La dialectique Lune Saturne autour de la pleine lune
Posté par nofim le 23 septembre 2013
L’astronomie et la signification astrologique des planètes
Par Jacques Halbronn
L’idée selon laquelle le caractère astrologique d’un astre serait fonction de ses données astronomiques est assez fortement ancrée dans le discours des astrologues actuels, à commencer par le cas problématique de la Lune. (cf. notre interview de Didier Geslain, du 22 septembre 2013 pour teléprovidence)
On nous explique que la Lune est un principe féminin en ce qu’elle reflété comme d’ailleurs toute planéte la lumière du soleil. Mais le savait-on dans l’Antiquité ? Peut-on se servir d’un argument qui n’était pas de mise quand les hommes ont commencé à accorder une certaine signification à la Lune ? Et en quoi un tel trait- celui d’une lumière qui ne lui est pas propre est-il « féminin » ? On nous dit aussi que les femmes « varient » dans leur comportement, ce qui correspondrait à la rapidité de la Lune dans sa circulation dans le Ciel à travers la ceinture étoilée du Zodiaque, en un mois. »Souvent femme varie ». » La donna e mobile » (dans Verdi). Mais la Lune obéit à une progression rigoureuse et immuable ! Pour nous, la Lune (der Mond en allemand) est bien au contraire le principe masculin par excellence alors que les planètes et les étoiles constitueraient son harem, dans une logique propre à la polygamie. C’est la lune qui impose son rythme aux planètes, y compris au Soleil car la notion de mois est déterminée par les retours de la Lune. Qu’elle ne soit pas un astre comme les autres ne change rien à l’affaire. Bien au contraire, c’est ce qui la singularise – on emploie le féminin puisqu’il en est ainsi en français mais on n’en pense pas moins.
Nous trouvons très naïve l’idée selon laquelle l’observation astronomique d’une planéte sera en mesure de comprendre la signification qui lui fut assignée. C’était un peu la position de Jean-Pierre Nicola (système RET) lequel définissait chaque planéte par sa position au sein du système solaire (la Lune étant d’ailleurs mise à part). Mais on pense aussi à la planète rouge (l’Horus rouge des Egyptiens) associée à Arès/Mars dieu de la guerre. Que n’a-t-on pas dit sur la signification des transsaturniennes du fait de tel ou tel point les caractérisant astronomiquement, sans parler de la date historique de leur découverte à laquelle une grande importance est conférée?
En revanche, nous sommes persuadés que les nombres des planètes ont dû jouer un rôle important. Nous avons à maintes reprises insisté sur l’axe Lune-Saturne, deux astres se partageant les mêmes chiffres et dont le cycle divisé par 4 donne dans les deux cas le chiffre 7.
De deux choses l’une : ou bien l’on se demande comment les anciens astrologues privilégiaient et interprétaient certaines configurations célestes ou bien l’on cherche à déterminer celles-ci au regard de ce que nous savons aujourd’hui du système solaire et plus généralement de l’univers tout entier, à commencer par les étoiles d’autres mondes. Or il semble bien que ce soit la seconde option, quelque peu anachronique historiquement qui domine présentement et notamment en ce qui concerne la Lune laquelle fut connue des Anciens bien avant que l’on ne découvrît l’existence des planètes (étoiles errantes par opposition à étoiles fixes) Rappelons que dans le récit biblique de la Genèse, il est question des étoiles fixes et des luminaires (Soleil et Lune) et non des planètes. C »est dire l’ancienneté du statut de la Lune et l’on peut penser que le critère de luminosité concernant la Lune ne se posait pas. Elle était supposée produire une lumière à l’instar du Soleil et elle était peut-être même identifiée à une sorte de soleil nocturne, ayant un disque apparent de la même taille que celui-ci. Dans un précédent article, nous avons mis en garde contre le discours astrologique sur la Nouvelle Lune et la pleine Lune. Nous pensons en effet qu’il est erroné d’assimiler la nouvelle Lune à une conjonction même si c’est bien la réalité astronomique. Les Anciens percevaient la Nouvelle Lune comme le début de quelque chose et la Pleine Lune comme son aboutissement, de la même façon que le printemps est un stade qui précédé l’Eté. Le début du zodiaque en bélier est assimilable à une nouvelle lune, c’est-à-dire une dynamique à ses débuts. On notera d’ailleurs que les cornes du bélier comme celles du taureau évoquent le croissant lunaire, c’est-à-dire quelque chose qui est en croissance, qui est en train de se développer progressivement. C’est probablement la vraie raison du choix de ces deux symboles (rappelons que dans l’alphabet araméen, la première lettre Aleph est associée au nom du bœuf). Dire que ces signes sont puissants serait quelque part un contresens, ce qui compte ici c’est l’évocation du croissant et non l’énergie de ces bêtes apprivoisées, domestiquées. Toute l’astrologie actuelle ‘et notamment en mondiale, s’est construite sur l’idée que la conjonction était un point de départ alors que l’astrologie actuelle ‘et notamment en mondiale, s’est construite sur l’idée que la conjontion était un point de départ alors que c’est une culmination, un solstice et non un équinoxe. On rappellera d’ailleurs la notion de syzygie qui associe conjonction et opposition dans un seul et même axe/.
Selon nous, tout ce qui est astronomique n’est pas de l’or pour l’astrologie, il y a à prendre et à laisser notamment en ce qui concerne des données que l’on ignorait dans l’Antiquité, à commencer par l’héliocentrisme (il y a une astrologie qui se veut héliocentrique, cf. le site astroemail). Nicola porte la responsabilité d’une telle approche consistant à « lire » le système solaire comme s’il faisait sens par lui-même par-delà ce que les hommes auraient pu en percevoir avec les moyens et les motifs qui étaient les leurs il y a des millénaires. C’est là une approche anhistorique, atemporelle de l’Astrologie que nous rejetons vivement.
L’astrologie, au vrai, n’a besoin que d’un seul et unique déclencheur (trigger) lequel n’a donc pas à être différencié. Ce qui doit l’être en revanche, ce sont les stades successifs du cycle ainsi mis en œuvre. On peut considérer qu’un cycle de 7 ans peut être distribué entre sept tonalités, comme dans le cas des jours de la semaine, associés à des divinités. Comme l’a montré Yves Lenoble (dans son livre sur les cycles), la division par 4 du cycle est bien attestée, ce qui donne une importance décisive aux carrés, à la conjonction et à l’opposition qui constituent les diviseurs habituels. Mais nous pensons qu’à l’origine, ces diviseurs étaient visibles et non mathématiques et correspondaient à 4 étoiles fixes dites royales.On trouve de diviseur en maintes occasions (saisons, phases de la lune, semaines du mois, moments de la journée (ante et post meridiem comme disent les anglo-saxons : a.m/p.m)
.En fait, la prééminence du Zodiaque dans l’astrologie actuelle tend à effacer cette division en 4 et à rétablir le cycle indivisible. On a pris l’habitude de donner à un astre les nombres de sa révolution sidérale (retour sur le même point, radix, ou équinoxial ou stellaire) au lieu de compartimenter en 4 parties. Quand on appréhende le Zodiaque, on ne perçoit plus un quelconque découpage en 4, au vu du seul symbolisme, si ce n’est au prix d’une exégèse laborieuse et tirée par les cheveux.
Astrologiquement, c’est le « milieu » qui compte – d’où la valorisation du « milieu du ciel » en astrologie horoscopique et ni le commencement ni la fin du cycle dont le point de départ n’est pas la conjonction mais l’aspect qui applique (carré, trigone, semi-carré). On ne passe donc pas brusquement d’un cycle à un autre comme on le lit souvent d’autant qu’entre le coucher et le lever d’un aster il y a le « fonds du ciel » (toujours par référence au thème natal (radix), qui est symboliquement assimilable au nadir (face au zénith), soit 4 temps en sept ans.-(selon le cycle de Saturne divisé en 4). Ce temps intermédiaire est à rapprocher des saturnales, période durant laquelle les esclaves devenaient des maîtres, par une sorte de renversement social temporaire….
C’est dire que l’on ne s’improvise pas historien de l’astrologie et que cela ne se réduit pas à plaquer sur le passé les données de la science contemporaine même si celles-ci ont une certaine valeur rétrospective mais non rétroactive astrologiquement parlant. Les erreurs d’hier sont les vérités d’aujourd’hui au regard de l’Inconscient Collectif et de notre ADN. Certes, les transsaturniennes existaient dans l’Antiquité mais historiquement elles ne sont entrées dans notre champ de conscience que très tardivement et donc très superficiellement en comparaison des autres astres. C’est d’ailleurs ce que lors de leur découverte, les astrologues pensaient mais progressivement elles se sont pleinement intégrées et on ne les distingue plus des autres. Ce sont les ouvriers de la onzième heure. Malheureusement, les astrologues, en réglé générale, ne sont guère doués pour remonter le temps : soit ils s’en tiennent à une tradition frelatée qu’ils dotent de toutes les vertus soit ils projettent sur le passé des savoirs contemporains. Il existe une troisième voie qui relevé d’une archéologie de l’Astrologie et que nous prônons depuis longtemps et qui a sa propre méthodologie.
Résultat des courses, on peut lire chez Lenoble que le carré qui fait suite à la conjonction correspond à une sorte de printemps faisant suite à la conjonction associée à l’Hiver (nouvelle Lune) alors que ce carré post conjonctiionnel arrive après la bataille qui a commencé au carré pré-conjonctionnel, soit 180° plus tôt ; il est donc automnal. Nous prenons ici des chiffres indicatifs –(en astrocyclologie, on divise tout par 4 comme chez Ebertin, en Allemagne) mais l’idée générale est bien celle-là.
C’est dire que tous les astrologues ne disent pas la même chose, du fait de lectures radicalement différentes du cosmos. Nous comprenons certes fort bien que l’on soit tenté d’identifier la conjonction au solstice d’Hiver du fait de la nuit propre à la nouvelle Lune. Mais historiquement et en pratique, cela ne tient pas.
Historiquement, on voit bien que c’est la pleine lune qui est la vraie matrice lunaire et peu importe que sa lumière vienne du soleil tout comme peu importe qu’elle, ne soit pas le fait d’une conjonction mais d’une opposition, ces deux aspects se situant dans un seul et même axe, tout comme l’axe solsticial (Eté-Hiver), comme l’axe MC-FC, Midi-Minuit etc. C’’est ainsi que les marées se produisent indifféremment sous la conjonction ou l’opposition des luminaires, donc selon la syzygie qui a lieu tous les 15 jours environ.
Qu’est ce qui nous fait penser que l’astrologie antique avait pris ses distances par rapport à une telle représentation ? Certes, la conjonction soleil- Lune est censée démarrer le mois lunaire. (Lunaison) mais elle se limite à un mince filet de lumière presque imperceptible, ce qui était fort peu commode. En revanche, pour les rencontres planètes/étoiles, la planéte n’est pas éclipsée par l’étoile, ce qui donne à la conjonction une toute autre dimension, elle cesse d’être un début pour accéder au rang de sommet, de cime à atteindre puis à descendre, un flux et un reflux… …Les Anciens ont certainement été marqués par ce mouvement allant vers la pleine lune puis ‘s’en éloignant que par le mouvement inverse allant vers la nouvelle Lune car comment pourrait-on s’intéresser à un processus qui débouche dans le vide de l’absence ?
En résumé, deux astrologies s’affrontent : l’une qui ne voit dans la conjonction qu’un modeste début et dans la Lune une valeur féminine et l’autre qui pense la conjonction comme un signal qui se forme, atteint son apogée puis décline sous nos yeux, en référence à une Lune masculine face aux autres astres qu’elle visite et féconde/pollinise tour à tour. Mais rappelons que la Lune qui nous intéresse est la Lune supérieure, c’est-à-dire Saturne qui est favorisée par les signes opposés à ceux de la Lune tout en offrant une symétrie numérique autour du chiffre 7. En ce sens, le signal saturnie serait opposé au signal lunaire et la conjonction saturnienne serait assimilable à une pleine lune.
Pour ce qui est de l’étude sur le terrain, il conviendrait bien entendu d’étudier laquelle des deux grilles fonctionne le mieux en rapport avec la cyclicité des événements sublunaires. Nous sommes actuellement en début de processus cyclique selon notre système, avec en ligne de mire la conjonction à venir Saturne-Antarès, ce qui correspond à une dynamique unitaire, de rapprochement des antagonismes de toutes sortes. A contrario, selon l’autre grille, nous serions en fin de cycle, la conjonction correspondant alors à un début de nouveau cycle, lequel cycle ne portera ses fruits qu’au stade suivant (carré par exemple). Mais d’aucuns pourront toujours soutenir qu’ils ne se servent pas des conjonctions Saturne-Etoiles fixes royales et qu’en outre- cerise sur le gâteau- ils recourent à une multitude de conjonctions de toutes sortes. C’est dire l’abime qui existe entre ces écoles.
JHB
23. 09 13
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