Vers une cyclicité des lieux de vie

Posté par nofim le 23 octobre 2013

 

 

 

L’influence de l’aménagement de notre intérieur sur nos représentations de l’espace-temps

Par  Jacques Halbonn

 

La façon dont notre lieu de vie est agencé peut influer, pensons-nous sur notre représentation du monde.

De nos jours, dans la plupart des appartements à plusieurs pièces (‘F2, F3 etc) l’on passe d’une pièce dans une autre, de la salle à manger à la chambre à coucher, de la cuisine à la salle de bains et ainsi de suite. Or, autrefois, l’aménagement était différent. La même pièce était polyvalente et changeait de statut selon les moments de la journée, elle était « convertible » comme l’on dit justement de ces canapés qui changent de statut selon nos besoins.

Auparavant, on dressait une table (sur des tréteaux amovibles), on faisait son lit en apportant de la « literie »  mais dans le même lieu qui avait pu, un peu plus tôt, accueillir des invités. Les choses n’étaient pas cloisonnées comme elles tendent à l’être actuellement, à savoir qu’à présent, la chambre à coucher ne bouge pas et reste réservée à une activité bien définie et de même pour d’autres pièces en vue d’autres affections.

Or, le fait d’avoir conscience qu’un même lieu pouvait changer d’état ne favorise-t-il pas la conscience cyclique ? Certes, l’on peut dire que le fait de changer de lieu pour changer d’activité  est en mesure d’entretenir également  une certaine conscience du temps qui passe mais  cela nous semble sensiblement moins net.

En effet, ce qui compte dans le domaine cyclique tient, selon nous, au fait que le lieu change de nature avec le temps, qu’il n’est plus ce qu’il était précédemment alors que s’il n’y a qu’un changement de lieu, on peut à juste titre conclure que ce n’est pas le lieu qui change mais  nos besoins qui évoluent et nous conduisent de ce fait d’un lieu vers un autre lieu.

Or, selon nous, il est plus sain de vivre dans un lieu voué à évoluer de façon cyclique tout au long de la journée, ce qui évite de compartimenter spatialement ce qui ne devrait l’être que dans la durée.

Le cas de l’astrologie est emblématique de cette dualité de perception (cf. nos travaux sur ce sujet, notamment sur le blog Nofim). De plus en plus d’astrologues ont du mal à comprendre la notion de cycle et selon nous cela tiendrait à l’aménagement de leur propre espace de vie qu’ils projetteraient sur leur représentation de l’astrologie.

Les astrologues préfèrent désormais le « thème astral » au cycle, c’est-à-dire l’espace au temps. Le thème est au demeurant compartimenté en « maisons », en « signes », habité par des planètes qui sont chacune dotées de fonctions distinctes etc. A contrario, le cycle a une unité de lieu mais une grande diversité de « temps », de « phases » qui se succèdent et alternent. Il est clair que le cycle correspond à l’aménagement « convertible » qui change de physionomie et de statut selon les heures de la journée.

On peut dire que l’astrologie s’est embourgeoisée en passant de la pièce unique polyvalente à l’appartement aux diverses « chambres » qui restent en l’état mais que l’on n’occupe que pour un temps. L’espace ici prévaut sur le temps. Cela fait songer à la peinture par rapport à la musique. Sur un tableau, tout est là d’entrée de jeu et l’œil peut circuler d’un point à un autre. En musique,  en un instant T, on ne perçoit qu’une partie de la réalité globale e l’ensemble et il faut donner du temps au temps.

Au lieu de penser en termes d’avant et d’après, on pense alors en termes d’ici ou là, en une sorte de synchronie où tout est interdépendant. S’il y a un incendie, c’est tout l’appartement qui va brûler et non pas un état donné  à un moment donné.

On peut donc penser qu’il importe de contrôler notre cadre de vie tout comme cela est souhaitable pour notre alimentation. Car tout cela n’est pas neutre, n’est pas sans conséquence.

Pour en revenir à l’exemple de l’astrologie, il y a diverses formes d’astrologies et il  y a, en vérité, une énorme différence entre une astrologie des  12  signes (solaires) et une astrologie du thème individuel (natal). Dans un cas, la personne se situe au sein d’un ensemble, dans le second,  l’ensemble se situe en son sein. Cela signifie que dans un cas l’astrologie traite d’un fait social, collectif et  dans l’autre d’un fait psychologique, individuel.

Dans un cas,  il n’y a pas a priori d’interdépendance entre les signes : si l’on est des Gémeaux, on ne s’intéresse pas à ce qui arrive à la Balance. Dans le second cas, tout interfère avec tout puisque c’est toute la carte du ciel qui va concerner chaque personne y compris pour ce qui est des transits qui peuvent émaner de n’importe où, à tout instant de notre vie/ Les

Astrologues dits sérieux affichent un certain mépris pour la typologie zodiacale brute. Ils ne jurent que par le panachage, le mélange et c’est d’ailleurs là tout leur art.

Dans le domaine linguistique, on a le même phénomène qui fait primer la synchronie sur la diachronie. On a tendance à séparer les langues les unes des autres au lieu de s’efforcer d’appréhender leur gansés, le passage de l’une à l’autre, ce qu’une langue doit, a emprunté, à une autre langue et qui fait qu’elle n’est plus ce qu’ »elle était à l’origine.

Nous pensons donc d’un point de vue pédagogique que l’on ne saurait négliger l’impact de l’agencement du lieu de vie dans la formation mentale des enfants, notamment. Le mode de vie actuel nous apparait singulièrement dispendieux et à la limite ingérable à grande échelle. Il est probable que l’on doive, à terme, s’orienter- ne serait-ce que pour maitriser la crise du logement- vers des lieux « unitaires » (« studios ») mais en revanche fortement convertibles. Cela peut se faire non pas seulement à l’échelle d’un lieu individuel de vie mais à celui d’une ville entière. On peut ainsi penser que des bureaux peuvent se convertir le soir en lieux d’habitation  au lieu que l’on sépare les deux notions avec tout le gaspillage que cela occasionne. Nous allons vêts des immeubles polyvalents qui changeraient d’affectation et même d’occupants selon qu’il fait jour ou nuit.

En effet, nous considérons que la conscience de la cyclicité va se renforcer considérablement au cours des prochaines décennies ce qui fera primer le critère de temps sur celui d’espace. Il y  a là les bases d’une nouvelle idée de l’écologie et du développement durable.

 

 

JHB

23 10 13

 

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