Le leurre des nouvelles planètes en astrologie contemporaine

Posté par nofim le 29 novembre 2013

 

Les octaves supérieures des trois transsaturniennes : le mic mac

Par  Jacques  Halbronn

 

On sait que le souci des astrologues des XIXe et XXe siècles aura été d’intégrer les planètes nouvellement découvertes au sein du dispositif planétaro-zodiacal appelé  « Dignités », « Maîtrises », « trônes » etc.

Il serait illusoire de croire qu’une seule solution a été trouvée ou que celle qui a fini par s’imposer est nécessairement la plus évidente. On peut se demander si cette affaire n’a pas lesté l’astrologie moderne d’un poids supplémentaire, comme si sa situation n’était pas déjà assez délicate  quant à son statut épistémologique, si cela n’a pas contribué à brouiller son image. (cf. Mathématiques Divinatoires, Ed  La Grande conjonction-Trédaniel, 1983)

Encore dans les années cinquante-soixante,  on pouvait lire qu’Uranus était l’octave supérieur de Mercure, Neptune celle de Vénus et Pluton celle de Mars. Bien plus que des raisons liées à une quelconque observation, on se rend compte très vite qu’on est en face d’un agencement structurel, à savoir que les trois planètes sont disposées selon leur éloignement croissant du Soleil par rapport aux trois planètes qui se succèdent à partir des deux luminaires

Or, un autre discours nous déclare qu’Uranus va occuper un des  (doubles) domiciles de Saturne, Neptune l’un de ceux de Jupiter et Pluton l’ un de ceux de Mars, comme dans le précédent dispositif, ce qui est donc le seul point commun entre les deux séries. Le raisonnement est symétrique par rapport au précédent, on part d’en bas au lieu de partir d’en haut,  on prend donc Saturne, Jupiter et Mars au lieu de Mercure, Vénus et Mars

Lequel des deux systèmes est le « bon » ou faut-il combiner les deux, ce qui éviterait qu’il y ait des « trous »  soit en haut, soit en bas  puisqu’il n’y a pas assez de nouvelles planètes disponibles ou du moins prises en compte par les astrologues qui se résignent, apparemment,  à quelque chose de bancal ?

Uranus serait-il à la fois mercurien et saturnien  Neptune à la fois vénusien et jupitérien alors que Pluton serait uniquement martien ?

Ne parlons pas des exaltations des nouvelles planètes. On nous dit dans les manuels qu’Uranus est exalté en scorpion, Neptune en lion mais pour Pluton, on ne s’avance pas trop et il n’ya âs de consensus, à  notre connaissance.  Mais prenons le cas d’Uranus. Il semble bien que la seule raison de l’attribution au scorpion  tienne au fait que Saturne soit exalté en balance, le signe d’à côté – (sur le modèle de Saturne en domicile en verseau à côté du capricorne). En revanche, pour Neptune en Lion, on ne voit pas trop bien si ce n’est qu’il jouxte Jupiter exalté en cancer, tout comme Neptune prend un des domiciles de Jupiter, en poissons.  Quant à Pluton, si l’on sut ce même type de raisonnement, il devrait être « logiquement » attribué à côté du Capricorne, lieu d’exaltation de Mars, ce qui donne le verseau, tout comme Neptune occupait e lion après le cancer et Uranus le scorpion après la balance. Mais cela donnerait au Verseau le domicile d’Uranus et l’exaltation de Pluton. On a peu entendu parler d’une telle solution qui s’impose pourtant logiquement. Deux puissants patrons pour l’Ere du Verseau !

On s’aperçoit  à quel point on est là dans un domaine éminemment spéculatif  bien plus qu’expérimental . On a l’impression que tout l’enjeu de l’astrologie serait de prouver que ce qui obéit à une certaine forme de géométrie refléte la réalité, en serait la clef.

Quant aux commentaires des astrologues lors de la découverte de ces planètes (cf. La Vie astrologique, il y a cent ans et années trente-cinquante, Ed  Trédaniel-La Grande Conjonction,  1992 1995), ils auront été marqués par des événements politiques et non, comme le prétendent de nos jours tant d’astrologues par des avancées idéologiques. Uranus c’est d’abord la Révolution Française  qui survient 8 ans seulement après sa découverte par Herschell alors que Pluton (découvert en 1930) ce sont les années  qui correspondent  à ce qui conduit à la Seconde Guerre Mondiale, à commencer par le nazisme. (F. Brunhübner, La nouvelle planéte Pluton). Quant à Neptune, il est très proche de la vague révolutionnaire de  1848 qui fait suite à sa découverte deux ans plus tôt.

On pourrait aussi s’arrêter sur les noms mythologiques associés à ces trois planètes. Pourtant, Saturne clôturait la série et son iconographie l’associe à la Mort, donc à la Fin, symboliquement. On notera que cela ressemble à ce qui s’est passé pour les maisons astrologiques avec l’addition de 4 maisons au-delà de la maison VIII de la Mort. Si Uranus est le père de Saturne, en revanche,  Neptune et Pluton sont les frères de Jupiter, ce qui peut sembler incongru. Uranus pouvait à juste titre apparaitre comme un élément manquant du puzzle, en remplaçant le 7 par le 8 (cf. Clefs pour l’astrologie, Ed Seghers, 1976). Mais ensuite, les dénominations mythologiques  ne riment plus à grand-chose.

Au début, d’ailleurs, les astrologues ne déclaraient nullement que ces planéte pouvaient s’intégrer dans un thème,  On parlait à leur sujet de  planètes transpersonnelles. Mais si ces planétes correspondaient en effet à des cycles de plus en plus longs, en revanche, il était aisé de les intégrer au sein d’un  thème astral, ce qui correspond à un véritable creuset (melting pot) notamment du point de vue des directions primaires très à la mode  jusque dans la première moitié du XXe siècle, lesquelles directions confèrent à toutes les planètes un même « pas ».  Cela dit, au niveau cyclique, la prise en compte de ces trois planètes et notamment des combinatoires entre celles-ci,  allait entrainer l’astrologie dans la longue durée et surdimensionner la perception de  l’importance des événements. Au lieu de disposer d’un cycle saturnien –ou même jupitéro-saturnien- aux récurrences assez brèves on basculerait dans des configurations beaucoup plus rares ne permettant guère  de recoupements sur de longues périodes et donc en très petit nombre, ce qui ne pouvait qu’hypothéquer tout travail quantitatif au  niveau cyclique et pénaliser durablement l’astrologie mondiale en dépit des apparences, ce qui allait pousser aller à la faute plus d’un qui serait en quête d’événements titanesques au lieu de s’en tenir à des changements  de faible amplitude,. On passait ainsi d’une astrosocologie à une astroHistoire (cf. Les astres et l’Histoire d’André Barbault,  Ed JJ Pauvert, 1967).

 

 

 

 

Jhb

27. 13 13

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