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Complexité des rapports astronomie-astrologie. La notion de configuration

Posté par nofim le 28 octobre 2013

 

 

De l’astrologie des phases à l’astrologie des dates.

Par  Jacques  Halbronn

 

 

Question : au départ,  croit-on que l’astrologie s’intéressait aux dates ; qu’elles soient de naissance ou autres ? La notion même de date (terme qui signifie simplement « donnée », data) est d’ailleurs à distinguer du verbe « dater » car dater est beaucoup  plus approximatif que « date ». Rappelons que l’on aurait eu bien du mal à  connaitre la date de naissance des gens  aux origines de l’astrologie. Le temps était alors beaucoup plus souple. Selon nous, l’astrologie des dates est relativement tardive et elle  aura été largement précédée par une astrologie des phases, n’en déplaise à ce que nous avons appelé l’astrologie « ponctualiste » qui aura fini par substituer le critère des dates à celui des phases.

En fait, la thèse que nous défendons au regard de l’Histoire de l’Astrologie, est la suivante : le glissement d’une astrologie des phases à une astrologie des dates correspond au passage à une astrologie de bas de gamme, du pauvre. On observe d’ailleurs un tel phénomène dans un très grand  nombre de domaines, comme par exemple pour la cuisine.

En effet, la compétence nécessaire pour faire de l’astrologie du « thème » est bien plus faible que celle exigée pour une astrologie des phases. Il ne faut en effet qu’une seule date et à partir de là l’astrologue travaille, notamment en astrologie horaire, ce qui fut notamment au cœur de l’œuvre de l’astrologue anglais William Lilly, au XVIIe siècle (cf. notre postface à l’Introduction au Jugement des astres de Claude Dariot,  Ed  Pardés, 1990).  Cela évitait d’avoir à connaitre le mouvement réel des astres, notamment grâce à la technique dite des directions, c’est-à-dire de modes de correspondance espace-temps.

Il a toujours été plus facile de dire ce qui se passe dans le ciel à un moment donné que de suivre un astre dans son mouvement réel sur des décennies. Ce qui est étonnant, c’est que la pratique du thème ait survécu jusqu’à nos jours et ce en dépit de l’ergonomie des connaissances astronomiques grâce à l’informatique. Mais l’on sait que la pratique de l’astrologie a connu bien des déboires et est tombée dans les mains de praticiens assez démunis.

Cela dit, dès la fin du premier millénaire de l’ère chrétienne (Albumasar), l’astrologie des cycles refait entendre sa voix avec les grandes conjonctions Jupiter-Saturne qui n’ont plus rien à faire avec les thèmes ! De ce fait, l’astrologie parvient à s’intégrer assez largement dans la culture de l’époque et ce jusqu’au XVIIe siècle.  Mais on peut dire qu’un Jean- Baptiste Morin de Villefranche, en ce même  XVIIe siècle, aura beaucoup fait pour la défense et l’illustration d’une astrologie des thèmes. Il déclare ainsi que le thème horaire doit se référer au thème natal. (cf. notre étude  à ce sujet). C’est un pionnier de l’astrologie « ponctualiste » qui prétend à une grande prévision prévisionnelle du fait même de la précision dans le calcul du thème, comme si les deux choses étaient liées et interdépendantes. Car le boniment du praticien se limite le plus souvent à cela : je pars d’une information très pointue, tout à fait validée par l’état civil (date et lieu de naissance), je me sers d’éphémérides extrêmement précises, des latitudes et longitudes, je corrige soigneusement l’heure légale etc DONC je peux faire de prévisions très fiables et de la plus grande précision en termes de dates et de lieux.

En réalité, l’astrologie n’a aucun intérêt à se fonder sur des dates aussi précises et à prétendre parvenir par la même occasion, analogiquement, à une prévision comparable au niveau de son diagnostic et de son pronostic mais d’est bien là le message subliminal qu’elle envoie aux clients qui font appel  à elle. La précision de l’input garantirait celle de l’output.

A contrario, l’astrologie des phases sera donc beaucoup moins précise mais comme l’on sait il n’est de science que du général.  Pour cette astrologie, la configuration est un événement relativement rare beaucoup plus que ne l’est  le thème astral. Mais peut-on qualifier même le thème astral de configuration sans abus de langage ? Dans la plupart des cas, le thème ne comporte aucun aspect exact et donc ne correspond à aucun événement astronomique à proprement parler.  En fait, le thème astral n’existe que par rapport à la date d’un événement « humain » comme la naissance, comme une consultation, comme un jour d’élection ou de fondation d’une ville, d’une bataille (comme Pearl Harbour dont C. Moysan nous parle actuellement sur Aldébaran Face Book etc.  C’est un ciel totalement aléatoire au regard de l’astronomie.  Tout au contraire, l’astrologie des phases s’articule sur les « vraies » configurations astrales et considère que ce quo en découlera sur terre  se produira dans une certaine fourchette de temps, que l’on peut appeler « phase », « stade ». L’astronomie dont se sert l’astrologie des phases est, à l’évidence, beaucoup plus pertinente…

Il est donc temps de dire la vérité : le thème astral n’est pas une donnée astronomique viable, elle ne l’est que parce qu’on la relie à une donnée  terrestre. C’est une projection d’une donnée terrestre sur le ciel, tout comme d’ailleurs le cycle des saisons et notamment les points équinoxiaux et solsticiaux (et les subdivisions qui en découlent pour donner les douze signes). Donc les astrologues de l’école des thèmes et des dates instrumentalisent l’astronomie pour qu’elle vienne corroborer l’importance d’un événement totalement contingent du point d vue astronomique à l différence de l’astrologie mondiale qui elle  est censée partir de configurations astronomiques se formant régulièrement et parfaitement prévisibles.

Mais les astrologues des dates jouent sur les mots : ils vont déclarer que la date d’une bataille est de l’astrologie mondiale, ce qui est faux. Ce qui est de l’astrologie mondiale exige de recourir à des techniques de l’astrologie mondiale et tout ce que l’on peut faire dans le cas d’une bataille, c’est la situer au sein d’une phase mais en aucune façon expliquer que cela devait se produite tel jour en particulier, en laissant croire que l’on pourra faire une prévision avec la même précision. Or, pour faire une prévision, l’astrologue ne peut pas dresser un thème astral puisqu’il n’a pas de date à partir de laquelle travailler sauf si la date en question a été fixée à l’avance par les hommes, comme pour un mariage ou une élection.  Mais s’il se sert des configurations majeures, à savoir certains intervalles entre astres,  il ne pourra en aucune façon  déterminer une date « précise » (cf infra).

Il convient de clarifier ce que nous entendons par configuration astronomique en montrant que ce n’est pas le cas pour un thème astral qui n’existe que par référence à une « configuration » terrestre. Nous durons que cela exige une corporéité. Le passage d’une planéte dans un signe zodiacal ne correspond à cette exigence car une configuration exige de relier deux corps célestes notamment  par conjonction et opposition. (Syzygie) comme  c’est le cas pour les luminaires (Soleil/Lune). Le thème astral ne correspond pas non plus, on l’a dit, à cette nécessité de constituer une configuration.  Autrefois, on parlait de « constellation » pour désigner le thème astral (notamment chez Morin de Villefranche), ce qui ne veut pas dire grand-chose astronomiquement si ce n’est la position des astres pour une date  terrestre. Les planètes ainsi réunies dans un thème ne forment pas plus de structure pertinente que les étoiles réunies au sein d’une même constellation (zodiacale ou  non).

On comprend mieux dès lors les causes profondes de l’hostilité des astronomes envers l’astrologie en ce que celle-ci manie l’astrologie de façon fort cavalière en imposant à l’astronomie  des rapports qui n’ont aucune résonance astronomiquement. Etrangement, il ne semble pas que les astronomes soient parvenus à clarifier suffisamment leur gène à ce sujet.  L’astrologie des phases est beaucoup plus respectueuse de l’astronomie que celle des dates. Certes, l’astrologie de thèmes prend tout le ciel  en considération mais elle institue des liens qui ne correspondent à rien et qui n’ont rien de précis car presque toujours approximatifs. A contrario, l’astrologie de phases ne retient que certaines configurations astronomiques parmi d’autres mais elle ne les invente pas.

On aura donc compris que la question des orbes est au cœur du débat : dans l’astrologie des phases, on a affaire à un continuum, à un processus évolutif qui se poursuit indéfiniment, ce qui relativise l’importance que l’on puisse accorder à quelque date que ce soit. La notion d’orbe ici est assimilable à celle d’aspect, la référence unique étant la conjonction  dont l’astre le plus rapide se rapproche puis s’éloigne ou vice versa.   En revanche, dans l’astrologie des dates, l’on se polarise sur un instant T qui astronomiquement ne fait aucunement sens. On introduit la notion d’orbe pour précisément  donner l’illusion d’une pertinence astronomique en évoquant des configurations qui n’existent pas sur le moment mais ont pu exister ou pourraient par la suite exister. Mais la multiplicité des configurations  envisagées est considérable dans tout  thème, ce qui crée encore plus de confusion.,  C’est pourquoi, même en astrologie mondiale, nous pensons que l’astrologie ne doit travailler que sur un seul cycle, une seule configuration. En tout état de cause, en astrologie DS phases, on doit partir d’une configuration se formant ou se défaisant dans le ciel et non d’une date fixée par ce qui se passe sur terre. On conclura en précisant que la configuration astronomique n’est aucunement censée en astrologie des dates avoir des effets immédiats mais qu’elle couvre un espace avant et après la configuration en devenir (cf. nos textes sur l’astrocyclologie, sur le blog  nofim), que l’on peut appeler « orbe » (cercle autour d’un point).On note qu’une tendance en astrologie mondiale accorde la plus grande importance à la configuration astronomique en considérant, sous l’emprise de l’astrologie des dates, que c’est le moment où se forme celle-ci qui fixe une date alors que  cette configuration génère une phase au sein d’un cycle.. On en arrive ainsi à une astrologie mondiale dévoyée qui ne se soucie pas du suivi des cycles mais  se contente de noter les configurations qui se succèdent non point en tant que pivot d’une phase mais en tant que marqueur d’une date, qui est celle à laquelle se forme la configuration. Ajoutons que l’astrologie des phases, du fait qu’elle  couvre une période assez longue est en mesure d’englober un grand nombre de cas, ce qui rend très improbable que ceux-ci puissent se limiter à un pays donné, elle ne saurait donc impliquer une idée de localisation. Dans la plupart des cas mis en avant par l’astrologie des thèmes, il est aisé de montrer que des thèmes très différents correspondent à des situations fort semblables en des lieux fort dispersés, ce qui rend vaine toute étude d’événements à partir du thème d’un pays donné. Inversement, les astrologues des dates sont intéressés à la localisation  de façon  à éviter que l’on puisse recourir à   notre argument. Ils montrent que de toute façon les évènements que nous voudrions rapprocher différent par tel ou tel détail, tant ils répugnent à mettre en évidence des points communs.  Nous dirons que les astrologues des dates ont tendance à isoler les choses, à les séparer  les unes des autres alors que les astrologues des phases ont tendance à les rapprocher. …

 

 

JHB

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