L’astrologie et le rôle d’ un symbolisme bien compris

Posté par nofim le 26 octobre 2013

 

 

Le piège des emprunts symboliques en Astrologie

 

Un des phénomènes qui contribuent le plus à embrouiller la réflexion sur la genèse de l’astrologie tiendrait, selon nous, à  une approche mal appropriée des emprunts que l’astrologie a pu réaliser au cours de son Histoire et dont le statut n’est pas correctement appréhendé.

Qu’est ce qui est intrinsèquement  astrologique et qu’est ce qui ne l’est en quelque sorte que « par alliance » et n’est pas, si l’on veut, dans son ADN ? Il nous faudra apprendre à distinguer entre ce qui est et n’est pas de l’ordre du symbolique, de l’analogique.

On abordera pour commencer le cas du Zodiaque.

Nul ne doute que le Zodiaque soit lié quelque part avec le cycle annuel. La division en douze renvoie aux douze mois qui renvoient au cycle solaire de 365 jours (en fait la révolution de la Terre autour du soleil). Mais déjà les choses ne sont pas claires puisque le  12 est lié aux rencontres des deux luminaires qui elles n’ont en soi rien à voir avec les saisons si ce n’est par un ajustement approximatif : le début d’une saison ou d’un mois zodiacal ne correspondant que fort rarement à une configuration soli-lunaire. Il semble que le symbolisme zodiacal ait été une cote mal taillée entre la symbolique des saisons et la division en trois de chaque saison sur une base trimestrielle. On aura voulu  nourrir les trois mois correspondant grosso modo à chaque saison à partir d’une iconographie des saisons (cf. les  Très Riches Heures du Duc de Berry). Les historiens du Zodiaque, dont nous sommes,  mettent en évidence certains recoupements comme le signe des Gémeaux avec le temps des amours au printemps, comme le signe du verseau et les scènes d’intérieur, à table, en hiver. La moisson n’est pas si évidente que cela et les astrologues se contentent le plus souvent d’associer le signe du bélier avec l’élan printanier sans se référer directement à l’iconographie des calendriers qu’ils connaissent généralement assez mal (cf. Kalendrier des Bergers)/ On rappellera qu’il existe aussi une iconographie des maisons qui a à peu près totalement disparu de la littérature astrologique et que l’on retrouve dans les arcanes majeurs du Tarot, comme nous l’avons montré en tant qu’historien du Tarot. (cf. notre postface à l’Astrologie du Livre de Toth, d’Etteilla, ed Trédaniel-Grande Conjonction, 1993). On pense à l’Arcane de la Mort et de la représentation de la maison VIII entre autres. Pourquoi cette iconographie a –t-elle disparu de l’astrologie à la différence de celle du Zodiaque ? La plupart des astrologues en ignorent jusqu’à l’existence.  Probablement parce qu’elle ne faisait pas sens pour l’astronomie et que l’astrologie est devenue assez vite dominée par les intérêts des astronomes à commencer par l’astronome-astrologue Claude Ptolémée – (IIe siècle de notre ère)

Mais le vrai débat est ailleurs, il concerne la place que les astrologues actuels accordent au cycle des saisons pour fonder leur Zodiaque. Une chose, en effet, est que l’astrologie ait cru bon, à un certain moment de son histoire, de récupérer ce symbolisme cyclique des saisons, une autre d’en conclure que d’un point de vue technique, le zodiaque astrologique devait être déterminé à partir du point vernal. Or, c’est ce que les modernes astrologues ne se privent pas de faire, y compris J. P. Nicola et son zodiaque photopériodique.

De la même façon, le fait pour l’Astrologie d’avoir accordé de l’importance au nombre 4 (comme le note justement Yves Lenoble dans son ouvrage sur les cycles) ne signifie pas pour autant que l’on doive accorder de l’importance aux saisons d’autant que ce nombre est également fourni,   pour chaque mois par les rapports soli-lunaires (nouvelle lune, demi-lune croissante, pleine lune-demi-lune décroissante). Encore une fois, le critère saisonnier et le critère des luminaires s’entrechoquent. (cf. supra).

Selon nous, il ne s’agit de transpositions, de projections et non d’utilisations au premier degré du cycle saisonnier. Nous ne pensons donc pas que l’astrologie soit « tropicaliste » du seul fait de tels emprunts. En effet, l’inconvénient du « tropicalisme », c’est qu’il dévoie l’astrologie de la nécessité de repères visuels. Or, les axes des équinoxes et des solstices ne se « voient » pas et les astrologues d’ailleurs ne signalent pas les « aspects » entre une planéte (radix ou en transit) avec les dits axes dans le thème. Mais de nos jours, on remarque que l’astrologie mondiale s’intéresse beaucoup trop à l’entrée notamment de telle ou telle planéte lente dans un nouveau signe zodiacal, ce qui nous semble pernicieux (cf. le programme des conférences de l’association Source pour 2013-2014) au lieu de tenir compte des conjonctions avec les étoile fixes, notamment (cf. nos articles sur ce sujet sur le blog Nofim)

Nous aborderons à présent l’emprunt de l’astrologie à la Mythologie des dieux de l’Olympe. Une chose est de se servir des dieux, une autre de les placer dans le ciel. En tant que système conceptuel, les dieux constituent un ensemble intéressant et Nicola a montré qu’ils correspondaient aux âges de la vie, donc qu’ils participent, comme les saisons, à une certaine manifestation de la cyclicité qui a pu intéresser l’astrologie pour incarner  des états successifs.  Mais de là à se servir des planètes qui portent le nom des dieux, il y a là un pas que nous ne saurions franchir du moins quant à une astrologie originelle tout en constant évidemment la place de cette mythologie en astronomie et pat là en astrologie. En effet, les astronomes peuvent faire ce qu’ils veulent, pour se repérer, tant avec le zodiaque qu’avec le Panthéon mais l’astrologie ne défend pas les mêmes enjeux. Une fois de plus, nous observons que l’astronomie n’a pas nécessairement exercé une bonne influence sur l’astrologie, piège dans lequel est tombé J. P. Nicola (avec le RET). Une chose, en effet, est de mettre en évidence une certaine cohérence du dispositif « au repos » (comme dirait  Jaulin à propos de la géomancie), une autre d’activer le dit dispositif en recourant aux mouvements et aux positions des planètes dans le ciel, créant ainsi un étrange chassé-croisé des principes au fil de la course des planètes qui a pu fasciner Patrice Guinard, passé par l’école conditionaliste, dans son travail sur astrologie et philosophie.. (L’Astrologie : Fondements, Logique et Perspectives ; Paris I,  1993). Il nous apparait en effet, que les principes philosophiques obéissent dans leur rapport à une logique plus diachronique que synchronique, c’est-à-dire qu’ils se suivent et non se juxtaposent comme en astrologie traditionnelle. Autrement dit, un même cycle peut  c comporter une série de concepts selon les phases par lesquels il passé, ce qui n’est pas possible si chaque concept correspond à une planéte ayant sa propre cyclicité. Autrement dit, rien ne justifie que l’astrologie ait à se servir de toutes les planètes associées à un dieu mythologique, quand bien même les astronomes auraient, pour leur part, jugé bon de les identifier à des dieux ; On peut même penser qu’une astrolâtrie ait pu exister autour des différentes planètes mais sans s’intéresser à leurs cyclicités respectives si ce ‘n’est du fait de leur ordre dans le ciel.

Nous terminerons avec un autre élément de l’iconographie annexée par l’astrologie, à savoir l’Homme Zodiaque, appartenant au domaine de la médecine  et déjà attesté au Moyen Age (chez Avicenne, notamment). Cette figure associé à chaque partie du corps un signe zodiacal et pourrait apparaitre comme une justification du thème natal. Par ailleurs, il semble possible de dire que toute organisation sociale s’inspire de celle de notre organisme biologique, ce qui conférerait à l’individu une préséance par rapport au « corps »  du collectif. Mais une fois de plus, les choses ne sont pas si simples ! En effet, pour l’astrologie, c’est l’inverse ; L’astrologie mondiale prime sur l’astrologie individuelle. Ce n’est pas en effet parce que la Cité s’inspire du corps humain qu’elle privilégie pour autant l’individu. On est encore une fois dans la transposition et c’est l’esprit qui compte plus que la lettre.

En conclusion on aura compris que l’historien doit faire la part des choses. Il peut certes signaler diachroniquement  les sources mais sans pour autant leur accorder synchroniquement une place excessivement importante.  C’est ainsi que ce n’est pas parce que l’astrologie a eu recours à l’usage de tel ou tel astre qu’elle doit impérativement intégrer dans son corpus tout ce qui touche à l’astronomie, comme on le voit trop souvent notamment avec le délire sur les  planétes transsaturniennes inconnus de l’Antiquité. La recherche des sources, des emprunts ne doit pas conduire à enchainer le savoir ainsi étudié à  des notions qui ne valent que d’un point de vue symbolique, au sens figuré et non au sens propre…

 

JHB

26. 10 13

 

 

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