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L’astrologie et le piége du langage courant ou traditionnel

Posté par nofim le 26 février 2014

Le déficit conceptuel du discours astrologique

Par Jacques  Halbronn

 

 

Dans tout domaine, il importe de maitriser complétement son sujet, faute de quoi on  risque fort de compromettre le travail engagé. Or, les astrologues, en dépit de ce qu’ils tendent à prétendre, sont terriblement dépendants de diverses disciplines dont ils se servent non sans une certaine naïveté et cela commence par le langage courant dont ils usent et abusent, comme si le langage était un outil fiable. Ils ont beau recourir à une certaine hypersophistication mathématique, cosmographique et astronomique, là où le bât blesse, c’est dès que cela se traduit en mots. Bien pis, ces astrologues puisent dans des formulations antiques, symboliques, mythologiques comme si cela pouvait faire référence quant à la précision de leurs formulations et de ce  que leurs clients ou lecteurs pouvaient entendre. Cette croyance au langage est probablement un des mythes les plus durables, les plus persistants qui soient et en ce début de XXIe siècle, il continue à sévir très largement. Or, selon nous, c’est grâce à ce savoir mythique qu’est le langage que l’astrologie actuelle peut encore prospérer impunément. On est là en face d’un point aveugle. Cela vaut aussi pour le débat sur le masculine et le féminin. Inévitablement, quand on aborde ce sujet, les gens se réfugient dans le langage courant, censé constituer un consensus du savoir partagé. L’excuse avancée, c’est que la science serait incapable de trancher et qu’il faut donc s’en tenir aux représentations linguistiques qui apparaissent comme une « seconde nature ». On nous dit que ceci est  ou n’est pas féminin ou pas masculin  mais ce ne sont là que des mots et des associations de mots que l’on prend pour argent comptant. Au lieu que le langage s’appuie sur la science, c’est ici la science qui devrait s’appuyer sur le langage !

Ce qu’on attend de l’astrologie, c’est qu’elle fournisse des concepts opérationnels très pointus, pas nécessairement très nombreux mais fiables. Autrement dit, toute science humaine a pour mission de délivrer des outils parfaitement maitrisés sur la base d’une méthodologie rigoureuse et cette méthodologie,dans le cas de l’astrologie- mais aussi dans bien d’autres domaines – c’est la cyclicité et la dialectique.  Quand un astrologue se sert d’un mot, il doit impérativement préciser ce qu’il recouvre et ce à quoi il s’oppose, et cela ne fait sens qu’en recourant au critère du temps. En effet, avec le temps, une même notion peut prendre une forme A puis une forme B. Il ne s’agit pas comme le laissent entendre trop souvent les astrologues de distinguer entre deux symboles, deux planètes, deux signes mais bien de montrer que le même facteur peut revêtir des formes radicalement opposées selon une certaine cyclicité, tout en conservant la même dénomination. Harold Garfinkel  emploie le terme d’indexicalité (en ethnométhodologie) pour indiquer que le même mot peut avoir des connotations très différentes selon les contextes, les locuteurs.

Il va donc de soi que la première chose à faire quand on parle d’astrologie, c’est de préciser le plus clairement possible les termes dont on se sert et de ne pas s’en tenir à une définition usuelle. On évitera de manier trop de notions à la fois et de préférence, l’on s’en tiendra à une seule que l’on déclinera de façon séquentielle.

Que les astrologues aient pu s’imaginer qu’en employant le langage courant – pas seulement les signifiants mais aussi les signifiés- ils parviendraient à intégrer socialement l’astrologie est une  grave illusion. . Mais c’est le leurre qui menace la plupart de ceux qui veulent s’intégrer que de vouloir s’appuyer sur des  références  discutables mais pratiquées. Il peut sembler présomptueux, certes, que l’astrologie enseigne notre société à penser mais elle ne saurait pour autant entrer dans le moule sémantique extrêmement flou en vigueur.

Même erreur quand les astrologues s’imaginent qu’en se servant du langage des astronomes (intégration des nouvelles planètes, par exemple), ils feront reconnaitre leur astrologie ! Or le langage est la partie la plus fragile de toute forme de sociabilité, ce n’est jamais qu’une convention qui vaut ce qu’elle vaut et qui est virtuellement interchangeable, amovible. Les astronomes pourraient changer le nom, la taille des signes zodiacaux, l’appellation des planètes, cela ne changerait rien épistémologiquement pour la science astronomique. De même quand les gens parlent de masculin et de féminin,  cela ne se conçoit que parce que par ailleurs on a  bel et bien des hommes et des femmes qui vivent entre eux d’une certaine façon, ce qui est un important contrepoint au seul langage qui n’est que l’écume.

L’astrologie s’adresse à des gens d’un certain niveau intellectuel et culturel qui peuvent  assimiler un exposé conceptuel assez pointu. C’est ce qu’avait probablement pensé Jean-Pierre Nicola avec son système RET qui décrit les planètes par le biais des notions de représentation, d’existence et de transcendance. (Sans parler de ses autres travaux sur le zodiaque et les maisons). Nicola avait compris que le langage traditionnel de l’     astrologie ne pouvait faire l’affaire. Il n’aura été suivi –et cela ne vaut que pour le monde francophone- que très partiellement, un demi-siècle après avoir publié ses premiers travaux (Astrologie Conditionaliste). Le souci (et on retrouve la même difficulté chez un de ses disciples  Patrice Guinard auteur il y a 20 ans d’une thèse de philosophie sur l’astrologie, dir. F. Bonnardel, Université Paris 1993 ), c’est que l’ancrage d’un tel système sur des planètes bien réelles  est purement suicidaire philosophiquement. En effet, chaque planéte ayant son propre cycle et son propre rythme, elle constitue un monde à elle seule, dans son rapport avec les signes, les maisons, ce que viennent compliquer encore les aspects qu’elle est supposée  entretenir   avec les autres planètes.  Ces astrologues-philosophes ne semblent pas avoir pris conscience de ce que chaque planéte peut intégrer, à elle seule, au cours de son parcours, donc avec le temps,  toute une séquence de significations et qu’elle est donc, ipso facto, en redondance avec toutes les autres. Autrement dit, ces astrologues n’ont pas su couper le cordon ombilical entre astrologie et astroomie. On nous dit que ces deux disciplines ne font qu’une, c’est une erreur colosalle. Certes l’astrologie emprunte-t-elle à l’astronomie mais elle ne le fait qu’à dose homéopathique, en vue de constituer un calendrier (hémérologie), à l’origine, en ne récupérant qu’une seule planéte, que cela soit la Lune, le Soleil ou  Saturne mais certainement pas toutes les planètes à la fois et encore moins celles –invisibles à l’œil nu- découvertes officiellement à partir de la fin du XVIIIe siècle (1781), à la suite de la révolution de la lunette de Galilée, dans le champ de la technoscience.. On ne peut pas sérieusement élaborer un système pour ensuite le laisser flotter au hasard des configurations astrales entre des planètes dotées de vitesses différentes. La notion même de polarité qui serait représentée par deux planètes est une absurdité. Une polarité intégré deux notions autour d’une seule et même dynamique et donc d’un seul et même cycle. En fait, ces prétendus philosophes de l’astrologie restent prisonniers de la notion de « thème astral », espace où tout vient s’entremêler. (Carte du ciel) et même d’une astropsychologie qui maitrise de moins en moins les questions « prévisionnelles ». Or une astrologie ne s’inscrivant pas dans la cyclicité dans sa praxis  est une  aberration. Le seul angle qui permette à l’astrologie de se faire entendre au XXIe siècle est cyclique et monoplanétaire et cela doit sous tendre une philosophie dialectique.

Dans nos travaux sur l’Astrocyclon, nous testons ainsi des concepts, nous les mettons à l’épreuve du temps cyclique. Un cas isolé ne prouve strictement rien. Le problème, c’est que pour nombre de « chercheurs », chaque cas est isolé et ne peut se prêter à  un processus comparatif En effet, ces chercheurs ne savent pas « décanter » le matériau brut que leur fournir l’actualité et risquent fort de rapprocher des états radicalement opposés mais décrits avec les mêmes mots comme les évènements ukrainiens et ceux de 1989 dans l’Europe dite de l’Est. Inversement, des événements de même catégorie ne seront pas reliés entre eux parce qu’ils différent sur des points secondaires. Il est essentiel quand on fait une prévision de préciser très clairement de quoi il retourne, de quel changement il s’agit. Le langage des astrologues du siècle dernier n’est pas approprié. L’astrologue a une obligation de moyens et non pas de résultats. Il doit décrire un certain type de situation et non ce qui en résultera du fait de l’interférence avec d’autres paramètres. Des termes comme « événement grave » ne sont pas admissibles et s’apparentent au vocabulaire de la voyance. En effet, le « voyant » est censé « voir » ce qui va se passer réellement –on pourrait même dire ce qui s’est déjà passé- alors que l’astrologue a vocation à préconiser un cadre d’action optimal. Il est dans le registre de l’action, de la décision et non dans celui d’une observation passive.

On observe d’ailleurs que de plus en plus, les gens veulent  se doter des moyens d’agir sur leur vie et pas seulement d’en être les spectateurs.  Cela peut passer par l’emploi de mentras, de prières, de talismans, de techniques d’ augmentation des potentialités. Qu’on le veuille ou non, c’est bien dans cette mouvance « active » que doit se situer l’astrologie du XXIe siècle en laissant à la voyance le privilège – qui reste fort mystérieux- de savoir  par avance ce qui va se passer. Ajoutons que selon nous, la « nouvelle astrologie »  est en mesure de conseiller sur un travail personnel à engager sur soi-même, selon les phases d’un cycle central.

 

 

 

 

 

 

 

JHB

26. 02 14

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