La tête et les mains au coeur de l’acte créatif

Posté par nofim le 10 avril 2014

Cinétique de l’acte créatif

Par Jacques  Halbronn

Nos mains génèrent une dualité avec nous-mêmes, elles sont  plus objet que sujet ne serait-ce que parce que nous les voyons alors que nous ne voyons pas notre visage si ce n’est dans un miroir ou dans les reflets de l’eau.

Par cinétique, nous voulons dire que  par nos mains nous animons la matière autour de nous, nous la faisons en quelque sorte se dérouler, défiler devant nos yeux, C’est vrai pour le sculpteur peut obsrever comment ses mains travaillent la matière  ou pour le comositeur qui peut capter un flux sonore prouit pasr ses  mains  s’appliquant sur un piano, par exemple.

Selon nous, en effet, l’acte créatif ou créateur  passe par une série de choix  que le sujet effectue face à un  objet qui est en « progrès », qui  se développe sous ses yeux ou/et  qui  s’adresse à ses oreilles. D’où l’importance que nous accordons au sens de l’observation. Plus notre acuité sensorielle est forte et plus nous pouvons capter des variations extrêmement ténues, à la façon d’une sorte de microscope.

Le plasticien tout comme le musicien  sont en mesure de s’arrêter sur un mouvement infime de l’objet qui se présente devant eux et qui se métamorphose de leur propre fait, par le biais notamment de leurs mains  qu’’elles tiennent elles-mêmes un objet ou non (cf. le ciseau du sculpteur,  l’instrument du musicien). La main sert à faire parler,  crier  la matière, si l’on veut.

Bien évidemment, c’est le cerveau du créateur qui va opérer les choix que lui propose successivement la main. On est là dans un dialogue intérieur et  face à une certaine forme de schizoïdie, ce qui pourrait expliquer que certains créateurs finissent dans la folie.

A ces moments-là, le cerveau doit fonctionnet intensément pour saisir  au passage la manifestation la plus frappante offerte par cette matière en gestation. C’est un peu comme  un  chasseur qui court après sa proie  si ce n’’est que le sujet ici génère son propre objet. Le sculpteur fait bouger la matière en la ciselant et le compositeur  la fait se mouvoir en faisant vibrer son instrument. On pourrait certes imaginer que les deux taches soient dévolues à deux personnes différentes, l’une qui serait manuelle et l’autre cérébrale mais il semble bien plus souhaitable que les deux activités soient le fait d’une seule et même personne tant elles sont réactives l’une par rapport  à l’autre.

Paradoxalement,  face à ce potentiel qui est en principe en chacun de nous, nous nous retrouvons seuls. C’est à chacun de nous qu’il revient d’explorer ses potentialités en prenant exemple sur ce qui se passe autour de nous. C’est à chacun de nous de retrouver les clefs  de notre propre fonctionnement. Personne ne peut le faire à notre place. Faute de quoi nous nous condamnons à devoir nous contenter d’apprendre à utiliser des appareils externes par le visuel alors que ce qui est en nous  ne l’est pas. Un père peut montrer à son fils comment taper sur un tambour mais pas comment parler.  Les mains se situent dans le visuel et il importe certes de savoir s’en servir pour agir sur le monde extérieur mais c’est notre cerveau qui doit capter les choses, les attraper au vol.  Autre paradoxe : un créateur est d’abord quelqu’un qui capte, qui est à l’écoute du monde et il n’est émetteur que dans un deuxième temps. Celui qui émet sans avoir capté et condamné à répéter ce qui lui a été transmis de façon externe notamment par le biais de l’écrit, de l’imprimé, qui peut se dupliquer à l’infini et il est donc lui-même éminemment dupliquable et interchangeable et ne fait sens que du fait d’une dynamique collective.

JHB

10  04  14

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