Du protectionnisme à l’économie « virtuelle »

Posté par nofim le 28 février 2014

 

Le Made in France et l’Economie Virtuelle.

Par  Jacques Halbronn

 

 

On n’entend partout que le protectionnisme est une fausse bonne idée, laquelle défend notamment le ministre du Redressement Productif, Arnaud Montebourg. Or, nous pensons que le protectionnisme a bel et bien des vertus que l’on n’a pas su assez jusqu’ici bien exposer et défendre sur le plan philosophique, éthique et économique..

Les adversaires du protectionnisme nous expliquent le principe de l’échange : j’importe et j’exporte. Tel serait le bon deal ! C’est le credo du Libre Echange ! C’est le principe de l’interdépendance ; Pas la peine de se développer sur tel créneau car  dans ce cas, il n’y aura plus d’échange. Si je ne manque de rien, je n’ai rien à échanger. On bascule dans l’apologie du manque  comme fondement même de l’économie. On est en plein dans une logique de troc !

Si l’on transpose un tel raisonnement dans les relations au sein d’une même société – ce sont mes lacunes qui  me font aller vers autrui à condition bien entendu qu’autrui ait aussi ses propres carences. C’est l’alliance de l’aveugle et du paralytique. L’aveugle prête ses jambes et le paralytique ses yeux. Et tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possible. !

Nous avons la faiblesse de croire que ce modèle n’est pas le plus souhaitable et qu’il s’inscrit en fait dans un phénomène de nivellement par le  bas que nous avons eu maintes fois l’occasion de dénoncer et qui fait que les solutions de handicap et de pénurie, les pis-aller et les succédanés  tendent à devenir la norme

Même la cuisine est marquée par ce  type de marché de dupes consistant à combiner deux produits immangeables pour en faire un plat tout à fait estimable, ce qui a donné naissance à une ribambelle de plats régionaux tous aussi indigestes les uns que les autres.

Cela dit, ces « plats régionaux » ont au moins l’avantage de se constituer, en principe et au départ, de produits locaux et  sont emblématiques d’un certain protectionnisme. On fait avec ce qu’on a. Ce qui génère une certaine biodiversité et plus largement une diversité culturelle voire individuelle. A une autre échelle. On peut dire sans exagérer que le protectionnisme aura contribué à une très grande diversité ne serait-ce que sur le plan linguistique, Certes, il s’agit là d’une multiplication des cloisonnements qui sont la bête noire du libre-échange. Nous avons-nous-mêmes dénoncé  un tel danger mais est-ce vraiment un danger ? Il y a cloisonnement et cloisonnement (cf infra)

Nous pensons que notre rapport à autrui doit être de servir d’exemple. Quand un enfant apprend à parler, il prend modèle sur ses parents, sur son entourage mais il ne va pas dépendre d’eux pour parler. Il lui faut devenir autonome en cultivant en lui-même cette faculté. Est-ce du protectionnisme ? Il est heureux tout de même que chacun sache parler, n’est-il pas vrai ? Que chacun puisse faire l’amour, que chacun apprenne à se laver. Et nos sociétés pénalisent d’ailleurs ceux qui n’y parviennent pas en les traitant d’handicapés physiques ou mentaux. C’est dire que notre idée de l’homme n’est pas vraiment, réflexion faite, celle  de l’import-export mais bien de l’’exemple à suivre mais à suivre avec ses propres moyens. Entendons par là  que  l’on peut imaginer une société d’êtres indépendants les uns des autres mais se ressemblant du fait qu’ils respectent les mêmes valeurs, développent les mêmes aptitudes. C’est cela la logique citoyenne, et non celle de quelque complémentarité des manques. Cela implique une certaine complétude (et non complémentarité) qui est celle de l’ »honnête homme. ».

Autrement dit, pourquoi chaque société ne développerait-elle pas ses propres capacités en réalisant des objectifs communs ? On nous dira que cela fait redondant, « double emploi ». Mais faut-il que l’économie nous enseigne à faire des économies ?  On sait  très bien qu’il ne faut pas aider les gens – et  surtout pas les enfants- à outrance car cela les empêche de se développer, de s’ éveiller par eux-mêmes.

Prenons le cas d’un compositeur ?  On nous dira – au premier abord, qu’il compose pour autrui. Mais qu’est-ce à dire ?

Est-ce que cela signifie « à la place d’autrui » ? Nous ne le pensons pas. Les enfants le savent bien qui quand ils voient quelqu’un faire quelque chose veulent en faire de même, ce qui ne signifie pas lui emprunter ce qu’il a fait. C’est le sujet agissant  et non l’objet qui en est le « produit » qui compte.  L’emprunt doit rester virtuel, on a montré la voie mais à chacun de la suivre à son rythme, à sa façon, sans tomber dans une imitation servile qui relèverait du plagiat. Il fait toujours réinventer. Et cela vaut d’une génération  à l’autre. Il n’est pas bon qu’une génération se contente d’hériter de la précédente par exemple sur le plan musical ou pictural et même si ce qu’elle fait est moins « bon », cela vaut mieux  que de réchauffer les restes.. Querelle des Anciens et des modernes. Est-ce qu’un physicien répéte  ce que d’autres physiciens ont trouvé avant lui ? Non,  il lui fait pousser plus loin, faire une découverte mais on ne peut pas découvrir ce qui l’a déjà été. C’est cela le challenge ! Bien sûr que l’on a imité Versailles mais chaque nouveau Versailles, en Europe, a sa propre idiosyncrasie.  On n’est pas dans le copié-collé !

Il y a là un paradoxe que semble ignorer les libre-échangistes, à savoir que la nature humaine est une et que c’est justement parce qu’elle est une qu’elle peut se permettre d’être diverse. Chacun sait que cette humanité doit être réinventée à chaque instant et par chacun mais que l’idéal est bien que l’on réveille des aptitudes qui sont les mêmes chez tout le monde.

Nous avons dénoncé dans nos écrits la religion de l’emploi fondé sur le sentiment du besoin.  L’employé persuade son employeur qu’il a besoin de lui parce qu’il sait faire des choses que le dit employeur ne sait pas faire. De qui se moque-t-on ? Est – ce à ce prix que l’on doit aller vers le « plein emploi » ? En s’inventant des limites de façon factice ? Ce sont là les cloisonnements que nous réprouvons.

On connait ce type de discours du genre : à chacun son métier. C’est au nom de ce corporatism que l’on compte favorisr l’emploi C’est comme si à toute occasuin, on nous serinait : mais ce n’est pas à vous de le faure, faites –vous aider ! Laissez faite les choses par cexu qui les font le mieux ! Que ne dit-on pas au nom de la « perfectionb », du « mieux faire » ? Un bel argument de vente assurément.  On aurait « miux à fair » que s’occuper de son jardin  Laissez cela à un « jardinier » qui , copmme son nom l’ondique, est censé s’occyper des jardins. C’est probablement cela que l’on met dans la tête des enfants. Le métier, c’est une humanité en lambeaux, en fragments, segmentée.  Certes, il est bon que l’on salue un chef d’œuvé mais comme on l’a dit à tire d’exemple à suivre ou à poursuivre avec plus ou moins de bonheur. Dans bien des domaines, on l’a dit, il n’est pas question de déléguer, de se faire représenter. Il y a de choses que je ne peux faire à la place d’autrui même si je sais que je m’en sortirais mieux !

C’est aussi au nom d’un idéal de perfection que l’on réprouve les improvisations, qu’on décourage des vocations. Au lieu de se réunir dans son quartier pour apprécier les artistes du coin, on va passer des CD de telle vedette nationale ou étrangère qui est tellement plus excitante ! Or, toujours dans cette logique d’identification : on se sentira plus capable d’imite un voisin que quelque personnalité lointaine  Le cœur du problème est là, dans l’identisation au semblable, au proche. Plus quelqu’un est proche de nous, plus cela nous encourage à faire comme lui. A l’inverse, on se décourage et l’on se contente de se procurer le « produit ». Or, dès que l’on veut un produit et non un modèle, on bascule dans une économie de l’import-export. Pour notre part, nous sommes en faveur d’une économie du virtuel.

Résumons-nous : nous pensons que chacun doit cultiver son jardin qui est en fait le même pour tous mais qui incombe néanmoins à chacun. Il faut travailler d’abord sur soi.

, exploiter ses propres ressources. Economie du sujet et non de l’objet ; je m’inspire d’un sujet, d’une personne et je consomme un objet/ Passons d’une économie de consommation à une économe d’inspiration.  Ne vivons pas au-dessus de nos moyens ! Celui qui ne peut se construire qu’une maison dans tel matériau s’en contente mais garde à l’esprit l’image d’une maison dont il doit se doter et qui ressemblera peu ou prou aux autres. Mais ce sera sa maison. Ce qui compte dans l’économie virtuelle, ce n’est pas le partage des mêmes objets mais des mêmes idées, des mêmes images et quelque part des mêmes sensations. Que la France soit imitée, enviée, qu’elle serve de modèle est une évidence. Il n’y a qu’à voit les milliers de mots qui ont été empruntés par l’anglais au français et comme tout le monde parle anglais, quel hommage rendu de facto au français. Que la France ait servi de modèle à diverses « révolutions », tant mieux ! Que tel compositeur ait inspiré tant d’autres compositeurs, à la bonne heure ! Mais si la France d’hier a su y faire, pourquoi pas celle d’aujourd’hui ou de demain. Soyons dignes de nos prédécesseurs en étant à leur hauteur, en puisant en nous mimées une nouvelle énergie. Le protectionnisme, c’est aussi cela : chercher en soi – et pour un pays dans son sol, son sous-sol les ressources dont il a besoin et on chez autrui ou à l’étranger. Il importe aussi de nous défier des objets techniques qui sont censés nous aise, nous seconder. Est-ce que l’Humanité serait devenue  ce qu’elle est, au bout de près de 4 milliards d’années, si elle avait recouru à des instruments, à des outils au lieu de se transformer elle-même, en perfectionnant ses propres organes, ses membres ? Il vaut quand même mieux que nous puissions parler en ne recourant qu’à nos propres facultés que par le truchement de quelque appareillage  à l’instar de certains handicapés. Dans la mesure du possible, imitons ceux qui nous ressemblent le plus car ils nous apparaissent comme les plus naturellement à notre portée,

 

 

JHB

28 02 14

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