Le linguiste face à l’astrologue

Posté par nofim le 21 octobre 2013

 

 

Pour une critique linguistique de l’horoscopie

Par  Jacques  Halbronn

 

 

Pour suivre notre exposé, il importe de bien maîtriser les notions de signifiant et de signifié. Le signifié permet de relier des éléments qui d’un point de vue purement formel n’ont aucun rapport entre eux alors que le lien entre deux signifiants exige une certaine ressemblance « externe ».

Nous avons souligné, lors de récents articles, l’importance du contexte. Or, le contexte est un facteur constitutif du signifié. Nous avions signalé que plusieurs astrologues pouvaient mettre en avant le même signifié tout en se servant de signifiants divers et variés.  Ainsi le signifié donne-t-il une certaine apparence/illusion d’unité, de dénominateur commun ente des formes bien différentes les unes des autres. Quelqu’un privilégiant le signifié sur le signifiant n’aura aucun mal à relier toutes sortes de « thèmes » entre eux quand bien même ceux-ci ne présenteraient, au regard du signifiant, aucun lien allant de soi. On pense à la succession des thèmes de lunaison, des thèmes d’ingrès, des thèmes de révolution solaire, le seul point commun – à part la position du soleil dans certains cas- étant que c’est censé traiter du même sujet, de la même histoire.

On aura compris qu’un astrologue qui  travaille au niveau du signifié ne sera guère arrêté par la discontinuité des signifiants, ne  s’intéressant qu’au fait que les différentes données référent à la même chose. Il fera preuve d’une sorte d’insensibilité à l’égard du signifiant qu’il ne percevra que par le biais du signifié qui lui est attribué. On peut ici parle de sa part d’une démarche synonymique par opposition à une démarche homonymique. L’important pour lui est la fin plus que les moyens qui s’équivalent, dans son esprit.

Nous dirons donc que l’intérêt pour l’astrologie dépend en partie de cette tendance à superposer à tout signifiant un signifié, ce qui permet de relier ce que des gens marqués par le signifiant  ne seraient pas disposés à admettre. Est-ce lié au fonctionnement du psychisme, est-ce que cela évolue avec l’âge ? Il est probable en effet qu’avec le  temps, le  signifié ait fini par envahir le signifiant tant nous avons associé le signifiant à des situations bien prévisses, liées à notre histoire personnelle. C’est le problème des connotations, des contextes. A contrario, certaines personnes sont tés peu disposées à  passe par-dessus la structure du signifiant et préfèrent s’en tenir à des liens « objectifs », observables et non à des constructions « subjectives », dues à une certaine convention/tradition (ce qui est en effet synonymique) ?

Une personne qui n’a pas eu la possibilité, dans son enfance, de  progresser par ses propres tâtonnements, ses propres investigations risque fort d’avoir très tôt basculé dans le registre du signifié, ce qui signifie   qu’elle ne perçoit le monde que par la médiation de quelqu’un  (d’un « on ») qui lui dit ce qu’il faut voir et comprendre et qu’il ne faut pas se fier à sa perception immédiate, aux « faux amis », comme on dit lorsque l’on rapproche ce qui se ressemble mais qui ne signifie pas la même chose. .

A contrario, des personnes qui sont plus dans le signifiant préféreront au niveau astrologique ce qui est cyclique, ce qui ne se modifie que très insensiblement dans le temps à ce qui est une succession de sondages ponctuels sans lien structurel entre eux les « données ». Nous avons écrit dans un précédent article que ces deux approches cohabitaient dans le milieu astrologique et  avaient quelque  mal à communiquer. On nous accordera que c’est là une typologie autrement plus intéressante que celle des signes zodiacaux mais qui est plus liée au conditionnement des premières années qu’au thème natal à moins que cela ne soit fonction du sexe.

Le « type » signifiant  accordera la plus grande importance à  la forme, à la cohérence, à la continuité, à la causalité structurelle tandis que le type « signifié » s’intéressera à l’interprétation- ce qui veut tout dire-, à la traduction, donc au changement de signifiant, à son dépassement, au profit du « sens ». Pour le type signifiant,  le « contenu » peut être réduit à peu de choses  qu’il exploitera au mieux – un peu à la manière d’un olivier avec l’eau-  alors que le type « signifiant » est plus gourmand (que gourmet), plus cuisine familiale que nouvelle cuisine

Le thème astral est le type même du « signifiant » qui a besoin du signifié, plaqué sur lui, pour être intelligible alors que certains graphiques, comme celui de l’indice de Barbault, sont censés parler d’eux-mêmes et se passent en quelque sorte de commentaire (donc de signifié).

On aura compris que nous sommes pour une astrologie du signifiant qui soit simple et immédiatement intelligible par tous  sans être chargée de toutes sortes de « gloses », pour une astrologie légère et non pour une astrologie lourde, chargée comme celle des « horoscopes », au sens de thèmes (selon la formule de Claire Santagostini, L’Horoscope cartésienne) qui sont autant d’entités séparées, discontinues  y compris en astrologie mondiale. Force est de constater qu’au nom du  signifié, la plupart des astrologues ne sont  pas très regardants sur les contenants et ne se sentent impliqués que par les contenus.  Pour nous qui sommes de type « signifiant », mettre bout à bout une série de thèmes qui  ont chacun leur propre signifiant  a quelque chose d’insupportable. En fait, nous pensons que le public de l’astrologie est à 90% constitué de types « signifié » et fait fuir les gens de type « signifiant », notamment les jeunes, pas encore « convertis » au signifié – et les hommes, et on en a vu la preuve au Forum de l’Evolution de la Conscience –qui sera en ligne dans quelques jours sur teleprovidence – et qui rassemblait une population bien plus variée que celle des rencontres proprement astrologiques.

 

JHB

21 10 13

 

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