On ne peut pâs faire de la bonne astrologie, notamment au niveau mondial – et nous sommes tous concernés par des causes qui nous dépassent individuellement (cf. Ptolémée Prologue du Livre III de la Tétrabible)- si l’on n’a pas élaboré une réflexion sociologique approfondie. Toute approche superficielle des enjeux de société ne peut que plomber le discours prévisionnel de l’astrologue du collectif. Or, on ne peut que constater la pauvreté d’analyse qui sévit chez les astrologues. S’il est excusable de ne pas pouvoir expliciter le processus exact qui relie les hommes aux astres – et cela tient notamment à un certain retard de la recherche scientifique au niveau écologique, c’est-à-dire à celui des rapports des sociétés avec un environnement lointain, inaccessible matériellement- on pourrait parler d’une « télé-écologie »-en revanche cela ne l’est pas de ne pas, au moins, constituer un discours de qualité quant au fonctionnement des sociétés, ce qui éviterait de s’en tenir à une discours manichéen (bien-mal, favorable-défavorable) qui est le pain quotidien de l’astrologue ordinaire.
Tout comme nous sommes revenus récemment sur Darwin ignorant la « télé-écologie » dans son modèle évolutionniste, il nous parait intéressant d’aborder la démarche de Marx. On notera que ces deux auteurs du XIXe siècle s’inscrivent dans une réflexion sur le Temps, l’Histoire, le Progrès et donc, quelque part, revêtent, assument, une certaine dimension prophétique.
Marx est le co-auteur (-avec Engels) du Manifeste du Parti Communiste – que d’aucuns associent à la découverte de Neptune en 1846, ce qui n’est nullement notre cas mais il est vrai que cet ouvrage est majeur.
On retiendra cette notion de « parti » qui n’est pas sans faire songer à celle d’ »Eglise » dans la problématique chrétienne et surtout depuis le XVe siècle catholique, avec l’élection pontificale. Le terme qui englobe ces deux entités est, selon nous, celui d’organisation. Or, il n’y a organisation que lorsqu’il y a risque de désordre, comme il n’y a de contenant que lorsque le contenu est disparate et n’est pas vraiment d’un seul tenant. (Même racine que contenu, de « tenir », maintenir, soutenir, retenir etc.)
Selon nous, la lutte des classes opposerait ce qui n’est pas organisé-et n’a pas besoin de l’être- à ce qui l’est et a besoin de l’être pour exister Cela rejoint ce que nous avons formulé en astrocyclogie autour des deux temps d’un cycle. Un temps fort (A) et un temps faible (B), ce qui correspond peu ou prou au jour et à la nuit, qui est d’abord un manque de lumière, qui ne fait sens que du fait d’une carence, d’une éclipse d’énergie.
L’Humanité A n’a pas besoin d’organisation « externe » car elle est déjà « organisée » de façon que l’on peut qualifier d’innée (par opposition à acquise), cela renvoie au débat autour de l’idée de « race », de « nation », par opposition à celle d’Etat qui peut recouvrir et « contenir » une réalité complexe, contrastée, hybride faite d’apports multiples (emprunts, migrations etc.)..Ce que l’on appelle organisation, cela peut désigner un échafaudage qui maintient le tout ensemble en dépit des dissemblances précisément. On pense à un orchestre qui est en effet une « organisation », un « organisme » externe face à un organisme interne (comme le corps). L’externe emprunte sa terminologie à l’interne comme pour le mot « corps », être incorporé au sein d’une structure.
L’exemple de l’orchestre nous inspire – probablement parce que nous composons-(cf. le blog Musi provision sous « JHB »)- et l’on note qu’il a besoin d’une partition et d’une discipline collective pour pouvoir afficher une certaine façade unitaire, où il agirait « comme un seul homme », ce qui est tout dire. L’Union fait la force. De nombreuses œuvres pour piano sont ainsi par la suite orchestrées (ainsi les Tableaux d’une Exposition de Moussorgski par Maurice Ravel)
. Autrement dit, l’organisation devient un impératif en phase B, elle permet de sauver la mes/face en période de faiblesse de la phase A du cycle (avant et après la conjonction), c’est un peu le nadir, le « fond du ciel », le « minuit », le quatrième au bridge (le « mort »), alors que le lever (orient), la culmination (zénith, midi, Milieu du Ciel) et le coucher (occident) sont visibles./
Il faut donc s’attendre à ce que ce qui est « organisé » joue un rôle central au « nadir » et soit en crise au « zénith », c’est-à-dire à la « conjonction » (saturne- étoile fixe royale en astrocyclologie). Les spécialistes en sociologie politique (comme Maurice Duverger dont nous avons suivi l’enseignement à Assas, dans les années soixante) s’accordent à dire que les forces de gauche sont plus « organisées » que celles de droite en tant que partis, celles de droite étant plus des alliances de notables. On pourrait probablement en dire autant des syndicats.
La lutte des classes, au regard de l’astrocyclologie, serait déterminée par une certaine cyclicité qui est clairement définie par cette discipline. (cf. supra). La notion d’alternance est ici tout à fait centrale, comme on s’en doute. Le problème, c’est que le calendrier électoral vient interférer avec l’astrocyclologie et il serait bon que les deux paramètres fussent ajustés à l’avenir. Mais quand il y a élection, on peut se faire une certaine idée du résultat. En revanche, c’est la continuation du mandat qui fait problème quand le contexte de l’élection est décalé par rapport au cours de la mandature, notamment sous la Ve République qui tend à verrouiller et à rigidifier les mécanismes pour 5 ans, la formule du quinquennat aggravant encore les choses et empêchant en pratique la « cohabitation ».
On dira que la phase B donne une prime aux partis les plus organisés (les « godillots ») qui appliquent une discipline stricte et automatique (inconditionnelle) de vote alors que la phase A est plus un engouement pour une personnalité qui « rallie » les suffrages, qui «ratisse » large par-dessus la tête des corps constitués, notamment en cas de scrutin à la proportionnelle, peu prisé sous la Ve République encore que ce scrutin, en pratique, renforce l’emprise du parti sur ses députés. Ajoutons la pratique des primaires qui fait prévaloir le poids du parti et évite les outsiders.
Le cas de 1968 est intéressant en ce qu’il n’est pas directement lié à une échéance électorale( laquelle ne surviendra que par la dissolution avant terme de l’Assemblée Nationale, comme 29 ans plus tard en 1997, soit un cycle sidéral de Saturne) et il est à rapprocher de 1981 qui voit l’alternance longtemps attendue se produire alors que Saturne traverse une phase intermédiaire de type B, en balance ( en 68, il était en bélier).. Ce sont indiscutablement des phases de crise pour la Droite, comme d’ailleurs en 2012. (Saturne en balance). Globalement, on peut dire que le passage de Saturne en signe cardinal (du fait de la précession des équinoxes) est de tonalité B, mais sans introduit le moindre couperet lors du passage d’un signe à l’autre. En signe fixe, on doit s’attendre, en revanche, à une remontrée graduelle de la dynamique A par anticipation de la conjonction Saturne-(fixes royales, en début de signe mutable. La situation actuelle de Saturne au début du scorpion augure en effet d’une remontée de la dynamique A, comme on peut le voir avec un certain «retour » de Nicolas Sarkozy. Mais il ne faut pas oublier que les gens changent aussi, du moins jusqu’à un certain point du fait même du cycle et peuvent révéler d’autres facettes de leur comportement, sans pouvoir toutefois échapper au socle, au « programme », qui les a portés au pouvoir et qui a mobilisé un certain électorat.
Il faut comprendre que dans la dynamique B, l’individu importe moins que le « membre », parce qu’il fait nombre par accumulation. De même le « programme » (en tant de points) avec ce que cela implique de répétitions machinales des mêmes slogans est plus important que la parole personnelle. Mais comme on l’a dit, il ne peut s’agit ici que d’une phase de transition, où c’est le cadre,, l’encadrement, la « fonction » attribuée qui compte, au sein de quelque organigramme, comme on peut le voir dans l’assignation des ministères, chaque ministre ayant sa feuille de route et devant respecter une stricte discipline de parole. Parfois cela paie, parfois pas. Il y a une logique malthusienne à exploiter au mieux ce que l’on a mais cela a ses limites et ne fait pas trop bouger les lignes. Il y a le poids des états-majors dans les dynamiques de type B et plus de liberté à la base pour le type A….
La phase B c’est un peu la grenouille qui veut se faire aussi grosse que le bœuf (La Fontaine) et qui s’enfle artificiellement au risque d’éclater. (cf. la question de l’endettement). C’est le mythe d’Icare qui fait semblant d’être un oiseau. On y recourt à des expédients. Même les élections ne sont-elles pas un expédient pour fabriquer un « leader » qui ne s’impose pas de lui-même avec évidence. Mais en phase B, le leader lui-même n’est pas au mieux de sa forme. Il faut donc recourir à un « système » qui va accoucher d’on ne sait trop quoi et qui va exercer ses contraintes bien au-delà de la date de l’élection, ce qui comporte des aspects et des effets pervers.
Les femmes sont favorisées par la phase B qui est plus marquée par l’écrit, la symétrie, le cadre et tend à relativiser le poids des différences. Elles bénéficient de la discrimination positive, des exigences de parité, de non cumul des mandats. On est dans un monde un peu gris où l’appareil, dans tous les sens du terme (politique et technique) pèse plus lourd que les vertus propres….
On soulignera le fait que l’apport essentiel de l’astrocyclologie est de permettre de suivre, de prévoir, d’anticiper sur l’évolution d’une situation à partir d’un point donné. Dans quel «sens » les choses vont-t-elles aller ? L’orientation compte plus à la limite que la signification, pour jouer sur le mot « sens ».
Où en est-on en un instant T : d’où vient-on et où* va-t-on ? Est-on à l’approche de la conjonction Saturne-quatre étoiles ou bien s’en éloigne-t-on peu à peu ? Quitte-t-on une phase B ou bien glisse-t-on irrésistiblement, à nouveau, vers elle ?
Rappelons aussi l’importance cruciale du cycle de 7 ans ! On peut dire grosso modo qu’une situation tend à se reproduire à 7 ans d’intervalles (et selon tous les multiples de 7), ce qui fait que l’on peut travailler cycliquement sans avoir les yeux rivés sur les éphémérides. Si à tel moment on est en phase A, cela s’est déjà peu ou prou produit sept ans plus tôt et se reproduira sept ans plus tard. Chacun peut ainsi « valider » le modèle sans passer par un astrologue, à condition bien entendu d’être assez intelligent pour capter les analogies par-delà les contingences qui peuvent masquer les choses et dont d’ailleurs l’astrocyclologie ne saurait être comptable. Les astrologues parlent beaucoup de synchronicité et d’analogie mais de façon biaisée car il s’agit avant tout d’observer autour de soi et non dans le ciel. La synchronicité, pour l’astrocyclologie, c’est le fait que nous passons en même temps, au même moment, par les mêmes phases, directement ou indirectement. L’analogie, c’est le fait que ce que nous vivons à différents de notre vie se recoupe, se rejoint, se ressemble. Celui qui voit des différences partout et ne voit pas le « rapport » entre les choses – dès lors que ce n’est pas strictement identique – n’est certainement pas doué pour contribuer positivement à l’aventure de la recherche astrologique. Heureusement pour lui, il pourra se consoler en s’initiant à une astrologie du thème natal qui s’apparente à une forme de généthliomancie, de divination par l’établissement de la carte du ciel de naissance, laquelle sert toute la vie et est actualisée à chaque consultation, ce qui relève de la pure fiction (cf. notre entretien sur teléprovidence avec Lovely Nuevo). On sait en effet – et c’est là un non-dit (au sens de l’ethnométhodologie) que le thème bien qu’il soit dressé pou la naissance vaut en réalité pour le temps de l’entretien avec l’astrologue, ce qui évite de pénibles calculs. L’astrologie, du fait même qu’elle dépend en principe de la réalité astronomique en cours, est contrainte de poser comme postulat que le thème natal fera toujours l’affaire et qu’il se suffit à lui-même, même si, pour la forme, on prend parfois la peine de tenir compte des astralités du moment de la consultation, mais c’est facultatif dans la pratique ordinaire.(cf les conférences de Didier Geslain, sur teleprovidence, autour de chanteurs du passé). On voit que même l’astrocyclologie connait une variante de type B (« un plan B ») quand on ne peut regarder le monde avec lucidité et qu’il faut se contenter de l’imaginer en conférant à un « mandala » labyrinthique une portée universelle, que seuls des astrologues patentés peuvent faire laborieusement marcher, vu sa médiocre ergonomie.
On aura compris que l’astrocyclologie fait appel à des informations extra-astrologiques et qu’il est vain de chercher en scrutant les thèmes, comme le sexe, la race, la religion, la culture qui sont autant de de données avec lesquelles beaucoup de gens sont mal à l’aise et qui se heurtent à des tabous.
JHB
11 09 13