » externe fourni par-dessus le marché, de surcroit. En français, les mots sont regroupés par champs sémantiques assez larges et non individuellement mais paradoxalement, cela permet précisément au locuteur de cultive un certain droit à la différence et au doute, dès lors que personne n’a autorité pour fixer le sens de chaque mot comme c’est le cas en anglais.
En ce sens, l’anglais est une langue idéale si ‘on fait jouer la « surmotisation », c’est-à-dire une instance qui supervise et qui ordonne mais le français est une langue préférable pour développer une pensée personnelle, en ce sens qu’une telle instance n’est pas légitimée et que le propos d’autrui est fonction de sa propre investigation, ce qui exige une certaine écoute de l’autre que le locuteur anglais n’est pas encouragé à assumer.
On aura donc compris que chaque langue détermine par son mode de fonctionnement un mode d’existence du groupe. En ce sens, les tentatives de la linguistique du XXe siècle pour unifier l’idée de langue nous semblent avoir été assez vaines et le distinguo saussurien du signifiant et du signifié tout comme les instances freudiennes du Surmoi et du Moi sont à revisiter.
JHB
26.07.13

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La fin des repères invisibles en Astrologie

Posté par nofim le 10 août 2013

Il est temps de mettre fin aux repères fictifs en astrologie qui n’existent sur le papier mais n’ont aucune visibilité dans le ciel. C’est le cas de l’Ascendant mais aussi de l’Ayanamsa et du point vernal sans parler des nœuds lunaires et autres luminaires « noirs ». On peut certes greffer sur ce qui est visible des algorithmes mais ce ne sont là que des processus de dérivation qui correspondent à une forme subalterne de structuration qui ne saurait imposer sa loi. Or, le problème, c’est que cette « sous-astrologie » a fini par envahir l’espace astrologique comme de la mauvaise herbe et l’on sait qu’il faut séparer le bon grain de l’ivraie. (Evangile)
A partir d’une telle prise de conscience, l’on s’aperçoit à quel point les étoiles fixes ne sauraient être laissées de côté ne serait-ce que parce qu’il y a beaucoup plus d’étoiles que de planètes, ce qui était encore plus vrai dans l’Antiquité quand on ignorait les astéroïdes que l’on a commencé à découvrir il y a un peu plus de deux cents ans. Prenons le cas de l’Ascendant (autrefois connu sous le nom d’horoscope, ce qui a donné son nom aux maisons dérivées de l’ascendant (rien à voir ici avec les maisons dites dérivées). Die que l’Ascendant Ets le signe qui se lève à l’horizon lors de la naissance est une pure fiction car on ne voit pas un signe se lever mais une étoile, faute de voir une des rares planètes. Rappelons que trois d’entre elles se suivent de près (soleil, Mercure, Vénus), ce qui ne laisse plus que 4 possibilités (Lune, Mars, Jupiter et Saturne), ce qui est bien peu. On n’imagine guère que l’on ait attendu qu’une planéte se lève  ou culmine ni que l’on ait considéré des axes invisibles d’autant que le mot horoscope comporte « scope » qui veut dire regarder (Scopus, observateur), ce qui a donné télescope, cinémascope, microscope, périscope, radioscopie etc. Selon nous, le dispositif horoscopique des 12 maisons (ou des 8 comme on voudra) s’articulait sur le lever ou la culmination d’une certaine étoile, observable à un certain moment de la journée. A partir de là il était possible de regarder où se trouvaient les plants parmi les maisons ainsi constituées à partir de l’étoile fixe qui se manifestait. On notera que les degrés monomères ont pour origine les constellations.
Si l’on prend le cas de l’Ayanamsa, il semble que la question soit mal posée. L’Ayanamsa est lié à la précession des équinoxes mais ce phénomène concerne le positionnement des planètes par rapport aux étoiles et non le point vernal qui est un repéré invisible, d’où l’inanité de la théorie des ères processionnelles fondée sur le déplacement du point vernal par rapport aux constellations zodiacales.  Selon nous, l’Ayanamsa est une notion purement technique qui tient au fait que les astronomes ont fini par préférerai situer les astres par rapport à un système fondé sur le dit point vernal. Cela relève du seul mode d’emploi de certaines éphémérides tout comme on se référé au « temps universel » selon le méridien de Greenwich, pour les fuseaux horaires. L’Ayanamsa n’est qu’un artefact
Nous n’avons rien en soi, disions-nous, contre de tels usages pratiques et conventionnels mais cela ne saurait contaminer les structures de l’Astrologie car ce ne sont là que des facteurs périphériques, que chacun peut employer à sa guise.
Le critère de visibilité nous apparait essentiel en ce qui concerne les fondations de l’Astrologie. Ce qui est invisible n’a qu’un statut subalterne et accessoire et cela vaut, bien entendu, pour le découpage de l’écliptique en 12 qui s’inspire des 12 mois du calendrier et qui n’est qu’une ingénieuse façon de procéder dont on peut fort bien se passer et que l’on peut remplacer par tout autre procédé qui pourrait sembler plus intéressant et surtout plus intelligible, d’un point de vue ergonomique, comme lorsque l’on change la disposition Dun tableau de  bord. Toutes sortes d’emprunts sont à mettre dans cette catégorie de formulations de fortune qui n’ont qu’une valeur très relative. C’est pourquoi la question du passage d’une planéte d’un signe (ou d’une constellation) à un autre n’est astrologiquement que d’un intérêt très limité puisque il s’agit d’un découpage fictif quand bien même serait-elle réalisé rigoureusement.  Les astronomes ont des priorités qui ne sont pas celles des astrologues et ce qui passe en astronomie ne passe pas en astrologie. L’astronomie est réservée à un cénacle de savants tandis que l’astrologie est une « chose publique » qui concerne tous les citoyens, ce que bien des astrologues  ont par trop tendance à oublier. La symbiose entre astrologie et astronomie aura eu des effets pervers en amalgamant deux épistémologies bien différentes et les astrologues qui s’imaginent pouvoir refonder l’astrologie sur les bases de l’astronomie font fausse route. On a pu voir  récemment tel groupe d’astrologues nier l’idée de conjonction d’une planéte avec une étoile (ou une conjonction entre deux planétes) au prétexte que cela ne correspondait pas à la science astronomique.  Mais une telle approche est anachronique et décalée. Ce qui est visible intéresse l’astrologie au premier chef et quand bien même tel phénomène serait un simple effet de perspective, il est astrologiquement beaucoup plus « réel » que telle notion astronomique purement mathématique comme les nœuds lunaires.  On peut s’amuser à jouer sur les mots mais astrologiquement, une conjonction planéte-étoile n’est pas « fictive «  du moment que chacun peut l’observer à l’œil nu. Chaque discipline a sa propre « indexicalité » et la notion de fiction est relative.  Ceux qui veulent  déstabiliser l’astrologie en recourant abusivement à l’astronomie sont probablement les anti-astrologues les plus sournois.
La visibilité- aussi empirique soit-elle- est la pierre de touche de l’astrologie. L’astrologie Saturne-4 étoiles  s’inscrit dans cette approche « visibiliste » qui ne saurait se passer des étoiles lesquelles forment un binôme crucial et dualiste dont l’astrologie ne saurait faire plus longtemps l’économie. Si le praticien de l’astrologie affirme qu’il peut se passer des étoiles, en revanche, l’historienne et le chercheur ne saurait accepter un tel aggiornamento dicté par l’astronomie moderne.
JHB
28.07.13

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Vers un désenclavement des algorithmes et paradigmes astrologiques

Posté par nofim le 10 août 2013

Sortir du ghetto, telle était la devise que nous avions choisie, il y a quelques années pour définir notre politique concernant l’avenir de l’Astrologie. Probablement, notre argumentation et notre formulation n’étaient-elles pas encore au point à l’époque. Car l’important est de bien situer le débat et de trouver le bon angle, d’établir un diagnostic qui touche aux vrais enjeux. En fait, on ne s’adressera pas ici aux astrologues en tant qu’astrologues mais en tant que citoyens du monde qu’ils sont aussi, ce qu’ils tendent parfois à oublier quelque peu.
L’idée centrale que nous proposons est simple : l’astrologie ne doit pas utiliser des formulations étrangères aux pratiques de notre époque. Or, on ne peut parler de « modernité » en s’en tenant à un algorithme comportant 12 temps successif, comme c’est le cas pour le zodiaque mais aussi pour les « maisons » astrologiques. Ce que l’on attend de l’astrologie, ce  n’est pas tant le contenu de l’algorithme que son « calage », c’est-à-dire son point de départ. Or, tout se passe comme si les astrologues avaient compris l’inverse ! Et c’est cela qui est à réviser radicalement en termes de priorité et d’impératif.
Entendons par là que le monde n’en a rien à faire que les astrologues se servent du modèle tarabiscoté du calendrier soli-lunaire à 12 secteurs pour baliser le temps cyclique céleste, c’est là à l’évidence un référentiel parfaitement obsolète et ringard et dont on peut tout à fait se passer, d’autant qu’un tel algorithme est hybride en ce qu’il veut s’accorder également au cycle saisonnier, au prix de quelques acrobaties périlleuses vu que le début des saisons ne s’articule sur aucune configuration céleste récurrente. En revanche, ce que le monde attend des astrologues d’aujourd’hui, plus que jamais, c’est de donner des dates de début de cycle. Ni plus ni moins !
Zodiaque hybride, en effet, puisque si la division en 12 est intimement liée aux 12 mois de l’année soli-lunaire et plus probablement lunaire, la symbolique zodiacale s’origine, quant à elle dans les représentations saisonnières, ce qui est caractéristique du calendrier soli-lunaire avec des fêtes articulées sur les équinoxes et les solstices, à l’instar de Pâques  qui est par excellence une fête hybride par son mode de calcul. Elle doit correspondre au début du printemps mais aussi au 14e jour de la Lune (ce qui équivaut  à une pleine lune). Le Zodiaque des astrologues peut être donc qualifié de « pascal ». Il est vrai que le symbolisme zodiacal n’est plus guère perçu par les astrologues dans sa dimension saisonnière, vu son état de corruption qui brouille les pistes pas plus d’ailleurs qu’il n’est associé par eux, dans bien des cas, avec les lunaisons. C’est un objet non identifié. Donc comme nous le disions, le Zodiaque est un boulet que trainent les astrologues avec de moins en moins de conviction, ce qui les conduit à passer à d’autres techniques sans y parvenir tout à fait. On peut d’ailleurs considérer le dispositif des domiciles comme un moyen de s’en distancier en remplaçant le symbolisme zodiacal par le symbolisme des dieux du Panthéon. Le Zodiaque, le mal aimé de l’astrologie si ce n’est que pour  l’étude des planètes transsaturniennes, la dimension zodiacale repasse au premier plan  et que n’entend-on pas sur  Uranus entrant en bélier ou Pluton en capricorne,  ces planètes singulièrement éloignées de la  Terre et de ses saisons se voyant paradoxalement placées sous le contrôle du dit Zodiaque.
Mais comme on l’a dit, un tel algorithme à 12 stations est invendable par les temps qui courent et nous proposons de  nous en tenir à un découpage beaucoup plus modeste, minimal.  Et c’est là que l’on se heurte à certains obstacles à commencer par les planètes lentes. Si l’on découpe le cycle de Neptune par exemple en 2 ou même en 4, on obtient des durées considérables et même avec les aspects principaux, c’est encore beaucoup. Et voilà pourquoi nos astrologues en sont revenus à leur cher Zodiaque qui permet de découper en tranches encore à peu près raisonnables des révolutions sidérales de plusieurs décennies voire de plusieurs siècles, sans parler du cycle précessionnel de plus de 25000 ans, ce qui donne des ères de 2160 ans, que l’on peut aussi subdiviser en 12 ! On lira avec intérêt l’ouvrage déjà ancien de Maryse Lévy sur Pluton dans les 12 signes, en astrologie mondiale. –(Pluton, planéte lointaine)
A contrario, pour un astre aussi rapide que la  Lune, le recours au zodiaque est une aberration bien improbable. Et la division en  4 s’impose naturellement, ce qui a donné comme unité de temps la semaine, marqueur du temps des religions dites du Livre, avec tout ce qui tourne autour du 7 e jour. Autrement dit, jusqu’à Saturne, on n’a pas besoin du zodiaque à 12 secteurs. Même Saturne en reste à des périodes de 7 ans, si l’on divise en 4 son cycle sidéral, ce qui est bien plus abordable que les 21 ans d’Uranus (le quart de 84 ans). On voit donc ce qu’a de pernicieux le recours aux planètes invisibles parce que trop éloignées et donc trop lentes. Les nouvelles planètes auront ainsi fait régresser l’astrologie en la rezodiacalisant.   Mais régression toute relative puisque le zodiaque est un facteur tardif dans l’histoire de l’astrologie.
Il est fort probable que ce soit un « apport » des astronomes qui auront trouvé dans ce système un repére commode permettant une certaine précision dans la localisation des planètes mais souci qui n’est  pas celui des astrologues anciens.  Chaque discipline a ses exigences et il convient de ne pas les mélanger. Mais dans le domaine des sciences humaines et sociales, il est tout à fait concevable d’adopter un même algorithme binaire et non point duodénaire, d’ailleurs sur le modèle très simple selon lequel toute énergie, toute information tendent à s’épuiser si elles ne sont pas renouvelées et réactualisées. Or, c’est bien là tout le problème que la substance des notions véhiculées par la tradition astrologique s’épuise et se vide de son sens, ce qui autorise d’ailleurs toutes sortes de commentaires qui s’y plaquent avec plus ou moins de bonheur.
Nous proposons donc que les astrologues optent pour des algorithmes qu’ils puissent partager avec d’autres domaines et qui n’exigent pas l’acquisition d’un savoir propre à la seule astrologie. Nous avons  signalé que les notions de Plan A  et de Plan B étaient parlantes, le plan B étant un plan de rechange lorsque le plan A  ne marche plus.
En revanche, nous pensons que l’apport spécifique de l’astrologie aux autres domaines des sciences humaines concerne la durée et le commencement des phases et des cycles et c’est justement là que l’astrologie n’assure pas, masquant son impuissance derrière le saucisson zodiacal !
Si l’on interroge, en effet,  les astrologues sur le début du processus cyclique, l’on doit s’attendre à des réponses dilatoires et à des esquives. Evidemment, on nous reparlera du bélier, le « premier » signe, lié au point vernal (printemps, en latin) alors même que l’on peut penser que le point de départ du cycle saisonnier serait plutôt situé sur l’axe solsticial et non sur l’axe équinoxial.  Mais ce point vernal est invisible au  regard des astres. Et l’idée d’aspects (y compris la conjonction) entre le début d’un des 12 signes (ou des 12 « cuspides » pour les maisons) a quelque chose de surréaliste. C’est bien plutôt dans le sens d’aspects entre deux corps célestes qu’il faut se diriger (ce qui est déjà le cas des lunaisons (soleil/lune), ce qui passe par une configuration planéte ou luminaire avec certaines étoiles fixes. Et bien évidemment, la conjonction l’emporte largement sur les « aspects » qui sont des fictions mathématiques. Nous dirons donc que le point de départ astrologique d’un cycle correspond à une conjonction d’un astre rapide avec un astre non pas lent mais carrément fixe, tant sa progression est insensible. On attend donc de l’astrologie qu’elle nous dise quand commence un tel cycle censé affecter la vie des sociétés et non qu’elle nous explique par le menu en combien de secteurs un tel cycle doit être découpé, ce qui est tout à fait secondaire dès lors que l’on respecte le principe de dualité.
Ajoutons que si pour les astronomes, on ne saurait confondre un point de l’espace avec un autre, il n’en est rien pour les astrologues qui sont en quête, au contraire, de récurrences et qui ont tout à fait le droit de découper un cycle en 4 temps puis de le subdiviser ensuite en 2, le 8 nous semblant bien plus opérationnel que le 12, en tout état de cause. On sait que le découpage en 8 est attesté et qu’il ne doit rien cette fois au calendrier soli-lunaire.
Mais on n’est pas au bout de nos peines même si l’on est convenu de combiner un astre mobile et un astre immobile et d’y appliquer tel algorithme. Car comment opérer des choix entre tous les possibles ? C’est aussi pour cette raison que le Zodiaque a les faveurs des astrologues en ce qu’il permet de ne pas se poser de telles questions de préséance.
.Si déjà nous éliminons, comme il se doit, les transsaturniennes, lesquelles ont pourtant les faveurs de tant d’astrologues qui n’arrivent plus à s’en passer, il nous reste les luminaires et les cinq planètes d’une part et une myriade d’étoiles fixes de l’autre. Mais comme l’on sait, nous sommes parvenus à la conclusion que le choix des Anciens s’était porté sur Saturne et les 4 fixes dites royales, ce qui donne un cycle de 7 ans circonscrit par les 4 conjonctions successives. Rappelons toute l’importance du pôle Lune-Saturne, si peu étudié par les astrologues qui préfèrent, bien à tort, traiter des couples Lune-soleil et  Jupiter-Saturne (cf. les publications d’André Barbault à ce sujet, dans les années Cinquante). Saturne n’est pas au regard de la Lune une planéte comme les autres mais bien son octave supérieur –terme musicale (gamme de 7 notes) souvent utilisé à propos des transaturniennes. Ce qui est d’un jour pour la Lune est d’un an pour Saturne. La semaine de 7 jours fait pendant à la semaine de 7 ans. Ce rapport un jour pour un an est bien connu en astrologie (directions secondaires, rappelons que Rudhyar a privilégié un cycle de 30 ans) et dans la Bible.
C’est donc bien cette Astrologie « Saturne-4 étoiles fixes » que nous considérons comme le fer de lance, la figure de proue de l’Astrologie du Troisiéme Millénaire. Et c’est bien de cette astrologie que le monde a besoin.  En face, on trouve une astrologie soli-lunaire à base 12, articulée laborieusement sur les 4 saisons.
On peut donc ainsi résumer le débat : la Lune doit-elle s’associer à Saturne ou au Soleil ? Dans un cas,   on  a une semaine de 7 ans, autour de 4 balises fixes   tandis que dans l’autre cas, on a la semaine de 7 jours et l’année de 12 mois, avec des conjonctions qui se déplacent d’un douzième de cercle, d’une fois sur l’autre. Dans le dispositif des domiciles et des exaltations,  les « luminaires » figurent dans des signes qui se suivent alors que Saturne y est opposé à la Lune. Or, en astrologie, l’opposition est un  aspect  bien plus puissant que le semi-sextile (30°)  reliant deux signes consécutifs, il est à rapprocher de la syzygie qui assimile l’opposition à une conjonction. Nous pensons que l’on accorde beaucoup trop d’importance au Soleil en astrologie, qui est en fait associé à la Terre à laquelle il emprunte sa durée de révolution (365 jours, Mercure et Vénus subissant le même sort et ne s’en éloignant guère) L’organisation de nos sociétés montre bien  à quel point le cadre mensuel et même annuel est insuffisant. Mais on ne peut pas non plus organiser des élections en prenant comme point de départ une donnée fantaisiste et qui change d’un pays à l’autre. Il revient à la nouvelle astrologie d’unifier le monde autour d’une chronologie universelle, d’un point de départ scientifiquement établi et un algorithme intelligible par tous…  
JHB
25.07.13

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Apologétique de l’Astrologie et dénégation

Posté par nofim le 10 août 2013

Nous poursuivons notre dialogue avec Christian Moysan :
C. M. :
« Comme tout phénomène circonscrit dans le temps, la saison est spontanément, naturellement,  a priori,  appréhendée par l’homme au travers de  la structure ternaire,  profondément inscrite dans son inconscient – et peut-être dans son ADN. Le début de l’été, marqué par la culmination du soleil au Cancer, son pleinpar la chaleur fixe du Lion, et sa fin par le déclin de la lumière et de la chaleur dans le signe de la Vierge, constituent des réalités tangibles, pour tout un chacun. Les douze signes procèdent donc logiquement de la combinaison de 4 saisons divisées en 3, comme il a été dit, sans qu’il soit nécessaire d’invoquer les 12 lunaisons pour justifier la division duodécimale. »
JHB
Vous essayez d’éviter que l’on établisse  un lien entre les 12 lunaisons et le Zodiaque en recourant un argument lié à une  prétendue  compulsion  des humains à tout diviser par trois. En réalité, nous avons deux systèmes qui se juxtaposent et qui tous les deux concernent l’année : le cycle des saisons et le cycle soli-lunaire mais vous savez aussi qu’ils ne coïncident pas exactement, ce qui fait problème. Donc vous inventez de toutes pièces la thèse d’un découpage en 3 de chaque saison sans rapport avec les 12 lunaisons. C’est bien là une démarche apologétique caractérisée comme celle d’un avocat qui cherche par tous les moyens à sauver la tête de son client. Il y a des adeptes des causes perdues. Il est vrai qu’il y a des coïncidences comme les jours de la semaine et le nombre de « planètes » connues dans l’Antiquité (Septénaire)  et d’ailleurs ces jours portent bel et bien le nom des dites planètes.
C.M.
Rien ne permet d’affirmer que les 12 signes procèdent des 12 lunaisons. Les 12 signes sont le point de convergence de deux logiques distinctes mais complémentaires, celle de 4 saisons divisées en 3 périodes – tombant sous le sens et les sens, et celle des lunaisons d’une année solaire. 

JHB
CM
Ce qui importe, c’est le réel,  ce qui a été et est depuis la nuit des temps, dont il convient de rendre compte par des explications logiques, et non ce qui aurait pu être. L’horloge cosmique dit 12 et non 10 ou 8, et c’est le 12 qui s’est imposé naturellement à l’humanité. 

JHB  Quand on coupe un gâteau, on le divise en 2 puis en 4, puis en 8 puis en 16.  Pas en 12. Le 12 n’appartient pas au binaire. Il n’a de réalité  en astrologie que du fait des 12 lunaisons. Il ne sert à rien de le nier et d’ailleurs on ne comprend même pas en quoi cela vous gêne. Donc,  vous vous complaisez dans la dénégation, ce qui vaut aussi (cf. infra) pour les étoiles fixes dont vous voulez carrément ignorer l’existence.
CM  La vue de l’esprit est parfois plus juste que celle des yeux. La première explique la réalité : la terre qui tourne autour du soleil ; la seconde est parfois une illusion : le soleil qui se déplace dans le ciel.
Si le solstice d’été n’était pas visible, on aurait du mal à comprendre pourquoi tant de constructions sacrées se sont bâties sur lui. Quant au zénith de chaque jour, chacun peut l’observer dans l’ombre la plus courte.
Les Angles sont une exacte et logique transposition de la course visible du Soleil.
JHB  Les équinoxes et les solstices se calculent mais ne sont pas visibles. Or, l’astrologie s’est construite sur la visibilité de l’astronomie, à savoir la dialectique luminaires puis planètes/étoiles. Aucune  horloge cosmique ne fait sens si elle ne s’articule pas sur des configurations visibles à l’œil nu, ce qui exclut les transsaturniennes.
CM
Mais il est certain qu’on peut se passer des Luminaires, des Angles, des signes zodiacaux, etc,  pour ne considérer que la balise Saturne tournant autour de 4 étoiles fixes. Mais,  dans cette hypothèse,  il faut alors renoncer à l’idée que la course des astres puisse aussi bien rendre compte de l’évolution des civilisations que de la réponse à une question – horaire -  du consultant. L’astrologie « traditionnelle » repose sur une fondamentale dialectique Unité-Diversité qui rend compte de la richesse et de la complexité des accidents du monde sublunaire.
JHB Vous avez raison de parler d’un renoncement à des données qui sont bel et bien extérieures à l’astrologie et qui la parasitent. Cette dialectique Unité-Diversité dont nous ne cessons de parler dans nos écrits et que l’on est un peu surpris de retrouver sous votre plume permet justement de comprendre que l’astrologie est ancré sur un modèle unique qui peut se diversifier  dans la pratique, dans l’application que chacun peut en faire pour lui-même ou pour autrui.  Et cette diversification ne saurait faire partie du modèle astrologique, elle n’en est que le prolongement aléatoire, conjoncturel.

CM
Comme chacun sait, un tour complet de la terre sur elle-même correspond à un jour astronomique de 24heures,  dont il faut bien déterminer le début par convention. Il est vrai que certains travaillent la nuit, mais le jour reste la période la plus indiquée pour exercer une activité,  comme la nuit l’est pour se reposer.
Certes, un cycle « tourne en rond »; cela n’empêche pas de devoir lui assigner un début logique.

JHB  On peut diviser un cycle de mille façons différentes.  24 heures n’est qu’une façon parmi d’autres et vraisemblablement inspiré des 12 lunaisons.  Initialement,  on n’avait que 12 heures doubles. La seule division fondamentale  est  celle en 2 : phase A et phase B. Tout le reste est superfétatoire. Contrairement à ce que vous dites, le   cerveau humain ne fonctionne bien que dans le binaire.   Le 12 n’est pas une demande de notre cerveau mais simplement un « fait » lié au calendrier  et qui est en porte à faux avec la bonne marche cérébrale.
CM
On ne voit pas en quoi la cyclicité de la balise Saturne rapportée à 4 étoiles soit plus « profonde » ou pertinente que celles implicites ou explicites de l’astrologie « traditionnelle »

JHB
Encore une fois, vous faites comme si les étoiles fixes n’appartenaient pas à l’astrologie. Vous vous en passez fort bien. Or structurellement,  l’astrologie ne peut en avoir fait abstraction.  Ce point est absolument incontournable. C’est comme si vous disiez que vous n’étiez pas né d’un père et d’une mère. On est là dans la dénégation fondée sur une pratique supposée démontrer que cette absence est sans conséquence sur les « résultats ». La moindre des choses est de reprendre l’ensemble de votre « expérience » au regard d’une omission  inexcusable qui n’est évidemment pas de votre fait mais que vous n’avez pas le droit de couvrir.  D’ailleurs, vous préférez carrément ignorer le problème.  Mais il  y aura un moment où  cette absence sera si criante dans votre esprit que rien ne pourra venir la légitimer et alors ce sera la crise de conscience.
CM
Les fondements de l’astrologie « traditionnelle » reposent sur une profonde logique cosmique,  qui permet à cette discipline de rendre compte avec une certaine pertinence de la richesse et de la complexité du réel. Il est vrai que pour en être convaincu, il faut avoir – un peu -  réfléchi -  et beaucoup pratiqué.

On ne voit pas en quoi une critique serait a priori plus pertinente que ce qu’elle remet en cause. Sa valeur ne peut être autre que  celle des arguments qu’elle développe. Il ne suffit pas d’affirmer péremptoirement la pertinence de la théorie que l’on prône, encore faut-il en démontrer la validité.

JHB
A aucun moment, vous ne semblez en mesure de restituer un quelconque modèle de formation de l’astrologie et de déterminer les données qui ont pu s’ajouter au fil des âges.
 On retrouve là le syndrome d’un passé perçu comme inaccessible et que l’on peut créer de toutes pièces sur des bases fictives. La démarche critique est, contrairement à ce que vous semblez vouloir nous faire  croire indissociable de toute méthodologie digne de ce nom. On retrouve cette affirmation d’une pratique qui viendrait valider votre discours. L’on sait à quel point un tel argument est illusoire surtout quand il se réfère à une pratique du thème où tout est entremêlé.  La vraie pratique est celle que l’on s’applique à soi même.  Le fait de passer par un astrologue est un pis aller, lié à un outil  si compliqué qu’il a besoin d’un « chauffeur » patenté. L’ergonomie actuelle de l’outil astrologique est  totalement décalée par rapport à ce que le public attend d’un « outil ».

JHB

24.07.13
 

Publié dans ASTROLOGIE | Pas de Commentaire »

Le Zodiaque et les saisons

Posté par nofim le 10 août 2013

Nous commencerons notre étude à partir d’un message qui nous a été envoyé par  Christian Moysan en réaction à notre texte consacré à la dialectique équinoxe-solstice dans lequel nous montrions que le point de départ solsticial nous paraissait plus approprié que le point de départ équinoxial :
« Il faut sans doute rappeler ici, nous écrit Moysan, que l’une des bases fondamentales de l’astrologie est la correspondance-équivalence entre la rotation de la terre sur  elle-même et sa révolution autour du soleil. La première déterminant le cycle jour-nuit, la seconde le cycle annuel. Le jour naît au lever du soleil, et non à son zénith. Il paraît donc pour le moins logique d’associer le Levant, l’Est, l’Ascendant au début de toute chose. Et il est tout aussi logique d’associer le début de l’année solaire au moment précis où la lumière l’emporte sur l’obscurité, c’est à dire à l’équinoxe de printemps, donc au début du Bélier.  Le Soleil est alors exalté, tendu dans l’ascension vers sa culmination solsticiale.  Le terme Ascendant n’est pas du ni au hasard ni à la lubie de quelque astrologue mettant la charrue avant les boeufs ou marchant sur la tête. »
Et Moysan de poursuivre :
« L’astrologie est avant tout le couplage des deux dimensions dans lesquelles se meut l’Homme, le temps et l’espace. Mais le temps est fugace, insaisissable comme le figure le sable s’écoulant inexorablement dans le sablier, ou l’eau suivant la pente. Pour fixer, découper ce temps, et s’y insérer métaphysiquement et socialement, l’homme a besoin de repères, de repères  visuels. Ils lui sont donnés,  depuis la nuit des temps,  par l’horloge cosmique  que matérialisent les  Luminaires. 
La structure du temps est avant tout linéaire, mais tout objet qui
 s’y insère, que ce soit un phénomène, un homme, ou une institution, destiné par essence à l’impermanence,  nait, vit , meurt où se régénère. Le temps vécu, le temps humain, le temps social,  est donc essentiellement régi par ce rythme ternaire immuable. Naissance -vie – mort,  début-milieu-fin, Levant-Zénith-Couchant,  Ascendant-Milieu du Ciel-Descendant, ne sont que des déclinaisons d’un principe fondamental ».

« Mais,  en contrepoint de ce cycle ternaire fondamental,  dans lequel est circonscrit toute entité vivante inscrite dans le temps, un autre cycle structure le temps humain, le cycle quaternaire des saisons,  déterminé par  les variations de la lumière solaire, vues de la terre. C’est dans la succession des saisons, dans leur éternel retour, que s’imprime en l’homme la sensation du temps dans sa cyclicité. C’est donc dans la combinaison du 3 et du 4 que l’homme vit le temps. Sa vie n’est pas réductible au temps linéaire uniforme s’écoulant entre la naissance et la mort. Elle est rythmée par l’année solaire, les mois et les semaines soli-lunaires, le jour et les heures solaires. Equinoxes et solstices découpent exactement l’espace-temps zodiacal en 4 parties égales, déterminant 4 saisons que l’on peut donc fort logiquement diviser en 3 parties égales suivant la structure ternaire du temps :  4 x 3=12.
La division duodécimale de l’année solaire procède donc naturellement de la combinaison du rythme imprimé par  l’horloge cosmique figurée par les luminaires et  de la structure ternaire du temps. Les 12 lunaisons,  qui segmentent naturellement et visiblement,   l’année solaire en sont la manifestation la plus éloquente.
La division duodécimale de l’espace-temps zodiacal  obéit donc à une profonde logique cosmique.  Cela lui confère quelque légitimité. »

Nous répondrons en ces termes :
On voit bien que Moysan  s’efforce, comme il peut, de masquer certains problémes structurels : l’importance du 12 n’a aucune légitimité, selon nous, au niveau des saisons. La division de la symbolique saisonnière en 12 n’est qu’un artifice en vue d’intégrer les 12 lunaisons, c’est-à-dire le calendrier soli-lunaire à la base notamment des almanachs de Nostradamus. On « peut » (comme dit Moysan) diviser en 12 mais on peut aussi ne pas le faire.
Quant à la question des équinoxes et des solstices, certes, l’on peut diviser un cycle planétaire en 4 selon ces axes –et c’est ce que nous avions proposé il y a 40 ans dans Clefs pour l’Astrologie- mais ces axes n’ont aucune visibilité céleste et parler de conjonction d’une planéte avec un axe est une vue de l’esprit, une fiction à laquelle nous avons renoncé depuis au profit des  4 étoiles fixes royales..
Mais revenons au début du propos de Christian Moysan :
« Le jour naît au lever du soleil, et non à son zénith. Il paraît donc pour le moins logique d’associer le Levant, l’Est, l’Ascendant au début de toute chose. Et il est tout aussi logique d’associer le début de l’année solaire au moment précis où la lumière l’emporte sur l’obscurité, c’est à dire à l’équinoxe de printemps, donc au début du Bélier ». 
Etrangement, pourtant, de nos jours, nous faisons, de par le monde, commencer la journée à minuit et non à six heures du matin tout comme l’année commence à Noël et non à Pâques. Notre monde est solsticialiste bien plus qu’équinoxialiste. Il semble que ce qui se passe au printemps soit  préparé en hiver tout comme la naissance est préparée par la gestation. Il semble que Moysan –ce qui renvoie à notre texte sur le rapport des astrologues avec le passé-  veuille s’en tenir à une approche pour le moins superficielle des choses bien éloignée d’une représentation appropriée de la cyclicité. En fait, pour comprendre la démarche de Moysan, elle se réduit  à une seule et unique préoccupation à savoir justifier après coup sa propre pratique, avec son zodiaque à 12 signes commençant par le bélier. C’est une approche apologétique, sur la défensive qui s’oppose à notre approche critique et réformatrice.
JHB
23.07.13

Publié dans ASTROLOGIE | Pas de Commentaire »

Amour comme sublimation de l’inceste

Posté par nofim le 10 août 2013

On connait l’importance du complexe d’Œdipe comme axe de la Psychanalyse ainsi que la prohibition de l’inceste. Mais l’on peut se demander si le rapport sexuel ne reste pas marqué par une certaine forme de pulsion incestueuse qui serait sublimée et qui prendrait son origine non pas tant au niveau enfants-parents qu’à celui de la fratrie.
L’avantage de l’hypothèse « fratrie » – et notamment frère-sœur-c’est qu’elle se rapproche assez du couple au niveau de l’âge relativement proche des partenaires.
Bien plus, la prohibition de l’inceste concerne tout à fait les relations entre frères et sœurs et, en élargissant un peu, entre cousins. /cousines. Les « jeux «  pouvant s’instaurer au sein de ce cercle familial  étant beaucoup plus banals et courants  que les rapports parents-enfants très vite suspects. Mais c’est précisément du fait de ces jeux souvent de proximité que la prohibition de l’inceste peut intervenir, à un certain âge,  générant ainsi une sorte de parenthèse qui se ferme lors des premiers rapports amoureux non incestueux, où le nouveau partenaire de jeu n’est pas/plus placé sous le contrôle du Surmoi de l’inceste. Cette sublimation passe ici par  une substitution, par  un remplacement de l’objet aimé, à la fois différent et analogue. En cela, l’enfant qui n’a pas connu de frères et sœurs ni de cousins ni les variantes liées aux alliances et aux remariages (familles recomposées), ce qui est à vrai dire de plus en plus rare, serait-il mal préparé à la vie de couple, n’ayant pas eu à dépasser, à se confronter avec un tel interdit. A contrario, les relations enfants-adultes apparaissent comme sensiblement moins innocentes, du moins du côté de l’adulte et donc moins ambiguës, plus perverses.
Dès lors, on se demandera si le rapport amoureux ne se nourrit pas de l’expérience première de la fratrie prolongée et poursuivie du fait de la disparition de la dimension incestueuse. Mais l’on peut se demander aussi si le rapport amoureux n’est pas justement quelque part incestueux, même quand il échappe au cadre de la fratrie. Ce rapport n’est évidemment pas éloigné de la relation au sein de la fratrie en ce qui touche à la tendresse, à l’affection, à la vie en commun d’où le débat sur la dimension strictement sexuelle, physique de la vie de couple hors fratrie ou sur le fait que celle-ci doit  être complétée par une dimension affective qui renvoie à l’esprit de la fratrie. On notera aussi que cette fratrie peut aussi bien être hétérosexuelle qu’homosexuelle tout comme, de nos jours, le couple. D’une certaine façon, dans bien des cas, la fratrie est porteuse  de cette double possibilité et on trouve donc un double interdit : celui de la sexualité entre parents mais aussi entre enfants du même sexe et le couple qui se formera plus tard sera référé à ce double interdit à dépasser et à sublimer. Ceux qui ne chercheront à contourner que l’inceste s’inscriront dans l’hétérosexualité alors que ceux qui voudront  contourner également  l’interdit concernant des rapports entre enfants du même sexe  iront vers l’homosexualité, qui serait donc la transgression d’un double interdit.
On peut donc penser souhaitable de ne pas négliger le rôle de la fratrie dans la genèse de la vie sexuelle et de concentrer moins d’attention à la dimension strictement œdipienne transgénérationnelle. Rappelons que le mariage, l’union entre frères et sœurs est assez largement attesté, par exemple en Egypte pharaonique.
JHB
23. 07.13

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L’équinoxialité et l’astrologie

Posté par nofim le 10 août 2013

On observera que le judaïsme met l’accent sur les équinoxes (Pessah,  Nouvel An, Yom Kippour)  et le christianisme sur les solstices (naissance de Jésus, Assomption). Ce débat ne saurait être étranger à l’Astrologie laquelle semble de fait privilégier l’équinoxialité et l’horizontalité.
L’ascendant, le point vernal, le début du printemps (bélier) attestent de ce penchant de l’astrologie pour l’équinoxialité. Mais nous pensons qu’il a pu s’agir d’une évolution relativement tardive. Notons que du point de vue structurel, l’équinoxe correspond à un état transitoire entre deux saisons marquées tout comme l’aube et le crépuscule sont des temps « gris ». C’est bien le solstice qui est le moment le plus marquant, le plus remarquable, le plus « visible ». Dans notre terminologie astrocyclologique, le solstice est la phase A, celle du temps « fort »  et l’équinoxe la phase B, celle de la médiocrité quelconque.
On est donc surpris d’entendre présenter le bélier comme le début d’un processus, ce qui est un contresens manifeste. Quant au délire précessionnel sur le point vernal, la copie est à revoir, n’en déplaise à certains. Mais comment en est-on arrivé là ? il est pourtant clair qu’il n’est guère commode d’appréhender un état intermédiaire, se levant ou se couchant. L’équinoxialité est double, ambivalente, comme le printemps et l’automne. A ce propos nous avons, lors de précédentes études, signalé que le symbolisme équinoxial  avait été perturbé avec notamment la disparition du porc, à l’automne par ailleurs fortement attesté dans l’iconographie saisonnière.
Un point important en faveur d’une structure fondamentalement solsticiale de l’Astrologie est  le dispositif des domiciles planétaires. L’axe central, repris dans la Tétrabible, n’est-il pas solsticial avec un pôle cancer-lion avec les luminaires et un pôle  capricorne-verseau pour Saturne, l’astre au cycle sidéral le plus lent (avant l’intrusion des « transsaturniennes »). A l’évidence, l’axe équinoxial est second au sein des domiciles. A contrario, comme nous l’avons montré antérieurement, les exaltations sont organisées et articulées autour des équinoxes avec les luminaires en bélier-taureau et  Saturne en Scorpion. Or, l’agencement des exaltations est second par rapport à celui des domiciles en ce qu’il n’en est qu’un dérivé, l’agencement des domiciles étant quant à lui articulé sur l’ordre des planètes dans le système solaire à moins que cela ne soit l’inverse. Il est un peu le parent pauvre des « Dignités » (cf. nosMathématiques Divinatoires, Ed . La Grande Conjonction-Trédaniel, 1983).
Pourquoi dans  ce cas faire débuter le Zodiaque au Bélier et au printemps (hémisphère nord) ? Pöurquoi accorder tant d’importance au signe « ascendant »  qui détermine l’ordre des maisons astrologiques (de l’horoscope) ? L’équinoxe voit l’égalité du jour et de la nuit-comme son nom l’indique- rien là de très frappant ! D’ailleurs, ne faisons-nous pas commencer l’année en janvier (Janus, à double face, ouroboros, fin et (re)commencement tout à la fois ) dans quasiment le monde entier, en ce début de XXIe siècle, avec le changement de millésime ? C’est au solstice d’hiver, que le jour démarre, entame un nouveau cycle de six mois. Il est clair que l’axe nouvelle lune-pleine lune est en analogie avec les solstices et non avec les équinoxes qui doivent se contenter des demi-lunes  plus ou moins interchangeables.
Est-il sain pour l’astrologie qu’elle continue ainsi à s’axer sur le bélier ? Nous ne le pensons pas. Ce n’est pas là un bon enseignement. Pour l’astrocyclologie,  la conjonction est à rapprocher du solstice et  l’équinoxe est déjà la marque d’un essouflement à mi-parcours, soit le passage de la phase A à la phase  B.   L’équinoxe serait une sorte de disjonction. En cela il est au carré du solstice, il marque une crise systémique, caractérisée par la confusion, le manque de lisibilité, la perte de centralité.
En ce sens le judaïsme  ne saurait donner le la et le christianisme aurait corrigé avec bonheur  la polarisation printemps-automne.
JHB 
23.07.13

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Les astrologues et la fascination pour les mélanges

Posté par nofim le 10 août 2013

Selon nous, chaque cycle passe par une phase A  et puis par une phase B. Il semble que l’astrologie ait basculé depuis longtemps dans la phase B et soit devenue incapable de se recentrer périodiquement, comme il se devrait, sur la phase B.  Ce qui produit un déséquilibre certain de son discours et de son positionnement, d’autant plus dommageable qu’il trahit une méconnaissance profonde de la véritable cyclicité dont elle serait censée incarner les valeurs. Les savetiers sont les plus mal chaussés !
Le milieu astrologique incarne donc les valeurs B au détriment des valeurs A. Un redressement est donc indispensable à toute idée de réforme. Il suffit en effet d’entendre nos astrologues actuels pour observer à  quel point ils sont bloqués sur la phase B qui est une phase décadente, de « chute », d’ »exil » pour reprendre la terminologie dualiste  des « maîtrises » qui convient fort bien à notre modèle AB.
Il importe donc d’apprendre à distinguer A et B quand on veut se lancer dans l’astrologie du moins telle que nous l’entendons. On aura ainsi compris que l’Hiver est la phase B de l’Eté et la Nuit la phase B du Jour.
Or, dès que l’on dépasse ce stade des évidences dualistes de base, l’on plonge immédiatement dans une sorte de brouillard et de mêlée qui n’a plus rien à voir avec un agencement bien tracé. C’est Dr Jekyll et Mister Hyde ! Les deux faces d’une astrologie quelque peu schizo.
Nous sommes donc obligés d’expliquer à nos amis astrologues qu’il y a un temps pour chaque chose et que l’on ne peut rester indéfiniment en phase B ! Mais comment revenir en phase A quand on a pris de si mauvaises habitudes ?
Pour le sociologue du modèle A/B que nous sommes –et dont nous sommes d’ailleurs l’auteur- l’incapacité à se recentrer, à accepter une matrice bien définie qui ne soit pas un salmigondis de fortune, assez immangeable, est un trait caractéristique de la communauté astrologique, comme le montre notre enquête, menée, comme chacun sait, de façon assez exhaustive. Par-delà les différences entre les propos de chaque astrologue, ressort la dominante d’une prédilection marquée pour les mélanges et les ajouts, la cuisine des ingrédients qui permet de préparer des plats gouteux. Le problème, c’est quand ces cuisiniers ont voulu utiliser leurs talents pour bloquer la recherche en astrologie, toujours disposés à déclarer à qui veut bien l’entendre que telle technique marche ou ne marche pas, selon les intérêts en présence, comme si l’on pouvait discerner quelque effet spécifique au sein d’un ensemble aussi embrouillé que le thème, ses transits et ses directions, ses maitrises et ses aspects croisés. Ces temps sont révolus et ces pratiques douteuses condamnées à terme.
D’où l’urgence de bien faire comprendre que le stade B n’est qu’un pis-aller par rapport au stade A, un expédient, un bricolage d’attente tout au plus mais certainement pas une fin en soi. 
La question qui se pose est de comprendre comment l’on finit par en arriver là, à un tel état de décrépitude et cela concerne toute activité, quelle qu’elle soit et pas spécialement le milieu astrologique. Ne pas reconnaitre un tel syndrome serait d’ailleurs se disqualifier en tant qu’astrologue car c’est le b-a ba de la cyclicité, c’est-à-dire précisément le niveau A où les choses sont dites sans fioritures et carrément. Qui se sent morveux qu’il se mouche :
Il  y a des cas où c’est simple : il manque un produit, comme sous l’Occupation, on le remplace par un « ersatz », un succédané. On n’a pas de viande fraiche, on mange de la pizza avec un peu de chorizo, faute de mieux. On est alors en plein stade B. Le fameux « plan B ». Autre exemple : un chef meurt ou démissionne (dans tous les sens du terme), on cherche à  le remplacer par une équipe, avec tout ce que cela suppose de mélange, de confusion. On voit ce que c’est pour un gouvernement sans vrai chef. La phase B, c’est la présence de l’absence.
Mais  comment les choses se sont-elles passées en astrologie pour que l’on en soit arrivé là ? Car la phase B ne fait sens que par rapport à la phase A dont elle est une sorte de miroir, de resucée au rabais, avec un matériau de médiocre qualité.  Qu’est ce qui a disparu ? Qu’est-on censé remplacer à titre provisoire ? Un provisoire qui ne cesse de durer au point de se faire passer pour ce qu’il n’est pas.
Une piste à suivre est celle d’un dérèglement social qui va affecter l’astrologie. On le voit bien en période d’élection présidentielle, c’est-à-dire de pseudo-monarchie quand les candidats abondent tous azimuts.  Au lieu de n’avoir qu’un successeur potentiel, on ne sait plus où donner de la tête. Les guerres civiles en France, notamment à la fin du XVIe siècle, ont certainement leur part de responsabilité dans la déstabilisation de l’astroïde. A une société bloquée sur la phase B correspondra une astrologie avec le même profil. Le déclin durable de la monarchie entrainerait celui de l’astrologie.
On n’est plus alors dans une structure dynastique qui n’est même pas ébranlée par la mort du souverain mais dans une profusion de possibilités qui se manifeste avec l’invention du thème natal, qui est l’expression et le corollaire d’une crise de régime. La démocratie est la phase B de la monarchie. Un monde pluriel généré une astrologie plurielle.
Or, si l’astrologie n’est plus capable d’annoncer l’alternance des phases A  et B , elle perd sa véritable raison d’être. Mais pour qu’il en soit autrement, il faut que la société elle-même se ressaisisse, qu’elle soit capable de se centrer, de se focaliser sur  un nombre réduit de personnalités de premier plan, ce qui n’est évidemment pas le cas dans une société aussi confuse que la nôtre, sans repères.  Si personne ne parvient à s’imposer,  la phase A  tourne à vide. Mais si une société fait tout pour empêcher que quelqu’un sorte des rangs, on bascule dans un cercle vicieux. Une société a l’astrologie qu’elle mérite. Une société B aura une astrologie B et sera privée de phase A permettant de rétablir le cours des choses…
En discutant avec des           astrologues sur notre modèle astrocyclologique, on entend de façon récurrente des observations de ce type : mais pourquoi accorder la primauté à telle planéte et pourquoi chaque planéte n’aurait pas le « droit » de « présider » un thème, d’en être la dominante ?  La multiplicité des signes zodiacaux  est également un facteur de phase B. On dirait qu’on ne sait plus élire, choisir ce qui est central, ce qui est la source, le tronc. On pense à un pays où l’on mangerait des fruits importés sans savoir comment ils poussent, à quoi ressemble l’arbre qui les porte. Or, les fruits sont  en B et le tronc en A. En fait, c’est toute l’astrologie A qui tend à être éliminée mais en même temps, celui qui ne sait pas annoncer une nouvelle phase A en astrologie perd son temps et nous fait perdre le nôtre. Une astrologie sans phase A scie la branche sur laquelle elle est perchée..
JH
23. 07. 13

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Les astrologues et le passé recomposé. L’enquête.

Posté par nofim le 10 août 2013

Qu’est ce qui conduit les gens vers l’astrologie ? Notre enquête dans le milieu astrologique nous aura permis de parvenir à certaines conclusions, la principale d’entre elles étant une difficulté avec le passé bien plus qu’avec l’avenir, ce qui expliquerait pourquoi tant d’astrologues ne s’intéressent que médiocrement au futur et ne cherchent pas spécialement à le baliser car telle n’est pas leur priorité. Beaucoup plus important est le réaménagement de leur passé et accessoirement celui de l’astrologie. Un « passé recomposé », pour reprendre le titre d’une émission de l’astrologue François Villée, à la radio, il y a quelques décennies. Il est vrai que pour beaucoup de gens, le passé est une terra incognita que l’on peut redéfinir à volonté, sans que qui que ce soit n’ait rien à redire. Nous serions « libres » de présenter le passé à notre guise et bien malotru celui qui chercherait à nous en empêcher ! 
Passé recomposé, c’est-à-dire réinventé, à commencer par le thème natal qui se situe précisément dans notre « passé » et  vient en quelque sorte se substituer à notre « vrai » passé, à nos vraies racines, en recourant à l’astronomie qui décrit le ciel tel qu’il était à notre naissance, par un étrange détour. Et c’est cette même astronomie qui est supposée nous dire à quoi ressemblait la réalité astrologique d’il y a des millénaires. D’où ces astrologues qui n’hésitent pas à nous affirmer que les planètes au-delà de Saturne agissaient déjà bien avant qu’on en vienne à les découvrir il n’y a que quelques siècles voire quelques décennies. Cette astronomie actuelle nous servirait à recomposer notre passé individuel ainsi que notre passé collectif y compris celui de l’astrologie. Bien évidemment, un tel passé est fictif mais il évite d’avoir à restituer le « vrai » passé, ce qui s’est vraiment passé.
Aucune discipline n’aura autant contribué que l’astrologie à  réinventer le passé, en recourant à une prétendue légitimité de l’astronomie. Cette pseudo- astrologie est avant tout  une astronomie instrumentalisée.
Face à ces astrologues en rupture avec leur passé, avec leur identité, l’astrologie fournit une appartenance zodiacale, planétaire de substitution qui passe aussi par une hyper revendication individuelle, ce qui est logique quand l’on sait à quel point l’individu est vécu comme l’antidote de toute forme d’appartenance collectives. Dane Rudhyar, plus que tout autre, s’est fait l’apôtre de ce passé recomposé, lui, le petit Français émigré aux Etats Unis et ayant ôpté pour un pseudonyme, son vrai nom étant Daniel Chenevière Ce fut d’ailleurs, jusque dans les années 40 du XXe siècle,  la grande mode des pseudos, des alias,  avec  Merlin, Raphael, Zadkiel, Alan Leo,  en Angleterre, Fomalhaut, Barlet, Magi Aurelius,  Selva, Flambart, Hiéroz, Dax, Janduz,  Néroman,  Antarés, et plus récemment Hadés, Dorsan, Calais, Fontbrune, Maisonneuve etc
Nous avons pu observer dans l’étude des groupes- notamment dans le domaine judaïque-  que derrière certains objets/ objectifs, mis en avant, il convenait de rechercher le vrai « ciment » qui était souvent d’une toute autre nature, ce qui générait une grande ambiguïté au regard du recrutement.
C’est ainsi que le vrai ciment du monde astrologique serait selon nous –et il s’agit là d’un non-dit inavouable- une communauté  soudée autour d’une recomposition du passé, un refus des appartenances « naturelles », « historiques », « familiales », rassemblant des gens en rupture avec leur milieu d’origine, leur filiation objective, celle notamment du sexe/genre. Le karma peut aussi servir à relativiser le milieu d’origine en  mettant en avant un passé plus ancien, celui des incarnations précédentes et l’on connait la vogue d’une astrologie « karmique », depuis une trentaine d’années.
On comprend mieux à la lumière de cette grille de lecture le paradoxe d’une astrologie qui tourne le dos à la prévision, sauf quand celle-ci est rétroactive et gère donc le passé. Cela fait songer à ces sociétés vivant près de la mer et en faisant abstraction. L’astropsychologie incarne ce paradoxe d’une astrologie passéiste fondée sur une astronomie moderne.
On comprendra que l’on ne puisse indéfiniment laisser le champ libre à une astrologie  qui sert une cause contraire à ce qui  constitue la vraie vocation de l’astrologie laquelle correspond à   une  cyclicité qui se définit comme la résurgence du passé dans l’avenir. Ceux qui viennent à l’astrologie en en attendant un véritable outil prévisionnel  s’aperçoivent que le milieu astrologique n’a rien à faire des vraies prévisions et ne cherche qu’à  s’inventer un passé de rechange, parallèle, une pseudo-anamnèse. 
On en arrive ainsi à des représentations totalement décalées de l’Histoire de l’Astrologie dont nous  n’avons cessé de dénoncer les errements, la synchronie prenant le pas sur la diachronie – par le biais du structuralisme. On nous présente ainsi ce qui est de l’ordre d’une genèse, d’une succession d’états, de stades comme constituant un ensemble d’un seul tenant, où chaque technique a sa raison d’être systémique. On est face à une astrologie qui se moque bien de son vrai passé, et qui se permet ainsi de remplacer les étoiles fixes par les 12 signes du zodiaque et par les nouvelles planétes offertes par les astronomes. Les vrais historiens de l’astrologie ne sauraient appartenir au  milieu astrologique qui se contente de représentations totalement anachroniques, au nom d’un rapport pervers au savoir astronomique perçu comme intemporel.
JHB
23.07.13

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