André Barbault et son astrologie mondiale de 1957 à 1967

Posté par nofim le 6 septembre 2013

A partir de 1957, Barbault publia régulièrement (et ce pendant une dizaine d’années, jusqu’à la création de la Revue L’Astrologue, dans les Cahiers Astrologiques. Période cruciale pour la  France de l’après-guerre avec l’institution d’une Cinquième République mais aussi pour le monde avec  la Crise de Cuba en 1962 et la Guerre des Six Jours en 1967. La question qui se pose est évidemment la suivante : est-ce que l’astrologue Barbault – et non Barbault le journaliste amateur qui suit l’actualité de près, alors même qu’il avait suivi de près la mort de Staline  en 1953 et ses conséquences. Pendant cette période Barbault publia deux ouvrages en astrologie mondiale, en 63 et en 67. Nous avions déjà montré dans de précédentes études la façon dont Barbault avait « prévu » -ou pas- la crise de Cuba dans « 1964.La crise mondiale de 1965 » (Ed Albin Michel)
                  On notera que Barbault adopta en 58 un profil bas.
« Puisque nous  songeons davantage  ici  à tirer la leçon astrologique des événements  que nous vivons qu’à les prévoir, il importe donc de reprendre le fil de l’analyse afin que de la critique touchant le passé se dégagent plus de certitudes visant l’avenir » (« Où va la France et le monde ? Les C. A. n°37, Novembre-décembre 1958, pp.273  et seq) Voilà qui est fort bien dit.
Il est vrai que les performances du jeune Barbault – il va sur ses 37 ans- sont alors assez moyennes, pour employer un euphémisme. Ses propos sur l’avenir de De Gaulle méritent le détour.
-Dans le même numéro des CA, il  consacre un paragraphe à « l’hypothèque de Gaulle » (pp 274-275) « Toujours dans « La crise  et le drame algérien », je précisais cette apparente mais fort gênante contradiction qui se présentait  du fait que de Gaulle, homme de droite   revenu sur une pression  de la droite  arrivait dans un courant de gauche (la conjonction  Jupiter-Neptune). Comment admettre cette criante  incompatibilité qui m’empêchait de croire à son retour ? »
En  1953, Barbault avait écrit dans son bulletin « L’astrologie Moderne » (cf.  notre étude à ce sujet) que ce n’était pas tant le thème de Staline qui comptait que l’inscription existentielle de celui-ci dans le cycle Saturne-Neptune dont la conjonction avait marqué la Révolution d’Octobre 1917, la nouvelle conjonction ayant lieu 36 ans plus tard, en 1953 :  
L’Astrologie Moderne, mars-avril 1953, bulletin rédigé par André Barrault :
«  Indépendamment de sa propre naissance, la mort de Staline arrive à son heure selon les cycles planétaires. Il semble que lorsqu’un homme politique adhère  à un mouvement  social et finit par devenir le chef, l’âme de ce mouvement et finit par devenir le chef, sa destinée ne lui appartient plus en totalité (…) Staline était LE chef du communisme qui prit le pouvoir à la conjonction   Saturne- Neptune de 1917 ; la nouvelle conjonction de ces astres  était une fin de cycle et un renouveau historique pour le communisme ; que le vieil homme  disparaisse  pour laisser la place à  une nouvelle  génération,  voilà  qui est logique et  analogique » (pp. 8-9)
Or, Barbault, cinq ans plus tard,  semble engoncé- comme s’il passait lui-même par une certaine forme de cyclité- dans l’étude des thèmes des candidats en présence (dont De Gaulle) pour la présidence du conseil et de leurs transits. Son exposé est une véritable usine à gaz qui ne semble fonctionner qu’après coup mais avec quel luxe de détails !.
Rappelons que Saturne est en Sagittaire, que la Ive République est secouée par le besoin d’un homme providentiel ; ce qui correspond selon nous  à la conjonction de Saturne avec Antarès. C’est dire que l’avènement de De Gaulle était assez nettement prévisible, quel que soit son thème natal. Cette conjonction qui se produit tous les sept ans favorise un pouvoir central fort,  peu importe qu’il soit de gauche ou de droite. Ce qui va faire justement la force de De Gaulle, sous cette configuration, c’est justement sa  faculté à rassembler, à résoudre et à arbitrer, du moins tant que la  conjonction reste marquée (c’est-à-dire tant que Saturne n’atteint pas le semi-carré avec Antarès, pour dire les choses un peu trop nettement). En son temps, Bonaparte, sous les mêmes astralités saturno-stellaire, avait un profil assez comparable, au moment du consulat. (Saturne est alors conjoint avec Regulus, une autre fixe royale).
Les astrologues traditionnels nous objecteront  que l’on ne peut quand même pas mettre en avant quelqu’un sans dresser son thème (en le comparant à ceux de Bidault, Pflimlin, Pleven, Mitterrand). C’est pourtant ce qu’avait conclu Barbault pour Staline,  basculant l’astrologie individuelle, à juste titre, du côté de la Mondiale
 De Gaulle avait tout à fait le profil « conjonctionnel » et point n’était besoin de  recourir à une éclipse (19 avril) comme le fait Barbault. (CA n° 75 Juillet Aout,  « La crise et le drame algérien » (pp. 168-169)/ Rappelons que cela coïncide peu ou prou avec la dynamique unitaire du Traité de Rome de 1957 qui dépend de la même conjonction Saturne-Antarès. (cf. aussi notre étude sur la République Arabe Unie (RAU).
Un personnage comme de Gaulle avait déjà fait suffisamment ses preuves –ce n’est pas un nouveau-né ! – pout que l’on sût quelle était sa trempe, sans avoir à regarder son thème. Rappelons qu’en 1944, 14  ans plus tôt, de Gaulle avait déjà fait ses preuves. (Saturne conjoint à Aldébaran en face d’Antarès)
Barbault oscille entre une pratique du thème individuel et  celle des cycles planétaires et il  cafouille. Il s’inquiété sur l’avenir de la Ve République (CA n ° 80, mai-juin 59, p.116) : « La Ve République ne ferait même pas l’année jupitérienne de douze ans qui a fixé la naissance et la mort de la Ive République ». En revanche, il était prévisible qu’en 1961, la « disjonction «  de Saturne avec Antarès – le décrochage- menacerait le pays de guerre civile.
Dans le 4e numéro spécial consacré à l’Astrologie Mondiale, qui parait  en mai-juin 1960 (n°86), dans un article intitulé « Algérie An 60 », Barbault reconnait «   J’avoue personnellement  n’avoir pas en mains la clef des cycles planétaires qui permet de comprendre tout ce qui s’est passé chez nous depuis le 13 Mai. J’ai le sentiment qu’il y a un courant  planétaire à   découvrir, faute de quoi des choses essentielles nous échappent »’
Dans  le 5e numéro spécial des CA sur la Mondiale, Barbault publie un texte intitulé « 1961 »  A propos de la crise algérienne, Barbault reconnait  que cela « constitue un banc d’essai idéal pour le perfectionnement et la mise à l’épreuve des méthodes d’astrologie mondiale ». Rappelons que l’évenement majeur est alors celui des indépendances africaines, et c’est tout m’empire colonial français qui s’effrite, du fait de la disjonction de Saturne avec Antarès, en contrepoint avec la conjonction. Un cycle de Saturne, plus loin, on arrive à 1989 avec le démantèlement d’un autre empire, celui des Soviets, sous les mêmes configurations exactement.
Dans le 6e numéro spéciale des CA (n° 99,  Juillet-Aout 1962), Barbault se lance dans la prospective : « La crise historique  de 1965-66 ». Il recourt lui-même au terme d’enchevêtrement  (p. 177) pour 1965. On y trouve toute une étude sur le cycle Saturne- Neptune et la Russie. (pp. 182-183) avec la mention  de 1989. On y trouve l’exposé des thèses qui seront reprisses en 1963 dans « 1964. La crise mondiale de 1965 » qui passent totalement à côté de l’affaire de Cuba  (1962). Barbault annonce une guerre économique d’où l’URSS sortira vainqueur et non une confrontation militaire à laquelle il ne croit pas, contrairement, dit-il, à ses confrères.
Passons à 1966 (Cahiers Astrologiques,  janvier-février 66 n° 120)/Il y annonce (« Les étapes de la crise mondiale 1965-1970 ») son prochain livre « Conjoncture astrale et devenir historique » qui deviendra « Les astres et l’Histoire » (Pauvert, 1967). Barbault passe à une approche quantitative plus que qualitative. Il note le nombre d’aspects qui se forme, toutes planètes confondues.  Il parvient à l’unité  non pas en élisant un cycle mais en les combinant tous pour obtenir une résultante. Barbault  privilégie les aspects dissonants comme marqueurs historiques. Il   conclut à la confirmation de « la notion classique des aspects  dissonants en particulier  de conjonction et d’opposition mais aussi de carré et d’aspects mineurs, entre les astres rapides, le Soleil en particulier et les planètes lentes quand elles forment des nœuds de dissonances ». Pas un mot encore sur l’indice de concentration planétaire qui sera au cœur de l’ouvrage tel qu’il paraitra l’année suivante  comme si cette élaboration, inspirée par Gouchon, s’était effectuée au dernier moment.
Dans le n° 126 (janvier-février 1967) , Barbault publie » La crise mondiale de 1965 à 1967 ». il revient sur son grand pronostic favorable à l’URSS  (p. 23) : « 1965 n’a pas ratifié ce pronostic : « L’URSS a été obligée d’emprunter – et en  grandes quantités-des céréales. » Et pourtant je ne m’avoue pas vaincu (..) L’URSS peut  égaliser (sic) sinon dépasser la puissance économique américaine (en crise). C’est ce que j’avais dit et c’est ce que je pense  encore contre l’avis de tous les économistes »
Pour notre part, il nous semble aléatoire de prétendre étudier astrologiquement le destin des Etats.  Ce ne sont pas les Etats qui nous semblent marquants lors des moments conjonctionnels mais les hommes d’exception qui forgent le dit destin, ce qui détermine chaque fois de nouvelles centralités…
JHB
29. 08.13

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