L’astrologie comme contre-culture subversive

Posté par nofim le 7 mars 2014

 

 

 

 

L’astrologie luciférienne et le mythe populaire du Langage-Science.

Par  Jacques  Halbronn

 

Nous avons souvent prôné dans différents textes le principe d’autosuffisance, le fait de ne pas être dépendant d’autres apports. Mais nous avons aussi  signalé que cela faisait d’autant apparaitre les faiblesses au lieu de les masquer.

Dans le cas de l’astrologie, dans quelle mesure peut-on parler d’autosuffisance ? Si l’on en croit nombre d’astrologues, l’astrologie se suffirait à elle-même, ce serait une sorte de panacée universelle du savoir. Est-ce à dire qu’elle s’auto-référencerait, qu’elle n’aurait besoin d’aucun recoupement ? En réalité, le recoupement  tient au fait que l’astrologue s’appuie sur le langage courant et ce en dépit du jargon qui lui est propre et qui le caractérise.  Ce paradoxe est lié au processus de traduction et comme on dit en italien tradutore-traditore. La traduction est une trahison.

Autrement dit, l’astrologie est jugée sur la traduction/ interprétation qu’en donne l’astrologue en se servant d’une langue qui fait foi, celle qu’il partage avec son client et qui n’est pas celle de l’astrologie. Il n’y a donc pas autosuffisance dans la mesure où l’astrologue effectue à sa maniérée une traduction. Si on prend le cas des Centuries de Nostradamus, on n’en comprend pas la fortune si on ne fait la part des traductions, tant du fait de l’obscurité du texte que du fait que le texte en français du XVIe siècle est lui-même traduit en différentes langues (du latin à l’anglais en passant par l’allemand etc.) et à différentes époques. Tout ce travail apporte une valeur ajoutée. L’autosuffisance implique donc de prendre en compte l’ensemble des commentaires venant se greffer sur le texte et cela vaut évidemment pour l’astrologie. Il est clair qu’Astroflash et tout produit équivalent – c’est-à-dire l’interprétation par ordinateur- dépend des programmes de traduction en langage courant délivrés par une équipe d’astrologues. L’astrologie constituerait ainsi un système intégrant les astrologues mais aussi les clients qui participent inévitablement au processus non sur le plan économique mais sur le plan sémantique, c’est-à-dire au prorata de ce qu’ils comprennent des textes qui leur sont soumis in fine. Vu que l’astrologie est très isolée sur le plan horizontal par rapport aux autres sciences, il était logique qu’elle cherchât une issue  sur le plan vertical, c’est  à dire vers le public et les savoirs dont il dispose à savoir le langage, que l’on peut qualifier de science du pauvre, savoir minimum garanti. C’est notamment ce qui s’est produit depuis le XVIIIe siècle. L’astrologie en ce sens serait devenue une contre-culture s’opposant à la culture de l’élite et particulièrement attractive pour les femmes du fait de leur marginalité. Cette élite est  notamment soupçonnée de vouloir disposer du monopole du savoir en le confisquant au peuple en s’efforçant de discréditer le langage courant.

Et de fait, quand on interroge les astrologues comme nous le faisons (cf. récemment avec Didier Geslain sur Teleprovidence), il y a une forte résistance quand on met en cause la validité du consensus langagier en vigueur.

Il est donc intéressant de revenir sur le mythe du Langage comme Science car l’astrologie de ce début de XXIe siècle a pour socle un tel mythe. Il y a alliance entre un savoir paria « déchu », l’astrologie – on pense à l’ange « déchu », banni, Lucifer- et le savoir  de l’homme de la rue, du vulgum pecus (c’est le « j’appelle un chat un chat » de Boileau)… Nous ne reviendrons pas ici sur la question du savoir inhérent au langage et nous contenterons de décrire le processus d’association d’idées (auquel Freud et d’autres ont suggéré de faire appel), lequel relie tel mot  à tel mot, formant ainsi une constellation de signifiés et de signifiants, par voie synonymique et homonymique. (Jeu de mots, étymologie). Si l’on prend le mot « femme », ou « féminin », le langage courant fournit au locuteur (et cela peut varier d’une langue à une autre) une certain « idée » de ce que ce mot recouvre dans la réalité. Autrement dit, il n’est pas du tout nécessaire d’interroger les spécialistes de la question. Le langage se suffit à lui-même et on peut même dire qu’il véhicule des vérités éternelles, qui ne sont pas sujettes au changement face à des sciences qui sont constamment en mouvement et en débat.  L’on a souvent loué l’existence des classes de philosophie en terminale, dans l’enseignement secondaire français mais le fait est que cela contribue à sevrer les élèves adolescents de cette domination du langage commun, transmis notamment par les femmes à leurs enfants comme une sorte de trésor incomparable, véritable sésame. L’existence même de l’astrologie vient conforter, a contrario, la valeur de ce capital initial à ne pas brader. Pour paraphtaser Descartes, le langage serait la chose du monde la mieux partagée (plutôt que le bon sens, ou sens commun qui dépend d’ailleurs du langage)

Au lieu donc de dialoguer avec les sciences humaines contemporaines, l’astrologie s’en tient au champ du langage courant. Elle en adopte au demeurant les représentations, les cloisonnements socioprofessionnels et journalistico- historiques (ce qui influe sur des chercheurs comme Michel Gauquelin sur les métiers et les planètes  ou André Barbault sur les deux Guerres Mondiales et les cycles cosmiques) . Le socle de l’astrologie, ce sont les représentations courantes qui ont le mérite d’être figées. Il y a là un discours anti-scientifique qui ironise sur le caractère mouvant de la science « académique » ‘ »universitaire » face à une science immuable s’appuyant sur un savoir linguistique constant.

Nous  assistons ainsi à un divorce croissant au sein même du milieu astrologique entre les enseignants qui véhiculent un savoir-langage figé et les « chercheurs » ayant une formation « universitaire » qui les conduit à ne pas s’en tenir aux acceptions populaires des mots.  L’astrologie apparait au contraire comme une providence pour le langage courant en ce qu’elle en constituerait comme le mode d’emploi. Car il ne suffit pas d’apprendre à parler, il faut aussi  le mode d’emploi c’est-à-dire savoir quels mots utiliser en telle ou telle circonstance et ce mode d’emploi, c’est l’astrologie qui est censée le fournir notamment par le biais des cours d’astrologie.(cf. la chaîne astrologique Valérie Darmandy, sur You tube). Nous avons donc affaire à un binôme assez puissant astrologie-langage de Monsieur Toulemonde qui vient narguer la science « officielle ». Le langage serait une sorte de fruit défendu qui transcende toutes les sciences en devenir en s’alliant avec l’astrologie, elle-même débordant sur l’astronomie dans sa dimension mythologique.  Les astronomes en baptisant les nouvelles planètes de noms mythologiques ont fait alliance objective avec ce binôme en lui conférant une aura inespérée. En effet,   la mythologie fait partie du bagage culturel basique que tout le monde est censée connaitre (cela s’acquiert au début du cycle secondaire). Qui ignore de nos jours ce que signifient en gros Neptune ou Pluton ? Quant aux signes zodiacaux, ils sont véhiculés par une iconographie explicite même si les noms eux-mêmes sont parfois assez abscons.  Rappelons que la culture populaire a largement dépendu des images (cf. notre catalogue Merveilles sans Images, BNF, 1994), comme on le voit sur les cathédrales ce qui permettait de toucher même les analphabètes. L’oralité et l’image font bon ménage.

Face donc à cette entité Astrologie-Mythologie-Astronomie-Langage-Culture populaire,  il y a des astrologues qui protestent et entendent renouer le dialogue avec les sciences « élitiques » en trahissant la cause du peuple.  Ces « nouveaux astrologues » ne désirent pas s’enfermer dans la seule astrologie mais au lieu de s’appuyer sur le langage courant, ils ont choisi d’étendre conjointement et parallèlement leurs réflexions à d’autres domaines. La démarche à suivre  est la suivante selon nous et touche à la question du champ  d’étude à déterminer pour l’astrologie.  Nous pensons que le mot clef est « Dualité » (cf. le Colloque de mai 2000, à Paris, in Cahiers du CERIJ, dépôt légal BNF). Tout ce qui est duel, dialectique constituerait une discipline dont l’astrologie serait un élément essentiel. Dialectique dans le temps autour des notions de récurrence, de répétition, d’alternance, de cycle. Dialectique dans l’espace autour des clivages socio-culturels, entre l’élite et le peuple, entre les hommes et les femmes. On pourrait parler d’une dialectologie. Il est clair que cette astrologie qui émergerait ainsi  serait extrêmement différente de celle qui est actuellement en vigueur. Elle ne serait plus en prise sur le langage courant  perçu dans sa globalité mais se présenterait comme un savoir à acquérir et à transmettre s’appuyant sur des travaux d’observation consacrés à toutes les formes de dualité, l’idée de dualité étant totalement revisitée.  Autrement dit,  l’ide d’une formation uniquement astrologique (venant compléter le langage coutant)  fait long feu et  laisse la place à une formation pluridisciplinaire à part entière. Entendons par là qu’il ne s’agit pas de reprendre les clichés en vigueur autour de la dualité mais de les approfondir et de les redéfinir. Car si la dualité traverse l’Histoire de l’Humanité, elle nous apparait de nos jours comme un territoire en friche et l’astrologie ne saurait faire cavalier seul, elle doit constituer une entité plus puissante, autour de l’idée de Dualité car isolée elle n’est pas viable. Les nouveaux astrologues condamnent et réprouvent donc une astrologie à la solde de ce savoir cristallisé qu’est le langage de tous les jours..,.

 

 

JHB

05 04 14

 

 

 

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