Les piéges de la conjonction astrologique

Posté par nofim le 24 septembre 2013

 

Le coït
et la conjonction astrologique

Par  Jacques Halbronn

 

On peut
difficilement séparer la réflexion sur le cycle de celle du rapport sexuel. Car
tout tourne autour de la rencontre entre deux entités. Mais cette rencontre
comporte des préliminaires et donc on ne saurait dire que le coït se situe au
début d’un processus, ce qui vient nous interpeller  quant au statut de la conjonction dans le
cycle soli-lunaire et par voie de conséquence, semble-t-il,  concernant la théorie astrologique des cycles
telle qu’elle est généralement présentée de nos jours..

Ce que nous voulons montrer ici c’est que  dans un cycle, la conjonction ne saurait être
un point de départ pas plus que le coït dans l’union sexuelle. Quant au
mariage, qui est conjonction el par excellence, il ne saurait être considéré
comme un point de départ.  Bien plus, le
rapport sexuel ne peut apparaitre comme un aboutissement, comme un paroxysme
comme l’est le solstice précédé dans le Zodiaque par l’équinoxe, ce qui fait du
bélier le premier signe, sans qu’il n’ait aucunement un statut conjonctionnel,
l’union précédant par ailleurs, à terme, la désunion.

En
fait, le seul exemple d’une conjonction assimilée à un commencement semble être
le cadre du calendrier soli-lunaire avec la nouvelle Lune  (qui est la conjonction soleil –lune) comme
marquant le début d’un nouveau mois. Il convient d’éviter de filer une telle
analogie à propos de l’astrologie comme cela a été trop fréquemment le cas dans
la littérature spécialisée du XXe siècle.

On
notera en passant le cas du signe des Gémeaux qui est en fait inspiré d’un
événement « vénusien » et qui est un signe de printemps car c’est
alors que les jeunes gens faisaient connaissance bien avant toute consommation
du rapport sexuel.

Normalement,
le début du mois devrait correspondre à un stade antérieur à la conjonction
comme la demi-lune- 90° plus tôt- tout comme l’équinoxe de printemps est à 90°
du solstice d’Eté. Or, le parallèle ne semble pas avoir été respecté.  Il importe au demeurant de revenir sur le
rapport que nous avons établi entre équinoxe de printemps étape vers le
solstice d’Eté  et  carré appliquant à la conjonction.

On
pourrait certes être tenté d’associer équinoxe et conjonction puisque c’est un
temps d’équilibre entre le jour et la
nuit, l’arc diurne et l’arc nocturne/ Mais si certains astrologues
pensent le « cycle planétaire » (selon une formule quelque peu
abusive des frères Barbault) comme la rencontre entre deux planètes sur une sorte
de pied d’égalité, nous préférons le définir comme la rencontre entre une
planéte et une étoile fixe (royale) et surtout comme le moment où la planéte va
rejoindre l’étoile comme l’alpiniste parvenir au sommet d’une montagne.(tel
Sisyphe) et la notion de « pic » évoque irrésistiblement le solstice
et notamment le signe saturnien du Capricorne et le Milieu du Ciel (maison
X).  Ce qui précède la conjonction  est
l’ascension. (Sur ce mot  cf.
Clefs pour l’Astrologie, Ed. Seghers 1976) Le solstice est suivi d’une descente
alors que l’équinoxe entraine une montée. On peut donc dire que le bélier
incarne non pas la conjonction mais bien le commencement, l’antichambre d’une
progression qui suivra son course (cf. l’anglais « ‘of course » pour
dire « naturellement », « cela va de soi », c’est  à dire cela suit son cours). Ce bélier qui on
l’a dit inaugure, ouvre le Zodiaque. (Le mois d’avril est celui de l’ouverture,
l’apéritif, même racine. En anglais « April » est plus proche de  l’italien « aprire »’ ou de l’espagnol
« abrir ») que notre « avril ».

C’est
probablement par erreur que le début du mois est lié à la nouvelle Lune,
notamment chez les sémites. La Pâque (Pessah) est un commencement, le début
d’un long cheminement dont le couronnement conjonction el sera l’entrée en
Terre Promise (Alya; montée vers Israël dans la terminologie sioniste
actuelle).

Mais pourquoi dans ce cas commence –t-on
l’année en janvier, quasiment au solstice d’hiver ? On sait qu’il y a eu
débat à la Renaissance sur le moment du changement de millésime. (À Noël
(naissance de Jésus) ou à Pâques ?)

Si l’on
s’en tient aux trois signes de feu en trigone, on pourrait dire que le bélier
(vernal) est  le symbole de l’ascension
(se confondant avec un autre animal à cornes, le bouc, le chamois), tandis que
le lion (estival) est  conjonctionnel, il
«  trône »/ Quant au sagittaire, troisième signe de feu, à l’automne,
il représenterait  la phase descendante
mais aucun signe de feu n’est associé avec l’Hiver.

Il est
donc bien regrettable que la conjonction ait fini par désigner, en  astrologie, le début de quelque chose alors
qu’elle  en est le couronnement, la
réalisation de ce qui avait été ébauché, esquissé. Il importe donc de repenser
toute la théorie du cycle astrologique sous cet angle.  Tout est décalé de 90°/

Le
début de l’année devrait donc être équinoxial comme cela est attesté dans le
Zodiaque. La conception précède la naissance.

Ce
débat devrait avoir autant d’incidence que n’en eut, il y a une trentaine d’années,
celui sur le sidéralisme qui ne fit guère avancer d’ailleurs la cause des
étoiles fixes.(cf. J. Dorsan et d’autres)

On
commet une grave erreur anthropologique en faisant de l’union un début   alors qu’elle est un but à atteindre.

On
objectera cependant que la conjonction
soli-lunaire est marquée par ce « croissant », n’est-ce pas au
contraire la preuve qu’elle incarne le commencement des choses ? C’est à
la pleine lune que les choses se défont. La pleine lune n’incarne-t-elle pas la
« conjonction » alors qu’elle est
une opposition. ? Il y aurait bien là comme une sorte de hiatus
symbolique. Mais quelque part, la nouvelle lune est aussi un aboutissement  car celui-ci est double, les deux extrêmes se
rejoignant et de la pleine lune à la nouvelle lune, il y a aussi une
progression selon que l’on se place du côté du jour ou de la nuit. Autrement
dit, la conjonction et l’opposition incarnent deux absolus, le Bien (Pleine
Lune) et le Mal (Nouvelle Lune), les forces de lumière et celles de ténèbres.
On a en fait affaire à deux symboliques parallèles. Ce qui succède à la
nouvelle lune, c’est le déclin des valeurs nocturnes comme ce qui succède à la
pleine lune est celui des valeurs diurnes. En aucun cas l’axe nouvelle lune –pleine
lune ne saurait être celui  des
commencements. C’est le carré intermédiaire qui a cette fonction, tant quand il
applique que lorsqu’il se sépare, ou dans le
cas d’un découpage ternaire le trigone, le ternaire consistant  à intégrer en un même point les deux
extrémes, ce qui fait passer du quatre au trois.

 

 

 

 

 

 

JHB

24.09.
13

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