Pour un habitat en accord avec la cyclicité

Posté par nofim le 24 octobre 2013

L’influence de l’évolution de l’habitat sur le devenir de l’astrologie

Par  Jacques  Halbronn

 

 

On peut raisonnablement se demander (cf. notre article sur ce sujet, blog Nofim) si certains dispositifs astrologiques n’ont pas été marqués par  une évolution dans la conception de l’aménagement  intérieur des habitations, qui aurait conduit à une certaine perte de conscience de la cyclicité, fort dommageable, au demeurant, pour la préservation d’une saine astrologie..

Le problème se pose de la façon suivante : deux habitats sont en concurrence : ;’l’un probablement plus ancien qui implique une multifonctionnalité de l’espace de vie ; ce qui signifie qu’un même lieu puisse passer par des phases successives et l’autre, plus spacieux, qui prévoit des emplacements permanents différents consacrés à chaque activité :salle à manger, bureau, chambre à coucher, chambre pour les enfants, espace pour les animaux etc., ce qui correspond à un compartimentage de l’espace..

Nous aurions tendance à croire que le premier type d’habitat est plus approprié à la compréhension de l’esprit de l’astrologie que le second et que le second a pu entrainer l’astrologie sur de mauvais rails.

Quand on entend tel astrologue (comme Rudhyar) écrire  ou déclarer que dans le thème, il y a déjà inscrit  ce qui ne se manifestera qu’au cours de la vie (à coups de transits), on est bien, nous semble-t-il, dans une vision marquée par un compartimentage spatial. On passerait ainsi d’un tiroir à un autre, des tiroirs qui occupent chacun un espace spécifique et qui dont cohabitent au sein du « thème », qui est en quelque sorte l’appartement, l’agencement du second type.

Nous pensons que le premier type est en effet plus fidèle, plus conforme à l’esprit de l’astrologie cyclique. Nous prônons une « scène » vide, neutre, traversée successivement par différents acteurs, que sont les  4 saisons, le jour et la nuit et tout autre dispositif évolutif et cyclique comme par exemple l’âge, les étapes de la vie. A un moment donné,  il ne peut y avoir sur cette scène qu’un seul acteur et il est donc exclus de pouvoir relier différents acteurs entre eux sinon  dans une approche séquentielle. On est dans une logique musicale (un son après un autre) et non dans une logique picturale (où rien ne peut intervenir que ce qui est déjà présent, visible) que l’on pourrait qualifier d’atemporelle…

Qu’un vecteur passe successivement par des états divers ne saurait faire problème mais il n’est pas question de faire interférer les états entre eux en un instant T. De même si chaque planéte correspond à un  temps différent (à un âge, selon J. P. Nicola), il est hors de question de combiner une planéte avec une autre. Le problème de Nicola, c’est qu’il a élaboré un modèle intéressant (RET) mais qu’il a conservé, de facto, une pratique traditionnelle  qui brouille tout et qui réduit son travail en amont  à néant (ce qui lui a d’ailleurs permis de collaborer au projet Astroflash (interprétation des thèmes par ordinateur, il y a 40 ans). On peut dire que Nicola n’a pas assez contrôlé, sécurisé,  la verticalité de son système de haut en bas, ce qui crée des maillons faibles qui compromettent l’ensemble du dispositif.

On aura compris que le fait de combiner deux planètes entre elles est condamné par notre approche, que ce soit sous la forme de cycle planétaire (Barbault) , d’aspect, de transit, de direction, sauf si on se situe dans un continuum, dans un calendrier avec des étapes successives et/ou alternatives, ce qui justifierait que l’on passe d’un signe à un autre, d’un signe à un autre, d’une planéte à une autre, d’une étoile à une autre. On aura compris que ce que nous réprouvons, c’est le panachage, le mélange qui nuisent à la clarté de l’analyse sous prétexte de l’enrichir, en multipliant à l’infini les cas de figure, en ne produisant ainsi que des cas particuliers. Cela conduit à améliorer les performances « picturales » de l’astrologie aux dépends de ses  performances « musicales » (cf. supra), la peinture étant rétrospective et la musique prospective. L’astrologie risque ainsi un sévère engorgement.

Le mal dont souffre l’astrologie depuis des siècles est ainsi diagnoticable : elle n’a plus de modèle  diachronique rigoureux : les astres interviennent dans le désordre le plus total, au hasard de leur disposition dans les thèmes qui, si l’on en croit les astrologues, va affecter toute l’approche astrologique de la personne, tout au long de sa vie – en tant que constante- ou au hasard des divers aspects qui se forment entre planètes ou entre planètes et débuts de signes, dérivés du point vernal. On est face à un véritable kaléidoscope !

Au bout du compte que se passe-t-il, comment l’astrologue s’en sort il, quel est son échappatoire du labyrinthe, son fils d’Ariane ? La réponse est l’apport extérieur à l’astrologie, ce qui se comprend très bien car les astrologues eux-mêmes sont dégoutés d’une telle astrologie et se sentent bien plus à l’aise quand on parle d’autre chose ! Il y a là un véritable désamour entre les astrologues et l’astrologie qui ne s’avoue pas mais qui  transparait en maintes occasions pour l’observateur avisé. Que penser de tous ces exposés astrologiques qui sont surtout constitués d’éléments biographiques connus de tous, de données historiques bien établies, de considérations mythologiques, symboliques qui ne mangent pas de pain et qui constituent un ciment aux astrologues de culture française ? L’astrologie actuelle ne se survit que par le biais de tels expédients.  C’est l’astrologie qui tourne autour du contexte et non plus le contexte autour de l’astrologie et cela vaut évidemment pour ce qui est de la praxis de la consultation qui se nourrit du vécu des clients, comme il est d’ailleurs recommandé par ses mentors. Une telle astrologie a perdu son âme !

…Or, une telle solution fait problème car cela contraint l’astrologie à s’appuyer sur des données supposées  fiables, précisément parce que non astrologiques. On connait cette tendance dans certains milieux à  privilégier ce qui est à l’extérieur par rapport à ce qui est à l’intérieur du fait d’une certaine haine de soi. On ne compte plus les «recherches » visant à confirmer par l’astrologie (au singulier évidemment, ce qui recouvre à peu près n’importe quelle technique, selon une démarche syncrétique qui fait flèche de tout bois) ce que l’on sait déjà par ailleurs.  Malheureusement, à ce compte-là, on va dans le mur en cherchant à trouver un point commun astrologique à des données qui n’ont de commun que certaines apparences. Barbault, il y a trente ans,  s’est cassé le nez avec les Deux « Guerres Mondiales » dont il avait fait le fondement, bien imprudemment, de son « indice de concentration planétaire » (cf. Les Astres et l’Histoire, Ed. J.J. Pauvert  1967)/ et à partir desquelles il a extrapolé (pour les années 80)  avec les résultats que l’on sait. Même si l’on doit saluer la tentative louable de parvenir à une cyclicité  unique qui  ne distingue plus les significations planétaires entre elles. Force est de constater que les astrologues d’aujourd’hui ne l’ont pas suivi dans cette direction et ne jurent plus que par l’entrée de telle planéte dans tel signe, ce qui nous renvoie aux pratiques des années Cinquante (cf. Maryse Lévy, Pluton, planéte lointaine).

L’astrologie prévisionnelle, dans le long terme, ne doit plus son salut qu’à quelques coups chanceux car elle ne peut guère se permettre de se mettre en décalage par rapport aux analyses extra-astrologiques de la situation, à commencer par les élections, où les astrologues se gardent bien d’accorder des chances aux petits candidats, et ce quel que soit le thème et ses transits. Ils ne sont pas fous ! Il n’y  a  plus que quelques excités pour jouer le tout pour le tout en s’appuyant sur l’astrologie plus que sur l’observation des données extra-astrologiques, ce qui convient  mieux à une astrologie qui en est au stade des soins palliatifs et qui est en train de mourir doucement avec ceux qui la pratiquent, si l’on en juge par l’âge moyen de ses adeptes.

Dans un manifeste pour le renouveau de la recherche astrologique, nous avions recommandé d’observer le monde avant de se référer au cosmos car qu’on le veuille ou non les humains ne sont pas chez eux  dans le cosmos, même si celui-ci a été balisé par toutes sortes d’étiquetages et de balisages. Nous écrivions que le salut de l’astrologie viendrait d’une étude de la cyclicité, des récurrences que nous pouvions, nous, astrologues, observer autour de nous. Certains ont cru que nous recommandions de rassembler des « faits » historiques «bien établis ». Or, tel n’était pas la raison d’être d’un tel exercice mais bien de développer une approche cyclique de l’Histoire à partir de laquelle  on pourrait déterminer ce que l’on pouvait conserver du cosmos au prisme des activités humains, quitte à découvrir le rôle de configurations n’appartenant pas à l’astrologie classique actuelle, comme les étoiles fixes.. Mais cela impliquait aussi une théorie cyclique digne de ce nom comportant au minimum une dialectique, à savoir une présence et une absence car il n’y a pas de cyclicité sans retour vers une normalité perdue en chemin. D’où  la nécessité de dialectiser l’Histoire non pas d’ailleurs en utilisant deux planètes correspondant à des principes opposés mais bien une seule planéte dont  le cycle permettrait de basculer d’un principe à l’autre, ce qui nous ramène à la problématique de l’habitat. La même pièce peut servir de jour comme de nuit, comme bureau ou comme salle à manger mais à un moment donné, elle n’est que ceci ou que cela. Nous pensons qu’en revenant  à une philosophie cyclique de l’habitat –à base de convertibles de toutes sortes, l’on  permettra à l’Humanité de renouer avec une véritable pensée cyclique dont l’astrologie actuelle est le bien piètre héraut. Si l’on examine l’iconographie des mois de l’année, l’on peut certes passer d’une page à l’autre (Très Riches Heures du Duc de Berry) mais l’on sait pertinemment que chaque page correspond à un temps différent. Il y a une discipline de vie à respecter : il y a un temps pour chaque chose, dit l’Ecclésiaste. L’habitat qui fait cohabiter dans le mêmes lieu des pièces vouées à des activités différentes encourage précisément à ne plus respecter le cours des chose et contribue à dérégler nos mœurs et l’astrologie actuelle est le miroir d’un tel dérèglement.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

24. 10. 14

 

 

 

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