Les femmes et l’impérialisme masculin

Posté par nofim le 22 février 2014

 

L’Humanité androgyne face à l’individu  sexué

Par  Jacques  Halbronn

 

Ce qui est vrai à l’échelle d’un groupe ne l’est pas nécessairement à celle de l’un de ses membres. Or, nombreux sont ceux qui jouent sur cette ambiguïté qui veut que par Homme, l’on désigne à la fois un ensemble et un élément du dit ensemble comme si chaque élément de l’ensemble, sur une base quantique, était identique à l’ensemble  pris dans sa globalité ;

Si l’on prend le cas de la dialectique du masculin et du féminin,  une chose est de l’appréhender au niveau macro et une autre au niveau micro.

Si nul ne saurait contester que notre présente Humanité est constituée d’hommes et de femmes, cela ne saurait pour autant- comme semble avoir voulu le  faire Jung qui  parle  justement d’un Inconscient Collectif- prouver que chacun de nous serait à la fois homme et femme ; Jung semble avoir confondu ces deux plans du général et du particulier, ce qui d’ailleurs l’oppose peu ou prou à Freud. Jung serait donc responsable d’une certaine confusion des genres qui sévit présentement avec sa caution.

Ce phénomène de confusion des plans, des niveaux on l’observera également en astrologie quand on dresse une carte du ciel  pour la naissance d’un individu donné alors que le ciel  correspond, tout au plus, au collectif, l’individu n’étant qu’un élément en son sein. On observe donc cette tendance à mélanger ce qui est vrai pour un tout et ce qui l’est pour une partie de ce tout. En ce sens, nous ne cautionnerons pas les idées quantiques au regard de l’Histoire, de l’anthropologie même si dans la Nature, il y a en effet un processus quantique à l’œuvre. L’Histoire génère une « seconde nature » qui vient se superposer à la Nature première des choses. En bref  les membres de l’Humanité ne sont pas nécessairement semblables. Certes, nous sommes conscients de ce qui s’est passé au siècle dernier, au nom des différences. On pense à la Shoah, à l’apartheid, aux guerres civiles, tribales ; Mais s’il est une différence que l’on ne peut abolir, à coup de décrets, de lois, c’est bien celle du masculin et du féminin. Et pour refuser le débat, les gens s’accrochent au fait que l’Humanité est faite d’hommes et de femmes, ce qui est effectivement bien plus observable que de dire que chacun d’entre nos comporte un volet masculin et un volet féminin. Il y a là comme un tour de passepasse !

L’Histoire nous apprend que bien des ensembles sont hybrides, composites, hétérogènes et  cela signifie que les diverses composantes de tels ensembles peuvent différer énormément, donc même au sein d’un même cadre, c’est notamment le propre des empires qui cachent souvent une extrême diversité sous une apparence, une fiction d’unité de façade.

Dans le cas de l’Humanité,  la coexistence d’hommes et de femmes ne signifie nullement que la dite Humanité soit d’un seul tenant avec une seule et même origine. L’Humanité est un Empire qui n’a pas, selon nous, toujours existé sous la forme que nous lui connaissons. On dit ainsi que le cheval est la plus belle conquête de l’Homme, ce qui signifie qu’il n’a été intégré que dans un second temps à la sphère de note Humanité et l’on peut dire d’ailleurs que les animaux domestiques font partie également de notre « Humanité ». Il suffit de voir la place que prennent chats et chiens dans la vie de millions de personnes, en France. Et peut -être pourrait-on inclure également les machines qui accompagnent notre quotidien. Pourquoi pas ? Ce faisant, la place des femmes au sein de l’Humanité ne serait qu’une composante parmi d’autres de ce qui gravite autour d’un noyau constitué par les Hommes…

Ce qui distingue la psychologie de la physiologie tient au fait que la psychologie accorde la plus grande importance au contexte, à l’époque, aux relations entre les gens alors que la physiologie fait apparaitre une certaine fixité tout en soulignant ce qui distingue anatomiquement les hommes des femmes. La psychologie brouille les pistes du fait de contingences totalement étrangères à la physiologie. Il nous semble plus sage de partir de la physiologie pour sous tendre la psychologie que l’inverse.

Pour en revenir à l’idée d’une Humanité constituée autour d’un noyau masculin et qui se serait enrichie de divers apports, il ne faut pas oublier cette expression biblique de ce qui est « à l’image de » car ce qui est à l’image, ce qui est semblable, pareil c’est justement ce qui n’en est pas moins différent. La femme est à l’image de l’Homme, dirons-nous et c’est ce qui crée quelque confusion, c’est tout le problème des androïdes. Le phénomène de la duplication est au cœur de toute l’histoire de l’Humanité et plus largement du vivant à commencer par le processus dit de reproduction qui passe par une certaine »multiplication » (cf. la Bible «  multipliez » que l’on retrouve aussi dans la multiplication des pains). Le multiple, c’est le passage d’un à « très », à « beaucoup » et cela aboutit au clonage à l’identique. Les femmes sont des calques des hommes, ce qui confère aux hommes une ubiquité voire une immortalité mais ces « copies » figent l’original au stade auquel s’effectue la duplication et n’évoluent plus par la suite,  à moins de changer leur programmation en cours de route. La question des emprunts est à rapprocher de ce que nous décrivons : si l’on prend le cas des rapports entre le français et l’anglais, on note que l’anglais a emprunté (et cela débuta il y a mille ans environ) à un français ancien alors que le français n’a pas cessé d’évoluer depuis, notamment au niveau orthographique.(le cas du « ed’ »par exemple pour le prétérit anglais à partir du participe français qui est devenu par la suite « é » l’accent remplaçant le d, l’accent étant quasiment inconnu en anglais). Il y a un empire de la langue française qui rayonne bien au-delà de ses frontières linguistiques. Tout empire comporte des éléments hétérogènes. Dite que l’humanité est une affirmation typiquement impérialiste et il est étonnant que les femmes ne revendiquent pas leur autonomie, ce qui simplifierait considérablement les choses. Bien au contraire, elles sont les premières tenantes d’une logique impériale pour l’Humanité qui est dans la négation de l’identité propre à ses composants et constituants. En ce sens, nous ditons que le sort de la thèse d’un certain androgynat – ce qui n’est pas sans faire penser à l’idée de laïcité-  est fonction du destin des empires. L’Homme est tenté de vouloir préserver l’empire qui s’est constitué autour de lui mais cela lui pèse par ailleurs. Il craint la sécession et est donc prêt à tout pour maintenir l’illusion unitaire. Dès lors quand un homme affirme qu’il n’y a pas de différence entre hommes et femmes, il est dans la même rhétorique que lorsqu’un empire poursuit toutes les forces centrifuges en son sein. D’où le dilemme des femmes : soit  se faire les complices et les collabos d’une structure impériale, soit déclarer que l’on n’est pas dupe d’un tel endoctrinement. A bon entendeur salut !

 

JHB

22 02 14

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