Le nouveau savoir vivre du XXIe siècle

Posté par nofim le 13 octobre 2013

 

 

 

 

Pour un nouveau savoir-vivre

Par  Jacques Halbronn

 

Les sociétés se caractérisent, nous semble-t-il, par ce qu’on appelle le « savoir vivre », c’est-à-dire certaines règles du « vivre ensemble » qui peuvent et doivent évoluer. Quel savoir-vivre pour demain ? Qu’est ce  qui est voué à changer au cours des prochaines décennies de ce XXIe siècle déjà quelque peu entamé ?

Rétrospectivement,  il nous apparait que le comportement des hommes à l’égard des femmes aura évolué en regard d’une certaine idée du savoir-vivre, de ce qui se fait et ne se fait pas à l’égard d’autrui.

Notre propos n’est pas ici de tracer une histoire du savoir-vivre mais bien de préciser  une certaine urgence de repenser celui qui est, plus ou moins tacitement, en vigueur car on ne saurait en ignorer la dimension d’allant de soi qui n’exige pas que l’on répété à tout instant ce que l’on attend d’autrui. Il y a une dimension implicite à la pratique du savoir-vivre qui fait que les étrangers à une société donnée n’en  sont pas nécessairement au fait, ce qui ne sera pas sans occasionner quelques tensions.

Mais nous pensons aussi que le savoir-vivre peut être le socle d’une dynamique socio-économique en ce qu’il renvoie à un certain civisme – et cela fait aussi apparaitre, en creux, une certaine possibilité d’incivilité-  qui engage tous les membres (citoyens) d’une société. On peut ainsi se demander si les dysfonctionnements socio-économiques ne reflètent pas une certaine crise du savoir vivre, une certaine réforme de ses règles, sans laquelle la communauté considérée risque de se bloquer et de régresser au regard d’une certaine compétitivité des ressources humaines.

Nous avons dans de précédents articles signaler des actes de muflerie qui sont directement liés à un certain manque de savoir vivre, notamment quand cela relève d’une forme de mesquinerie assez sournoise…

Selon nous, le nouveau savoir-vivre aura pour tâche – si l’on admet qu’il n’est guère en œuvre actuellement-  da valorisé toute forme de création, intellectuelle, artistique, philosophique et tout ce qui en découle et en dépend. Entendons bien non pas la création d’hier ou d’avant-hier, mais celle qui nous est  contemporaine qui concerne nos contemporains de préférence ou ceux qui en sont les disciples immédiats. Le savoir-vivre que nous préconisons serait un antidote contre une certaine décadence, une certaine dégénérescence et il implique la reconnaissance de la créativité en cours, « in Progress », diraient les anglo-saxons), en train de se faire.

Dès lors,  sera considéré comme un manque de savoir vivre le fait de faire entendre du Mozart en présence d’un compositeur en activité, de parler de Proust en présence d’un romancier  d’aujourd’hui, d’évoquer  Sartre alors que l’on côtoie un philosophe en pleine dynamique productive et ainsi de suite. Comment en effet, pourrait-on justifier un tel comportement rétrograde ? Au nom de quelles valeurs supérieures ?  Celle de la perfection des œuvres anciennes ?  Celle de l’incertitude sur la valeur des activités en cours ? Une sorte de fascination pour ce qui est mort, qui ne bouge plus, qui est figé pour l’éternité ?  Tout cela pour nier l’autre, notre voisin et qui ne saurait atteindre les sommets des « Anciens » si ce n’est dans le domaine de la technoscience la plus dure, la plus tangible qui est aussi celui, soit dit en passant, de l’armement.

Le nouveau savoir-vivre passe donc par le respect de la créativité chez nos contemporains. Malheureusement, celle-ci met en cause toutes nos affirmations égalitaires. On veut bien reconnaitre la supériorité de nos aïeux mais pas celle de nos frères ici et maintenant car cela nous ferait trop d’ombre. On bascule alors dans la mauvaise foi et dans la mauvaise conscience.  Les absents ne sont plus ceux d’hier mais ceux d’aujourd’hui, ne sont plus ceux d’ailleurs mais ceux d’ici. Nous préférons écouter un quatuor  de Beethoven, cet Allemand d’il y a 200 ans que d’honorer les compositeurs actuels de l’hexagone. Dans les programmes de concert,  ces derniers n’ont pas droit de cité ou du moins il faut les placer dans une sorte de ghetto, de no man’s land. On ne va pas jouer du Mozart et de tel compositeur qui n’est même pas encore mort : ce serait le comble du mauvais goût et les organisateurs de concerts s’y risquent fort rarement comme si c’eut été sacrilège voire scandaleux. Un dieu vivant !  On préfère un dieu mort. Pas de promiscuité ! Politique parfaitement malthusienne d’un monde intellectuelle et artistique qui n’avancerait plus face au monde de la technoscience qui seul mérite notre respect car il travaille pour nous. !

Qu’on y songe en effet : d’un ôté des fabricants de nouveaux objets font tout le monde peut se parer – les nouveaux artisans qui comme Vulcain offrent des cadeaux à chacun et permettent à chacun d’être « appareillé »  et de l’autre des gros égoïstes/ égocentristes  ne s’intéressant qu’à ce qui émane d’eux-mêmes, qui  nous écrasent de leur supériorité, qui nous humilient de leur génie en prônant des idées que nous sommes enclins dans l’immédiat à rejeter tout en sachant que ce faisant nous  démontrons notre nullité, notre cécité, notre décalage ! Entre celui qui met à la disposition de tous de nouveaux outils, qui partage,  et celui qui  ne fait que mettre en évidence, par son œuvre, l’inégalité, et notamment entre les hommes et les femmes, comment ne pas opter pour le premier ?

Le nouveau savoir vivre, on l’aura compris, implique cette reconnaissance des sources vives d’intelligence, de créativité non pas pour nous les approprier mais pour nous en inspirer comme lorsque l’on boit à une source. Bannissons donc cette muflerie infâme, insidieuse consistant à  bafouer le génie d’aujourd’hui  en lui opposant le génie d’hier ! Etrangement, la télévision est probablement un des lieux où ce nouveau savoir-vivre tend à marquer des points.  Mais dans la société civile, il est peu d’exemples d’un tel respect du créateur. D’ailleurs, la télévision n’est-elle pas par là même une sorte d’église cathodique  qui auréole et oint ceux qu’elle accueille  mais qui surtout choisit pour nous?

Or, ce nouveau savoir-vivre exige que nous respections les créateurs qui nous entourent, quand bien même n’auraient-ils point été labélisés. C’est le travail des citoyens d’élire ceux de nos proches – notre prochain – qui sont les plus inspirés, ceux qui perpétuent l’élan, vital des siècles passés et pas seulement en faisant des enfants. Cela se fait dans la vie quotidienne et c’est la meilleure façon de se prémunir contre les machines dont on sait qu’elles sont vouées à nous dominer de plus en plus. Il nous faut exiger des produits « frais » en matière de création.

Le mauvais goût au regard du nouveau savoir vivre consisterait à s’intéresser à d’autres personnes que celles qui sont présentes et que l’on est amené à fréquenter. Cela exige une certaine forme de communion entre les personnes qui sont là et éventuellement une reconversion pour éviter les interférences entre le passé et le présent. De deux choses l’une, en effet, ou bien l’on a intégré pleinement le passé pour en faire un présent ou bien l’on doit laisser ce passé pour vivre une nouvelle expérience au présent avec notre environnement immédiat. On ne doit pas se couper de ce qui se joue autour de nous en se reliant à un monde qui se situe ailleurs sauf à pouvoir l’incarner avec une certaine puissance/vitalité. Il y a évidemment des situations intermédiaires et non dénues d’ambiguïté comme lorsque telle personne interprète une œuvre du passé en la faisant revivre. Mais  l’on ne saurait a priori assimiler un tel cas de figure à une recréation. Il va aussi de soi que le recours aux machines est singulièrement fans le collimateur de ce nouveau savoir vivre.

.L’improvisation nous semble, au demeurant, être  la meilleure expression du  vivre ensemble car elle seule garantit peu ou prou que nous soyons dans l’ici et maintenant. Le fait même de lire un texte écrit à voix haute nous apparait comme un pis-aller. En fait, tout dépend des composantes du groupe concerné. S’il ne comporte aucun élément authentiquement créatif, il va de soi qu’il conviendra de se contenter de succédanés. Toute la question est justement de ne pas ignorer les potentialités des personnes présentes, disponibles et de ne pas faire comme si celles-ci n’existaient pas.

Un autre art de vivre, en vérité, que ce nouveau savoir vivre  qui devrait  faciliter le recensement des sources vives, des  ressources humaines et qui mobiliserait  l’attention de tout citoyen, dès lors que tout refus de reconnaissance d’autrui pour ce dont il est porteur pourrait être considéré comme un grave manquement.  Ce qui nous ramène à la parabole des talents. (Evangile). Enjeux culturels  évidents qui  impliquent d’identifier un processus en ses stades embryonnaires au lieu de ne pouvoir le faire qu’en ses stades terminaux. Ce qui pose au vrai la question du rôle du père et de la mère  voire des frères et sœurs, la cellule familiale comme celle du couple étant particulièrement concernés par ce nouveau savoir vivre.

 

 

JHB

13  10  13

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ae

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