Une astrologie mondiale en perte de repéres

Posté par nofim le 26 octobre 2013

 

 

Une astrologie mondiale  dévoyée

Par jacques  Halbronn

 

Les astrologues ne se lassent pas de raconter la même légende dorée de la rencontre entre l’astrologie traditionnelle et l’astronomie contemporaine qui, tel un Prince Charmant aurait tiré la « Belle au Bois Dormant » de son sommeil. En 2013, il nous faut entendre les mêmes sornettes qui trainent dans les livres d’astrologie depuis plus d’un demi-siècle, mot pour mot avec un « tableau » sur la découverte d’Uranus, un autre sur celle de Neptune et un troisième acte sur celle de Pluton. Et puis cela s’arrête là comme si  les astronomes n’avaient rien trouvé depuis  1930, il y aura plus de 80 ans !  Ce qui pouvait sembler excitant dans les années trente-quarante n’aura pas connu de « suite » (sequel) depuis tout ce temps. En fait, tout se passe comme si le chantier s’était arrêté à ce moment-là. On n’a même pas trouvé d’exaltation à Pluton, comme on l’a fait pour Uranus et Neptune. Et les planètes que l’on attendait dans les années soixante, dans le manuel pratique de Barbault (Ed. Seuil), se font toujours attendre, qu’on les appelle X ou Y  (Léon Lasson ) ou Proserpine et Vulcain (cf. Clefs pour l’Astrologie, ed Seghers 1976,  L. Morpurgo,  Intr. A la  nouvelle astrologie, Hachette,  1974 etc). Bien pis, le statut astronomique  de Pluton s’est  modifié en 2006 et il est équivalent désormais à celui de Cérès (‘découvert en 1801) dont l’hagiographie astrologique ne dit mot. On est un peu déçu : est-ce à dire que l’humanité n’a pas encore « progressé » depuis  1930, sommes –nous toujours marqués par Pluton sans avoir pu lui trouver un successeur, aimablement fourni par nos « amis » astronomes ?  En tout cas, si on lit la prose d’un Christian Moysan, qui continue à écrire, ces derniers jours, sur Face Book Alderman, l’horloge historico- astrologico-astronomique est resté bloquée à Pluton, soit une planéte qui reste fortement associée avec la montée du nazisme voire avec l’enfer de la Shoah et d’Hiroshima! Est-ce que  Pluton ne viendrait pas ici justifier les horreurs de la première moitié  du XXe siècle ? Est-ce que les astrologues n’auraient pas pu  nous signaler qu’une autre planéte, même hypothétique, aurait pris la suite ? Mais est-ce que certains astrologues n’en sont pas restés avec un disque rayé de l’astrologie des années trente-quarante ?

Mais ce n’est pas ce qui nous frappe le plus. Si nous parlons ici d’une astrologie dévoyée, c’est parce que l’idée que des planètes soient découvertes par les astronomes et que cela fasse sens pour l’astrologie mais bien plus pour toute l’Humanité, nous  apparait comme  relevant d’une religion mystique qui n’a plus grand-chose à voir avec la tradition cyclique de l’astrologie. On peut parler en fait avec cette astrologie transsaturnienne d’une hérésie qui se veut correspondre à de nouveaux temps mais qui, comme on l’a dit, en serait à se répéter mot pour mot, sans pouvoir avancer, depuis trois quarts de siècle, comme s’arrêtant au milieu du gué. On l’observe notamment avec le cas de Mercure et de Vénus qui en   sont toujours avec leurs doubles domiciles à la différence de Mars, Jupiter et Saturne. Une astrologie inachevée et qui est désormais bien bancale ! Une astrologie qui traite les nouvelles planètes comme s’il s’agissait de comètes messagers des dieux. Cométisation de l’Astrologie. Mais même cet intérêt pour les comètes ne s’était développé au XVIE siècle notamment que parce que l’on ne connaissait pas les lois de leur périple céleste. Mais depuis  Halley,  les comètes n’ont plus de secrets pour nous et ont donc été désacralisées. Ce e sont plus des « miracles » cosmiques, des signes de l’au-delà que nous enverrez nos anges gardiens ! Nous avons récemment montré ce qu’il pouvait y avoir d’aberrant à associer un principe à un astre et combien il était préférable de considérer que le cycle d’un seul et même astre pouvait renvoyer successivement à une série de principes en dialectique les uns avec les autres. Le mariage philosophie-astronomie est un échec. Nous disons bien « astronomie » et non astrologie car nous sommes bien en présence d’une religion astronomico-mythologique qui n’a plus rien à voir avec l’astrologie en dépit de quelques empiétements dont on a vu qu’ils avaient avorté comme si l’astrologie ne voulait plus entendre parler de ces nouvelles planètes et avait dit « stop ».

Passons à présent à un autre point qui est lié à la théorie cyclique. Non seulement, on nous dit que l’Histoire est irréversible, ce qui est carrément le contraire d’une philosophie cyclique mais  comme on l’a vu l’on n’a pas su trouver un successeur à Pluton, mais en plus on nous explique que la fin d’un cycle c’est la même chose que le début d’un nouveau cycle.

Citons Moysan :

« A Jacques Halbronn, qui considère incohérent que la naissance et la mort d’un monde soient également déterminés par une conjonction, on répondra que dans un cycle la conjonction en est nécessairement à la fois le début et la fin ».
Argument mis en avant contre notre objection aux travaux de Barbault sur l’association de la conjonction Saturne-Neptune avec l’effondrement du bloc soviético-communiste (rideau de fer), Moysan essayant de « sauver »  comme il peut  les dits travaux dont nous avons montré la fragilité sur le plan de la théorie cyclique.

Voilà donc sa dernière trouvaille : la fin et le commencement correspondent l’un et l’autre à la conjonction, ce qui en dit long sur la précision à laquelle peut parvenir la prévision astrologique annonçant ainsi une chose et son contraire à partir de la même configuration !  Il est vrai que nous avons déjà rencontré ce type d’ânerie colossale ailleurs mais personne n’a dit que Mosan avait un discours original. Il ne l’est que parce qu’il réapparait aujourd’hui comme si le temps s’était arrêté dans les années trente-quarante. C’est en fait l’astrologie d’avant Barbault que brandit Moysan et d’ailleurs il ne se prive pas d’affirmer que l’on ne peut se contenter d’étudier les « cycles planétaires » à la Barbault mais qu’il faut tenir compte de toutes les planètes avec lesquelles les « cycles » sont en aspect, ce que précisément Barbault cherchera à éviter  en astrologie mondiale  pendant des décennies. Donc avec Moysan, le thème astral refait son entrée en Astrologie Mondiale contre l’avis de Barbault.

Mais  revenons sur la lecture que Moysan propose de la conjonction et qui touche à un point crucial. (cf. supra) et nous aimerions savoir si nos astrologues actuels adhèrent à une telle lecture du cycle, selon laquelle, ce qui se termine coïncide avec ce qui commence. Donc si le bloc communiste s’écroule, c’est aussi une chance pour les Etats qui le constituaient d’amorcer une nouvelle dynamique. Donc la conjonction, toujours selon le raisonnement de Moysan, convient tout à fait à ce qui s’est passé en 1989, puisque la fin et le début c’est du pareil au même, le malheur des uns faisant le bonheur des autres. Or, précisément, ce qui se passe au cours d’un cycle ne se situe pas uniquement au moment de la conjonction. Il y a un temps pour consolider les unions et un temps pour  favoriser la diversité. Et ces deux temps ne correspondent pas à la même configuration même s’ils peuvent s’inscrire au cours d’un même cycle. On aurait pu ainsi s’attendre à ce que l’opposition Saturne-Neptune mît en péril l’unité du bloc et non sa conjonction. Mais est-ce que Barbault a été assez précis dans sa prévision  sr le cycle Saturne- Neptune ? Il ne semble pas qu’il ait voulu être exhaustif. Il entendait simplement indiquer qu’il se passerait « quelque chose » d’important et cela lui suffisait. C’est là une conception désormais bien insuffisante de la qualité du pronostic en mondiale, même si l’on n’a pas à attendre un luxe de détails que l’astrologie ne saurait fournir, même en dressant, comme le voudrait Moysan, des thèmes à tire larigot. C’est un travail d’amateur que nous avait  livré le jeune Barbault en  1953 et sur lequel il n’est d’ailleurs jamais revenu parce qu’entre temps, comme on l’a expliqué ailleurs, il était passé à un autre modèle, celui de l’indice de concentration planétaire. Ce n’est qu’à partir de 1989, que Barbault a sorti le cycle Saturne-Neptune de son placard. A la fois du fait des événements affectant la Russie et du fait de l’échec du dit indice.

Donc il importe impérativement de ne pas laisser traîner plus  longtemps l’idée selon laquelle une prévision peut annoncer une chose et son contraire, la seule chose qui compte étant la précision de la date et le lieu. On se retrouve encore une fois dans l’ambiance de l’astrologie des années trente : on dira qu’à telle date, et en tel endroit, il va se passer quelque chose de grave mais on ne sait trop quoi.  Nous pensons au contraire qu’en 2013, une prévision astrologique qui se respecte doit annoncer quel genre de phénomène va se produire mais sans le limiter à un lieu quel qu’il soit car l’astrologie est universelle et n’a pas vocation à cloisonner l’espace mais seulement le temps.

Quand Moysan nous parle d’Uranus, il nous révèle à quel point la notion de cycle lui est foncièrement étrangère ou si l’on préfère qu’elle le soit à cette « nouvelle astrologie » qu’il défend et qui privilégie les planètes sir les phases du cycle. Il ne veut pas comprendre que le principe qu’il appelle uranien n’a rien à voir avec une planéte mais désigne un certain stade du cycle. Le changement n’a certainement pas à être symbolisé par une planéte mais est lié à des aspects entre deux astres, en conjonction, en opposition, en carré, selon les options prises.  De même les principes associés à Neptune et à Pluton n’ont pas attendu la découverte de ces planètes pour exister  au niveau cyclique, la preuve en étant que la mythologie connait ces dieux depuis bien longtemps. Moysan croit que tout ce qui compte en astrologie doit correspondre à un astre particulier et il semble ne pas avoir beaucoup réfléchi sur les stades par lesquels passe un cycle, sinon il ne confondrait pas conjonction et opposition pour désigner ce qui va vers l’unité et ce qui va vers la multiplicité. Rappelons que Barbault dans son indice de concentration planétaire, dans les années soixante,  distingue très nettement les effets de la conjonction et ceux de l’opposition (ou plutôt de la dispersion des astres) Tout se passe comme si pour Moysan, le cycle se limitait à la  seule conjonction et que celle-ci recouvrait tous les cas de  figure à elle seule.

Moysan adhère à une nouvelle astrologie qui s’aligne totalement sur l’astronomie, niant à l’astrologie toute  possibilité de se constituer en tant que savoir spécifique et non réductible à l’astronomie. Mais est-ce qu’un Jean-Pierre Nicola ne porte pas une lourde responsabilité dans de tels errements qui, en tout état de cause condamnent l’astrologie  à faire de fausses prévisions car c’est bien cela en dernière instance qui  ne peut que se produite avec un ensemble aussi  inconsistant que celui dont Moysan fait état.  L’intérêt du travail de Moysan est de permettre de repérer parmi les astrologues ceux qui sont assez stupides et abrutis  pour gober ses énormités. Cela permettra de séparer le bon grain de l’ivraie.  On étudiera donc avec le plus grand intérêt les astrologues qui suivront la voie proposée par Moysan et qui ainsi se discréditeront et se disqualifieront Bien plus, nous attendons que se lévent  des astrologues dénonçant son galimatias et notamment parmi les responsables d’associations..

 

 

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JHB

26  10  13

 

 

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