Le divorce mythologie/astronomie

Posté par nofim le 15 octobre 2013

Critique de la notion de couple planétaire en astrologie

Jacques  Halbronn

 

 

Nous avions invité, cela fait quelques mois, les chercheurs en astrologie mondiale à adopter une méthodologie rigoureuse en partant des observations sur le terrain pour constituer des séries qu’il conviendrait ensuire de relier à d’éventuelles configurations astrales, étant entendu que le résultat puisse se révéler négatif.  Christian Moysan (dans son dernier texte sur les Etats Unis, qu’on lira sur Aldébaran) résume à sa façon notre propos :

« Naguère le père de l’astrocyclologie invitait la communauté astrologique à relever les récurrences significatives entre certains évènements historiques, afin d’identifier les configurations astrales concomitantes susceptibles de les avoir déterminées ».
Il semble que M. Moysan  ait compris le terme « configuration » de façon très extensive si l’on en croit l’exposé qui fait suite à son rappel (auquel nous renvoyons) et qui est censé illustrer et appliquer un tel programme que nous avions proposé à la communauté astrologique. Dans notre esprit, le terme « configuration » impliquait une combinatoire récurrente qui ne passait pas par une multiplication de planètes ou d’aspects. Moysan nous parle de Mars, très bien, mais il l’envisage dans les situations les plus diverses, sur la base d’une série de thèmes. Or, s’il y a bien une notion qui était d’office exclue de notre programme, c’est bien celle de thème, qui ne saurait constituer une « configuration ». Pour nous une configuration, c’est le retour des mêmes facteurs dans la même position, que ce soit en conjonction ou autrement. Moysan veut faire mine d’avoir compris qu’il suffit de prendre Mars et de montrer que chaque fois Mars est valorisé, lors des guerres, en tenant compte des aspects qu’il a tantôt avec une planéte tantôt avec une autre. Or, le seul fait que l’on modifie le facteur qui se combine avec Mars rend caduque une telle démonstration. On aura compris que le partenaire de Mars doit être constamment le même avec des aspects qui sont aussi les mêmes si les événements dont on veut rendre compte semblent analogues.  Mais cela implique aussi, en termes de cyclicité, qu’il n’y ait pas un seul type d’événements mais au moins deux voire trois correspondant chaque fois à des intervalles différents entre l’astre le plus rapide et l’astre le plus lent. Or, il semble que M.Moysan ne considère qu’un seul type d’événement. Si Mars est la guerre, alors il doit nous montrer, nous semble-t-il, que tel intervalle favorise la guerre et tel  autre la rend peu probable, par exemple. C’est cela la cyclicité et la récurrence. Pour qu’il y ait récurrence, il faut que dans l’intervalle, il y ait eu un événement de nature opposée autrement il n’y  a pas  « retour ». En effet, le paradoxe de toute cyclicité, c’est qu’elle intègre le pôle opposé.  Il est donc vain de dire qu’il faut deux planètes pour incarner deux énergies opposées (Mars et Vénus, Jupiter et Saturne etc.) puisque nous avons en réalité en astrologie des énergies positives représentées par la conjonction d’une planéte  et des énergies négatives, représentées par l’opposition de cette planéte à son partenaire plus lent –et éventuellement fixe (étoile).  

A partir de là, l’on prend conscience, avec un certain effarement, que l’astrologie a fait fausse route depuis des siècles voire des millénaires en attribuant à deux planètes le soin d’incarner une polarité  quand une seule planéte suffisait. Cela montre bien que l’on ne peut passer sans précaution de la mythologie à l’astronomie. Pour nous, quand Mars est fort, Vénus est faible et inversement, ce que nous rappelle la Tradition quand elle place  le domicile de Mars à l’opposé de celui  de Vénus, par exemple. Il n’est pas concevable que Mars et Vénus soient forts en même temps ou faibles en même temps ! Et c’est bien là la cause du caractère extrêmement ambigu du discours astrologique ordinaire qui veut le beurre et l’argent du beurre.

Si les astrologues avaient adopté une démarche cyclique, ils n’auraient pas accepté de désigner deux astres distincts pour incarner deux principes distincts.

Dès lors, l’historien de l’Astrologue est en droit de se demander si la dénomination des planètes a pu être le fait d’astrologues ! Nous pensons  bien au contraire qu’elle a été effectuée par des gens ignares de tout principe cyclique et point des tous philosophes, à savoir les astronomes. Et c’est aux astrologues actuels qu’il  revient d’ironiser sur ces astronomes qui ont appelé une planéte Mars et une autre vénus, soit deux astres qui n’ont pas la même vitesse de révolution et qui en pratique ne sont pas astronomiquement en dialectique l’un par rapport à l’autre.

De même lorsque Barbault oppose Jupiter à Saturne – ce qui d’ailleurs n’est pas justifié par la théorie des domiciles – il oublie que Saturne correspond à un déclin de l’énergie jupitérienne et qu’il n’est donc nullement souhaitable de disposer ici de deux planètes distinctes.  Il y a là une carence évidente au regard de la philosophie du cycle ! Et l’on ne s’étonnera pas des errements des générations qui auront suivi. Rappelons quand même que la nuit ne cohabite pas avec le jour même s’il y a un soleil et une lune ! On n’a pas à la fois le jour et la nuit mais bien une alternance. Or, l’astrologie semble avoir totalement perdu de vue ce principe d’alternance sinon elle n’attribuerait pas des principes opposés à deux planètes distinctes.

Déontologiquement, cela signifie qu’un astrologue se doit d’annoncer systématiquement à son client les positions successives d’une configuration, c’est-à-dire le passage par des phases aux significations opposées, ne serait-ce que pour se faire bien comprendre de son interlocuteur et de situer les choses les unes par rapport aux autres.

Mais rappelons aussi, que pour nous, en astrocyclologie, nous ne considérons qu’un seul cycle, ce qui évite toutes sortes d’interférences En effet, il y a des convergences entre Vénus et Neptune, donc il serait fâcheux que Vénus soit fort en un instant T et Neptune faible et inversement. Idem pour Mars et Pluton par exemple/. On peut ainsi se demander si l’on ne peut classer les  dieux en deux ensembles et donc qu’il suffirait d’une seule planéte que l’on suivrait dans son cycle pour épuiser le sujet selon sa dialectique. Autrement dit, une seule planéte suffit à couvrir l’ensemble du champ sémantique de l’austro-mythologie. Ne parlons pas d’Uranus qui  est censé incarner le changement,  comme si l’on avait besoin d’un tiers facteur alors même que le passage de la conjonction à l’opposition  est en soi un phénomène « uranien ». Le fait de faire entrer en jeu une planéte et non pas seulement un principe  embrouille totalement le discours astrologique. On pourrait éventuellement pour aller dans le sens des astrologues considérer qu’Uranus représente le sas entre les extrêmes, une sorte d’équinoxialité, tout comme Mercure, par exemple..

Que les astrologues se référent aux planètes pour situer tel ou tel principe, pourquoi pas, mais à condition que l’on ne se mette pas à considérer la cours de chaque planéte pour se faire une idée  du principe correspondant. C’est dire, ce que ne semble pas avoir relevé Patrice Guinard dans sa thèse, qu’astronomie et philosophie ne sauraient faire bon ménage. En revanche, une astrologie  autonome par rapport à l’astronomie serait en mesure de mettre la philosophie en équation et en cycle.

Nous voudrions terminer notre propos en rappelant que l’astrologie du XXIe siècle doit être intuitive, c’est-à-dire qu’elle doit faire preuve de bon sens et ne pas aller à l’encontre du sens commun. Les gens ne veulent plus qu’on leur farcisse la tête avec tout un catéchisme. Ils ne demandent que d’être mis sur la voie, de disposer d’un cadre très général qu’ils aménageront à leur guise, même s’il leur faut tâtonner et faire leurs propres expériences. Une des raisons de la défaveur de l’astrologie chez les jeunes et chez les hommes tient au fait qu’ils préfèrent une tête bien faite à une tête bien pleine. Par approche intuitive, nous entendons que désormais toute technique, tout « appareil » doit  se laisser deviner, à commencer par le langage que l’enfant décrypte en comparant les mêmes occurrences  de mots avec les situations correspondantes sans qu’il ait besoin qu’on lui mette les points sur les I. Cette récurrence que nous demandions aux astrologues de repérer n’est décelable que si l’on a l’habitude d’observer le monde à partir de la répétition des mêmes signifiants. Il est clair que ce que propose Moysan est aux antipodes de cette approche intuitive d’un savoir et précisément, il incarne en effet une humanité  en phase de « disruption », au sens de l’astrocyclologie, c’est-à-dire parvenue à un certain stade d’abrutissement qui ne lui permet plus de se fier à son intuition et a besoin de passer au stade du signifié, c’est-à-dire qui nous dit ce que les mots doivent signifier, ce qui va à l’encontre de l’expérience de vie des personnes ayant une certaine tonicité mentale. Or, le XXIe siècle sera très cruel envers ceux qui ne comprennent pas par eux-mêmes. On peut même dire que cela constituera de plus en plus un critère de sélection « naturelle » avec beaucoup de laissés pour compte qui ne pourront profiter que des phases nocturnes quand la visibilité est réduite, ce qui constitue un nivellement par le bas..

 

 

 

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JHB

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