Le mode d’emploi perdu ou à deviner. Vers le retour d’une nouvelle polygamie.
Par Jacques Halbronn
Quel est le mode d’emploi de notre Humanité ? N’aurait-il point été perdu ? Quel est notamment le fonctionnement idéal des relations entre hommes et femmes ?
I La problématique du mode d’emploi
De plus en plus, on s’attend à ce que les gens trouvent intuitivement le mode d’emploi de toute chose sans qu’on ait tout à leur expliquer par le menu. C’est ce qu’on attend de l’ergonomie, qu’elle permette à chacun de deviner ce qu’il faut faire pour tirer le meilleur parti de chaque objet. Mais cela vaut aussi pour le mode d’emploi de toute personne. Le mode d’emploi définit aussi la fonction de l’objet, ce à quoi il peut servir. Logiquement, il est possible de décider que tel objet sert à ceci et pas à cela mais il est vrai aussi qu’à un niveau minimal, un objet est polyvalent si par exemple je cherche un presse-papier voire un coupe-papier. Dans ce cas, on parle d’instrumentalisation de l’objet ou de la personne. C’est ainsi que le fait de se servir de la Lune pour fixer le calendrier de nos sociétés ne répond probablement pas à son »mode d’emploi » intrinsèque, ce qui n’empêche pas qu’il n’y ait un mode d’emploi de la lune à de telles fins.
Si l’on place une personne – et notamment un enfant- devant un objet, il devrait être en mesure d’en déterminer le mode d’emploi optimal ; le mieux approprié. C’est ainsi que nous sommes parvenus, dans de précédents textes, à déterminer le mode d’emploi des femmes en le comparant avec celui des machines et des hommes. Mais ce mode d’emploi, faut-il le rappeler, n’est pas écrit et avant toute comparaison, encore faut-il établir ou rétablir chaque mode d’emploi. Dès lors, on peut débatte indéfiniment de la pertinence de tel ou tel mode d’emploi. Dans le cas des femmes, on veut nous faire croire que leur mode d’emploi- à quelques exceptions près- est largement identique à celui des hommes. On en revient à ce que nous notions plus haut, il ne faut pas se contenter d’un mode d’emploi minimal et quasiment universel comme celui de servir de presse-papier ou de gratte papier. Se servir d’un poignard pour découper la viande, n’est-ce pas déjà se fourvoyer ? Demander à Einstein de porter une valise, n’est-ce pas aussi se moquer du monde quand bien même cela serait en effet faisable. ? Ce n’est pas parce que « ça marche » que l’on est ipso facto sur la bonne voie ! Il convient de noter les indices qui nous montrent que l’on « brûle » ou au contraire « ‘refroidit » (comme dans le jeu de cache-tampon) quant à la formulation du mode d’emploi.
On nous objectera qu’il n’est que de lire le mode d’emploi mais on n’en dispose pas toujours, loin de là ! Et cela commence par notre rapport à nous-mêmes ? Où est le mode d’emploi pour parler ? On peut voir, entendre quelqu’un parler mais est-ce que cela nous dit comment procéder ? A chacun de nous d’y parvenir avec plus ou moins de bonheur, en tâtonnant, en essayant.
Ce qui vient compliquer encore un peu plus les choses c’est la prise en compte de l’espace-temps. Nous ne fonctions pas de la même façon ni en tout temps ni avec tel ou tel environnement. Mais certains objets ont un mode d’action plus frustre que d’autres et qui ne change guère selon les circonstances.
C’est ainsi que les femmes (cf. nos textes à ce sujet) ont un mode d’emploi assez invariable, en ce qu’elles seront plus émettrices que réceptrices- au sens où leur émission est répétitive et ne tient pas compte de la situation ponctuelle, et donc se comportaient pareillement en toute circonstance, tant qu’on ne les a pas reprogrammées en changeant de disque. (cf. nos récents entretiens avec Daniel Cobb, sur You Tube)
II Vers une nouvelle polygamie
Selon nous, le mode d’emploi du couple hommes- femmes relève d’un certain dosage à savoir qu’il faudrait environ douze femmes pour un homme et certainement pas hommes et femmes à parité numérique et démographique. La femme est un démultiplicateur de l’homme, elle lui offre une certaine ubiquité ce qui n’est guère le cas si elle est seule. La femme ne fait le poids face à l’homme qu’en misant sur le nombre. Tout observateur extra-terrestre conclurait que notre Humanité doit être polygame avec des hommes au centre d’une équipe de collaboratrices. (Ce qui vaut aussi sur le plan sexuel) C’est probablement le meilleur et le plus viable mode de fonctionnement que l’on puisse concevoir pout la suite du siècle.
Mais comment organiser une minorité masculine ? Et que faire des hommes en surnombre ? Ce point pourrait être résolu sur une génération en étant très sélectif sur les naissances masculines et en ne conservant que les meilleurs éléments. Mais l’on devra aussi importer massivement des femmes étrangères, de façon à produite un déséquilibre démographique souhaitable. Cela signifie que l’immigration doit devenir massivement féminine et très limitée concernant l’arrivée d’hommes, ce qui est aux antipodes de ce qui fut pratiqué par le passé. En peu de temps, l’apport de ces femmes étrangères produirait une considérable augmentation de naissances féminines (si le contrôle se fait dans ce sens) et l’on en arriverait sur une vingtaine d’années, à probablement ¼ d’hommes pour ¾ de femmes, ce qui serait déjà un assez joli résultat avec des effets psychosociologiques constituant un signal fort, emblématique. On peut aussi envisager, avec l’essor des communications et des transports- que ces femmes étrangères soient connectées avec la France tout en restant dans leurs pays respectifs d’origine, sous la forme de parrainages et de prises en charge. La démographie d’un pays ne serait plus liée exclusivement à la population résidant dans ce pays mais inclurait toute une population « externe » sous la forme d’accords bilatéraux entre Etats par exemple, ce qui ferait que nombre de Français auraient un statut de polygame, ce qui selon nous, n’est nullement incompatible avec l’idée que nous nous faisons (cf. nos travaux à ce sujet) du comportement masculin avec une certaine propension à diversifier ses modes et ses cadres de vie.
Si l’on a accepté le mariage pour tous, on ne voit pas pourquoi la polygamie (pratiquée en Islam) ne serait pas également admise sous certaines conditions. Il est probable que les femmes se montrent les plus hostiles à un tel régime, ce qui ne saurait surprendre puisque cela implique de renoncer à un mythe égalitaire. Mais c’est aussi une façon, selon nous, de redonner du sens à la dialectique hommes/femmes.
Au niveau des élections, nous pensons qu’il faut que les femmes élisent des hommes, que lors des élections, les électeurs soient des femmes et les élus des hommes. quitte de toute façon à ce que les hommes s’entourent de collaboratrices. C’est le seul moyen pour éviter que la minorité masculine soit noyée par la majorité féminine. Il s’agit là d’une solution assez heureuse lorsque, pour telle ou telle raison, une minorité doit préserver ses droits que de donner le pouvoir électoral à la majorité et le pouvoir exécutif à la minorité. Un tel système aurait certainement évité bien des tensions au XX e siècle, notamment en Algérie ‘(dans le rapport des « Pieds noirs » aux Arabes) et en Israël. (Dans le rapport des Juifs aux Arabes) voire dans d’autres pays et pas seulement au regard du rapport hommes/femmes.
Mais faut-il rappeler à ceux qui ‘ »tiqueraient » sur la notion de polygamie que notre monde est fondamentalement polygamique tant au sens propre qu’au sens figuré. Un employeur a un rapport polygamique avec ses employés (pas s’il n’a qu’un seul employé, ce qui n’est pas le signe d’une entreprise dynamique). Celui qui élabore un produit (industriel ou artistique) à un rapport polygamique avec tous ses clients que ceux-ci demeurent ou non dans son pays. C’est cette idée d’un dépassement des frontières qui renouvelle la notion très ancienne d’exogamie à savoir qu’une femme peut être promise à un homme au loin. Une telle façon de procéder contribuerait certainement à la solidarité Nord-Sud sous une forme originale. Ainsi, la France augmenterait considérablement sa population et il en serait de même à l’échelle de l’Union Européenne si l’on admettait des unions n’impliquant pas nécessairement de vie commune physique permanente et exclusive, ce qui pourrait d’ailleurs faire décliner les pourcentages de divorces. En définitive, il s’agirait de prolonger comme on l’a dit une « polygamie » de fait dans de très nombreux domaines (comme celui de l’entreprise, de la création, de la technoscience) en précisant beaucoup mieux que par le passé le fait minoritaire masculin qui est le signe de l’élite et qui ne doit plus être perçu comme un handicap comme on pourrait le penser dans le cadre des sociétés dites démocratiques. Il convient de repenser en ce sens nos constitutions.
III Le facteur cyclique
Si la question de la dualité et notamment de la nécessaire instauration d’une dialectique minorité/majorité fait problème, il en est de même pour une dualité, non plus synchronique mais diachronique, c’est à) dire cyclique et là encore une refonde du droit constitutionnel est à envisager (cf. nos études à ce sujet).
Toujours dans cette perspective du « mode d’emploi », il est bon de rappeler que les rapports minorité/majorité sont marqués par une cyclicité et passent par deux voire quatre phases (en comptant les stades intermédiaires). Il y a là une complémentarité plus dans le temps que dans l’espace entre hommes et femmes, entre élite et « peuple ». A certains moments, la minorité ne peut plus assurer le rayonnement nécessaire, ce qui génère un risque d’implosion sociale. Et c’est alors que d’une certaine façon, l’Humanité élitaire (de droite) doit être relayée par l’Humanité populaire (de gauche), tout comme l’Eté est relayé par l’Hiver, le Jour par la Nuit etc. On pense aux Saturnales période durant laquelle hommes et serviteurs faisaient mine de permuter leurs statuts.
Au niveau du droit constitutionnel, on ne saurait ignorer une telle cyclicité et faire comme si elle n’existait pas. Il faudra en tenir compte (sur la base de l’Astrocyclon). La thèse que l’activité humaine serait fonction d’une certaine « horloge » n’a rien de très étonnant (cf. le Songe de Pharaon sur les 7 vaches grasses et les 7 vaches maigres, dans la Bible) et d’ailleurs la notion d’alternance reste au cœur des sociétés démocratiques si ce n’est qu’elle ne tient pas compte de certaines données cycliques, ce dont le XXIe siècle devra impérativement être averti. C’est notamment la question du cycle des empires qui est ici en jeu, lequel cycle déborde pour un temps les frontières- ce qui va bien avec nos considérations sur les « mariages »au loin, puis, en période décroissante (de l’Astrocyclon) tend à favoriser le repli frileux et le cloisonnement, le protectionnisme donc conduit à la crise interne des blocs. -
La recherche du mode d’emploi vise en fait à rendre conscients des processus devenus inconscients mais néanmoins à l’œuvre. Il y a un fort risque de décalage entre les propos tenus dans l’opinion et la réalité des enjeux. Et un tel décalage n’est pas sain. De plus en plus de gens sont à côté de leurs « pompes » et sont dans le déni de ce qu’ils sont et de ce qui se passe en eux et dans le monde. On peut certes se prélasser dans l’instrumentalisation en ne s’intéressant pas à ce qui est mais en projetant sur le monde de nouveaux modèles dans une démarche que l’on qualifiera de faustienne, de prométhéenne et qui est propre aux apprentis sorciers –démarche assez typiquement féminine dirons-nous-et qui consiste à faire table rase de ce qui existe pour construire à frais nouveaux, ce qui explique l’ intérêt des femmes pour le monde de l’enfance qui leur apparait comme un monde formatable et malléable à volonté voué à se conformer à une certaine norme, sans qu’il soit nécessaire de savoir davantage de la personne au-delà du fait qu’elle est visuellement repérable à l’instar des astres que l’on peut affubler de toutes sortes de fonctions (cf. l’Astrologie). Rappelons que pour nous, les femmes sont beaucoup plus dans une posture d’émission que les hommes. Les femmes apprennent des choses par des livres (écrits par des hommes) mais elles ne les acquièrent pas au contact de la réalité dont elles ne s’imprègnent pas. A l’instar des machines, elles émettent à condition qu’on les ait programmées par l’insertion de quelque « clef ». Elles se situent bien plus en aval qu’en amont. Tel est leur mode d’emploi.
JHB
12 04 14