l’astrologie et le manque de fluidité

Posté par nofim le 27 septembre 2013

 

L’astrologie en manque de fluidité : du cycle au thème.

Par  Jacques  Halbronn

 

 

Les astrologues n’ont pas encore compris  à quel point   faire des thèmes nuisait  gravement à la santé intellectuelle de l’astrologie et générait  de la discontinuité de façon chronique.

En effet, la notion de cycle exige de la fluidité et est  incompatible avec la pratique du « thème », sous toutes ses formes. Un exemple remarquable et en quelque sorte d’actualité est celui des 4 ingrés qui sont dressés annuellement lors du « passage » apparent du soleil sur les deux axes à double entrée des équinoxes et des solstices et que l’on appelle des « ingrés ». Récemment, Christian Moysan nous a fourni (sur Aldébaran) une illustration d’un tel usage. La discontinuité est patente en ce que l’on assiste à un compartimentage de l’année en 4. Mais celui-ci n’a rien de commun avec la division d’un cycle en 4 temps en ce qu’au lieu de suivre un astre par rapport à un repéré  relativement fixe, l’on fait apparaitre 4 thèmes qui considèrent, chacun, la totalité du ciel et non  le suivi d’un cycle spécifique. On est vraiment dans une astrologie d’un tout autre genre, qui au mieux est une astrologie d’appoint en ce qui concerne la mode des thèmes, comme si l’on voulait faire un sondage ponctuel. En aucun cas, donc, cette façon de faire ne peut  être admise sans se référer explicitement  à une structure cyclique bien précise et qui ne saurait en principe impliquer plus de deux astres, ce qui n’est nullement le cas du thème qui est pluri-cyclique et donc en fait plus cyclique du tout, l’abondance de cycles tuant le cycle. Le thème serait hyper-cyclique,- une hypertrophie cyclique – d’où une lisibilité et une fluidité  des plus problématiques…..

L’astrologie  aurait donc selon non un très grave problème de fluidité, tant au niveau de la fluidité des symboles les uns par rapport aux autres qu’au niveau de la fluidité des configurations astrologiques se succédant. Et le thème porte les stigmates de cette double carence fluidique, tant structurelle qu’opérationnelle, ce qui n’arrange rien.

Il est clair que l’on ne saurait réaliser un  quelconque travail prévisionnel sérieux  quand on est dans un tel manque de fluidité et de continuité en ce qui concerne les outils et les techniques astrologiques. Quand on pense que l’enseignement astrologique, sous sa forme actuelle, n’existe que grâce ou à cause d’un tel double déficit, on  est en droit de s’alarmer. Tout se passe comme si l’astrologue actuel avait la  charge d’une astrologie malade, constipée, sclérosée mais qu’au lieu d’en rechercher les causes, il s’arrangeait avec les symptômes, faisant de nécessité vertu.

En réalité, cette pratique du thème est la conséquence d’une crise de la cyclicité astrologique et il s’agit là d’un expédient, d’un cache-misère. Faute de suivre un cycle dans son parcours astronomique, on se contente de « servir » une carte du ciel véritable salade niçoise, fourre-tout, tout comme l’on donnerait à manger  une soupe à la place, mixture mitonnée  faite de n’importe quoi, en lieu et place d’un steak passé simplement sur le gril. De la malbouffe astrologique, de l’astrologie hamburger qui n’a d’unité que le nom. Paradoxalement, le « thème » en musique c’est justement un cycle bien défini, relativement simple pouvant faire l’objet de variations (cf. chez Brahms par exemple sur un thème de Haydn) reconnaissable et non une rhapsodie. On ignore d’ailleurs pour quelle raison on désigne en français la carte du ciel sous le nom de « thème », alors qu’en anglais on dit « chart ». On désignait autrefois, au XVIIe siècle, la carte sous le nom de « figure », de « nativité » ou encore sous celui d’horoscope  (du fait  des maisons astrologiques).

Les inconvénients d’une telle  discontinuité qui se retrouve dans la pratique des révolutions solaires, des lunaisons, des ingrés, voire –comme dans les almanachs du XVIe siècle- de semaine en semaine soli-lunaire (-nouvelle lune, pleine lune etc.) c’est que l’on enferme l’astrologie dans le cadre d’un calendrier annuel hybride (soli-lunaire, saisonnier). Faute de disposer d’un axe cyclique bien défini, l’on effectue une sorte de cocktail (queue de coq), de patchwork dont le décryptage est le fonds de commerce des cours d’astrologie.  C’est un peu le pompier pyromane : on alourdit démesurément et outrageusement  l’astrologie pour ensuite voler à son secours. Le problème, c’est que ce que ‘l’on nous présente sous ce nom d’astrologie est  déjà un corpus boursouflé qui ne sautait faire référence. Evitons les cercles vicieux !

Certes, il existe un enseignement sur les cycles et notamment sur ceux des planètes lentes.  Mais l’on tombe alors de Charybde en Scylla avec des fluidités se perpétuant sur des décennies voire des siècles, d’où le fossé considérable entre astrologie individuelle et astrologie mondiale et qui conduit ainsi Moysan à basculer de réflexions sur les grands cycles à l’étude des ingrés saisonniers  où il se sent à l’évidence plus à l »aise puisqu’il ne s’agit plus d’analyser des thèmes, ce qui est au cœur de son savoir-faire! Dans un cas(les combinatoires transsaturniennes), l’on risque de conférer à tel événement une importance totalement exagérée et disproportionnée  et dans l’autre (les thèmes successifs) de présenter comme une affaire ponctuelle ce qui en réalité doit  impérativement s’inscrire dans une bien plus longue durée !  Il manque, en vérité, le cycle de 7 ans qui n’est ni trop court ni trop long et qui s’articule sur le mouvement de Saturne dans son rapport avec 4 étoiles fixes royales, cycle qui comporte sa propre dynamique intérieure en ce qu’il comporte inévitablement  un temps de culmination (conjonction de deux astres) et d’anti-(culmination (opposition des mêmes deux astres). Le problème, c’est que pour se servir d’un tel cycle de 7 ans, il faut avoir un minimum de sens de l’abstraction, de l’analogie pour ne pas se perdre dans les détails et  ne garder que le fil directeur (on allait dire le « thème »), en fait le fil d’Ariane permettant d ne  pas se perdre dans le labyrinthe des apparences (de la  Maya). Il faut aussi pour utilise intelligemment ce cycle  respecter un principe de fluidité, de continuité et ne pas  découper le cycle en compartiments étanches, en tiroirs. Or, malheureusement, la formation de l’astrologue met abusivement l’accent sur les différences entre un signe et le suivant par exemple avec l’obsession de déterminer notamment  sous quel signe on est né. Nous nous souvenons de nos débuts en astrologie (notamment sur le campus de l’Université Hébraïque de Jérusalem, en 68-69) où nous nous ingénions à trouver des critères pour déterminer l’ascendant (tributaire d’une heure de naissance souvent mal connue). On renverra dans le genre à l’ouvrage typique de Robert Dax (Psychologie Zodiacale, Ed Arista).  L’accent mis sur les signes du zodiaque aura fait beaucoup de mal à l’astrologie e soulignant à l’excès les traits distinctifs de chaque signe. Ce qui  pouvait faire sens dans une approche tempéramentale allait avoir des effets très négatifs au regard de la prévision astrologique, d’où un clivage également majeur entre astropsychologie et astrologie prévisionnelle).Pour pratiquer correctement la cyclologie astrologique, il faut considérablement relativiser toute distinction entre les secteurs en ne gardant à l’esprit que le point conjonctionnel dont on se rapproche ou s’éloigne peu ou prou. Tout cloisonnement du cycle se révélé contre-productif. On doit se limiter  à fixer des tendances. Rappelons que l’on se place au sein d’un cycle de 7 ans, qui se divise en 3 fois 28 mois (ce qui donne 12 secteurs pour un cycle sidéral complet de Saturne en 28 ans) L’important c’est de savoir si l’on est en début de cycle ou en fin de cycle. C’est peu de chose, certes, mais  les astrologues avec tout leur attirail sont  bien incapables de répondre simplement à un tel questionnement et pour ne pas perdre la face  se lancent dans des rodomontades prétendant donner un luxe de détails pour chaque cas particulier faute de  délivrer une vision d’ensemble qui soit fiable.  Or, il ne saurait y avoir de cyclicité que si l’on décante les faits, les réduit à des équations  et c’est précisément un tel échec à capter les récurrences qui conduit Moysan à se réfugier dans ses ingrés à la petite semaine qui ont certes une valeur explicative mais sont dépourvus de tout vrai potentiel prévisionnel. En effet, un des travers de l’enseignement astrologique est d’habitue les élevés à « coller » avec ce que l’on sait déjà de quelqu’un ou d’un évènement et à chercher de retrouver ce que l’on sait dans  le thème alors qu’il peut s’agit de données contingentes et extérieures à l’astrologie proprement dite, comme cette mort de Staline en 53 que Barbault associe au cycle Saturne-Neptune alors que la mort  est par excellence une donnée étrangère à une pratique raisonnable de l’astrologie quand bien même ses conséquences seraient considérables. L’astrologie doit apprendre à cohabiter avec d’autres paramètres qui viennent interférer avec son créneau et ne pas chercher à les recouper  mais à les considérer comme complémentaires. Mais pour cela, encore faudrait-il que l’astrologie eût une colonne vertébrale ce que seul le cycle de 7 ans peut  restaurer….  :

 

 

JHB

27. 09. 13

 

 

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