Les revues astrologiques de langue françaises au XXe siècle

Posté par nofim le 21 novembre 2013

 

Histoire du Mouvement Astrologique Français

Les revues francophones  d’astrologie et la vie des associations (1926-2000)

Par  Jacques Halbronn

 

Nous poursuivons notre série consacrée à l’Histoire du Mouvement Astrologique Français en nous focalisant cette fois sur les revues astrologiques associatives par opposition aux revues commerciales, encore qu’il ait pu exister des passerelles entre les unes et les autres, comme on le verra. Ces revues sont généralement à petit budget et dès qu’elles revêtent un aspect plus  esthétique, elles tendent à basculer hors du champ associatif même si elles peuvent éventuellement nous informer ponctuellement sur la vie astrologique en reprenant  des communiqués. Les années Trente du siècle dernier voir l’essor de l’astrologie dans la Presse mais c’est aussi parallélement un foisonnement de publications astrologiques artisanales et associatives, ces deux mouvances se rejoignant parfois à l’instar de la revue Destin née avant la Seconde Guerre Mondiale et qui, après une certaine vacance, renait sous la forme d’une revue commerciale. Il est vrai que  l’astrologue a besoin du public pour vivre et cela le conduit à des compromis même quand il se veut guidé par un certain esprit de recherche. Il y a des contingences alimentaires dont on dit que Képler, réformateur de l’astrologie,  fut lui-même l’exemple..

Nous avons déjà effectué un tel recensement des revues et des associations  dans nos Guides papiers (1984, 1994, 1997  etc.) mais nous ne l’avions pas fait sous la forme chronologique ni en recourant aux collections du dépôt légal de Paris(BNF) et  sans  relier le corpus revues au corpus associations.(cf aussi La vie astrologique. Il y a cent ans et années trente-cinquante. Ed  Trédaniel  1992 – 1995)

. Sans le recours à ce corpus de bulletins associatifs, il est en effet à peu près impossible de restituer le cours de la vie astrologique des 80 dernières années, à moins d’avoir accès à des archives  associatives peu accessibles  et rarement bien conservées. Par certains côtés, la présente étude recoupera et complétera nos précédents chapitres de la série/

L’histoire des revues astrologiques est en effet indissociable de celle des associations astrologiques lesquelles sont en quête de supports, qu’elles les créent elles-mêmes ou qu’elles s’y installent à la façon des coucous. On a en effet les deux cas de figure : soit la revue précède l’association ou bien l’inverse. Il existe une sorte d’attraction mutuelle entre ces deux  notions. Il arrive aussi qu’une association ait plusieurs revues successives, comme dans le cas du CIA (puis SFA) qui, tout au long de son Histoire connut, en une trentaine d’années, une succession de supports (Occulta, Astrologie Moderne, Uranie, Les Cahiers Astrologiques, L’Astrologue et Trigone)

On sait que l’activité astrologique tant intellectuellement que socialement ne connait pas de meilleur support que la revue. Toute revue peut receler des informations rarissimes  tant sur l’association avec laquelle elle est liée qu’en se faisant l’écho des entreprises et des projets d’autres associations  astrologiques. On doit constater une certaine connexion au sein du monde francophone, par-delà les frontières du moins en Europe. Les relations avec le Québec sont moins évidentes mais rappelons que Werner Hirsig  et sa femme Huguette iront s’installer au Québec et y joueront un rôle significatif.

Les livres ne seraient donc au mieux que le sommet de l’iceberg et l’on sait que dans les milieux scientifiques, ce sont surtout les articles qui constituent les bibliographies des chercheurs. D’ailleurs, tout ce processus des revues, des congrès et colloques, des cours, des associations avec leur CA, leur AG, leur bureau relèvent d’un évident mimétisme et concourt à forger un sentiment de normalité que nous avons-nous-mêmes fortement contribué à établir au cours des 40 dernières années.

Nous suivrons cet étrange ballet pendant environ 80 ans. Nous avons traité précédemment  la question  pour la période d’avant la première guerre mondiale en notant que les revues se font plus simplement l’écho de la vie associative sans devenir nécessairement des partenaires à part entière.(cf. notre diptyque La vie astrologique 1992-1995 sans oublier le Guide de la Vie Astrologique (1984 et 1994) ni l’Encyclopédie du mouvement astrologique de langue française d’Herbais de Thun (Bruxelles, ed revue Demain 1944)/ Signalons  que la Société Astrologique de France (premier président Léopold Miéville) fondée le 27 avril  1909 déclare avoir pour organe la revue « Edition française de Modern Astrology » (p.352, de M.A.). La revue poursuivra ses parutions jusqu’en 1914 sous le titre de L’Astrologie. Journal d’un Astrologue, ancienne édition française de Modern Astrology (7e année- cette série manque en place  à la BNF). On verra que la SAF renaitra de ses cendres, après la Première Guerre Mondiale  en 1926 (puis après la Seconde Guerre Mondiale, en 1976), sans que l’on sache s’il y a eu ou non continuité entre les deux sociétés

Certaines revues sont à éclipse comme les deux revues fondées dans les années Vingt, Demain et le Bulletin de la SAF. Demain reparait quelques années après la guerre, dans les années cinquante puis à nouveau dans les années soixante-dix, l’association de Brahy ayant entre temps changé de nom et ayant abandonné l’expression « Astro-dynamique ». Il est vrai que le mot Astrologie n’est toujours pas utilisé dans le nom du CEBESIA. Il serait d’ailleurs intéressant d’étudier de quelle façon tant les revues que les associations mentionnent Astrologie dans leurs intitulés. Le nom « Demain » n’est évidemment pas très transparent pas plus que celui d’Astralis ou tous ces titres géométriques (noms d’aspects). En revanche, d’autres optent davantage pour la transparence et on oscille entre Astrologue et Astrologie. Il conviendrait aussi de s’intéresser aux mentions nationales (France, Belgique, Suisse) dans certains cas et beaucoup plus larges dans d’autres (MAU, CIA, RAO etc.). Le cas du CIA est intéressant qui change de nom pour un titre se référant explicitement à la France et même pas à la francophonie ‘(FFA)

 

Nous n’avons pas, en principe, retenu les revues n’ayant pas été liées à des associations et vice versa pas non plus les associations sans revue, ou du moins sans bulletin. . . Nombre d’associations se sont dotées au cours des dernières années de blogs, de sites, alors même qu’elle ne renonçait pas nécessairement  à la communication « papier ».  On pense au RAO, à la FDAF, au CEDRA, à l’AAA (Atelier d’Astrologie d’Aquitaine) entre autres et bien entendu au MAU (devenu La Vie Astrologique) avec son site Teléprovidence (-depuis 2008). Le CURA, quant à lui, est dès le départ crée sur la base du web (dès 1999 avec une partie réservée aux membres de l’association)

Certaines de ces revues ou bulletins n’auront qu’une existence éphémère mais se conformaient souvent aux exigences du dépôt légal, ce qui leur aura permis, parfois, d’échapper à l’oubli, d’autant que ces publications sont souvent matériellement assez fragiles. Nous n’avons pas cru bon de préciser la durée de parution de telles publications sauf dans certains cas dont la longévité nous a paru remarquable et  comportant certaines péripéties. Enfin, il est clair que nous avons concentré notre travail sur les revues astrologiques et non sur des revues où l’astrologie n’était qu’un élément parmi d’autres. C’est pourquoi, l’axe de notre enquête est bien l’association astrologique et non le texte astrologique dont la présence recouvre des supports plus larges…

Nous commencerons notre enquête en 1926-27, à Paris et à Bruxelles. C’est alors que nait la première association belge (francophone), l’Institut  Astrologique de Belgique en 1926 (qui deviendra par la suite, dans les années 70,   le Centre belge d’Etudes scientifiques  des Influences Astrales ; ainsi que le Centre d’Etudes Astrologiques de France, quelques mois plus tard  en cette même année  1926 N°1 Avril 1928

On y lit  page  2  « En juin 1926 se forma à Paris un groupement de quelques personnes s’intéressant à l’astrologie. Sous le nom de Centre d’Etudes Astrologiques de France, il tint plusieurs réunions et créa même un cours lequel n’a jamais cessé de fonctionner. A la date du 24 novembre 1927 les membres du groupement décidèrent de se constituer en Association (.) Les statuts  furent approuvés par l’AG du 5 décembre qui procéda  à l’élection de son bureau et confia la présidence au Lt Colonel Maillaud (…) Le 21 janvier 1928, le CA ayant décidé de changer la dénomination antérieure adopta celle de SAF »

. Ce dernier est en partenariat avec une revue dirigée par A. Volguine, la Revue Française d’Astrologie (on y trouve déjà le même motif en couverture que pour les Cahiers Astrologiques). Mais en changeant de nom pour « Société Astrologique de France (reprenant en fait le nom d’une association fondée en 1909), elle fera désormais paraitre  séparément son propre « Bulletin de la Société Astrologique de France » qui parait dès la fin de 1927.

On apprend par le premier numéro du  bulletin de la SAF qu’elle avait rencontré certaines difficultés (peut être liées à A.Volguine, cf supra)

N°1 Avril 1928

Un peu plus tard, il est fait état de certaines tensions :

Bulletin de la SAF  Janvier 1930  n°7  3e année

« Sous une vague apparence astrologique, un petit groupe mal intentionné s’efforçait de mettre la Société  au service de ses intérêts et n’ayant pu arriver à ses fins fit contre elle durant l’année une campagne de tracts écrits, dactylographiés et imprimés plus ou moins confidentiels (.)Ce fut une joie pour l’ensemble d’apprendre que le poids mort entravant depuis longtemps la bonne marche de nos  travaux disparaissait à la suite des manœuvres louches, débarrassant ainsi la Société. Cette lessive qui se fit d’elle-même fut aussitôt suivie des adhésions de plusieurs hommes de science dont la collaboration ne peut que devenir éminemment favorable à la prospérité de l’Association »

 

Signalons en 1930, la revue L’astrologie et la vie   Janvier 1930 n°1  Anzin (Département du Nord) de G. Décamps, Organe mensuel de l’Institut Astrologique de Paris (IAP) « consacré aux Etudes d’Astrologie Scientifique natale et internationale et aux directives et à la philosophie qui s’en dégagent » en contact avec Bessie Leo et la revue Modern Astrology qui avait connu une édition française avant la Première Guerre Mondiale. Y collaborent A. Volguine et A. Boudineau. On y publie une lettre du président de la SAF, le lieutenant-colonel Maillaud.

 

On mentionnera également Le Chariot, revue mensuelle de psychologie expérimentale et d’occultisme de Georges Muchery  qui débute autour de 1928,  à Paris. A un certain stade (c  1936),  on note que Muchery avait constitué l’Office de Documentation sur les études psychiques et les sciences d’observation, « société amicale sans but lucratif ayant pour objet l’étude scientifique de la personnalité humaine en vue d’une meilleure utilisation de ses possibilités » dont le siège social était le même que celui de la revue. Gouchon et Volguine, notamment, y contribueront dans les années trente

 

 

Les années trente verront naitre plusieurs publications comme celle du  Collège Astrologique de France, intitulée « Sous le Ciel ». et le Bulletin « UFA » de l’Union Française d’Astrologie, présidée par Léon Lasson. On notera aussi que Paul Chacornac lance la revue « Astrologie » dont le rédacteur en chef est André Boudineau lequel deviendra Vice- président de la S.A. F.,    comme il est rapporté dans Astrologie. Quant à Volguine, dix ans après la RFA, il lance des Cahiers Astrologiques en 1938, mais ses liens avec le milieu associatif ne se développeront que dans les années Cinquante (cf. infra). La guerre interrompra cette publication alors qu’en Belgique le sort de Demain est plus complexe. On notera que la revue développe une maison d’éditions du même nom (on l’a vu pour l’Encyclopédie de 1944), ce qui est un phénomène qui se reproduira en diverses occasions (cf. infra). N’oublions pas la revue suisse Destin de  Werner  Hirsig qui commence à paraitre à la fin des années Trente et qui est un mine d’informations sur la vie astrologique dans les années cinquante (cf. infra). Mentionnons encore Astrosophie de Francis Rolt Weeler/ L’association belge et l’association française  publieront des actes de leurs congrès respectifs de  135  et 1937

Ajoutons le Bon Astrologue, fondé en 1937, » journal mensuel  des sciences conjecturales » (BNF 4° Jo 1990) et qui continuera à paraitre après la guerre.

On ne saurait passer, à partir de 1933 sous silence la revue de Maurice Privat, Le Grand Nostradamus, revue illustrée d’humanisme  et de science conjecturale, bien qu’à notre connaissance elle n’ait pas été affiliée à une association. Cette revue réunit en effet des grands noms de l’astrologie de l’époque avant l’apparition des Cahiers Astrologiques. Volguine publie d’ailleurs.

Passons aux lendemains immédiats de la Seconde Guerre Mondiale avec des reparutions de Demain, des Cahiers Astrologiques et de Destin, respectivement à Bruxelles,  Nice et Lausanne. La revue belge Demain, qui avait dû cesser en 1943  sans que cela affecte ses activités d’éditeur (l’Encyclopédie d’Herbais de Thun parut dès  1944) va être publiée à Tourcoing, à partir de 1948 (d’où sa présence au dépôt légal de la BNF  8° Jo 8778). Les livres publiés par les Ed. de la revue Demain  paraissent également aux  Ed. Flandre-Artois, de Tourcoing. Il y a là un partenariat avec l’Institut Belge d’Astrologie de Bruxelles, dirigé par  Gustave-Lambert Brahy.  Interruption de plus de cinq ans indique-t-on en tête du numéro 1 de cette nouvelle série de « Demain. Revue Internationale d’Astrologie » Nouveau démarrage nous dit-on.  Paul Edouard Rayet (ancien responsable de « Prévisions ») succédé au Vicomte  français   Charles Herbais de Thun (mort en 1946). On y apprend que dès 1948 le CIA envisageait la tenue d’un Congrès Astrologique, ce qui ne se  produita qu’en 1953, grâce à l’initiative des astrologues autrichiens.  On lit dans Demain que le CIA  « continue la préparation du Congrès International qui, par suite de circonstances actuelles extrêmement défavorables a été retardé (jusqu’à) la fin de l’année (« Le mouvement astrologique dans le monde) (n°1 p. 26)  Brahy et Rayet représentent     la Belgique au sein de l’American Federation of Scientific Astrologers .

 

 

On  ne doit  pas oublier à la fin des années 40 l’existence d’une Académie Nationale d’astrologie, à Lille (donc proche de  la Belgique à l’instar de Tourcoing)/ Elle sera la première association francophone à organiser un congrès après la guerre (cf. aussi ce qu’en dit la revue suisse Destin).  Lille fut le théâtre des deux premiers congrès astrologiques de l’après-guerre, en 1948 et 1950, comme il est indiqué dans Destin. En octobre 1947 avait été fondée une Académie Française Internationale d’Astrologie, à l’initiative de Paul Dupas, « secrétaire général des Facultés de l’Université de Lille ». Alexandre Ruperti consacre à cette naissance un article dans Destin. En avril 1950, l’Académie tiendra son deuxième et dernier congrès, à Lille, ce sont les Journées Internationales Astrologiques. (cf.  notre étude Souvenirs du milieu astrologique français », site grande-conjonction .org,  2008)

Dans un article consacré à Destin, « agrée par l’Académie Nationale Française d’astrologie », Paul Dupas, son ‘président perpétuel’ nous apprend que son organe est la France Astrologique, depuis juillet 1948, dont nous n’avons jamais trouvé trace. Pendant plusieurs numéros, Destin se présentera comme « agrée » par la dite Académie puis plus rien… Il semble qu’après 1950, l’Académie n’ait plus guère donné de signe de vie à tel point que son souvenir est bien rarement évoqué.

Destin accorde une large place à l’événement, pourtant bien oublié entre temps. On est en janvier 1948: la Faculté des lettres accueille le Samedi 17 des exposés de Julien Duvivier, président du CIA, né depuis peu, en 1946, sur Henri de Boulainvilliers, et de deux médecins de Bruxelles. Le lendemain, dimanche 18, après une séance musicale, à la Salle des Fêtes de l’Université des prix de l’Académie seront décernés par Paul Dupas, puis on écoutera le colonel Roy, de Lille et Louis Horicks

En 1945,  le belge G. Antarés lance la revue Le Verseau,.  « revue d’astrologie scientifique »,à Bruxelles. Il lancera le cercle de La Vigie

 

Toujours en Belgique, parait   en 1949 (associé à  : La Vie Claire)

Le Sagittaire, bulletin astrologique de santé   Direction  N. Sottiau  Paris (BNF  Fol  jo 6158 ), qui devient en 1954  La Revue Astrologique de l’association sans but lucratif Le Cercle  Le Sagittaire  124, rue de la loi. Bruxelles. Rédaction F. Vermeulen.

La Belgique accueille, à partir de  1941,  également Signes du temps  revue d’astrologie  4° Jo 3918   de  Robrecht Bauwens, qui ne semble pas couplée avec une association.

Mais on note la reparution de la Revue Demain, dans les années Cinquante  en tant que « Revue internationale d’astrologie scientifique d’idées  nouvelles et de Culture humaine, d’abord à Tourcoing, en France puis à Bruxelles/ Brahy accepte cette fois d’employer le mot Astrologie en sous-titre.

Dans Destin de 1954 (conservé à la BNF), on apprend la création d’une Académie Suisse d’Astrologie dont Destin devient l’organe officiel de l’association, avec Werner Hirsig et Charles Corthésy

On voit ainsi des bulletins associatifs paraitre parfois de façon autonome, soit au sein de revues qui comptent sur une certaine synergie comme  dans le cas de la revue « Occulta » (de Marguerite Rey, proche de Néroman) qui deviendra, en son quatrième numéro, l’organe du Centre International d’Astrologie Scientifique (CIAS) fondé à Chaville (Seine  et Oise) en 1946 avant que le CIA ne publie son bulletin aux Editions du Nouvel humanisme de son nouveau président, Duvivier (par ailleurs éditeur des manuscrits astrologiques d’Henri de  Boulainvilliers)), le président précédent J. de Niziaud ayant été la cheville ouvrière d’Occulta et devra démissionner- du fait de certaines accusations quant à sa gestion, pour laisser la place à J. Duvivier, fondateur des Ed. du Nouvel Humanisme. Mais très vite, le CIA deviendra son propre éditeur avec  Astrologie Moderne (et Uranie pour un numéro).  Quant au Bulletin du CAF « sous le ciel », il va paraitre, à certains moments, au sein de la revue Astrodicée.(mort de Néroman en 53, année de la mort de Staline.). La revue Astrologie Moderne se fait notamment l’écho en 1953 de la naissance de la Fédération Française d’Astrologie (FFA) présidée par André Barbault et de son congrès de Strasbourg en 1954. Le congrès appartient à une troïka : association-revue-congrès. Mais parfois un des termes de celle-ci n’est pas respecté Ce sera le cas du CIA entre 54 et 74, qui ne voit aucun congrès organisé à Paris même à l’initiative d’associations étrangères  Strasbourg est pleinement international dans sa dynamique  avec comme parties prenantes l’Institut Belge d’Astrologie, la  British Federation of Astrologers, la Kosmobiosophische  Gesellschaft  de Hambourg(qui  sera représentée en 78  au congrès de  Lille avec Edith Wangemann) et bien sûr la FFA, dont l’administration est essentiellement dévolue au Collège Astrologique de France.. On est en pleine fièvre internationale et cela correspond, en astrocyclologie, au passage de Saturne  au début du Sagittaire, au maximum de la phase ascendante.

En réalité ; comme il ressort de l’examen des bulletins, deux autres facteurs doivent être pris en compte, la conférence et le cours. Le modèle associatif fonctionne donc sur ces 5 piliers. Le CIA aura assuré  des rendez-vous réguliers à Paris, en divers lieux,  contribuant incontestablement à la vie astrologique de la capitale et il mettra sur pied, dans les années 60-70 une équipe d’enseignants au sein du CEFA (Centre d’Etude et de formation en Astrologie)

 

 

 

 

En 1959,  le bordelais Georges Dupeyron  lance La Voix des Astres. Organe officiel du Centre Régional d’Astrologie Scientifique et de recherches  métaphysiques Fol Jo 11079   1959  Sa revue reparaitra avec Grande Conjonction près de vingt ans plus tard sous le nom de Cahiers du CRASSO.

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En 1958, un accord va être conclu qui se maintiendra  pendant  dix ans entre le CIA et les Cahiers Astrologiques de  l’ukrainien Volguine qui durera  dix ans. Et en 1968, le CIA se rapprochera des Editions Traditionnelles (anciennement Chacornac, ce qui donne la revue L’Astrologue, dirigée par André Barbault. Mais en raison des dissensions autour d’Ordinastral, Barbault démissionne en 1968 tout en maintenant le cap de sa nouvelle revue. Dans le numéro 1, encore sous allégeance CIA, Barbault déclare : «  Nous avons décidé de lancer un appel international en vue de réunir un nouveau congrès qui serait consacré exclusivement au domaine particulier de notre savoir ». Il faudra attendre 6 ans pour que le projet aboutisse (cf. le même scénario entre  1948 et 1953 , supra)

 

 

 

Dans la  revue de Lausanne  Destin, on apprend que se tint en octobre 1965 le premier congrès astrologique belge – depuis trente ans. A ces « Journées astrologiques de Bruxelles », participèrent G-L. Brahy, Horicks et Michaud, Boris Pâque, André Barbault, Paul Colombet, Alexandre Volguine, Eric Weil, W. Hirsig, venu de son Québec, Mme G. L. Dricot, auteur du Marabout Flash sur l’Astrologie,  Un autre congrès aura lieu à Bruxelles en 1971, compensant ainsi l’inactivité du CIA entre 1954  et 1974/  Les revues semblent une plus grande priorité que les congrès durant cette période.

 

. En 1972, le CIA crée une nouvelle revue, Trigone confiée à  Jacques Berthon mais celui-ci démissionne l’année suivante. de son poste au CIA et passe le relais à  JHB, le nouveau Vice-Président du CIA.

Les années 70 voient également naitre la revue du CEFA, (issu du CIA) « Carré » en 73,  prenant délibérément le contrepied de Trigone et de nature très polémique. (BNF  Jo,18798), sous la direction de Christine Henry. On s’en prend notamment à  Patrice Louaisel (Le Petit monde des astrologues en 1974, n° 7-8) . On y  affirme «  Nous sommes les seuls à avoir une doctrine homogène et globale de l’astrologie » Mais Jacques Berthon en prend aussi pour son grade. C’est notamment les tensions entre Berthon et Nicola qui ont fait imploser le CIA. Rappelons qu’initialement le CEFA  regroupait les diverses tendances de l’astrologie au sein du CIA avant de devenir l’organe exclusif de l’astrologie conditionnalité.

Les deux revues ont  pris un nom d’aspect mais aussi « Conjonction », la revue du MAU, association fondée en 1975 par JHB. C’est en décembre  1975 que se tiendra sous l’égide du MAU le premier congrès francophone qui n’ait pas été initié à l’étranger. Même celui de 1954  à Strasbourg avait son secrétariat à Hambourg.

.Ce congrès eut lieu avec notamment la participation de Brahy et de Ruperti (déjà présent en 74, à Paris, avec le Congrès de l’ISAR (cf la revue Kosmos de cette association), ce dernier allant ainsi initier une relation très marquante avec l’astrologue française, débouchant en 1984 sur la création Xu RAH (cf. infra)

Là encore, le nom de la revue se réfère à un aspect  astrologique, à côté de ceux de Trigone et de Carré. Elle est en partenariat avec le CRASSO de  Dupeyron (c’est-à-dire que certaines pages de la revue sont  sous la responsabilité d’autres associations) et une association astrologique espagnole (ANAE de Blanca  Hernandez). Notons que la revue Conjonction- puis Grande Conjonction paraitre avec l’aide technique de l’association allemande d’Ebertin puis de l’association Nouvelle Acropole.

Quant à la revue  du GERASH, « Astrolabe » de Patrice Louaisel en 74, elle consiste en un  jeu de mots sur Lab pour Laboratoire ayant été initialement l’organe du laboratoire de recherche du CIA. Mais à La Rochelle, Didier Racaud  lance le bulletin de son association le Club des amis de l’astrologie rationnelle : Destinées Fraternelles, à tendance néromanienne (CAF)

En 76  à l’occasion du cinquantenaire de sa fondation en 1926,  la revue Demain reparait,au bout d’une vingtaine d’années à Bruxelles (cf. supra le redémarrage de l’après-guerre à Tourcoing), elle est l’organe du CEBESIA, nouveau nom de l’Institut crée en 1926. (cf. supra). Nous avons contribué à ce numéro 1  nouvelle série. On reprend le sous-titre des années cinquante revue  « astrologique et culturelle » Mais la référence à la Belgique est maintenue comme cinquante ans plus tôt dans le nouveau nom de l’association. Centre Belge pour l’Etude Scientifique des Influences Astrales », titre qui reste marqué par les formulations du début du XXe siècle. Jacques de Lescaut (Schelde) le président de l’association. On y annonce  en 77  (numéro 5) pour juin  78   à Bruxelles un congrès « Pour une communauté astrologique européenne » (CAE). Ce congrès aura en fait lieu en  1980 dans le cadre des activités du MAU et débouchera sur la création d’une Fédération Internationale des Astrologues de langue française (FIALF) dont le secrétariat fut fixé à Luxembourg/

En 76, la revue Destin (International) de Hirsig reparait mais sous une forme commerciale, dans un format proche de celui de revues comme Astres, Horoscope. Geneviève Lefebvre en est la rédactrice en chef (elle est l’épouse de Maurice Calais, responsable d’Astral)

En 78,  l’ARRC de Lenoble publia un cahier comportant la conférence que tenait Irène Andrieu lors du Colloque MAU « La grande Conjonction ». (Texte repris dans « Histoire des  enfants de l’an 2000 » Ed du Rocher, 2011)

, Mais il ne faudrait pas oublier la revue  Sadhak au début de la décennie, qui est l’organe du CIC,  à savoir le Collége International de Cosmobiosophie (Astrologie Scientifique)  de Léon Lasson, qui avait fondé avant-guerre l’UFA. Il semble que le fondateur du CIA en 46, Edouard Conneau-Symours  en ait été le « Grand Chancelier »

En  78, parait la revue Cosmose  de Daniel Verney et Paul Cissou qui sera suivie de la création d’une association du  même nom. Jean Pierre Nicola crée en 1978 avec l’équipe des enseignants conditionalistes du CEFA la revue Astrologique qui paraitra en kiosque à l’instar d’Astrologie Pratique (cf. infra)

 

En 1980, les Cahiers Conditionalistes du COMAC prennent le relais de Carré et vont constituer un ensemble assez considérable de textes jusqu’à nos jours (que nous étudierons globalement dans d’autres travaux en vue d’un bilan d’une telle entreprise). Entre autres en 1986 paraitra   un numéro spécial « La pensée conditionaliste. »Découvrez le nouveau langage de l’astrologie française » nous dit-on. « Astrologie vivante ». En 1980, François Villée crée la revue  Sources et Flammes, (poésie, astres,,  tarot, symbolique), il est président de l’Académie d’Astrologie (AA) fondée avec Claire Santagostini en 1969.

En 1982, Astralis remplace  Astrolabe au GERASH, coupant le dernier lien avec le CIA  tout comme le CEFA  va devenir le COMAC, pour les mêmes raisons.

 

En  86, on notera la parution d’une revue « sidéraliste », organe  de l’ AIERAST Académie Internationale d’étude et de recherche d’astrogie sidérale et traditonnelle, de Marie Delclos qui par la suite sera l’organe de le FAS (Fédération des Astrologues Sidéralistes) avec le niçois Jacques Dorsan, comme président.

En Belgique, en 87, parait la revue Microcosmos de Gemini (Walter) qui se présente comme la filiale belge de la  Fédération Francophone d’astrologie (FFA), alors qu’il n’y a pas de publication de la FFA en France. Nous y  avons beaucoup contribué de textes du fait de la dynamique bruxelloise autour des colloques sidéralistes de Jacques de Lescaut, dont la revue s’appelait Le Ciel Etoilé..

En, 89,  est fondé le  Centre d’étude  astrologique pour la recherche et les études sacrées (CEARES) de Robert Morin, dont les activités sont largement relayées par la revue L’Astrologue d’André Barbault. Il s’agit d’une scission au sein de la SFA. (Ex CIA).

En Suisse, en 89,  Eric Weil,  zurichois installé à Genève, fonde  La Tradition Revue d’astrologie  qui sert aussi de Bulletin d’information du GAP  Groupement d’astrologie prévisionnelle. Cette revue publie des textes en français et en allemand.

En 1988, JHB  décide de relancer le Bulletin de la SAF – qu’il a ressuscitée en  1976 ; lors de la crise du CIA de 74 (cf. notre étude) et cela durera jusqu’en 1994. En 84, naissent à Lyon les Cahiers Michel Nostradamus, de Michel Chomarat, organe de  l’Association des Amis de Michel Nostradamus.

.Quant aux années 90, signalons avec la  fondation du RAO, à Lyon, celle de sa  revue Trois Sept Onze, suivie par la Lettre des Astrologues due à une scission au sein du RAO, ce qui donne naissance à la FDAF présidée par Alain de Chivré. Cette décennie voit naitre aussi les Cahiers du RAMS (Recherche astrologique. Méthodes Scientifiques) dont Francis Santoni est le maître d’œuvre. On s’y fait notamment l’écho de mémoires universitaires.

Pour les années 90, nous avons encore recensé la naissance de la  revue Etoiles, organe de la Société d’Astrologie Neuchâteloise (SAN) de Patricia Bourquin  ainsi que  La Lettre d’Horius La lettre des passionnés d’astrologie traditionnelle   Dijon   1991   1992,  qui sera l’organisme de l’  Association L’Aurige de Pierre Invernizzi.

 

Signalons la revue Dissonance fondée en 1991 par l’équipe d’Astrologie Pratique d’obédience  conditionaliste, revue vendue en kiosque dirigée par Christophe de Cène. Elle était liée à l’AERA  (association d’étude et de recherche astrologique) de Bernard Blancet. Une autre revue conditionaliste, en 1993, Le Fil d’Ariana est le bulletin  interne de l’Association pour la Recherche et l’Information en Astrologie Naturelle de Richard Pellard, à Dijon. ‘En 89,  est créée la  Revue des étudiants d’astrologie structurale (selon l’enseignement de Christian Duchaussoy), dirigée par Patrick Arduise.

Par ailleurs, l’on assiste aussi à une « guerre » autour de la revue Astralis de 1989 à 1995. (cf notre étude sur la crise du GERASH sur le blog nofim)/ Rappelons en simplement quelques éléments : en 86, du fait de la démission de Patrice Louaisel  nous dûmes  accueillir dans nos locaux  des mètres cubes de documents et de matériel de bureau/ En 89, lors d’un référé demandé par le liquidateur du GERASH, nous fumes à titre temporaire chargé de veiller sur les biens en question. Mais par extension, ces biens concernaient, selon nous, le titre de la revue du GERASH, à savoir Astralis  dont le CEDRA avait poursuivi la publication/ Bien plus le nom Astralis était également utilisé pour désigner la branche édition du CEDRA « CEDRA-Astralis’/ Donc, pendant des années, nous protestâmes –d’ailleurs en vain- contre cet usage abusif et prématuré.  A un certain moment deux Astralis paraitront parallèlement. Voilà donc une revue qui sera l’organe de deux associations différentes puisque le CEDRA n’est pas le nouveau nom du GERASH.

Il nous faut dire aussi quelques mots des Editions de la Grande Conjonction, qui portent le nom de la revue du MAU. Ces éditions travaillaient en partie en partenariat avec les Ed Guy Trédaniel qui en 1984 avaient notamment publié le Guide de la Vie Astrologique (GVA)/ En 1991, Michel Gauquelin se donna la mort alors même que nous préparions l’édition d’un de ses livres qui allait sortir en 1992 chez Trédaniel. Les héritiers profitèrent de la situation pour contester le contenu de cet ouvrage auquel nous avions ajouté des annexes (en compagnie de Guy Le Clercq, Bruxelles). On nous reprocha d’avoir tenu des propos trop critiques à l’encontre de Gauquelin, ce qui conduisit à un procès qui se conclut en  1997  à l’encontre des éditeurs avec des sommes  à verser aux ayants droit qu’il leur fallut payer solidairement avec les éditions Trédaniel alors qu’en réalité, Grande Conjonction n’était en pratique que le  nom d’une collection, les dites éditions ayant d’ailleurs réalisé le dépôt légal en leur nom. Par ailleurs, les Ed de la Grande conjonction n’avaient pas participé au financement de l’ouvrage. « Les Personnalités Planétaires ». Il allait d’ailleurs s’avérer que l’ouvrage en question  qui était censé n’exister qu’en anglais était en fait la traduction-adaptation anglaise d’un ouvrage déjà paru en français du dit Michel Gauquelin.

 

Nous n’aborderons pas la situation au XXIe siècle, marquée notamment par l’explision des sites et des blogs astrologiques en ligne, sans parler de la télévision astrologique à partir de 2007. Parmi les rares tentatives papier apparaissant récemment – on ne parle pas ici de la continuation des revues déjà installées avant l’an 2000, signalons en  2002, à Lyon, Maison III, le bulletin du  CEDRA, qui complété la parution d’Astralis et, à Toulouse   Les Pérégrinations de la DCA, «  revue informative, libre, critique et satirique à parution aléatoire mais persistante », en 2009-2010, organe de  L’association pour la défense de la culture astrologique de Sébastien Marc.

Bien évidemment, le contenu des revues  astrologiques s’apparente peu ou prou à de la Recherche (cf. le titre de la revue de Denis Labouré). Certaines revues  s’occupent de faire des prévisions individuelles, ce sont celles qui ont un aspect commercial. Cela ne correspond pas au profil de notre corpus qui est plus théorique, technique, symbolique et historique. Cela dit, on peut penser que la recherche puisse et même doive déboucher sur une pratique, cela aura été notamment le cas de l’astrologie conditionaliste qui aura à deux reprises  conduit à nourrir des revues « grand public » (Astrologique et Astrologie Pratique)/ Force est de constater cependant qu’ au cours de la période couverte, le public n’aura pas, depuis les années Trente, vraiment été interpellé par un nouveau design du savoir astrologique. Le XXIe siècle semble plus prometteur  à  cet égard.

 

 

 

 

 

 

Jhb

20  11   13

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