La notion de commentaire astrologique

Posté par nofim le 11 décembre 2013

 

 

Astrologie et Linguistique : le modèle et son commentaire

Par Jacques  Halbronn

 

On a pu croire que nous méprisions le fait que l’on se serve de l’astrologie « après coup », post eventum.  En fait, il importe de nuancer une telle impression. Car ne pas admettre le commentaire signifierait que la prévision astrologique n’en aurait pas besoin du fait de la précision extrême de son propos. Ce qui est aux antipodes de notre épistémologie de l’astrologie.

Bien au contraire, le commentaire libère l’astrologie d’un excès, d’un impératif de précision. Au vrai, l’astrologue a parfaitement le droit de commenter son pronostic, de l’expliciter tant justement son modèle est général et même relativement abstrait.

En revanche, ce que nous réprouvons vivement, c’est le fait que le modèle lui-même soit élaboré après coup ! On aura compris, espérons-le, ce que nous voulons dire par là, à savoir la confusion entre le signifiant et le signifié. Le modèle est le signifiant et le commentaire est le signifié.

Prenons un thème natal (ou plus largement « astral », de RS, d’éclipse, d’ingrés etc.), est-ce du signifiant ou du signifié ? En fait, nous dirions que c’est un objet hybride, genre chauve-souris. Il     y a là comme  une sorte de tour de passe-passe, de bonneteau. Il court, il court, le furet !

En apparence, on pourrait croire que le thème est de l’ordre du signifiant et d’ailleurs ne dit-on pas que l’on « interprète » un thème. Les naïfs pourraient croire que le thème est un objet  bien défini alors qu’il n’en est strictement rien. Ce serait plutôt un objet non identifiable !

Le terme « interprétation » quand il s’agit du thème revêt un sens très particulier. Si l’on dit par exemple que l’on traduit un texte, l’on ne s’attend pas à ce que ce texte de départ change si ce n’est par le biais de l’acte même de traduction.  D’ailleurs un texte peut être diversement traduit mais sa matrice ne change pas.

Or,  il n’en est pas de même pour cet étrange et indéfinissable objet qu’est le « thème astral » !  Nous prendrons l’exemple du corpus Nostradamus quand il est traduit dans une autre langue – ce fut dès 1594 en latin (dans la Première Face du Janus François de J. A. de Chavigny/ Le commentateur  va gloser sur une traduction du français dont il est parfois l’auteur. Ce traducteur-commentateur est un personnage redoutable qui contrôle tout le processus. En effet, il va commenter un texte qu’il s’est déjà, peu ou prou, autorisé de rendre à sa façon et de préférence dans le sens de son commentaire, tant et si bien que la traduction elle-même est déjà un commentaire qui se suffit à lui-même. Eh bien nous dirons que l’astrologue ressemble comme deux gouttes d’eau à un tel personnage : il commente un texte- le thème est un texte- qu’il a lui-même refaçonné en vue de son interprétation ou si l’on préfère il a redisposé le « texte » qu’est le thème pour les besoins de sa cause, c’est-à-dire de ce qu’il entend faire passer. C’est comme s’il réorganisait le texte, lui-même, comme si ce texte était à géométrie variable, qu’il le tordait dans le sens qui lui seyait. Autrement dit, le thème est un objet instable qui est fortement à la merci du « sujet », c’est-à-dire de son lecteur.

En d’autres termes, l’enseignement de l’astrologie consiste à former des « tricheurs ».

Pour mettre fin à  de telles dérives, au nom d’une véritable déontologie de l’astrologie qui devrait commencer par dénoncer le procédé même du thème astral – au lieu d’en faire le fondement de l’honorabilité de l’astrologue ! –nous avons demandé à ce que l’objet astrologique soit fixé et figé  une fois pour toutes, en tant que signifiant à telle enseigne que cet objet ne change pas, en dehors de sa propre dynamique interne qui est, elle-même, mue par des changements récurrents. Rien de nouveau sous le Soleil, dit l’Ecclésiaste. Il n’  a donc aucun risque de manipulation du « signifiant’ astrologique, plus question d’une myriade de thèmes qui évoluent en permanence de surcroit en dehors même de la diversité même de leur structure  interne.

A partir de là, il est loisible de réfléchir sur l’interprétation de l’objet en question selon les divers contextes où l’on se trouve, c’est-à-dire sur la variété même des signifiés se référant à un signifiant unique et ne se prêtant à aucune manipulation et gesticulation.

Ce commentaire, on l’aura compris, permet d’ajuster le modèle unique à une situation x ou y mais au niveau du signifié, non du signifiant dont on a dit qu’il ne doit se prêter à aucune manœuvre. Le signifié est l’interface entre le signifiant et  un certain réel brut.

Si l’on considère le cas de l’Astrocyclon qui illustre notre propos en tant que modèle universel et invariable dans ses propres variations, c’est-à-dire le cycle de 7 ans,  lequel se reproduit plus de  douze fois par siècles, il est évident que ses effets varieront bel et bien d’une fois sur l’autre et on ne pourra  annoncer par avance qu’un certain nombre de généralités qui prendront tout leur sens après coup. Mais les centaines de « faits » qui seront ainsi rapprochés comme correspondant à une même phase, à un même stade de l’Astrocyclon,  devront entretenir entre eux des similitudes en profondeur, ce qui peut ainsi sous-tendre un traitement statistique de l’Astrocyclon lequel est rendu impossible par la production d’objets astrologiques variant à l’infini, en tant que signifiants, les combinatoire s au sein du thème composant autant de signifiants distincts..

On  résumera par cette formule : commenter le modèle, oui, l’augmenter, le triturer, le trafiquer pas question !

C’est dire que nous ne dénigrons nullement l’art du commentaire honnête qui prend la mesure de la diversité  inouïe des éventualités et qui ne vise nullement à les expliciter dans leurs particularités, en dressant le thème du lieu considéré, le système des maisons ayant pour principale utilité de générer des « thèmes différents » pour une seule et même heure, du moment que le lieu n’est pas le même. Les maisons démultiplient le thème, en introduisant la longitude et la latitude. Bien évidemment,  le dressage des maisons est un des vecteurs permettant de transformer ce signifiant qu’est le thème. Au vrai, d’aucuns diront même que le thème, ce sont d’abord les maisons et d’ailleurs le mot horoscope désigne les « maisons de l’horoscope », c’est-à-dire calculées ou dérivées de la position de l’ascendant –(ou horoscope) Comment donc pourrait-on dès lors attendre du thème qu’il soit « fixe » ? Mais même dans ce cas,  la tentation est grande de l’orienter à sa guise pour lui faire dire ce qu’on veut lui faire dire et non ce qu’il a réellement à nous dire, étant entendu que l’astrologue aurait toute légitimité à faire dire au thème ce que l’on sait ou croit savoir du réel, en un instant T…

Avec l’Astroclon, on passe bel et bien de l’infini au fini tout en admettant que ce qui est fini en tant que signifiant puisse correspondre à une infinité de signifiés.

 

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JHB

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