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Evolution des significations des maisons astrologiques depuis l’Antiquité

Posté par nofim le 26 novembre 2013

 

Le passage de 8 à 12 significations des maisons astrologiques

Par Jacques Halbronn

 

Rappelons la série latine des douze maisons :

« Vita, lucrum, fratres, genitor, nati, valetudo, uxor, mors, pietas, regnum, benefactaque carcer »

Elle recoupe grosso modo les descriptions actuellement en vigueur dans la tradition astrologique ordinaire.

Il existe une série plus courte assez proche, figurant dans la Mathesis de Firmicus Maternus, au Livre II, au génitif et non plus au nominatif:

« Vitae, spes, fratrum, parentum, filiorum, valitudinis, coniugis, mortis »

Des synonymes évidents : nati et filiorum, c’est-à-dire les enfants, uxor et coniugis, le conjoint, genitor et parentum : les parents (géniteurs) et une différence notable : spes, l’espoir pour la maison II au lieu de lucrum. Et bien entendu, les 4 maisons après « Mors » qui ne figurent pas dans la Mathesis. –

On peut scinder cette série de 8 en deux temps : les quatre premiers mots qui concernent la venue au monde, les frères et sœurs, les parents et les quatre derniers qui touchent à l’âge adulte quand on fait des enfants, que l’on se marie, que la santé décline, et au bout, la mort. Au vrai, on ne voit pas bien ce que Lucrum vient faire en maison II, dans le contexte de l’enfance ! On nous répondra que cela a à voir avec le signe du taureau mais un tel rapprochement est problématique puisque nous travaillons ici sur une structure à 8 qui n’est pas superposable avec le zodiaque. On nous objectera que lucrum figure dans la série à douze maisons mais à l’évidence, cette série 12 est issue de la série 8.

Selon nous, on aura ajouté 4 mots pour arriver à 12 de façon à s’aligner justement sur les 12 signes ou les 12 mois. Mais on aurait été mieux inspiré de reporter la Mort en maison XII car cette mort en VIII ne tient pas debout dans une série à 12, tout comme Saturne ne peut pas correspondre à la mort si l’on ajoute des planètes transsaturniennes, ce qui conviendrait mieux à Pluton, l’astre le plus éloigné mais l’on sait que son statut est désormais assez bancal.

On sait par ailleurs qu’il a existé un dispositif à 12 maisons qui ne se référait pas à la liste en question (cf. Manilius, Ptolémée mais aussi la Mathesis qui le mentionne par ailleurs). Dans la Tétrabible (IIe siècle de notre ère), la série de 8 mots pas plus que celle de 12 mots n’est mentionnée alors qu’elle nous est pourtant devenue si familière !

Que nous dit à l’IIIe Chapitre du Principium Sapientiae Abraham Ibn Ezra (cf. notre édition, chez Retz en 1977, pp. 136 et seq) ?

I la vie

II l’avoir et l’acquisition

III les frères, les sœurs

IV le père

V Les fils

VI la maladie

VII les femmes

VIII la mort

IX l’esprit

X les rois

XI l’honneur, l’espérance, les amis

XII la prison

Que dit Abenezra dans son commentaire (Liber Rationum) du dit Livre III (pp.261 et seq)? On notera simplement que le commentateur s’efforce de justifier un tel agencement et ne note aucunement la solution de continuité. On peut donc dire qu’au XIe-XIIe siècles, en Espagne, le dispositif que nous connaissons de nos jours s’est devenu classique alors qu’il n’est pas exposé du moins sous la forme 12 dans la Mathésis et pas davantage chez Manilius ou dans la Tétrabible. On notera que la maison XI de la série 12 a récupéré l’espoir de la maison II de la série 8, ce qui correspond à un certain réaménagement qui selon nous dénature la progression de la série. On a là une sorte de dispositif ternaire qui nous fait songer à l’addition de transsaturniennes (cf. le RET de JP Nicola) et qui vient remplacer un dispositif binaire. Nous pensons qu’il serait bon pour les amateurs des maisons astrologiques, de rétablir la correspondance de la maison II avec l’espérance, et il est vrai que l’enfant qui nait focalise des attentes quant à son devenir, ce qui fera pendant à ses réalisations dans le deuxième temps.

On rappellera que le tarot a emprunté à la série 12. Par-delà la mort qui se retrouve, on a la IX, qui est le pouvoir spirituel le pape, la X, c’est l’empereur, qui est le pouvoir temporel, la XI et la XII sont à l »évidence une maison très bénéfique et une autre très maléfique, ce qui est influencé selon nous pat l’autre série, celle de la Tétrabible et de l’Astronomicon de Manilius avec les maisons succédentes de la Déesse, du Dieu, de la Bonne Fortune et du Bon Démon et les maisons cadentes : Porte d’en bas ou Anaphore . Le lieu qui se trouve à l’opposé de ce signe (..) est appelé Epicataphore. Les derniers lieux sont ceux de la Mauvaise Fortune et du Mauvais Génie » Donc la XI est succédente donc favorable et la XII cadente donc défavorable.

En gros, les quatre dernières maisons sont reprises de la série 12 initiale, et seules les 8 premières maisons sont issues de la série 8.

On nous objectera que la IX qui est cadente devrait être mauvaise mais il est probable que sa proximité avec le Milieu du Ciel ait joué et de toute façon, l’ »on pourrait épiloguer sur l’opposition entre la vie dans les monastères, qui exige en principe un certain dénuement et la vie dans les palais.

Quant au rapprochement entre les 12 signes et les 12 maisons, il a certainement influé tant sur la définition des signes que des maisons. Initialement, il n’y avait évidemment aucun lien entre les deux séries, quand l’une était à 8 facteurs et l’autre à 12. On sait qu’un tel processus d’intégration autour du 12 est à l’origine du dédoublement des domiciles, de façon à ajuster le septénaire sur le zodiaque si ce n’est qu’avec l’émergence progressive (une par siècle) des planètes au-delà de Saturne, il a fallu détricoter les doubles domiciles qui étaient eux-mêmes le résultat d’un réajustement. Et les astrologues se retrouvent ainsi avec un dispositif asymétrique puisque les deux transplutoniennes n’ont pas été mises en place et on a donc un système bâtard avec Mercure et Vénus qui gardent leurs deux domiciles alors que Mars, Jupiter, Saturne et les luminaires n’en ont qu’un. C’est dire que le modèle à base 12 aura joué un rôle déterminant dans la genèse de la « tradition » astrologique actuelle et que l’on ne peut écrire l’Histoire de l’Astrologie sans en mette en évidence les perturbations produites…

 

 

24. 11 13

JHB

 

 

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