ressources humaines ou progrés technologique?

Posté par nofim le 17 novembre 2013

 

 

 

Pour un ministère des ressources humaines : autour du  cas juif

Par  Jacques Halbronn

 

 

 

En 1978, nous avions fondé une association ayant pour titre Cercle d’étude et de recherche sur l’identité juive (CERIJ) où l’on s’interrogeait notamment sur la possibilité de constituer ‘l’identité juive autrement que sur le rapport au religieux et à l’histoire biblique centrée sur la Palestine/Israël/ Judée.

Trente-cinq ans plus tard, ces questions restent plus que jamais d’actualité comme en témoigne le débat qui a été organisé le 16 novembre par l’Alliance Israélite Universelle entre Armand Abecassis et Alain Finkielkraut. On nous dit qu’aujourd’hui, cette identité est doublement menacée  d’une part parce que le rapport des Juifs à Israël est mal vu en France en raison du problème palestinien et d’autre part parce que certains rites (kashérisation de la viande, circoncision) sont pointés du doigt par diverses instances notamment au niveau européen.

Sur ces questions, notre position est la suivante et rebondit sur la formule d’Abecassis : on est juif même si l’on ne pratique pas.  Pour nous, l’être juif ne  saurait être réductible à ce qu’on appelle le judaïsme et l’on peut préférer le terme de judéité qui renvoie à une certaine conscience juive qui passe par l’affirmation d’une certaine altérité qui ne doit pas nécessairement se formaliser par une quelconque fréquentation d’un lieu spécifique (Israël, la  synagogue etc.). La condition juive ne doit-elle pas transcender ce que nous considérons pour notre part comme des emprunts, des adoptions (cf. Pierre Monnat. Histoire profane de la Bible. Origines, transmission et rayonnement du Livre saint, Ed Perrin, 2013) Il ne faudrait pas confondre l’œuf et la poule.

Nous préférons insister sur la contribution juive à une culture donné qu’à relier telle culture à la « substance »  juive. Il est clair pour nous qu’il y a une façon d’être juive du fait d’une certaine excellence au sein d’un domaine quel qu’il soit, d’y inscrire une empreinte juive en dehors de toute tonalité définie comme juive. La physique d’Einstein est-elle « juive » ? En ce sens, d’ailleurs, nous rejoignons l’antisémitisme moderne qui a cessé depuis  belle lurette de se polariser sur les « pratiques »  juives et qui a compris que les Juifs avaient une autre dimension pas forcément très rassurante, d’ailleurs (cf. les Protocoles des Sages de Sion, et notre ouvrage paru en 2002, Ed Ramkat,  Le sionisme et ses avatars au tournant du XXe siècle). Ce qu’un Juif apporte dans telle ou telle branche ne se définit pas par le biais d’une « culture » juive. En cela, les Juifs ont une capacité d’intégration en se situant non pas en marge d’une société mais en son centre, non pas à l’arrière garde mais à l’avant-garde.

Il  y a  une judéité qui n’a pas besoin du judaïsme pour exister et pour perdurer par-delà même la conscience juive. On peut penser qu’il y a des Juifs qui ne savent pas qu’ils le sont et l’on sait que la conversion ne met pas fin à cette judéité pas plus que l’on y a accès par une quelconque forme de conversion, si ce n’est par les liens du sang. On peut dire qu’une femme non juive qui épouse un juif convertit à la judéité  les enfants qu’elle aura de lui, alors qu’elle ne fait que se convertir au judaïsme, c’est-à-dire à un certain corpus culturel passé alors que la judéité est une potentialité tournée vers l’avenir, du moins dans notre terminologie qui vaut ce qu’elle vaut mais qui a le mérite de ne pas tout confondre.

Le judaïsme dit laïque auquel nous avons participé pendant pas mal d’années, dans les années 90 notamment,  engage à un être juif ensemble qui ne passe ni par la synagogue ni par un attachement à l’Etat d’Israël.  Il est certes tentant de s’efforcer de formuler clairement ce qu’est cette judéité mais nous préférons à son sujet parle de potentialité, voire de « puissance » (en attente de passer à l’acte à inventer), ce qui passe de fait par une conscience de la contribution juive au monde, notamment depuis le XVIIe siècle (avec Spinoza, voire avec Nostradamus au XVIe siècle (cf. nos travaux à son sujet, dont notre ouvrage paru en 2002 aux ed. Ramkat) et ce jusqu’à nos jours, en passant par Marx ou Freud et tant d’autres figures emblématiques d’une sorte de prophétisme moderne, tout innovateur, tout découvreur, tout créateur  étant en quelque sorte un prophète qui non seulement annonce l’avenir mais bien plus encore  le prépare, le conçoit, l’enfante..

Notre philosophie de l’Histoire met en avant le problème de l’emprunt. Trop souvent,  on confond ce qui est le fait d’un domaine avec ce qui a pu s’agréger à lui (cf. notamment nos travaux en histoire de l’astrologie). Certes, ce qui a été emprunté laisse-t-il des traces au sein du domaine considéré mais cela n’épuise aucunement le sujet.  Pour nous la langue hébraïque peut avoir été empruntée par ceux qu’on appelle les Juifs (même si le terme est tout à fait impropre puisqu’il réfère à une région, la Judée.  Il vaudrait mieux en ce sens parler des »israélites » mais ce terme a été récupéré par le nouvel Etat en  1948, ce que l’on peut regretter et qui n’était pas le seul choix possible pour un Etat qui n’était pas que « Juif ».  Nous pensons que les « Israélites » (pour employer le terme usité dans la diaspora au XIXe siècle) ne sont pas nécessairement liés à la Palestine et d’ailleurs dans la Bible, on parle d’une arrivée dans cette terre (de Canaan) autour du personnage d’Abraham dont la postérité ira  d’ailleurs chercher des épouses ailleurs. Et nous pensons aussi que ces Israélites ne sont pas non plus définis par un quelconque culte. Le passé est le passé.

Les Israélites s’originent, selon nous, dans un passé beaucoup plus lointain que celui qu’on leur attribue et cette ancienneté des sources et des origines vaut dans la plupart des domaines de la recherche historique. C’est ainsi qu’en astrologie, la Tétrabible de Ptolémée  (IIe siècle après JC) est déjà très tardive. L’histoire d’ailleurs n’est épistémologiquement qu’un épiphénomène par rapport à l’objet étudié et nous préférons une approche  sociologique, anthropologique même si elle se nourrit de données historiques qui sont la carte mais pas le territoire, qui ne sont qu’une mémoire éclatée, sous forme de bribes d’information.

Nous pensons qu’au cours du XXIe siècle, les choses devraient trouver de nouvelles formulations. On sait que les hommes et les femmes se définissent par-delà telle ou telle culture. On pourrait en dire autant des « races » qui sont aussi transculturelles. Est—ce à dire qu’il existe une « race » juive ?  Nos travaux sur la cyclologie nous conduisent à penser que l’Humanité n’est pas d’un seul tenant, mais est composée de plusieurs apports dont l’apport « juif ». Mieux on comprendra à l’avenir comment fonctionne l’humanité  dans sa dynamique cyclique et mieux l’on sera à même d’appréhender le rôle de certaines minorités en terme de leadership. Contrairement à une certaine idéologie ambiante le XXIe siècle n’abolira nullement les différences de sexe ou de race mais leur conférera un rôle stratégique, au sens de « ressources humaines stratégiques » comme la catégorie des « génies ». On pourrait donc parler, si  l’on veut, de la « ressource juive » pour désigner le phénomène juif. 

En ce sens, nous pensons que chaque race, chaque genre, chaque « ressource » peut féconder une culture donnée. Il n’est pas question pour nous d’associer  une de ces catégories à telle ou telle culture, à telle ou telle religion, à telle ou telle région du monde. Nous dirons que dans nombre de cas, on peut se contenter de la signature « visuelle », des signes extérieurs de la différence. Mais dans le cas de la « ressource » juive (et la Shoa a considérablement  entamé la dite ressource), c’est plutôt l’Histoire de celle-ci qui fait sens, c’est-à-dire le relevé de la contribution juive au monde même en s’en tenant à la période postmédiévale. Définition « existentielle » si l’on veut, faute de mieux. Il y a là une sorte de paradoxe : il est relativement plus facile de définir de nos jours ce qui correspond à l’apport de la ressource juive au monde alors même que l’on ne peut actuellement préciser ce qui distingue un juif d’un « blanc » (en laissant de côté la question de minorités juive d’autres couleurs) alors que l’on s’interroge sur ce que pourrait  être  l’apport « noir » ou « jaune » au sein d’une société donnée. Il faudrait aussi s’entendre sur le phénomène de ‘ l’arabité. Quant à la question des genres, des sexes, qui semble pourtant  être la plus évidente, elle fait l’objet de dénis et de controverses qui déraient se résoudre et se réduire à l’avenir. En tout état de cause, nous n’avons rien à objecter à une société multiraciale à condition que la race ne renvoie pas, si ce n’est historiquement, à des exigences et des contraintes étrangères à ladite société (cf. nos travaux sur l’immigration, sur le blog nofim et sur les pièges  à éviter). Bien plus, ce sont ces appartenances « factuelles » à  de telles catégories de race, de sexe, de ressource qui doivent converger au sein d’une même société, d’une même culture commune existentielle, à réinventer en permanence par-delà de telles constantes, les cultures n’étant plus dès lors que des variables à la portée, à la signification  toute relative. Il faut une certaine humilité et un certain sens d’une période expérimentale. Il y a des choses que nous ne comprenons pas et qui restent en attente. Le XXe siècle s’est achevé dans l’illusion qu’il avait tout compris au niveau des sciences « humaines » tout comme le XIXe siècle s’était conclu dans l’illusion que la technoscience était pleinement explorée. Le XXIe siècle sera marqué par les sciences du vivant (génétique, ADN, biotechnologie  etc.) et la question des ressources humaines et non plus celles du sous-sol, ce qui ne posera pas les mêmes problèmes écologiques et technologiques. On pourrait envisager un ministère des ressources humaines qui centraliserait tous les dossiers liés à la race, au sexe, à  la culture, à la création individuelle et collective, y compris le cas des langues qui seront aussi à l’avenir un enjeu majeur en termes de ressources, l’aspect économique étant d’ailleurs évident dans le terme même de ressource. Les sociétés qui sauront le mieux gérer et exploiter  leurs ressources humaines  prendront l’avantage au niveau mondial. La notion de ressource humaine (galvaudée par le post de DRH dans l’entreprise) fait pendant aux questions d’équipement technique externe et de gisements énergétiques du sol. Ce champ de recherche est malheureusement en partie bloqué par toutes sortes de tabous. Les sociétés qui sauront échapper  à ces tabous seront favorisées. Dans ce domaine des ressources humaines,  il n’est pas possible de savoir par avance à quoi l’on aboutira, il est possible qu’il y ait de fausses pistes ou des pistes auxquelles on n’aurait pas songé. Mais il n’en reste pas moins qu’il y a des questions en suspens et qu’il faut investiguer, comme on le fait dans d’autres domaines (comme le gaz de schiste, comme l’atome, comme les nanotechnologies, comme les manipulations génétiques, comme l’extraction sur d’autres planètes ou satellites  etc.). Il nous semble essentiel que parallèlement à l’exploration du monde extérieur, l’on se mette plus sérieusement à explorer le monde intérieur au-delà des travaux de la psychanalyse, et notamment sur le plan cérébral, sur nos « scanners » naturels, dans le domaine des neurosciences, de la biodiversité etc. Faute de quoi, nous allons basculer dans un monde de type « matrix ». L’Humanité ne saurait se réduire à  l’équipement externe, elle doit mettre en valeur nos processus organiques et pas seulement les instruments. Nous ne pensons pas que la question des ressources humaines doive se réduire à une distribution des appareillages ! Ceux qui nient l’intérêt de telles recherches  ont tout parié sur le progrès des machines comme solution à la diversité de l’Humanité dont ils entendent  faire – y compris au niveau des genres- un phénomène totalement secondaire et résiduel, voué à se résorber. Il y aura certainement des choix différents selon les Etats et les régions et donc probablement – et c’est probablement souhaitable, de nouveaux clivages prenant la place de ceux qui ont marqué le XXe siècle (rideau de fer  jusqu’en 1989 etc.). Nous pensons qu’en effet, il n’est pas sain que l’Humanité opte toute entière pour un modèle unique, quel qu’il soit. Il est essentiel que se maintienne une certaine diversité des régimes politiques.

 

 

Jhb

17  11  13

 

 

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