La mauvaise gestion de la prévision pour 1989

Posté par nofim le 25 septembre 2013

 

 

Inanité de la prévision à long terme en astrologie comme ailleurs

Par  Jacques Halbronn

 

Que peut-on prévoir à l’avance en astrologie et avec quelle précision ou si l’on préfère une prévision trop précise relève-t-elle encore de l’astrologie ? On connait ces « magiciens » qui écrivaient dix réponses différentes à l’avance qu’ils plaçaient dans des lieux différents et  qui, une fois l’événement arrivé, se dirigeaient vers la bonne réponse. Méfions-nous donc de ces astrologues qui accumulent, au cours de leur carrière, toutes sortes de pronostics contradictoires et qui, le moment venu, signalent le «bon » pronostic.

Même les scientifiques, de nos jours, reconnaissent qu’il leur est impossible de savoir parfaitement à l’avance ce qui va se passer, même dans le domaine de la physique, en raison des aléas qui peuvent   interférer.

Nous dirons donc qu’une prévision astrologique de qualité est celle qui sera suffisamment générale pour ne pas être à la merci des hasards et suffisamment précise dans sa formulation pour être identifiable et reconnaissable le moment venu  Un équilibre délicat à trouver.

Si l’on considère le propos d’André Barbault pour 1989, formulé en 1952 ou 53, concernant un tournant pour l’URSS, était-ce un pronostic raisonnable, 36 ans à l’avance ? Nous nous permettrons d’en douter. Si tournant il pouvait y avoir dans les 40 ans qui suivirent la mort de Staline en  53, celui-ci n’avait aucune raison de se produire spécialement en 89. D’autres échéances auraient tout à fait pu se présenter plus tôt entrée 1956 (Budapest) et 1962 (Cuba) ou 1968 ‘(Prague) avec des configurations célestes tout aussi propices (notamment du point de vue de l’astrocyclologie).

Entendons par là que ce n’est par l’astrologie que l’on pouvait isoler une opportunité parmi d’autres comparables. Pour que 1989 soit 1989 il aura fallu le » right man in the right place » ou «  the wrong man in the wrong place » selon le point de vue que l’on adopte, c’et à dire que l’on s’en félicite ou au contraire que l’on le déplore. Où se situe justement l’astrologie face  à ces deux options : le maintien d’un empire ou son écroulement ?  A priori, nous dirons que l’astrologie a plus de raison de vouloir, de souhaiter le maintien d’un ensemble aussi vaste que possible que son démantèlement lequel survient au moment  où le ciel est illisible, c’est  à dire déstructuré. Si les astrologues sont les gardiens de l’ordre cosmique, ils sont favorables à ce que sur terre règne une certaine unité dont la conjonction astrale est garante. Toute perte d’unité est perçue comme un coup porté à l’Astrologie.  Certes, on nous dira que l’important pour l’astrologie est de voir « juste ». C’est là une vision dépassée et qui tenait au fait que l’Astrologie avait oublié ou trahi sa mission

Le problème, c’est qu’avec la meilleure volonté du monde, on peine à déterminer en quoi consistait la prévision de Barbault. Annonçait-il un renforcement du bloc communiste ou son affaiblissement. ? Lui-même ne devait pas en avoir la moindre idée, si ce n’est que dans les dix  années qui suivirent,  Barbault était persuadé que la puissance soviétique égalerait la puissance américaine. De là à supposer que Barbault annonçait l’écroulement de l’URSS pour 1989, cela parait hautement improbable d’autant que Barbault était persuadé que le temps jouait en faveur des Russes.

Avec le recul, une prévision qui ne situe pas le type de problématique qui se présente à telle datée, est par trop ambivalente et floue. Pis encore,  que penser de ceux qui affirment que Barbault avait prévu exactement ce qui s’est passé, 36 ans à l’avance  alors même que tant de facteurs non astrologiques étaient susceptibles d’intervenir, entre temps, dans un sens ou dans un autre ?. Et puis si l’on replace dans le contexte de la fin des années 70 qui annonçaient une troisième guerre mondiale pour le début de la décennie suivante,  on peut gager que le pronostic de Barbault semblait  dépassé. Ce n’est que le fiasco prévisionnel du début des années 80 qui aura redonné, par contraste – au royaume des aveugles les borgnes sont rois- quelque couleur à la prévision pour 1989, remisée dans un tiroir pendant 20 ans. Il importe donc  de préciser pour toute prévision qu’elle dépend des hommes  en présence pour déterminer son impact (intensité et portée géopolitique). Ce qui aurait été bien, cela aurait été de deviner comment Gorbatchev se comporterait  à un moment critique d’un point de vue unitaire (cf. nos précédents textes), sans que l’on ait d’ailleurs pour autant à dresser son thème- non pas d’ailleurs en raison d’une conjonction mais d’une absence de conjonction (entre Saturne et une des 4 étoiles fixes royales) car contrairement à ce que profère l’indice de concentration planétaire, le danger ne vient pas de la conjonction mais de la disjonction. Mais on rappellera que Barbault avait inversé l’ordre des choses et que sa courbe remontait relativement après le passage dramatique annoncé pour 1982-84.Dire que quelque chose de grave va se passer, c’est un peu léger  si l’on ne prend pas la peine ou si l’on n’est pas capable de préciser dans quel sens, de quel point de vue! On notera qu’entre 1953 et 1989 le discours astrologique ne s’était pas vraiment amélioré. Même  les notions de courbe montante et descendante n’étaient pas assez  clairement définies dialectiquement, c’est-à-dire alternativement. La seule chose que  nous annonçait Barbault, c’est  si cela allait bien ou mal se passer, ce qui au demeurant échappe au seul usage de l’astrologie, laquelle ne saurait garantir les résultats mais seulement les enjeux et les motivations…Au lieu de faire l’effort de décrire deux problématiques inverses, on en était resté aux périodes calmes, de détente ou au contraire  agitées, mouvementées. La prévision dans sa formulation semble avoir piétiné durant ces décennies. Or, l’astrologie est plus dans le comment que dans le quoi.

Disons les choses nettement : l’astrologie est la gardienne de l’unité, elle est du côté des empires et non du côté de ceux qui veulent les éparpiller. La prévision astrologique peut donc aller dans deux directions : soit elle annonce un renforcement des liens, des alliances, soit elle annonce  des ruptures, des séparations, du morcellement, ce qui change d’un certain manichéisme  à coup de bons et de mauvais aspects. Le vrai mauvais aspect, c’est l’éloignement (par l’astre le plus rapide), la séparation de la conjonction  tandis que le bon aspect, c’est le rapprochement  de l’astre le plus rapide  par rapport à la conjonction (application) C’est à l’astrologue de tirer la sonnette d’alarme quand les empires sont menacés de façon à éviter leur dislocation.  Maintenant, si un astrologue est favorable aux mouvements d’indépendance, il risque fort  de tenter de placer l’astéroïde de leur côté et de mettre les « conjonctions » à leur service. Orque s’est-il passé en 1989, Barbaut veut expliquer ce qui s’est passé avec la conjonction Saturne- Neptune alors que celle-ci aurait tenir en échec tout processus de démantèlement. ..Lui  qui pariait tout ce qu’il avait au début des années 60 sur la puissance du « bloc » soviétique, allait  entériner sa dislocation au nom d’une prévision conjonctionnelle décalée et inappropriée ! Apparemment, personne n’a signalé depuis plus de vingt ans cette incongruité au regard des explications après coup, ce qui trahit l’inconsistance des principes astrologiques actuellement  suivis avec tant de désinvolture. 1989 sera rappelé comme la meilleure prévision du siècle  avant terme  et la   pire explication a posteriori d’un événement. Succès donc mitigé et ambivalent, pour le moins. Posons donc la question de confiance aux astrologues : est-ce qu’une conjonction peut rendre compte d’un événement aussi « disjonctionnel » que 1989 ? N’eut-il pas mieux valu expliquer l’événement s autrement. Mais il fallait bien valider la prévision historique, hagiographique de Barbault – sa légende dorée-, quitte à bafouer toute logique systémique en se contentant d’un « il l’avait prédit » qui ravale l’astrologue au niveau d’un voyant, ce que Barbault avait toujours honni.

 

 

 

 

 

JHB

24.09. 13

Laisser un commentaire

 

Hertiuatipo |
L'actualité du droit d... |
Beats Pas Cher |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Lixueosche
| Kenpkcv
| Luivaterfoxs