L’astrologie au delà des spécificités contextuelles

Posté par nofim le 11 octobre 2013

 

Contre une astrologie en habit d’arlequin

Par  Jacques Halbronn

 

Nous recevons un texte sur le groupe Aldébaran que nous avons ouvert sur Face Book, de la part de Christian Moysan en faveur des ingrés. Ce texte se conclut ainsi :

« Il est vrai qu’à la lumière de l’astrocyclologie qui se bornerait à indiquer que 1939 est situé en « phase A », la Seconde Guerre mondiale reste bien obscure, mais éclairée par la « vieille lune désuète » de l’Ingrès Solaire de Printemps, elle est montrée dans sa réalité et son irréductible spécificité d’une façon qui nous semble lumineuse »

Faut-il rappeler à M. Moysan qu’entre le début de la phase A et la fin de la phase A, l’on passe par diverses étapes intermédiaires ? Il est vrai que l’utilisateur de l’astrocyclologie est plus laissé à lui-même, à tout point de vue que celui qui recourt aux services de l’astrologie classique. Cela tient moins au ventre et l’on peut en effet préférer le cassoulet toulousain à une entrecôte grillée. C’est une question de culture, dans tous les sens du terme. On préféré se bourrer de fayots et de saucisses au contenu incertain que de se payer de la vraie viande. Donc, M. Moysan s’imagine que l’on est frustré si l’on ne peut plus jongler avec les symboliques planétaires ou/et zodiacales dont la plupart des réformateurs de l’astrologie de Kepler à Barbault ont voulu nous  débarrasser.

En astrocyclologie, les 56 mois de la phase conjonctionnelle ne constituent nullement un ensemble immuable et statique. Nous considérons, à tort ou à raison, que les gens sont assez intelligents pour se satisfaire d’un baromètre gradué ou même d’un réveil  qui ne soit pas décoré avec des personnages de Walt Disney pour enfants de 7 ans. Nous nous adressons à des adultes qui comprennent qu’il y a une phase ascensionnelle et une phase de repli et qu’entre les deux il y a une phase de disruption qui est elle-même progressive et graduée avec un début et une fin qui correspondent à des situations diverses. L’astrocyclologie prône une économie de moyens, ce qui leur permet d’offrir des outils infiniment plus ergonomiques que ceux de l’astrologie traditionnelle.

Le seul argument qu’apporte en fait Moysan, c’est que « son » astrologie, celle qu’il s’est approprié, permet d’appréhender les choses dans leur radicale spécificité. Mais est-ce bien là le rôle imparti à l’astrologie que de procéder ainsi, est-ce vraiment ce que l’on est en droit d’attendre d’elle ? il n’y a de science que du général et pour nous l’astrologie par sa faculté de rassembler les données les plus diverses en apparences correspondent à notre idée de la Science.

M.Moysan s’en prend ainsi, une fois de plus, à l’astrocyclologie :
« Tout système, astrologique ou autre, doit rendre compte de la réalité, sans quoi il n’est qu’une vue de l’esprit, stérile et sans aucune pertinence. On observera que l’astrocyclologie, déjà impropre à cerner les faits dans leur spécificité, se disqualifie encore davantage lorsqu’elle se refuse à les éclairer, ainsi que le décrète son inventeur : « l’astrologie n’a pas vocation à expliquer les Guerres Mondiales qui sont des phénomènes tout à fait extraordinaires de par leur ampleur. »

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En effet, nous persistons et nous signons : l’ampleur des événements correspondant aux deux guerres mondiales était astrologiquement imprévisible et la preuve en est que des configurations du même ordre n’ont pas nécessairement donné les mêmes résultats, sinon on aurait des guerres mondiales tous les sept ans depuis des millénaires ! Un peu de sérieux et de bon sens, de grâce !

Le problème de M. Moysan, c’est qu’en fait il ne connait absolument pas quelles sont les limites de l’astrologie et ce sont les évènements qui se produisent qui l’en informent. C’est comme quelqu’un qui ne se connaitrait que par les réactions qu’il provoque, ce qui fait que l’idée qu’il se ferait de lui-même varierait d’une situation à une autre. Merci bien !

Même Barbault, avec son indice de concentration planétaire que l’on peut calculer sur des siècles, n’a jamais prétendu que des configurations semblables à celles du XXe siècle devaient donner des effets de la même amplitude. Ne serait-ce que parce qu’avec les développements techniques, les choses n’ont pas le même impact. Cette vision héroïque et romantique de l’astrologie que défend Moysan est en effet totalement désuète tout comme d’ailleurs « son » ingrés trimestriel qui introduit avec délectation  une  complexité supplémentaire alors que l’on a déjà tous ces cycles planétaires à gérer, en astrologie traditionnelle. N’en jetez plus !  C’est bien du fait de cette saturation, d’ailleurs, que Barbault – et à sa manière Jean Pierre Nicola – ont voulu alléger et délester l’astrologie.

L’idée naïve de croire que l’on peut aligner des événements « importants » pour voir quel est leur point commun au prisme de l’astronomie est une fausse bonne idée dans laquelle nombreux se sont laissés piéger. La notion même d’ »intensité, d’ampleur est totalement inadéquate en Astrologie. La question n’est plus une affaire de fond mais de forme. Quelle est la « forme » du phénomène annoncé et non quel est son impact qui dépend de facteurs extra-astrologiques. Ce qui nous intéresse, c’est la constitution d’alliances, qu’elles soient ou non consenties librement ou au contraire leur démantélement. Comme l’a d’ailleurs noté Barbault, la  troisième guerre mondiale n’a pas eu lieu : la mayonnaise n’a pas pris. Et ce n’est pas 36 ans à l’avance que l’on sait quelle manifestation va prendre une configuration au niveau sociohistorique mais dans les années voire dans les mois qui précédent la configuration. L’astrologie ne peut donc accéder à la spécificité que revendique  M. Moysan que dans la mesure où elle prend connaissance du contexte et M.Moysan n’aurait certainement pas pu prévoir la Seconde Guerre Mondiale dix ans ou même cinq ans avant, sur la seule base d’uningrés saisonnier de l’an 1939. Ce sont les des rodomontades qui font sourire et dont il vaut mieux rire que pleurer, de la part de ce donneur de leçons qui nous a tout l’air d’un faux prophète prêt à entrainer dans l’abime quelques moutons de Panurge.

De toute façon, cette utilisation d’un thème astral relève au mieux de l’astromancie, le thème étant à l’évidence un outil divinatoire. On ne joue pas dans la même cour.

M.Moysan se fait l’avocat d’une astrologie ancrée sur les saisons :

« Le degré 0 du Bélier que transite le Soleil à l’équinoxe de printemps et qui marque le réveil des énergies vitales, végétale, animale et humaine, est donc l’incontestable et logique début du cycle cosmique annuel matérialisé par la succession des saisons. »

Mais l’astrologie planétaire- comme le nota dans son Manifeste Patrice Guinard – n’a que faire des saisons. Qu’est-ce que le printemps terrestre pour Mars ou pour Pluton ? Strictement rien. Cela ne vaut que pour le soleil dans l’hémisphère nord.  Le seul argument en faveur des saisons tient à l’existence même du symbolisme zodiacal dont on peut penser qu’il a dû emprunter au cycle des saisons. Mais ce n’est là qu’un emprunt tout comme  il est probable que l’astrologie, comme l’a montré Yves Lenoble, a pris l’habitude de diviser ses structures en 4, que ce soit en raison des saisons ou des phases de la Lune. On est toujours face au même sophisme : puisque l’astrologie a emprunté aux saisons, elle DOIT s’en tenir au point vernal. C’est ne pas comprendre qu’il s’agit là de transpositions et même d’illustrations qui n’ont aucun caractère contraignant pour la pensée astrologique.  Si en astrocyclologie nous insistons sur les conjonctions, c’est probablement en effet parce que les Anciens avaient été marqués par ce phénomène. Mais ce n’est pas une raison pour réduite l’astrologie au calendrier annuel ! Et puis, ce qui nous parait le plus grave, dans l’affaire de l’ingrés, c’est que le soleil rencontre du vent : l’équinoxe, le solstice ne sont pas des points réels astronomiquement mais aussi fictifs que les nœuds de la lune, ni plus ni moins. Et selon nous, l’astrologie est née d’une volonté de s’en tenir à un ciel visible comme l’étaient autrefois les mois lunaires (conjonction soleil-lune). Mais cette « conjonction » soleil – équinoxe d’automne ou de printemps  est une hérésie au regard de l’astronomie.  Et donc si M. Moysan obtient quand même des résultats, cela montre bien que n’importe quel thème astral peut expliquer n’importe quoi. C’est d’ailleurs à cet exercice que l’on s’initie dans les écoles d’astrologie mais cela ne marche qu’après coup et ces astrologues sont des eunuques de la prévision, ce qu’ils cachent par des délits d’initiés en empruntant leur préscience à d’autres disciplines pour donner le change.

 

JHB

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