Pour un recyclage de l’astrologie et des astrologues

Posté par nofim le 22 novembre 2013

Le principe de confirmation en astrologie

Par  Jacques  Halbronn

 

Le proverbe dit « une hirondelle ne fait pas le printemps », ce qui nous renvoie au cycle des saisons. Les astrologues respectent-ils un tel avertissement ? On peut en douter tant la plupart des pratiques astrologiques semblent s’inscrire dans l’unicité (« une » hirondelle) plus que dans la répétition. C’est pourquoi nous entendons mettre en avant un principe de confirmation.

Par-là, nous affirmons que toute vérification, toute validation passe par un processus de confirmation. En fait, cette confirmation implique un renforcement de tendance et pas seulement une répétition de même intensité, dans la mesure où  le temps passe.

Une prévision ne saurait donc être ponctuelle mais impliquer une dynamique en train de se déployer, de se développer, qu’elle aille dans un sens ou dans un autre, vers le printemps ou au contraire l’automne pour filer ce type de comparaison symbolique.

Ce principe permet à l’astrologue une approche progressive de l’acte prévisionnel et l’invite à capter les signes avant-coureurs.

En tout état de cause, on est en face d’une sorte de sablier qui s’écoule mais à qui à certains moments se recharge après s’être vidé et ainsi de suite. Cela évitera à l’astrologue de prendre des vessies pour des lanternes, ce qui est précisément le sens de l’adage que nous avons cité en exergue. On ne vend pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué !

Dans de précédents textes (cf. le blog nofim),  nous avons souligné la signification des échecs mais pour savoir s’il y a eu échec, il faut un peu de temps et un succès immédiat peut tout à fait, en attendant un peu, se transformer en déception. Celui qui est pressé est celui qui ne veut pas courir le risque que l’entreprise annoncée  pourrait échouer. On ne peut pas en effet empêcher les gens de faire fausse route. Ce serait trop beau si nous étions incapables de nous tromper parce qu’un clignotant nous l’indiquerait ; nous épargnant ainsi  la déconfiture, la défaite. Donc avant de chercher dans les astres une confirmation de ce qui se passe, il vaudrait mieux s’assurer que cela ne va pas avorter. Il y a des naissances mais il y a aussi des fausses couches dans la vie. Pour nous, nous préférons  opposer ce qui est astrologique et ce qui ne l’est pas plutôt que d’introduire dans le modèle astrologique  des  forces antagonistes qui se combattraient en un même instant T.

Notre dialectique est plus subtile. Pour s’assurer que l’on est en bonne voie, il importe d’attendre confirmation sinon on engage les gens à persévérer dans l’erreur et cela aboutit à des prises de conscience par trop tardives et ô combien couteuses, du fait de l’incurie de l’astrologue, de son imprudence. Qu’est-ce qu’une confirmation sinon un faisceau de « preuves » allant dans le même sens ?  L’astrologie n’a donc aucun intérêt à tenir un discours brouillé et embrouillé. Elle doit dire qu’ici est la voie de l’astrologie et là celle des égarés, qui déraillent. L’astrologie en aucune façon ne saurait prévoir que quelqu’un va se tromper mais elle peut indiquer quelle est la voie juste, l’autre voie par définition ne l’étant pas, sans qu’il soit besoin que l’astrologie comporte, englobe l’erreur dans son propre modèle, ce qui compliquerait singulièrement celui -ci !…

Autrement dit, il importe de savoir ce qu’on attend et d’en capter les prémisses et de ne pas changer son fusil d’épaule au moindre vent contraire Bien des astrologues ne sont que des girouettes et les thèmes ont bon dos pour justifier les retournements de veste successifs. Etrangement, ces astrologues qui manient de grands cycles vivent en réalité à la petite semaine voire au jour le jour !

Selon nous, on l’aura compris, on est dans un continuum et le glissement s’opére progressivement et ne cesse jamais.  C’est  la quantité de signes qui compte et non la qualité d’un seul et unique signe que l’on isolerait. En astrologie, ce qui est unique ne signifie rien. On ajoutera que l’astrologue se doit de donner des repères et indiquer  approximativement à quel moment  l’on basculera d’une phase ascendante à une phase descendante et inversement, sans que cela se fasse de façon soudaine. Ce qui est perçu comme soudain  tient à ce qu’on n’aura pas vu les choses venir. La soudaineté est une illusion, le fait de l’imprévision.  Une saine astrologie n’a que faire des événements imprévus et imprévisibles. Il est vrai que de l’extérieur, on ne voit que le sommet de l’iceberg, on ne perçoit pas ce qui a précédé et préparé. Mais est-ce que l’astrologie doit s’aligner sur une perception profane et superficielle des choses ? L’astrologie n’a pas à se mettre au niveau des ignorants qui ne retiennent que peu de choses et qui veulent que le peu qu’ils sachent soient forcements déterminant et décisif.

Certains astrologues ironisent sur les prévisions  vagues. Mais quand un passant nous demande une direction, un simple geste suffit à l’orienter correctement. Après, il se débrouillera tout seul.  Ce qu’on attend de l’astrologue, c’est que même sommairement il indique la bonne direction, c’est-à-dire celle qui correspond au cours actuel des choses. Or, trop d’astrologues en sont incapables et indique une direction qui n’est pas la bonne, même si sur le moment on peut croire que c’est ça !  Il est plus facile d’avoir raison à court terme qu’à long terme car à court terme, il y a toujours quelques éléments qui vont à contre-courant et qui peuvent sembler confirmer un pronostic ou un diagnostic. C’est cette ambivalence- la cohabitation du vrai et du faux-  qui donne si souvent à l’astrologue  l’illusion d’avoir vu juste :

Voilà pourquoi, nous prônons l’adoption d’un discours extrêmement clair au niveau « directionnel » : est-ce que cela monte ou est-ce que cela descend ? Or, pour cela il faut disposer d’un modèle fiable et viable dans lequel l’astrologue puisse avoir confiance.

Nous terminerons par cet avertissement à l’intention de la communauté astrologique. Si vous pensez que la cyclicité n’est pas que pour les autres mais aussi pour vous – mais on sait que les cordonniers sont les plus mal chaussés- il faudrait commencer à vous demander s’il n’est pas temps de repartir sur de bonnes bases qu’il sera bien assez tôt par la suite de complexifier. C’est au retour périodique au « théorique » que nous invitons les astrologues car la théorie est le tronc et la pratique le feuillage et quand les feuilles tombent, le tronc reste. Pour mille praticiens, il y a un théoricien. Il convient que la communauté astrologique commence à comprendre que ce qui permet de se libérer d’une pratique, c’est le retour au théorique. En effet, l’intelligence humaine n’est critique et lucide qu’au niveau structurel et elle est démunie face à la complexité qui est le propre même de toute pratique. On ne sort d’une pratique que par la voie théorique. Faute de quoi on peut en rester prisonnier indéfiniment. Nous observons que le niveau théorique des astrologues stagne, se dégrade et que c’est une fuite en avant dans la pratique qui est la fin d’un cycle et non son commencement.  L’apport de toute nouvelle théorie tient notamment au fait qu’elle rassemble, qu’elle aplanisse le fossé entre les générations – les anciens et les nouveaux venus, ce qui permet de renouveler le recrutement- comme le fait d’ailleurs le progrès technologique qui empêche la routine.  Nous voyons le milieu astrologique comme extrêmement frileux, comme se repliant sur une sorte de consensus mou, où face à une pratique déliquescente  chacun fait sa petite cuisine personnelle, ce qui n’a strictement rien à voir  avec la solitude du théoricien et du chercheur car celui-ci  dispose des clefs pour ouvrir les portes d’une pratique empoisonnante et qui a perdu le contact avec ses principes et sa source.  Chaque nouveau cycle exige et permet  d’accéder à un nouveau modèle qui pourra être aisément confirmé  collectivement, forgeant un nouveau consensus qui constituera un nouveau point de départ. Il faut un lâcher prise d’un savoir-faire obsolète qui finalement est plus le fait de l’astrologue que de l’astrologie. Or, quand une théorie ne se survit que par le truchement de ses praticiens et non par sa dynamique, sa cohérence propre, elle n’est plus qu’en sursis. Le milieu astrologique est de plus en plus féminin et l’on sait que le grand ennemi des femmes c’est la force de l’habitude (cf. Gilles d’Ambra. Petit précis de psychologie masculine à l’usage des femmes qui aiment encore les hommes, First Editions, 2006).  Elles ont  trois solutions : soit, elles persévèrent dans la même pratique, soit elles passent à un nouveau modèle astrologique, soit elles passent à autre chose, se vident de leurs acquis, ce qui serait probablement d’ailleurs la meilleure solution pour tout le monde car les plaisanteries les meilleures sont les plus courtes. Dans une vie de femme, il ne semble pas que la routine – le disque rayé-  qui  se poursuit indéfiniment pendant des décennies soit la meilleure façon de vivre. Faute de pouvoir faire évoluer leur rapport à l’astrologie, la plupart  d’entre elles feraient donc  beaucoup mieux  de se recycler. D’ailleurs, si elels ne faisaient pas, elles auraient montré qu’elles n’ont strictement rien compris  à la notion de cyclicité ! La roue tourne.

 

 

 

Jhb

21  11  13

 

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