L’astrocyclologie et ses défis Par Jacques Halbronn

Posté par nofim le 15 septembre 2013

La clef de voute de tout l’édifice astrologique est le cycle de 7 ans. La tâche première de l’astrologue du XXIe siècle est d’imposer cette lecture au monde. Or, ce cycle de 7 ans s’articule sur le passage de Saturne sur les 4 étoiles fixes royales. Il s’agit là d’une création des sociétés humaines car  ce cycle n’existe pas en soi dans le Ciel ou si l’on préféré il n’existe que parce qu’on a décidé de l’y instaurer.  Il n’y a en effet aucune loi astronomique qui implique de diviser en 4 une révolution sidérale mais de fait on peut se servir de l’astronomie pour structurer de la sorte le cosmos. (Système solaire plus sphère des fixes). C’est ce qu’on appelle un processus d’instrumentalisation : on se sert d’un objet pour des fins qui ne sont pas les siennes au départ… C’est la base du rapport astrologie-astronomie et du malentendu entre ces deux domaines. De même, le thème astral peut être calculé à partir d’éphémérides mais il ne relève pas de la science astronomique pour autant à la différence de la notion de cycle sidéral encore que le fait de calculer une révolution sidérale (temps que met une planéte pour revenir sur une même étoile) ne soit qu’un mode de  référencement, de référentiel parmi d’autres. De même sur le cycle de 7 ans, certains peuvent greffer des commentaires qui n’appartiennent pas à proprement parler à la science astrologique mais qui en dérivent.  Même en linguistique, il y a instrumentalisation, dès lors que l’on passe du signifiant au signifié car tel mot en soi ne veut rien dire, il ne fait sens que parce qu’on lui ajouté, greffé telle ou telle signification. Le  sculpteur instrumentalise  le bloc de matière dont il se sert mais il peut aussi « pervertir » l’objet comme dans les « Read made » de Duchamp  en en changeant le statut.  L’instrumentalisation est caractérisée par toutes sortes d’additions, de prolongements qui  viennent parasiter l’objet qui les subit. Quelque part, tout est à la fois instrumentalisé et instrumentalisant. Mais est-ce à dire que ce qui relève de l’instrumentalisation n’ait pas de réalité en soi ?
D’une façon générale, les astrologues n’ont pas intégré la notion d’instrumentalisation.
A partir du moment où l’on ne parvient pas à penser l’instrumentalisation, l’on est obligé de la nier, c’est-à-dire forcé d’affirmer que ce qui a été ajouté était déjà là au départ, ne serait-ce que virtuellement. Ainsi la sculpture était-elle déjà inscrite dans le bloc de marbre !
La question de l’instrumentalisation constitue un obstacle épistémologique majeur qui sape la pensée astrologique contemporaine. Cela explique pourquoi certains astrologues ont un attachement obsessionnel à l’astronomie et ne supportent pas l’idée que  le ciel de l’astrologie ne soit pas celui de l’astronomie. Ils craignent que si cette thèse l’emportait, l’astrologie en soit réduite à ne plus être qu’un phénomène culturel et non plus « naturel ».(cf. L’étrange Histoire de l’astrologie, ed. Artefact, 1986)
Or, à partir du moment où quelque chose est culturel, l’on tend à croire que cela doit passer par une transmission orale ou écrite, ce qui ne convient pas à une astrologie qui affirme que toute personne, initiée ou non à l’astrologie (et à l’astronomie) est marquée par les configurations astrales.  Cette universalité revendiquée  par  l’astrologie est en conflit avec l’idée d’une culture astrologique.
Nous ne pensons pas d’avis, pour notre part, que tout le monde soit connecté avec les signaux astrologiques. Selon nous, ce privilège serait réservé à un petit nombre de « leaders » qui seraient les seuls à être sensibles  à certaines configurations telles que le passage de Saturne sur l’un des 4 étoiles fixes royales.
Les astrologues de la vieille école nous objecteront qu’il n’y a pas de raison pour que seul le cycle de Saturne soit actif astrologiquement. Mais est-ce à dire que tout ce qui relève du système solaire doive l’être d’office, y compris les astres dont on  ignorait l’existence avant que Galilée ne commence à observer le ciel avec sa lunette. ?  Et pourquoi ces 4 étoiles et pas les autres ? Et pourquoi certaines personnes et pas d’autres ? Et pourquoi l’astrologie étudierait elle tel domaine et pas tel autre ? Ce qui calme ces astrologue, c’est quand on leur dit que l’astrologie étudie tout ce qui se passe sur terre pour tout le monde au moyen de tous les astres de notre système solaire. Ils ont alors le sentiment qu’on ne peut leur reprocher d’avoir fait des choix toujours discutables ! Quant aux significations léguées par la Tradition, là encore, ils n’y sont pour rien. Ils ne font que reprendre à leur compte celle-ci dans sa totalité donc ce n’est pas de leur fait. Ils n’ont rien « inventé » !
Et quand on leur demande de partir des faits historiques pour remonter vers le cosmos pour asseoir l’astrologie sur des bases plus saines, ils ne trouvent rien de mieux à faire, à la façon d’un Moysan, que d’aller recopier ce que certains historiens ont pu écrire, sur la façon dont il fallait découper la période révolutionnaire ou celle de l’Empire, comme si un tel découpage faisait foi et comme s’il n’y en avait qu’un seul possible auquel l’astrologie devait se plier et qu’elle devait entériner. Or, la science historique est précisément un domaine qui  peut encore beaucoup progresser et précisément grâce à une astrologie rénovée. Elle est restée très empirique : chaque période est étudiée de façon différente, il n’y a aucun modèle récurrent d’une période à l’autre. Les historiens du siècle passé avaient reconnu les limites de leur discipline (« La « Nouvelle Histoire ») et l’Histoire n’a pas été admise,  à la fin du XVIIe siècle, à l’Académie Royale  des Sciences, pas plus d’ailleurs que l’Astrologie…..Nous pensons que l’astrologie sous sa forme astrocyclologique doit se rapprocher de l’Histoire en lui apportant ses modèles : cycle de 7 ans calé sur le cycle tétra-stellaire de Saturne,  recherche des synchronicités dans des régions très diverses et à des époques éloignées, rythmicité fondée sur l’alternance de phases « A » et « B » (cf nos études sur ce sujet sur FaceBook  Aldébaran) et identification des catégories A  et B au niveau des comportements.
Mais revenons à la question de l’instrumentalisation du cosmos qui est à l’origine meme de l’astrologie.  Cette  instrumentalisation a été voulue par certains législateurs pour mettre en place un certain type de société (et de religion). Ils ont fixé arbitrairement certains signaux auxquels il fallait se conformer et qui rythmaient la vie de la Cité. Le propre de ces signaux est  de recentrer les choses à intervalles de sept ans.  Et la question n’est pas de savoir si ce cycle de 7 ans existe ou non dans la Nature mais s’il est possible d’instrumentaliser le cycle de Saturne en le divisant en 4 pour y parvenir. Ce recentrage se fait autour d’un nombre très limité de leaders. On n’imagine pas un recentrage avec une infinité de centres ! C’est le modèle de la construction de la Tour de Babel laquelle finit toujours par s’écrouler (comme dans la Maison Dieu du Tarot), quand le cycle de 7 ans épuise son énergie à mi-parcours  pour faire image. Ne faisons pas comme le sieur Moysan qui s’est dépêché de fixer le mois où l’on passait de A à B comme si le passage de A à B se faisait du jour au lendemain, comme si on passait d’une minute à l’autre du jour à la nuit, de l’Eté à l’Hiver ! Pour Moysan,  qui est devenu astrocyclologue à sa fantaisie, la phase B dure jusqu’au moment où s’effectue la conjonction de Saturne  avec une des fixes royales un peu comme on dit que  telle planéte est dans tel signe jusqu’à la dernière minute d’arc puis bascule dans un autre. .
Une fois les « leaders » touchés par le « signal » convenu, ils vont entrainer derrière eux tout le monde. En pratique, le résultat est le même : que la vie des gens soit changée par ce qu’ils reçoivent un signal direct ou parce que d’autres l’ont reçu à leur place. Ce qui est important, n’en déplaise à nos astrologues, c’est  qu’il n’y a aucune légitimité à dresser le thème de tout un chacun et c’est en se prêtant à cet exercice que certains astrologues se sont plantés comme Barbault en 1958  qui n’a pas vu venir De Gaulle au pouvoir sur la foi de ses comparaisons de thèmes entre toutes sortes de candidats. De nos jours, face à une élection, les astrologues savent très bien que le meilleur thème du monde, le plus en phase avec les astralités du moment ne fera pas le poids si la personne n’a pas un certain bagage du fait de son histoire personnelle.
Le seul problème qui se pose, en vérité, est  celui de l’existence de ces personnages providentiels qui constituent une sorte de caste dominante de « prêtres » (brahmanes), de prophètes, non pas ceux qui prévoient l’avenir mais qui le constituent. Les traditions ne manquent pas dans ce domaine, à commencer par le phénomène dynastique dont le concept s’est perpétué jusqu’à nos jours sans parler de toute sortes de filiations par le sang, car il y a à quelque chose de l’ordre de l’hérédité, de la génétique qui sera élucidé tôt ou tard. Mais de grâce, que les astrologues sachent que leur sort épistémologique ne dépend pas des astronomes ou des astrophysiciens mais bien plutôt des biologistes et des généticiens (ADN), ce qui renvoie à l’épineuse question de la transmission des caractères acquis (Lamarck) si ce n’est que l’on peut aussi supposer que notre Humanité n’est pas faite d’’un seul bloc mais est composée de différents apports, d’humanités ayant des facultés différentes,vivant en symbiose…
JHB
03. 09.13

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